de Michael Winterbottom. 1995. Angleterre. 1h25. Avec Amanda Plummer, Kathy Jamieson, Saskia Reeves, Des McAleer, Lisa Riley, Freda Dowie, Paula Tilbrook, Fine Time Fontayne, Elizabeth Mc Grath, Joanne Cook.
Sortie salles France: 10 Janvier 1996. Angleterre: 26 Avril 1996
Récompenses: Double Prix d'interprétation Féminine au Festival du film Britannique de Dinard en 1995.
FILMOGRAPHIE: Michael Winterbottom est un monteur, producteur, réalisateur et scénariste britannique, né le 29 Mars 1961.
1990: Forget about me. 1992: Under the Sun. 1995: Butterfly Kiss. 1995: Go now. 1996: Jude. 1997: Bienvenue à Sarajevo. 1998: I want you. 1999: Wonderland. 1999: With or without you. 2000: Rédemption. 2002: 24 Hour Party People. In this World. 2003: Code 46. 2004: 9 Songs. 2005: Tournage dans un jardin anglais. 2006: The Road to Guantanamo. 2007: Un Coeur invaincu. 2009: Un Eté Italien. 2010: La Stratégie du choc. 2010: The Killer inside me. 2011: The Trip. 2011: Trishna.
Une vagabonde saphique erre sur les autoroutes d’Angleterre, cherchant une certaine Judith aux abords des stations-service. Sur sa route, elle rencontre Miriam, serveuse introvertie et naĂŻve. Ensemble, elles entament un pĂ©riple meurtrier contre les quidams machistes, avant de tomber amoureuses. Film choc, profondĂ©ment dĂ©rangeant, par son ambiance malsaine au confins du marasme et le profil torturĂ© d’un duo de lesbiennes complices de meurtres en sĂ©rie, Butterfly Kiss est un ovni subversif qui bouleversa nombre de spectateurs, dĂ©concertĂ©s par cette relation amoureuse sous formol.
Une serial killeuse obsĂ©dĂ©e par la quĂŞte d’une Judith croisĂ©e au hasard croise Miriam, serveuse solitaire cloĂ®trĂ©e avec sa mère dans un appartement sombre.
C’est le dĂ©but d’une tendre relation qu’Eunice va lentement entraĂ®ner dans des pĂ©rĂ©grinations meurtrières, punissant cavaleurs de jupons. VoilĂ pour la synthèse de ce road movie blafard, oĂą les dĂ©cors glauques des autoroutes anglaises renforcent son cĂ´tĂ© dĂ©pressif, amplifiant la grisaille d’un climat maussade. On ne saura rien du passĂ© de ces deux femmes paumĂ©es ni pourquoi Eunice s’acharne Ă retrouver Judith, probablement une idylle dĂ©chue, tandis qu’elle s’entĂŞte Ă chercher le tube d’une chanson sur l’amour. Le rĂ©alisateur s’attache surtout Ă dĂ©crire avec un humanisme dĂ©sespĂ©rĂ© leur union fragile, inscrite dans la rancĹ“ur morale et le meurtre gratuit.
C’est une Ă©lĂ©gie dĂ©senchantĂ©e, une odyssĂ©e aux teintes sombres, qui nous est livrĂ©e avec verdeur, peignant sans dĂ©tour leurs vicissitudes sordides, prĂ©sageant en fin de parcours une rĂ©demption nihiliste. Comme si ces deux hĂ©roĂŻnes incomprises s’empressaient, par l’acte meurtrier, de rejoindre les tĂ©nèbres pour s’extraire au plus vite de leur univers absurde.
Amanda Plummer incarne Eunice dans ce rĂ´le magnĂ©tique et dĂ©licat, traduisant avec acuitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e la tueuse en sĂ©rie rĂ©pugnĂ©e par sa propre personnalitĂ©. Pour expier ses crimes, elle martyrise son corps, ornĂ© de piercings, tatouages et chaĂ®nes de mĂ©tal, marquant ses stigmates d’hĂ©matomes. Saskia Reeves partage la vedette, incarnant avec naĂŻvetĂ© candide une femme-enfant en perte de repères. Une cĂ©libataire inflexible, dĂ©nuĂ©e d’ambition, influencĂ©e par la misanthropie sordide d’Eunice faute de leur intense liaison amoureuse.
ATTENTION SPOILER POUR CET EXTRAIT DEVOILANT SON FINAL IMPLACABLE !












































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