mercredi 12 juin 2024

Possession Meurtrière / The Possession of Joel Delaney

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site  Imdb.com

de Waris Hussein. 1972. U.S.A. 1h45. Avec Shirley MacLaine, Perry King, Michael Hordern, David Elliott, Lisa Kohane, MĂ­riam ColĂłn 

Sortie salles France: 23 Octobre 1974 (sortie limitée). U.S: 24 Mai 1972.

FILMOGRAPHIE SELECTIVEWaris Hussein est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste britannique nĂ© le 9 dĂ©cembre 1938 Ă  Lucknow (Inde).1969 : A Touch of Love. 1970 : Quackser Fortune Has a Cousin in the Bronx. 1971 : Great Performances (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e). 1971 : Mercredi après-midi (Melody). 1972 : Les Six Femmes d'Henry VIII. 1972 : Possession meurtrière (The Possession of Joel Delaney). 1973 : Between the Wars (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e). 1973 : Divorce (Divorce His, Divorce Hers) (TV). 1973 : Black and Blue (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e). 1974 : Shoulder to Shoulder (feuilleton TV). 1974 : Notorious Woman (feuilleton TV).1976 : The Glittering Prizes (feuilleton TV). 1977 : Three Weeks (TV). 1977 : Moths (TV). 1978 :  Daphne Laureola (TV). 1978 : Rachel in Danger (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e). 1978 : Edward and Mrs. Simpson (feuilleton TV). 1979 : And Baby Makes Six (TV). 1980 : Death Penalty (TV). 1980 : The Henderson Monster (TV). 1980 : Un bĂ©bĂ© de plus (Baby Comes Home) (TV). 

 
Quelle bien Ă©trange curiositĂ© que cette Possession Meurtrière d'autant plus rare, introuvable et exploitĂ©e en salles en sortie limitĂ©e dans nos contrĂ©es 2 ans après son tournage issu de 72. Soit rĂ©alisĂ© 1 an avant l'Exorciste de William Friedkin  alors qu'initialement l'actrice Shirley Mc Laine devait incarner la mère de Regan. Or celle-ci refusa le rĂ´le au profit de cette Possession Meurtrière rĂ©alisĂ©e par l'anglais Waris Hussein, spĂ©cialiste de tĂ©lĂ©-films et sĂ©ries TV. Ce qui frappe d'emblĂ©e avec cette oeuvre indĂ©pendante Ă©mane de son rĂ©alisme documentĂ© (symptomatique des Seventies !) qui imprègne la pellicule sous l'impulsion d'un cast franchement irrĂ©prochable. Tant auprès de Shirley Mac Laine totalement investie en soeur aĂ®nĂ©e Ă  la fois dĂ©munie, incrĂ©dule et Ă©plorĂ©e, de Perry King rigoureusement habitĂ© dans celui du frère possĂ©dĂ© par l'âme d'un porto-ricain ou encore des enfants filiaux sĂ©vèrement molestĂ©s lors d'un final hallucinĂ© d'une grande violence aussi bien physique que morale. 
 
 
Si bien que de nos jours ultra conservateurs cette Possession Meurtrière serait implacablement cadenassĂ©e par dame censure. Relativement lent mais plutĂ´t soignĂ© et assez prenant d'y suivre avec  curiositĂ© dĂ©concertante le pĂ©riple cauchemardesque d'une soeur et d'un frère en proie avec les forces du Mal, Possession Meurtrière ne peut laisser indiffĂ©rent l'amateur Ă©clairĂ© fan de productions dĂ©viantes dĂ©libĂ©rĂ©es d'y transgresser les règles de la morale. Comme le souligne son Ă©trange sĂ©ance d'exorcisme vue nulle part ailleurs (et dĂ©nuĂ©e d'effets grand-guignolesques) et son point d'orgue erratique illustrant sans ambages l'humiliation d'un enfant nu et d'une fillette accroupie contrainte de manger du canigou pour chien dans une gamelle. Le rĂ©cit constamment inquiĂ©tant par son climat Ă  la fois feutrĂ© et anxiogène alternant avec minutie l'Ă©tude comportementale d'un ĂŞtre fragilisĂ© d'un deuil maternel (et donc facilement influençable pour ĂŞtre habitĂ© par le dĂ©mon), l'interrogation et le tĂ©moignage de sa soeur indĂ©cise et l'enquĂŞte policière Ă  travers ses dĂ©couvertes morbides de dĂ©capitations fĂ©minines. 
 
 
Bizarrerie introuvable rarement chroniquĂ©e auprès des critiques spĂ©cifiques, Possession Meurtrière mĂ©rite d'ĂŞtre dĂ©couvert avec intĂ©rĂŞt pour qui apprĂ©cie les expĂ©riences horrifiques malaisantes ne ressemblant Ă  nul autre mĂ©trage. Son intensitĂ© dramatique parfois terrifiante, oppressante et dĂ©stabilisante nous plongeant d'autant plus au sein d'une descente aux enfers dĂ©nuĂ©e d'illusion, de rĂ©demption jusqu'au trama psychologique que cette famille prĂ©servera lors d'une ultime image Ă©vocatrice. 
 
P.S: attention toutefois à la rigueur de son climax décomplexé qui risque de heurter les personnes les plus fragiles de par son intensité psychologique sans retenue.
 
*Bruno
2èx

vendredi 31 mai 2024

The King Tide. Meilleur Film au Festival de l'Atlantique, 2023.

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Christian Sparkes. 2023. Canada. 1h43. Avec  Frances Fisher, Lara Jean Chorostecki, Clayne Crawford, Aden Young.

Sortie salles Canada: 26 Avril 2024

FILMOGRAPHIEChristian Sparkes est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste canadien originaire de St. John’s, Ă  Terre-Neuve-et-Labrador. 2014: Cast no shadow. 2019: Hammer. 2023: The King Tide. 2024: Sweetland.

En dépit de son côté prévisible, le final glaçant, autrement surprenant et escarpé, se rattrape fructueusement pour mieux dénoncer l'intégrisme d'une populace vivant en autarcie en exploitant les pouvoirs d'une fillette afin de se déculpabiliser de la peur de la mort. Des thèmes religieux, existentiels, sociétaux efficacement développés au sein d'une scénographie naturaliste magnifiquement photographiée. Le cast majoritairement méconnu est d'autant plus crédible pour maintenir une certaine attention, on passe un bon moment teinté d'angoisse et d'émotions amères.

RĂ©compense: prix du meilleur long mĂ©trage et du meilleur montage au Festival international du film de l’Atlantique 2023 Ă  Halifax, en Nouvelle-Écosse.



mardi 28 mai 2024

La Malédiction, l'Origine / The First Omen

                                                        
                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com
 
de Arkasha Stevenson. 2024. U.S.A. 1h59. Avec Nell Tiger Free, SĂ´nia Braga, Ralph Ineson, Bill Nighy, Tawfeek Barhom, Nicole Sorace. 

Sortie salles France: 10 Avril 2024 (int - 16 ans).

FILMOGRAPHIE: Arkasha Stevenson est ue rĂ©alisatrice, scĂ©nariste et productrice amĂ©ricaine. 
2024: La MalĂ©diction, l'Origine. 

Révision de La Malédiction : l'Origine, formidable surprise comme tout bon film d'horreur adulte qui se respecte, sous la forme d'une préquelle à la fois intelligente, humble et respectueuse de son matériau d'origine. Avec, en filigrane, une audacieuse et originale réflexion sur le fanatisme religieux à travers cette volonté délibérée de la parole divine de reconquérir son pouvoir auprès d'une populace inflexible ne croyant plus en l'avenir (tristement actuel, donc). Pour ce faire, elle brandit le spectre de l'Antéchrist, prêt à débarquer sur Terre dans une société à la morale cynique, afin que le Bien reprenne ses droits sur le Mal.

On peut d'autre part relever le soin apportĂ© Ă  sa rĂ©alisation appliquĂ©e, Ă©paulĂ©e d'une photographie fastueuse et portĂ©e par quelques plans stylisĂ©s d'une Ă©lĂ©gance picturale Ă  tomber Ă  la renverse. Mais ce qui frappe finalement après rĂ©vision de cette vĂ©ritable prĂ©quelle (rien Ă  voir, par exemple, avec le mensonger Massacre Ă  la tronçonneuse : le commencement ou encore The Thing), c'est qu'elle respecte avec une rare honnĂŞtetĂ© tout ce qui fut imprimĂ© dans la trilogie initiale, tout en lui offrant un second souffle dans sa manière de traiter du satanisme Ă  travers une imagerie sensuelle, parfois brutale et glaçante, sans jamais se livrer Ă  la complaisance ni Ă  la gratuitĂ© d'effets chocs Ă©culĂ©s. 

 
Et ce, en nous concoctant un scénario conspirationniste en trompe-l'œil, émaillé de clins d'œil sans toutefois vouloir les singer ni en abuser. Faire croire à l'improbable : voilà ce à quoi était parvenue la trilogie originale en mettant en scène l'avènement de Damien Thorn. Et quand bien même La Malédiction : l'Origine remonte les pendules pour nous faire croire à nouveau à sa venue, cette fois du point de vue de sa génitrice, cela fonctionne avec une réelle efficacité. Avant qu'un rebondissement incongru ne vienne relancer l'intrigue lors d'un second acte plus horrifiant, explicitement parlant (avec, entre autres, un étonnant hommage tacite à Possession de Zulawski).

Ainsi, la réalisatrice Arkasha Stevenson s'autorise à nous forger quelques séquences chocs particulièrement couillues et détonantes, d'un réalisme dérangeant tel que l'on croit sans douter à l'impensable. Un climat d'autant plus malfaisant et déstabilisant, cultivant habilement l'inconfort sans céder à la facilité du grand-guignol, au gré d'un onirisme morbide particulièrement léché.

 
Soigneusement reconstitué en toute modestie (l'action se déroule à l'orée des seventies au sein d'une Rome élégamment ornementale) et formidablement interprété par des gueules d'acteurs au charisme robuste - Ralph Ineson endossant notamment un prêtre préoccupé avec un sérieux monolithique -, La Malédiction : l'Origine ne pouvait guère faire mieux pour respecter et moderniser sa saga proverbiale dans toutes les mémoires.

Porté à bout de bras par le talent naturel, si pur et candide, de Nell Tiger Free, toujours plus encline au doute et à la psychose face à ces événements improbables, La Malédiction : l'Origine réanime avec une efficacité inattendue nos peurs innées les plus profondes grâce à un esthétisme extrêmement ambitieux. Tout en nous alertant intelligemment sur les dérives d'un pouvoir religieux imposant son emprise sectaire par la terreur la plus couarde et irresponsable.

— Celui du cĹ“ur noir des images đź–¤
 08.06.26. 2èx. Vo 4K
 
                               


vendredi 24 mai 2024

Civil War

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Alex Garland. 2024. U.S.A/Angleterre. 1h49. Avec Kirsten Dunst, Wagner Moura, Stephen McKinley Henderson, Cailee Spaeny, Jesse Plemons.

Sortie salles France: 17 Avril 2024 (Int - 12 ans avec avertissement)

FILMOGRAPHIEAlex Garland, nĂ© le 26 mai 1970 Ă  Londres, est un romancier, scĂ©nariste et rĂ©alisateur britannique. Il est le fils du dessinateur de presse Nicholas Garland. 2014 : Ex machina. 2017 : Annihilation. 2022 : Men. 2024 : Civil War. 

 
Terrifiant, Ă©prouvant, malaisant au point d'y susciter un malaise viscĂ©ral inconfortable, Civil War est une Ă©preuve de force en perdition. Autant pour les personnages que pour le spectateur immergĂ© dans un conflit belliqueux de guerre civile Ă  la suite des exactions d'une dictature prĂ©sidentielle. D'un rĂ©alisme saisissant si bien que l'on peut Ă©voquer le "modèle de mise en scène" Ă  travers ses anthologies destroy plus vraies que nature (on se retrouve rĂ©ellement au coeur du chaos), cette expĂ©rience cinĂ©matographique peu commune y dĂ©nonce admirablement les insalubritĂ©s de la guerre Ă  travers sa gangrène de la violence infectant chaque tĂ©moin. Or, ici, en nous attardant au road trip d'un quatuor de journalistes contraint de photographier les clichĂ©s les plus percutants au risque de trĂ©passer lors d'une balle perdue, ou pire, lors d'une exĂ©cution sommaire perpĂ©trĂ©e par des terroristes d'extrĂŞme droite, Civil War nous place dans un voyeurisme inconfortable davantage prĂ©judiciable au point d'avoir l'envie de se doucher passĂ© le gĂ©nĂ©rique de fin afin de se purifier de cette dĂ©cadence humaine littĂ©ralement toxique. 
 
 
Ce qui frappe donc irrémédiablement lors de ce périple chaotique toutefois émaillé d'accalmie mélancolique émane de son climat sournoisement malsain instauré auprès d'une nature dévisagée de sa sérénité et d'une urbanisation en déliquescence morale de par ces moult dangers toujours plus disproportionnés que l'on subit de plein fouet. Alex Garland radiographiant avec tact, humanisme, sensibilité (notamment à travers les yeux de cette jeune photographe néophyte désireuse d'y braver ses affres pour un enjeu initiatique) et ambiguïté morale les profils burnés de ces photographes de guerre peu à peu anesthésiés par la terreur, la haine et la violence faute de leur privation de questionnement. Le réalisateur ne cessant d'alterner leurs intimités flegmatiques avec d'autres épisodes de bravoure d'une intensité belliciste toujours plus aliénante car exténuante, couarde, escarpée, imperturbable. Outre la sobriété des comédiens très attachants en dépit de leur posture parfois déplacée, on retient surtout à mon sens la présence discrètement dépressive de Kirsten Dunst en photographe émérite probablement hantée par la lassitude du danger, sa corruption et son parti-pris impassible à ne jamais se laisser envahir par les sentiments pour mieux s'opposer au danger des guérillas urbaines ici déployées en plein coeur de Washington.

 
D'une intensité émotionnelle toute à la fois névralgique, sous-jacente et substantielle de par son refus de complaisance et de surenchère, Civil War atteint son but pour sa mise en garde des conséquences tragiques que pourrait occasionner une guerre civile de tout un état réduit à feu et à sang. Porté à bout de bras par un quatuor d'interprètes superbement dessinés dans leur conflit interne ambivalent, Civil War met les nerfs à rude épreuve de nous plonger dans un chaos meurtrier dénué de raison, d'empathie, de rédemption. Quitte à en perdre son âme, sa dignité quelque soit le camp politique où l'on se place.

*Bruno

jeudi 23 mai 2024

Pauvres Créatures / Poor Things. Lion d'Or, Venise 2023.

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de YĂłrgos Lánthimos. 2024. U.S.A/Angleterre/Irlande. 2h21. Avec Emma Stone, Willem Dafoe, Mark Ruffalo, Ramy Youssef, Jerrod Carmichael, Christopher Abbott, Vicki Pepperdine, Margaret Qualley

Sortie salles France: 17 Janvier 2024

FILMOGRAPHIEYĂłrgos Lánthimos est un rĂ©alisateur et dramaturge grec nĂ© le 23 septembre 1973 Ă  Athènes. 2001 : My Best Friend co-rĂ©alisĂ© avec Lákis LazĂłpoulos. 2005 : Kinetta. 2009 : Canine. 2011 : Alps. 2015 : The Lobster. 2017 : Mise Ă  mort du cerf sacrĂ©. 2018 : La Favorite. 2023 : Pauvres CrĂ©atures. 2024 : Kinds of Kindness. 


Le mythe de Frankenstein d'un point de vue foncièrement fĂ©ministe revisitĂ© (pour ne pas dire dĂ©poussiĂ©rĂ©) par le franc-tireur Yorgos Lanthimos. CinĂ©aste grec s'Ă©tant fait une spĂ©cialitĂ© d'oeuvres atypiques anti-conformistes, Pauvres CrĂ©atures ne dĂ©roge pas Ă  la règle de l'expĂ©rience quasi inclassable. Car littĂ©ralement dĂ©calĂ©, constamment caustique, cruel, audacieux et d'un Ă©rotisme salace Ă  la fois dĂ©complexĂ©, dĂ©rangeant et rĂ©dempteur, Pauvres CrĂ©atures ne nous laisse pas indiffĂ©rent Ă  travers son concentrĂ© de provocations fĂ©minines se raillant du patriarcat avec un art consommĂ© de l'humour vitriolĂ©. Formellement flamboyant, inventif et baroque, ce divertissement sciemment marginal dĂ©gage un pouvoir de fascination, une libertĂ© de ton aussi folingue que fructueuse eu Ă©gard de l'initiation humaine de cette pauvre crĂ©ature apprenant Ă  se libĂ©rer du carcan machiste avec une autoritĂ© rebelle davantage substantielle. Emma Stone se fondant dans le corps du monstre attardĂ© avec une innocence aussi sĂ©millante que spontanĂ©e avant de s'Ă©manciper vers d'autres horizons insoupçonnĂ©es. Outre son humour corrosif (qui ne plaira pas Ă  tous et Ă  toutes); Pauvres CrĂ©atures ne manque pas non plus d'y distiller une certaine tendresse entre celle-ci et son crĂ©ateur (endossĂ© par Willem Dafoe au visage taillĂ© Ă  la serpe) auprès de leur cohĂ©sion parentale finalement rĂ©vĂ©rencieuse après avoir assimilĂ© les valeurs de l'amour (autant pour soi que pour l'autre), de la rĂ©flexion existentielle et du respect d'autrui. Une oeuvre remarquable donc, mĂŞme si Ă©tonnamment dĂ©routante et dĂ©concertante, notamment grâce Ă  cette volontĂ© si personnelle de nous proposer une expĂ©rience humaine gratifiante auprès de l'Ă©galitĂ© des sexes que nous ne sommes pas prĂŞts d'omettre. 
 
*Bruno


Récompenses:
Récompenses
Mostra de Venise 2023 : Lion d'Or29,30
BAFTA 2024 :
Meilleure actrice pour Emma Stone
Meilleurs décors
Meilleurs costumes
Meilleurs maquillages et coiffures
Meilleurs effets visuels
Golden Globes 2024 :
Meilleur film musical ou comédie
Meilleure actrice dans un film musical ou comédie pour Emma Stone
Oscars 2024 :
Meilleure actrice pour Emma Stone
Meilleurs décors et direction artistique
Meilleurs costumes
Meilleurs maquillages et coiffures

lundi 20 mai 2024

Le Cercle : The Ring 2

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Hideo Nakata. 2005. U.S.A/Japon. 1h50. Avec Naomi Watts, David Dorfman, Daveigh Chase, Simon Baker, Elizabeth Perkins, Gary Cole, Sissy Spacek.

Sortie salles France: 10 Décembre 2005. U.S: 18 Octobre 2005

FILMOGRAPHIE: Hideo Nakata est un réalisateur et un scénariste japonais né le 19 juillet 1961 à Okayama (Japon). 1996 : Le Spectre de l'actrice. 1998 : Joseph Losey: The Man with Four Names. 1998: Ring. 1998: Ring 2. 1999: Chaos. 1999 : Sleeping Bride. 2000: Sadistic and Masochistic. 2002: Dark Water. 2002: Last Scene. 2005: Le Cercle 2. 2007: Kaidan. 2008: L: Change the World. 2010: Chatroom. 2010 : Incite Mill (TV Show). 2013: The Complex. 2014: Monsterz. 2015: Ghost Theatre.

Le pitch: Six mois après les horribles événements de Seattle qu'ils fuièrent, Rachel Keller et son jeune fils Aidan se sont réfugiés à Astoria, dans l'Oregon. La journaliste espère oublier ses épreuves dans cette paisible bourgade côtière, mais de nouvelles menaces ne tardent pas à planer sur sa vie. Un crime énigmatique, commis à l'aide d'une cassette trop familière, donne l'alerte : l'esprit de Samara n'a pas renoncé à sa vengeance et Rachel devra enquêter sur le lointain passé de la fillette pour arrêter le cycle infernal de ses violences maléfiques...

Formidable sĂ©quelle rĂ©alisĂ©e par Hideo Nakata himself, le Cercle, the Ring 2 s'inscrit dans le cadre intelligent du drame psychologique au profit du genre horrifique relatĂ© ici avec suffisamment d'efficacitĂ©, de suspense latent et de quelques effets frissonnants pour maintenir l'intĂ©rĂŞt 1h49 durant (comptez 1h43 sans le gĂ©nĂ©rique de fin). Car entièrement bâti sur les solides Ă©paules de Naomi Watts accompagnĂ©e du jeune David Dorfman tout Ă  fait Ă©tonnant, notamment par son Ă©trange regard plutĂ´t mature, en bambin taciturne en proie Ă  la possession de Samara, le Cercle 2 insuffle une Ă©motion Ă  la fois fragile et sensible auprès de son discours intime sur l'instinct maternel, le sens du sacrifice et l'amour inaltĂ©rable liant une mère et son fils. 

Hideo Nakata empruntant lors de la seconde partie la dĂ©marche de l'investigation autonome auprès de la mère s'efforçant d'y percer les origines de Samara afin de pouvoir sauver la vie de son fils davantage dans la tourmente depuis que Samara tente de le possĂ©der par besoin maternel. EmaillĂ© de sĂ©quences chocs inventives par l'entremise de l'Ă©lĂ©ment naturel de l'eau (les sĂ©quences dans la baignoire, le puits), d'une cassette Vhs (superbe prologue) et de cerfs (une agression violente d'une grande intensitĂ©), le Cercle 2 ne manque donc pas non plus d'intensitĂ© horrifique et d'originalitĂ© pour nous projeter dans une dimension fantastique aussi fascinante qu'inquiĂ©tante. En tout Ă©tat de cause on garde surtout en mĂ©moire une fragile histoire d'amour entre une mère et son fils sĂ©vèrement malmenĂ©s par une entitĂ© vindicative qu'Hideo Nakata relate avec une fine attention afin de nous familiariser avec empathie auprès de ce duo monoparental transcendĂ© par la dignitĂ© de l'amour et de l'instinct de confiance. 

*Bruno
3èx. Vost. 4K.
20.04.16
20.05.24.

jeudi 16 mai 2024

Adagio

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Stefano Sollima. 2023. Italie. 2h07. Avec Pierfrancesco Favino, Adriano Giannini, Gianmarco Franchini, Toni Servillo, Valerio Mastandrea, Francesco Di Leva.

Sortie salles: 14 Décembre 2023

FILMOGRAPHIEStefano Sollima, nĂ© le 4 mai 1966 Ă  Rome, est un cinĂ©aste et rĂ©alisateur italien. 2012 : A.C.A.B.: All Cops Are Bastards. 2015 : Suburra. 2018 : Sicario : La Guerre des cartels (Sicario: Day of the Soldado). 2021 : Sans aucun remords (Without Remorse). 2023 : Adagio. 

MaĂ®tre du polar italien contemporain, Stefano Sollima ne dĂ©roge pas Ă  la règle d'y transfigurer un nouveau morceau de cinĂ©ma Ă  la fois substantiel et formel (quasiment chaque plan est soigneusement stylisĂ©) comme on n'a plus coutume d'en voir de nos jours. L'histoire "contemplative" d'un jeune orphelin adoptĂ© par un père incapable de le choyer et qui, au fil d'un acte rĂ©prĂ©hensible est contraint de nĂ©gocier une mission de filature avec la police au sein d'une boite de nuit. Or, se ravisant au moment d'y dĂ©couvrir une camĂ©ra planquĂ© au mur, Manuel demande l'aide de son père depuis qu'une police vĂ©reuse est Ă  sa recherche pour l'occire. Splendide polar noir d'une dimension psychologique rigoureuse au fil d'un vĂ©nĂ©neux rĂ©cit impeccablement structurĂ©, qui plus est prenant son temps pour y planter son univers mortifère (avec en filigrane un brasier mĂ©taphorique) et ses protagonistes auquel nous nous familiarisons auprès de leurs fĂŞlures morales que Sollima dĂ©livre lestement au compte goutte, Adagio est une virĂ©e nocturne Ă  la dramaturgie sobrement mise en place. 

RenforcĂ© de la prĂ©sence infaillible d'authentiques gueules d'acteurs (ici sclĂ©rosĂ©s) accompagnĂ© d'un jeune paumĂ© Ă©carquillĂ© traquĂ© tous azimuts, Adagio n'a aucune peine pour nous immerger dans leurs conflits parentaux (avec une habile inversion des rĂ´les anti-manichĂ©ens) Ă  travers les thĂ©matiques de la culpabilitĂ©, de la trahison, de la corruption puis enfin de la rĂ©demption de dernier ressort. Les personnages pourchassĂ©s demeurant aussi bien fascinants qu'empathiques lorsque deux pères s'efforcent in extremis de se remettre en cause pour tenter de rĂ©parer leur dĂ©route d'un passĂ© dĂ©loyal. Ainsi, vouant un amour immodĂ©rĂ© pour sa mise en scène scrupuleuse et pour ses comĂ©diens habitĂ©s par l'amertume et la hantise de la faucheuse, Stefano Sollima transcende son rĂ©cit nĂ©crosĂ© avec une rigueur Ă©motionnelle intelligemment dĂ©pouillĂ©e. TruffĂ© de dĂ©tails techniques et narratifs inventifs, baroques, alambiquĂ©s afin de nous maintenir captivĂ© tout le long de ce chemin de croix fataliste, Adagio se dĂ©cline sans prĂ©tention en moment de cinĂ©ma crĂ©pusculaire auprès de son intimitĂ© psychologique latente toute Ă  la fois mĂ©lancolique, meurtrie, dĂ©soeuvrĂ©e, sentencieuse au sein d'une capitale acrimonieuse. 

*Bruno

mercredi 15 mai 2024

Mary / Gifted. Prix du Public, Deauville 2018.

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Marc Webb. 2017. U.S.A. 1h41. Avec Chris Evans, Mckenna Grace, Jenny Slate, Octavia Spencer, Lindsay Duncan, John M. Jackson, Glenn Plummer.

Sorte salles France: 13 Septembre 2017. U.S: 7 avril 2017

FILMOGRAPHIEMarc Webb est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 31 aoĂ»t 1974. 2009 : (500) jours ensemble. 2012 : The Amazing Spider-Man. 2014 : The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un hĂ©ros. 2017 : Mary. 2017 : Liaisons Ă  New York. 2025 : Blanche-Neige. 


« Feel good movie » n'a aussi bien portĂ© sa dĂ©finition ! 
Il y a des films que l'on n'attend pas qui emportent tout au point d'y ressentir un gros vide durant le gĂ©nĂ©rique de fin. Mary fait parti de ce genre de surprise (hĂ©las) passĂ©e inaperçue en dĂ©pit de son ovation du public au Festival de Deauville. Ne vous mĂ©prenez pas pour son affiche Ă  l'apparence bankable et sirupeuse, il n'en n'est rien. Mary vibrant de rĂ©alisme, de vĂ©ritĂ© humaine (dans une juste mesiure) et d'Ă©motions Ă  la fois tendres, capiteuses, sĂ©millantes, cruelles parfois sous l'impulsion d'un scĂ©nario trempĂ© remarquablement Ă©crit. Car outre le naturel innĂ© de Mckenna Grace crevant l'Ă©cran dans sa posture mature de fillette prĂ©coce en voie de rĂ©bellion et ses seconds-rĂ´les familiaux dĂ©nuĂ©s d'effets de manche Ă  travers leur autoritĂ© contradictoire, Mary doit beaucoup de sa rigueur Ă©motive et de son intĂ©rĂŞt cĂ©rĂ©bral de par l'intelligence de son scĂ©nario Ă  la fois charpentĂ©, retors, constructif, jamais outrĂ© quant Ă  sa thĂ©matique prĂ©conisant la dignitĂ© humaine. 


Qui plus est traitĂ© avec autant de sobriĂ©tĂ© que d'intelligence pour ne point faire sombrer le navire vers la facilitĂ© des conventions, Mary en sort infiniment grandi Ă  dĂ©peindre des personnages très attachants ne versant jamais dans l'apitoiement, le pathos standard pour nous emporter dans leur tourmente lorsque la petite Mary, surdouĂ©e en mathĂ©matique, se retrouve ballotĂ©e entre la garde de sa grand-mère arriviste souhaitant la confiner dans les Ă©tudes supĂ©rieures en "rat de laboratoire" et son oncle dĂ©libĂ©rĂ© Ă  suivre les directives de sa soeur ayant sacrifiĂ© sa vie afin d'honorer les consignes de sa mère obsĂ©dĂ©e par l'ambition culturelle la plus Ă©litiste. Passionnant et poignant, un tantinet anxiogène et intense puis enfin bouleversant et (potentiellement ?) libĂ©rateur Ă  savoir qui emportera la mise auprès d'un enjeu humain militant pour le droit Ă  la diffĂ©rence au sein d'une existence singulière que l'oncle s'efforce de normaliser tout en essayant de dĂ©goter le juste discernement afin de conserver un mode de vie aussi Ă©quilibrĂ© que rationnel pour le sort prĂ©caire de sa nièce, Mary Ă©tonne, sĂ©duit, dĂ©concerte, affole mĂŞme dans un incroyable brio d'Ă©quilibriste. Marc Webb traitant avec une telle attention ses confrontations psychologiques avec autant de savoir-faire que de finesse d'esprit pour y relever des Ă©motions Ă©pineuses Ă©vacuĂ©es de sentiments dĂ©lĂ©tères de rancune, de vendetta, de rupture et de dramaturgie inutilement plombant. 


Laissez donc sa chance Ă  Mary, tant pour le rapport Ă  votre fibre intuitive qu'Ă  votre sensibilitĂ© propre.  Magnifique perle d'Ă©motions capiteuses Ă  la fois naturelles, tendres, fructueuses, bienveillantes au sein d'une narration solide prĂ´nant les valeurs humaines, le respect d'autrui et l'Ă©rudition dans un contexte familial tragique pour autant dĂ©nuĂ© de sinistrose. Bien au contraire...

*Bruno
15.09.17
15.05.24

Récompenses: Festival du cinéma américain de Deauville 2017: Prix du public
2018: 49e cĂ©rĂ©monie des NAACP Image Awards, Meilleure actrice: Octavia Spencer

lundi 13 mai 2024

In the Fade / Aus dem Nichts. Golden Globe Meilleur Film, 2018

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Fatih Akin. 2017. Allemagne/France. 1h46. Avec Diane Kruger, Numan Acar, Denis Moschitto, Johannes Krisch, Henning Peker, Hanna Hilsdorf

Sortie salles France: 17 Janvier 2018. Allemagne: 23 Novembre 2017

FILMOGRAPHIE: Fatih Akin (en turc : Fatih Akın) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur allemand, nĂ© le 25 aoĂ»t 1973 Ă  Hambourg, dans une famille d'immigrĂ©s turcs. 1998 : L'Engrenage. 2000 : Julie en juillet. 2001 : Denk ich an Deutschland - Wir haben vergessen zurĂĽckzukehren (documentaire). 2002 : Solino. 2004 : Head-On. 2005 : Crossing the Bridge - The Sound of Istanbul (documentaire). 2007 : De l'autre cĂ´tĂ©. 2009 : Soul Kitchen. 2012 : Polluting Paradise (documentaire). 2014 : The Cut. 2016 : Tschick. 2017 : In the Fade. 2019 : Golden Glove. 2022 : Rheingold. 

                                           

“La douleur, c'est le vide.”
D'une puissance Ă©motionnelle rare, In the fade est un drame psychologique Ă  la fois intense et bouleversant sous l'impulsion d'un magnifique portrait de femme meurtrie que campe de manière habitĂ©e Diane Kruger rĂ©compensĂ©e du Prix d'InterprĂ©tation FĂ©minine Ă  Cannes. Fatih Akin (issu d'une famille d'immigrĂ©s turcs) s'inspirant des attentats du groupuscule nĂ©o-nazi Nationalsozialistischer Untergrund  (NSU) (en français Parti national-socialiste souterrain) ayant sĂ©vi de 2000 Ă  2006. Pour rappel, ce dernier causa la mort de 9 immigrĂ©s turcs et grecs et d'une policière. Le film admirablement filmĂ© se divisant en 3 parties chapitrĂ©es (la famille - la justice - la mer) aussi Ă©lectrisantes que passionnantes pour traiter du douloureux problème du deuil insurmontable, des failles d'une justice arbitraire Ă  travers le procès et enfin de l'auto-justice culminant vers un Ă©pilogue aussi surprenant que terriblement intense. 


Fatih Akin
faisant monter la pression avec une acuitĂ© Ă©motionnelle aussi Ă©prouvante que la première partie en berne avec souci de rĂ©alisme naturaliste. Mais outre l'aspect tout Ă  la fois hypnotique et immersif de sa mise en scène vĂ©riste remarquablement charpentĂ©e et plutĂ´t prude on retient indubitablement la prestation transie de larmes de l'Ă©poustouflante Diane Kruger endossant une mère de famille littĂ©ralement brisĂ©e par sa douleur morale et la soif de justice. Et rien que pour sa prĂ©sence innĂ©e d'une finesse de jeu au cordeau, In the Fade est Ă  ne pas rater en prime de nous bâtir un grand film engagĂ© dĂ©nonçant avec beaucoup d'humanitĂ© (torturĂ©e), de luciditĂ© et de brutalitĂ© les exactions du terrorisme imparti ici au racisme. 

*Bruno


Récompenses:
Festival de Cannes 2017 : Prix d'interprétation féminine pour Diane Kruger
Golden Globes 2018 : Golden Globe du meilleur film en langue étrangère
68e cérémonie du Deutscher Filmpreis : Meilleur scénario.

vendredi 10 mai 2024

Zombie / Dawn of the Dead

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de George A. Romero. 1978. U.S.A/Italie. 1h59 (version Européenne). Avec David Emge, Ken Foree, Scott H. Reiniger, Gaylen Ross, David Crawford

Sortie salles France: 11 Mai 1983 (Int - 18 ans). U.S: 2 Septembre 1979 (classé X)

FILMOGRAPHIE: Georges Andrew Romero est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur, auteur amĂ©ricain, nĂ© le 4 FĂ©vrier 1940 Ă  New-York. 1968: La Nuit des Morts-vivants. 1971: There's Always Vanilla. 1972: Season of the Witch. 1973: The Crazies. 1977: Martin. 1978: Zombie. 1981: Knightriders. 1982: Creepshow. 1985: Le Jour des Morts-vivants. 1988: Incidents de parcours. 1990: Deux Yeux MalĂ©fiques. 1992: La Part des TĂ©nèbres. 2000: Bruiser. 2005: Land of the Dead. 2008: Diary of the Dead. 2009: Survival of the Dead. 

 
"Romero dĂ©vore l’AmĂ©rique"
Mastodonte inĂ©galĂ© du film de morts-vivants contemporain, Zombie traumatisa de bonheur toute une gĂ©nĂ©ration 80, emportĂ©e par son dĂ©chaĂ®nement d'action non-stop, son ultra-violence documentaire et ses sĂ©quences de flippe qui irriguent le rĂ©cit sans modĂ©ration. Le tout baigne dans une patine rĂ©aliste, symptomatique des Seventies, que Romero et son complice Argento (pour la version europĂ©enne) transcendent, portĂ©s par un montage vĂ©loce, Ă©tourdissant d’intensitĂ©. Par instants, on ne sait littĂ©ralement plus oĂą donner de la tĂŞte.

Et pour les critiques snobinards qui thĂ©orisent, post-facto, une satire de la sociĂ©tĂ© de consommation – Ă  l’origine, comme pour La Nuit des Morts-Vivants, Romero n’a jamais cherchĂ© Ă  s’Ă©clipser derrière un discours politique. Car Zombie, avant tout, c’est un monument d’actionneur bourrin, d’une efficacitĂ© maximaliste. Et mĂŞme après cinquante visions, cinquante ans plus tard, il reste fun, rageur et jubilatoire, de la première Ă  la dernière bobine. Deux heures aussi lessivantes que capiteuses. Il faut le vivre pour mesurer l’impact qu’il continue d’exercer sur notre Ă©motivitĂ©, avec une Ă©nergie (auto)destructrice.

Romero, en maĂ®tre d’orchestre instinctif, nous immerge dans un hypermarchĂ© devenu forteresse assiĂ©gĂ©e, aux cĂ´tĂ©s d’un quatuor de survivants (trois hommes, une femme) venus s’y confiner, tentant de prĂ©server un prĂ©sent dĂ©jĂ  rongĂ© par le chaos. Ă€ ce titre, les sĂ©quences intimistes et mĂ©lancoliques, oĂą affleurent leurs Ă©tats d’âme sentencieux, demeurent d’une Ă©loquence contenue, empreinte d’une pudeur contrariĂ©e.

Les zombies, grimĂ©s de fards bleuâtres aux maquillages modestes, n’en restent pas moins fascinants, inquiĂ©tants, hypnotiques. Leur dĂ©marche, gĂ©nialement lymphatique – vĂ©ritable chorĂ©graphie commune –, couplĂ©e Ă  leurs regards hagards, dĂ©nuĂ©s d’expression, produit un effet immĂ©diat : on y croit Ă  fond, sans poser de questions. Leur menace est crĂ©dible. D’autant plus que les survivants, stoĂŻques mais fragiles, sont rongĂ©s de l’intĂ©rieur. Ils contemplent, en direct, la dĂ©liquescence morale du monde. Folie, jouissance sadique, pensĂ©es suicidaires : l’humain s’effondre, contaminĂ© de l’intĂ©rieur.

Le centre commercial, filmé sous toutes les coutures, devient un terrain de jeu paranoïaque. Romero en explore chaque recoin avec une inventivité débridée, notamment lors de séquences de défense aux stratégies aussi absurdes que brillamment percutantes.

Et que dire de cette plĂ©thore d’effets sanglants, Ă  n’en plus finir – aussi Ă©mĂ©tiques que jubilatoires ? Romero et Tom Savini s’en donnent Ă  cĹ“ur joie dans la chair Ă©clatĂ©e, les membres arrachĂ©s, les corps dĂ©membrĂ©s, les tĂŞtes explosĂ©es ou dĂ©capitĂ©es, avec un rĂ©alisme d’une cruditĂ© implacable. Car si Zombie dĂ©range autant, c’est aussi par sa vĂ©ritĂ© nue : le portrait sans fard d’un Ă©goĂŻsme primaire, d’un instinct de possession fĂ©roce chez ces survivants repliĂ©s sur leur gâteau bientĂ´t convoitĂ© par une horde de Hell’s Angels.

D’une ultra-violence Ă  la fois cartoonesque et viscĂ©ralement Ă©prouvante, Zombie parvient Ă  ĂŞtre fun tout en restant profondĂ©ment dĂ©rangeant, inquiĂ©tant, malaisant. Il dĂ©prime. Il secoue. Il exorcise. Ses actions sont animĂ©es par la folie, le goĂ»t du sang, le plaisir de tout foutre en l’air. Jusqu’Ă  un final terriblement nihiliste.

 
"Zombie : l’apocalypse en boucle"
Chef-d’Ĺ“uvre inextinguible d’horreur souveraine, au cĹ“ur d’une action dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e que nul cinĂ©aste n’a su Ă©galer, Zombie irradie une folie furibarde, une Ă©nergie primitive, malsaine, belliqueuse, mais Ă©trangement fascinante. Il dĂ©sarme. Il bouleverse. Par sa dĂ©rision sardonique, sa cruautĂ© authentique (insalubre), il rĂ©vèle que le pire ennemi de l’homme… c’est encore l’homme.

Un des plus grands films de l’histoire, portĂ© par l’inoubliable partition Ă©lectrisante des Goblin, qui scelle son impact Ă©motif d’une manière dĂ©vastatrice. Un cinĂ©ma d’audace, de rage politique malgrĂ© lui, aujourd’hui tristement disparu.

*Bruno

Nope. Saturn Awards 2022 : meilleur film de science-fiction

 
                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jordan Peele. 2020. U.S.A. 2h11. Avec Daniel Kaluuya, Keke Palmer, Steven Yeun, Brandon Perea, Michael Wincott, Wrenn Schmidt, Keith David.

Sortie salles France: 10 AoĂ»t 2022. U.S: 22 Juillet 2022 (Int - 17 ans non accompagnĂ©s)

FILMOGRAPHIE: Jordan Haworth Peele, nĂ© le 21 fĂ©vrier 1979 Ă  New York, est un acteur, humoriste, rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain. 2017: Get Out. 2019 : Us. 2022 : Nope. 

Revoyure d'un vrai grand film, l'un des mĂ©trages les plus originaux et poĂ©tiques de ces 10 dernières annĂ©es que je ne parviens pas Ă  pleinement apprivoiser lors des 45 ultimes minutes. 

Probablement la meilleure oeuvre de son auteur, la plus mature et maîtrisée (et Dieu sait si je vénère Get Out que je préfère).

Box Office France: 518 100 entrées

mercredi 8 mai 2024

Godzilla Minus One. Oscar des meilleurs effets visuels

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Takashi Yamazaki. 2023. Japon. 2h05. Avec RyĹ«nosuke Kamiki, Minami Hamabe, Yuki Yamada, Munetaka Aoki, Hidetaka Yoshioka, Sakura AndĹŤ, Kuranosuke Sasaki

Sortie salles France: 7 Décembre 2023 puis 17 Janvier 2024

FILMOGRAPHIETakashi Yamazaki est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et superviseur des effets spĂ©ciaux japonais nĂ© le 12 juin 1964 Ă  Matsumoto dans la prĂ©fecture de Nagano. 2000 : Juvenile. 2002 : Returner. 2005 : Always : CrĂ©puscule sur la troisième rue. 2007 : Always zoku sanchĹŤme no yĹ«hi. 2010 : Ballad: Na mo naki koi no uta. 2010 : Space Battleship. 2011 : Friends: Mononoke-shima no naki. 2012 : Always sanchĹŤme no yĹ«hi '64. 2013 : Kamikaze, le dernier assaut. 2014 : Doraemon et moi. 2014 : KiseijĹ«. 2015 : KiseijĹ« kanketsu-hen. 2016 : Kaizoku to yobareta otoko. 2017 : Destiny: The Tale of Kamakura. 2019 : The Great War of Archimedes. 2019 : Dragon Quest: Your Story. 2019 : Lupin III: The First. 2020 : Doraemon et moi 2. 2023 : Godzilla Minus One. 

                                         

Pourquoi Godzilla Minus One fascine autant Ă  travers sa sidĂ©rante beautĂ© formelle ranimant notre instinct infantile, entre rĂ©alisme Ă©tourdissant et part de rĂŞve Ă©veillĂ© ? Parce que Takashi Yamazaki est issu de l'ancienne Ă©cole du grand spectacle artisanal conçu avec humilitĂ©, foi en son projet et sincĂ©ritĂ© indĂ©fectible pour nous offrir une improbable aventure 1000 fois vue Ă  l'Ă©cran mais ici rĂ©inventĂ©e Ă  travers l'art du storytelling que n'aurait reniĂ© Spielberg lors de ses prĂ©mices. Ainsi, en rendant un vibrant hommage au premier Godzilla immortalisĂ© par IshirĹŤ Honda et son inĂ©vitable mĂ©taphore sur le trauma de la guerre nuclĂ©aire, Takashi Yamazaki s'approprie des effets numĂ©riques mainstream pour les transcender avec un art consommĂ© du dĂ©tail morphologique. La crĂ©ature Ă  Ă©caille Ă©tant filmĂ©e sous toutes les angles et coutures les plus adroites et inventives si bien que face Ă  nos yeux Ă©baubis on reste Ă  la fois Ă©merveillĂ©, impressionnĂ©, troublĂ© mĂŞme par sa puissance de feu destructrice. 


Tant auprès de ses destructions de masse urbaine que de ses explosions de fureur sur mer imparties aux batailles navales que moult bateaux et avion de combat tentent de dĂ©jouer sous la mainmise d'un kamikaze couard en quĂŞte de rĂ©demption. Godzilla Minus One n'omettant jamais la part d'humanisme Ă  la fois torturĂ©e, tourmentĂ©e, affligĂ©e de ses protagonistes tentant de s'extraire de leur apocalypse urbain avec un courage aussi bien suicidaire que burnĂ©e. Les sĂ©quences d'actions magistralement mise en exergue demeurant jamais gratuites, pompeuses ou risibles si bien qu'elles dĂ©pendent des actions tĂ©mĂ©raires des personnages et du monstre Ă  Ă©caille quasi indestructible. Probablement le Godzilla le plus robuste, furibond (euphĂ©misme) et impressionnant jamais retranscrit sur pellicule tant Takashi Yamazaki voue un vĂ©ritable amour pour celui-ci avec une ambition infiniment consciencieuse eu Ă©gard du sens du dĂ©tail imparti Ă  son design parfois mĂŞme bleutĂ©. Or, durant tout ce cheminement belliqueux, un homme en perdition morale tentera de s'extraire de ses affres (principalement celle de la peur de trĂ©passer pour le sens du sacrifice) après s'ĂŞtre laissĂ© guidĂ© par ses bas instincts craintifs. 


"C'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes"
.
Blockbuster pĂ©tri d'humilitĂ©, de fragilitĂ© et d'Ă©motions (souvent) dĂ©pouillĂ©es Ă  imprimer sur pellicule un spectacle d'apocalypse ne dĂ©bordant jamais du cadre, Godzilla Minus One est un miracle inespĂ©rĂ© au sein du cinĂ©ma de papa en berne des annĂ©es durant. Un divertissement tous publics aussi mature que gĂ©nĂ©reux d'y interposer le bras de fer entre combattants de la seconde guerre et monstre reptilien Ă  taille disproportionnĂ©e. Et bon Dieu que cela nous manquait d'assister en direct aux exactions d'un monstre de fer aussi cruel que photogĂ©nique auprès de sa beautĂ© sĂ©pulcrale sans Ă©gale. Son minuscule regard dĂ©monial transperçant l'Ă©cran avec une fulgurance expressive infernale. 

*Bruno

lundi 6 mai 2024

The Inglourious Basterds

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, incombant au site Imdb.com

de Quentin Tarantino. 2009. U.S.A/Allemagne. 2h33. Avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Eli Roth, Michael Fassbender, Diane Kruger, Daniel Brühl, Til Schweiger, August Diehl, Gedeon Burkhard, B. J. Novak, Omar Doom, Sylvester Groth, Julie Dreyfus, Jacky Ido, Mike Myers, Rod Taylor, Martin Wuttke.

Sortie salles France: 19 AoĂ»t 2009 (Int - 12 ans). U.S: 21 AoĂ»t 2009 (Int - 13 ans)

FILMOGRAPHIE: Quentin Tarantino est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain, né le 27 mars 1963 à Knoxville dans le Tennessee, aux États-Unis. Reservoir Dogs (1992). Pulp Fiction (1994). Jackie Brown (1997). Kill Bill: Vol. 1 (2003). Kill Bill: Vol. 2 (2004). Boulevard de la mort (2007). Inglourious Basterds (2009). Django Unchained (2012). Les Huit Salopards (2015). Once Upon a Time... in Hollywood.

Un chef-d'oeuvre, peux pas dire mieux. 

Jubilatoire de A Ă  Z. 

DrĂ´le, dur, cruel, violent, gore, beau, Ă©lĂ©gant, poĂ©tique, tragique, bouleversant aussi auprès de son romantisme mĂ©lancolique. 

Dans un rôle sciemment outrancier, Brad Pitt crève l'écran dans sa fonction semi-parodique de lieutenant juif américain foncièrement pédant, alors qu'Eli Roth, on ne peut plus à l'aise, est habité d'une douce démence décalée en chasseur de scalp, dit "l'ours juif".

Mais je garde surtout en mĂ©moire 2 superbes portraits de femmes Ă  la fois dĂ©chues et combattives qu'endossent les vamps MĂ©lanie Laurent et Diane Kruger. Quand bien mĂŞme Christoph Waltz ensorcelle son entourage Ă©tranger en chasseur de juif couard inspirant autant la fausse sympathie qu'une terreur sourde.  

Avec en guise de cerise discursive un discours fortuit sur le pouvoir des images (et les consĂ©quences dramatiques que cela peut entraĂ®ner) par l'entremise de la mise en abyme, et sur le langage des mots dĂ©pendant de notre dialecte. 

C'est d'ailleurs Ă  voir obligatoirement en VO pour mieux cerner les dissensions psychologiques que se disputent chaque camp Ă  travers leur nationalitĂ© distincte. 

Quant à la BO, hyper nostalgique et exaltante, elle colle aux images avec une grâce sensorielle, comme le souligne constamment (euphémisme) la mise en scène ultra inspirée d'un Tarantino à nouveau à l'apogée de la perfection.

On n'a qu'une envie quand on s'extrait hĂ©las du film: le revoir, encore et encore pour s'enivrer et ne plus en sortir. 

Et dire qu'il dure Ă  peine 2h33 !

Récompenses
Festival de Cannes Prix d'interprétation masculine Christoph Waltz
Satellite Awards Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
2010
Oscars du cinĂ©ma Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
Golden Globes Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
BAFTA Awards Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
Screen Actors Guild Awards Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
Meilleure distribution 
Saturn Awards Meilleur film d'action, d'aventures ou thriller 
Critics Choice Awards Meilleur scĂ©nario original Quentin Tarantino
Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
Meilleure distribution 
Empire Awards Meilleur acteur Christoph Waltz
Prix David di Donatello Meilleur film Ă©tranger 
Goldene Kamera Meilleure actrice internationale  Diane Kruger
Prix Sant Jordi du cinĂ©ma Meilleur film Ă©tranger 

mercredi 1 mai 2024

Cherry Falls. Prix du Meilleur Réalisateur, Catalogne 2000

                                              
                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Geoffrey Wright. 1999. U.S.A. 1h31. avec Brittany Murphy, Jay Mohr, Michael Biehn, Jesse Bradford, Candy Clark, Amanda Anka 

Sortie directement en dvd: Mai 1999. Diffusion TV U.S: 20 Octobre 2000

FILMOGRAPHIE: Geoffrey Wright, nĂ© en 1959, est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste australien1992 : Romper Stomper, en tant que rĂ©alisateur et scĂ©nariste. 1994 : Metal Skin (en), en tant que rĂ©alisateur et scĂ©nariste. 2000 : Cherry Falls, en tant que rĂ©alisateur. 2006 : Macbeth. 


"Baisse ton froc ou t'es mort !"
Quel plaisir, quel bonheur immodĂ©rĂ© de revoir une modeste sĂ©rie B passĂ©e inaperçue Ă  l'Ă©poque (mĂŞme si vantĂ©e chez la revue Mad Movies lors de son exploitation Dvd) pour tenir compte aujourd'hui de son potentiel qualitatif quelques dĂ©cennies plus tard (25 ans Ă  l'heure oĂą j'Ă©cris cet article). Car Ă  contre-emploi des psycho-killers standard truffĂ©s de clichĂ©s et de trivialitĂ© (les suites de Vendredi 13, d'Halloween et consorts), Cherry Falls prend le contre-pied des codes du genres afin de les inverser. Si bien qu'en l'occurrence, le mystĂ©rieux tueur "travelo" ne s'en prend qu'aux vierges avec autant de douce dĂ©rision que de premier degrĂ©. Les personnages d'ados en rut et rebelles demeurant ici nullement dĂ©cervelĂ©s si bien que l'on s'attache Ă  eux avec une vĂ©ritable implication psychologique eu Ă©gard de la soliditĂ© de l'intrigue Ă  la fois cruelle, dĂ©tonante, politiquement incorrecte, sexiste. Notamment si on se rĂ©fère au profil attentionnĂ© de l'hĂ©roĂŻne Jody Marken plutĂ´t complexĂ©e Ă  passer Ă  l'acte sexuel avec son partenaire toujours plus frustrĂ©, faute d'un entourage familial dysfonctionnel. 


Brittany Murphy
 (hĂ©las dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  32 ans dans des circonstances non Ă©lucidĂ©es) endossant avec assez de beautĂ© trouble, de force Ă©motionnelle une ado introvertie Ă  la fois vĂ©nĂ©neuse, fragile, tĂ©nĂ©breuse, tourmentĂ©e faute d'un passĂ© Ă©hontĂ© que je me tairai de vous dĂ©voiler. Tous les autres acteurs (notamment Michael Biehn en shĂ©rif Ă  l'autoritĂ© parentale Ă©quivoque) et seconds-rĂ´les (Candy Clarke en maman poule sentencieuse) demeurant crĂ©dibles Ă  travers leur humanisme spontanĂ© dĂ©nuĂ© d'effets de manche (ou si peu pour les plus grandes gueules juvĂ©niles). Qui plus est, avec sa rĂ©alisation perfectible pour autant inspirĂ©e, dĂ©taillĂ©e, formellement inventive Ă©galement; Geoffrey Wright (auteur de Romper Stomper) parvient Ă  provoquer une certaine fascination auprès du tueur dĂ©guisĂ© en femme alors qu'Ă  deux/trois occasions l'effet de flippe porte ses fruits lorsque celui-ci traque ses victimes avec une fĂ©rocitĂ© assez Ă©peurante. On se rĂ©jouit aussi de l'incroyable orgie sexuelle finale commanditĂ©e par tous les lycĂ©ens de Cherry Falls (ville de Virginie) afin d'Ă©chapper aux exactions du tueur tributaire de son passĂ© traumatique. Sur ce point, lĂ  encore l'intrigue marque des points tant les tenants et aboutissants crapuleux ne nous laisse guère dans l'indiffĂ©rence de par son rĂ©alisme abrupt imparti au flash-back intolĂ©rable. Quand bien mĂŞme l'explosion de violence finale Ă©tonnamment dĂ©complexĂ©e ravira les amateurs de gore sous l'impulsion d'un rythme incisif aussi furibond qu'haletant. 


Que dire de plus si ce n'est que Cherry Falls est finalement une fort sympathique surprise (hĂ©las occultĂ©e de tous) aussi retorse qu'intelligente afin d'Ă©lever le sous-genre vers une maturitĂ© trop rare pour ne pas le souligner. Une oeuvre maudite au demeurant Ă  revoir sans rĂ©serve pour l'amateur Ă©clairĂ© mais aussi pour le public novice tant il inspire une touchante sincĂ©ritĂ©. 

P.S: A dĂ©couvrir impĂ©rativement en VO, VF exĂ©crable. 

*Bruno
2èx. Vost