mardi 7 juin 2016

EDDIE THE EAGLE

                                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site sallesobscures.com

de Dexter Fletcher. 2016. Angleterre/Allemagne/U.S.A. 1h45. Avec Taron Egerton, Hugh Jackman,
Keith Allen, Jo Hartley, Iris Berben.

Sortie salles France: 4 Mars 2016. U.S: 26 Février 2016

FILMOGRAPHIE: Dexter Fletcher est un acteur et rĂ©alisateur anglais, nĂ© le 31 janvier 1966. 
2011 : Wild Bill (également coscénariste). 2013: Sunshine on Leith. 2016: Eddie the Eagle.


"Le plus important aux jeux olympiques n'est pas de gagner mais de participer. L'important dans la vie ce n'est point le triomphe mais le combat."
PIERRE DE COUBERTIN, Fondateur des Jeux Olympiques, 1896. 

A l'instar du succès inattendu de Rocky, il y a encore des petits mĂ©trages dĂ©bordant de gĂ©nĂ©rositĂ© et de sincĂ©ritĂ© Ă  s'approprier un concept Ă©culĂ© si bien que l'on oublie facilement son cheminement balisĂ© pour se laisser Ă  nouveau bercer par la "succes-story" d'un prodige chez une compĂ©tition sportive. TirĂ© d'une histoire vraie, Eddie the Eagle retrace avec une Ă©motion vertigineuse l'incroyable destin d'Eddie Edwards, jeune britannique passionnĂ© par le saut en ski et suffisamment utopiste pour croire en son Ă©toile. RaillĂ© par son père, les olympiens et les administrateurs alors qu'il dĂ©buta trop tard sa discipline professionnelle, Eddie compte nĂ©anmoins participer aux jeux olympiques avec l'appui de son mentor autrefois privĂ© de mĂ©daille pour indiscipline. Ensemble, fort d'un entraĂ®nement intensif et malgrĂ© les Ă©checs, ils vont multiplier les exploits avant de pouvoir concourir aux jeux olympiques d'hiver de 1988. 


VĂ©ritable cantique Ă  la passion, au courage, Ă  l'estime de soi et Ă  la constance, Eddie the Eagle rĂ©invente l'ascension sportive d'un jeune loup dĂ©libĂ©rĂ© Ă  se transcender pour conquĂ©rir son rĂŞve. Cette rage de vaincre tous les dĂ©fis, cette force morale de braver le pessimisme et les brimades de son entourage, Eddie Edwards nous les transmet Ă  l'Ă©cran avec un flegme prĂ©gnant. Son parcours semĂ© d'embĂ»ches, de bĂ©vues et de surprises nous emportant dans un tourbillon d'Ă©motions aussi fringantes que le destin de Rocky. A travers des sĂ©quences aĂ©riennes vertigineuses, on peut Ă©galement saluer le brio de la mise en scène sublimant les descentes sur ski d'Eddie avant son grand saut de l'aigle ! Une dĂ©signation que lui mĂŞme et ses nouveaux supporters ont acclamĂ© depuis sa performance hĂ©roĂŻque contre toute attente. Sous son physique ordinaire de benĂŞt (lunettes trop larges et sourire niais), Taron Egerton (la rĂ©vĂ©lation de Kingsman !) porte le film Ă  bout de bras par son aisance naturelle Ă  insuffler des sentiments fondĂ©s sur la loyautĂ©, la bravoure, la passion et l'amitiĂ©. SecondĂ© par l'autoritĂ© avisĂ©e de Bronson Peary, Hugh Jackman lui partage la vedette avec la sobriĂ©tĂ© d'un coatch amical et d'un philosophe en quĂŞte de repentance. Car c'est Ă  travers la persĂ©vĂ©rance d'Eddie et d'une Ă©ventuelle accession victorieuse qu'il tente d'assumer son prĂ©alable Ă©chec sportif depuis son orgueil juvĂ©nile. Lors d'une sĂ©quence poignante d'une belle justesse, et toujours Ă  travers le parcours mĂ©ritoire d'Eddie, on peut enfin souligner l'apparition de Christopher Walken dans celui de l'Ă©minent enseignant gagnĂ© par un regain d'humilitĂ© pour son ancien Ă©lève prodige.  


C'Ă©tait impossible, alors il l'a fait ! 
Grand moment d'Ă©motions aussi fortes que fragiles pour la destinĂ©e insensĂ©e d'une Ă©toile filante, Eddie the eagle emprunte le schĂ©ma modeste de la sĂ©rie B pour parfaire une "success-story" Ă  
l'intensitĂ© lyrique (bande son tonitruante Ă  l'appui !). Car malgrĂ© son impression de dĂ©jĂ  vu, Dexter Fletcher parvient Ă  renouveler le spectacle sportif et son thème inhĂ©rent de la persĂ©vĂ©rance (plutĂ´t que celle de la victoire) sous l'impulsion naturelle d'un duo d'acteurs pĂ©tris d'humanisme (on pardonne dès lors le jeu stĂ©rĂ©otypĂ© de certains seconds rĂ´les estampillĂ©s "mĂ©chants de service").  

Dédicace à Seb Lake

lundi 6 juin 2016

LA CHEVRE

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site quizz.biz

de Francis Veber. 1980. France. 1h33. Avec Pierre Richard, Gérard Depardieu, Michel Robin, André Valardy, Corynne Charbit, Pedro Armendáriz Jr., Jorge Luke .

Sortie salles France: 9 Décembre 1981

FILMOGRAPHIE: Francis Veber est un réalisateur, scénariste, dialoguiste et producteur français, né le 28 Juillet 1937 à Neuilly sur Seine. 1976: Le Jouet. 1981: La Chèvre. 1983: Les Compères. 1986: Les Fugitifs. 1989: Les 3 Fugitifs. 1992: Sur la corde raide. 1996: Le Jaguar. 1998: Le Dîner de con. 2000: Le Placard. 2002: Tais-toi ! 2006: La Doublure. 2008: L'Emmerdeur.


Enorme succès Ă  sa sortie en France (7 079 674 entrĂ©es), La Chèvre n'a point usurpĂ© son statut de classique de la comĂ©die populaire tant Francis Veber est parvenu Ă  conjuguer Ă©clats de rire et tendresse sous l'impulsion d'un duo d'acteurs que personne n'aurait imaginĂ© voir rĂ©unir ! Car outre sa bonne idĂ©e de dĂ©part (recruter un comptable malchanceux afin de dĂ©busquer la fille d'un PDG aussi infortunĂ©e que lui !), La Chèvre tire parti de son ressort comique grâce aux rapports conflictuels que se disputent Pierre Richard et GĂ©rard Depardieu. Si ce dernier adopte une posture autoritaire souvent dĂ©nigrante pour se railler des bĂ©vues de son camarade, il ne manque pas non plus de susciter un regain de compassion depuis que Perrin est rĂ©duit au bouffon de service (et non comme un leader sagace comme le laissaient croire ses supĂ©rieurs).


Personnage empoté multipliant les catastrophes à un rythme fertile, Pierre Richard crève l'écran à se glisser dans la peau d'un baroudeur persuadé d'avoir le profil héroïque pour parfaire sa mission. Jouant souvent sur la pantomime avec un sérieux imperturbable, l'acteur insuffle avec son physique naturel un aplomb exubérant pour incarner un maladroit impayable. Prenant pour thème la théorie de la malchance, Francis Veber exploite donc une intrigue efficace et bien construite autour de leurs pérégrinations que Perrin tente maladroitement de diriger. Parmi un éventail de quiproquos, pugilats et rebondissements, ces derniers vont apprendre à se connaître en affrontant une pègre mafieuse puis se tolérer depuis le flair aléatoire de Perrin (ce dernier engendrant au final la chance par sa déveine !). Prenant pour cadre naturel l'état du Mexique, le réalisateur affiche également un certain souffle exotique pour nous dépayser de sa forestation que Perrin et Campana sillonnent dans un concours de circonstances folingues (l'agression avec le gorille, la piqûre de guêpe, le sable mouvant). La musique de Vladimir Cosma composée à la flute de Pan se prêtant à merveille au climat tropical quand bien même l'émotion attendrissante de sa conclusion éveille un sublime instant de poésie candide.


JalonnĂ© de gags, de fantaisies et d'action autour d'une intrigue animĂ©e par la poisse du gaffeur, La Chèvre se permet en outre de susciter une Ă©motion lyrique lors d'une retrouvaille inespĂ©rĂ©e. Reste Ă  saluer le duo lĂ©gendaire que se partagent avec autant de bonne humeur que d'animositĂ© Pierre Richard / GĂ©rard Depardieu

vendredi 3 juin 2016

LA TARENTULE AU VENTRE NOIR

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, rattachĂ©e au site ecranlarge.com 

"La Tarantola dal ventre nero" de Paolo Cavara. 1971. Italie. 1h38. Avec Giancarlo Giannini, Claudine Auger, Barbara Bouchet, Rossella Falk, Silvano Tranquilli, Barbara Bach, Stephania Sandrelli.

Sortie salles Italie: 12 Août 1971

FILMOGRAPHIE: Paolo Cavara est un réalisateur et scénariste italien, né le 4 Juillet 1926 à Bologne (Italie), décédé le 7 Août 1982 à Rome. 1988: Accadde a Parma. 1981 Fregoli (TV Mini-Series). 1980 La locandiera. 1979 Atsalut pader. 1979 Sarto per signora (Téléfilm). 1976 E tanta paura. 1974 Il lumacone. 1974 Un parfum d'amour. 1973 Los amigos. 1971 La tarentule au ventre noir. 1969 La Capture. 1967 La cible dans l'oeil. 1966 Witchdoctor in Tails (Documentaire). 1964 I malamondo (Documentaire). 1963 La donna nel mondo (Documentaire. Non crédité). 1962: Mondo Cane (Documentaire).


Giallo injustement occulté et boudé en France si bien qu'en l'occurrence aucune édition numérique n'ait encore percée chez nous, La Tarentule au ventre noir ne manque pas de qualités pour émuler le genre avec sincérité et application. Non pas que la mise en scène soit un modèle du genre, loin de là, mais que le réalisateur parvient à structurer une intrigue assez prenante par son suspense latent contrebalancé de rebondissements (le détail sur la photo !) et (inévitables) fausses pistes. C'est du côté d'un institut de beauté que l'intrigue s'oriente depuis que le personnel est devenu la cible récurrente d'un tueur auquel l'adultère et la nymphomanie en sont les principaux ressorts. La première originalité du récit incombe à l'élaboration des meurtres et l'omnipotence de l'assassin lorsque ce dernier ganté préconise la paralysie de ses victimes à l'aide d'une aiguille empoisonnée (du venin de guêpe nous révélera plus tard un entomologiste !), et ce, juste avant de les assassiner. Dès lors, ces dernières, en état de conscience, subissent impuissantes aux châtiments du poignard pénétré à diverses reprises sur le bas-ventre jusqu'à ce que mort s'ensuive.


Parfois sanglants et soigneusement cadrés, ses crimes s'avèrent assez impressionnants sous l'impulsion d'un rituel atypique redoutablement pervers. La victime féminine symbolisant la soumission d'une tarentule si bien que le tueur s'inspire de la bravoure victorieuse de la "Pepsis Formosa". Une "guêpe des chemins" parvenant toujours à éliminer son rival grâce à la paralysie de son venin injecté dans l'estomac afin de libérer des larves carnivores ! C'est ensuite au niveau du profil de l'inspecteur Tellini que La Tarentule... puise son intensité psychologique, notamment parmi ses rapports intimes entretenus avec sa fiancée philanthrope. En perte de vitesse car ayant une longueur de retard sur les agissements du tueur persifleur (il filme les ébats sexuels de ce dernier et de sa compagne), Tellini se remet constamment en question sur son pragmatisme au risque d'abdiquer sa profession au profit de sa vie de famille. Outre l'efficacité des nombreux meurtres que le récit affiche avec un certain stylisme, La Tarentule... recourt aussi à une rigueur vertigineuse lors d'une course-poursuite entamée sur les toits d'un immeuble. Quant au final haletant, l'intrigue met en parallèle les situations alarmistes de deux victimes en proie à la menace meurtrière, au moment même où l'inspecteur ne s'efforce une ultime fois d'alpaguer le tortionnaire, symptomatique du misogyne.


Avec ses meurtres raffinĂ©s (inscrits dans le mutisme), le jeu sentencieux de Giancarlo Giannini, ses tĂŞtes d'affiche fĂ©minines d'une beautĂ© Ă©minemment lascive et la mĂ©lodie envoĂ»tante d'Ennio Morricone, La Tarentule au ventre noir n'a pas Ă  rougir de ses illustres ascendants pour mettre en exergue un thriller captivant. Certes un peu maladroit dans sa rĂ©alisation et le jeu perfectible de quelques seconds-rĂ´les, mais d'une sincĂ©ritĂ© indiscutable lorsque le cinĂ©aste s'efforce d'affilier caractĂ©risation psychologique et suspense mĂ©tronomique. 


mercredi 1 juin 2016

EXORCISME TRAGIQUE

                                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemalamorte.es

"Un Bianco Vestito Per MarailĂ©" de Romano Scavolini. 1972. Italie. 1h28. Avec Ida Galli, Ivan Rassimov, Luigi Pistilli, Pilar Velázquez, Ezio Marano

Sortie salles France: 10 Avril 1975

FILMOGRAPHIE: Romano Scavolini est un réalisateur italien né le 17 JuiN 1940.
2007 Two Families, 2005 L'apocalisse delle scimmie, 2004 Le ultime ore del Che (documentary), 1988 Dog Tags, 1981 Cauchemars Ă  Daytona Beach, 1980 Savage Hunt, 1973 Servo suo, 1973 Cuore, 1972 Exorcisme tragique - Les monstres se mettent Ă  table, 1969 Entonce, 1969 L'amore breve, 1968 La prova generale, 1966 A mosca cieca


Giallo mĂ©connu tout juste Ă©ditĂ© en galette numĂ©rique par Le Chat qui fume, Exorcisme tragique puise une certaine originalitĂ© dans sa forme gothico-baroque lorsqu'une poignĂ©e de convives sont invitĂ©s dans le manoir de MarialĂ© pour se livrer Ă  une dĂ©bauche communautaire. Quelques annĂ©es au prĂ©alable, cette dernière eut Ă©tĂ© tĂ©moin des meurtres de sa mère et de son amant perpĂ©trĂ©s par son père (une sĂ©quence onirique oĂą la nature solaire se confond au climat macabre depuis les exactions vengeresses). Alors que la fĂŞte bat son plein, un mystĂ©rieux tueur s'empresse de les assassiner un Ă  un. DirigĂ© par Romano Scavolini, auteur italien du cĂ©lèbre Cauchemar Ă  Daytona beach (sommet de gore crapoteux restĂ© dans toutes les mĂ©moires !), Exorcisme Tragique insuffle un climat d'Ă©trangetĂ© assez insolite lors de sa première partie.


Tant par la visite impromptue qu'entament les occupants dans les souterrains poussiĂ©reux du château parmi les toiles d'araignĂ©es et des mannequins cadavĂ©riques, que leur orgie nocturne oĂą alcool et exhibition Ă©rotique se chevauchent sans modĂ©ration. AffublĂ©s de dĂ©guisements de carnaval et communĂ©ment entraĂ®nĂ©s dans une spirale de dĂ©bauche, ces derniers se pavanent devant le tĂ©moignage fragilisĂ© de MarialĂ©. Asservie par son mari et le majordome car contrainte par la force d'ingurgiter un traitement mĂ©dicamenteux, cette dernière tente d'exorciser ses vieux dĂ©mons en empruntant la robe mortifère de sa mère. Si le cheminement narratif dĂ©nuĂ© de raison Ă  de quoi dĂ©router durant la première heure par son climat d'insolence en roue libre (la posture exubĂ©rante des protagonistes plongĂ©s dans un Ă©tat second), le spectateur s'y laisse facilement envoĂ»ter quand bien mĂŞme Romano Scavolini soigne la forme stylisĂ©e d'un esthĂ©tisme fringant. Avec souci du cadrage alambiquĂ© magnifiant ses pièces domestiques et Ă©clairĂ©s d'une photo flamboyante, Exorcisme Tragique flatte notre vision et l'ouĂŻe sous le score mĂ©lodique de Fiorenzo Carpi. La seconde partie, beaucoup mieux rythmĂ©e dans sa dĂ©rive criminelle, s'Ă©carte parfois de l'intimitĂ© du huis-clos pour filmer les extĂ©rieurs d'une nature crĂ©pusculaire inhospitalière, comme le souligne l'intervention des chiens cerbères. Si son final prĂ©visible ne surprend pas quant Ă  l'identitĂ© de l'assassin, la manière habile dont Romano Scavolini parachève son histoire fait preuve de dĂ©rision et d'intensitĂ© dramatique pour rĂ©pĂ©ter la boucle du passĂ© traumatique.


Sympathique slasher oĂą Ă©rotisme, beuveries et châtiments punitifs finissent par se tĂ©lescoper, Exorcisme Tragique rĂ©veille singulièrement le thème du trauma infantile sous l'impulsion d'un tĂ©moignage effrontĂ©. Une oeuvre mineure pour le genre mais assez hĂ©tĂ©rodoxe par son schĂ©ma narratif et d'une emprise de sĂ©duction assez expressive. 

mardi 31 mai 2016

LA POUPEE DIABOLIQUE

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, rattachĂ©e au site seriebox.com

"Devil Doll" de Lindsay Shonteff. 1964. Angleterre. 1h21. Avec Bryant Haliday, William Sylvester, Yvonne Romain, Sandra Dorne, Nora Nicholson.

Sortie salles U.S: Septembre 1964

FILMOGRAPHIE: Lindsay Shonteff est un réalisateur, scénariste et producteur anglais, né le 5 Novembre 1935 à Toronto, Canada, décédé le 11 Mars 2006 en Angleterre.
2009: Angels, Devils and Men.  2004 Ice Cold in Phoenix (Video).  1992 The Running Gun. 1990 Number One Gun. 1984 Lipstick and Blood. 1984 The Killing Edge. 1982 How Sleep the Brave. 1979 Adieu canaille . 1977 No. 1 of the Secret Service . 1976 Spy Story. 1974 The Swordsman. 1973 Big Zapper. 1972 Jeux d'adultes. 1971 The Yes Girls. 1970 Clegg. 1970 Permissive . 1969 Nuit après nuit. 1967 The Million Eyes of Sumuru. 1966 Run with the Wind. 1965 Licensed to Kill. 1965 Curse of the Voodoo. 1964: Devil Doll. 1961 The Hired Gun.


InĂ©dit en salles chez nous et tout juste exhumĂ© de l'oubli par l'Ă©diteur Artus Films, La PoupĂ©e Diabolique aborde le thème du ventriloque de manière plutĂ´t originale si bien que la poupĂ©e potentiellement diabolique s'avère ĂŞtre ici le souffre-douleur d'un hypnotiseur douĂ© de tĂ©lĂ©pathie. A la suite d'une de ses reprĂ©sentations, Vorelli, ventriloque Ă©mĂ©rite, tombe sous le charme de Marianne, la compagne de Mark English. Alors qu'il dĂ©fraie la chronique lorsque sa poupĂ©e parvient Ă  marcher librement devant des spectateurs mĂ©dusĂ©s, Vorelli attise la curiositĂ© de Mark dĂ©libĂ©rĂ© Ă  enquĂŞter sur son mystĂ©rieux passĂ©. TournĂ©e en noir et blanc, incarnĂ© par de sobres comĂ©diens et rĂ©alisĂ© de manière acadĂ©mique (sans compter une direction d'acteurs dĂ©faillante), La PoupĂ©e Diabolique parvient pourtant Ă  entretenir une fascination trouble auprès du spectateur impliquĂ© dans un suspense horrifique franchement inquiĂ©tant.


De par ses numĂ©ros macabres qu'exerce mĂ©thodiquement Vorelly sur ses victimes lors des reprĂ©sentations et la prĂ©sence annexe de sa poupĂ©e faire-valoir, un climat malsain aussi lourd qu'Ă©touffant Ă©mane des stratĂ©gies surnaturelles. Fort d'un regard impassible et d'une posture hiĂ©ratique, l'acteur Bryant Haliday extĂ©riorise une emprise ensorcelante sous l'impulsion cĂ©rĂ©brale de sa tĂ©lĂ©pathie. La victime asservie Ă©tant contrainte d'obtempĂ©rer jusqu'Ă  ce que Hugo ne prenne sa revanche après s'ĂŞtre humanisĂ© dans son corps de pantin. Si le cheminement narratif s'avère linĂ©aire mais efficacement structurĂ©, les rapports de soumission/domination entretenus entre Vorelly et Hugo viennent apporter un sang neuf au thème du ventriloque. Celui-ci Ă©tant frĂ©quemment rĂ©duit au rĂ´le de victime depuis l'autoritĂ© dĂ©moniaque de sa poupĂ©e. Par le biais d'une investigation entamĂ©e par le compagnon de Marianne, l'intrigue cultive ensuite l'expectative des mobiles afin de percer le sombre secret que se disputent Vorelli et Hugo. EmaillĂ© de sĂ©quences dĂ©rangeantes (Hugo enjambant Ă  deux reprises, et en toute autonomie, quelques pas face Ă  un public en Ă©moi, puis la sĂ©quence perturbante d'un homicide perpĂ©trĂ© en plein spectacle !), La PoupĂ©e Diabolique distille un sentiment d'insĂ©curitĂ© permanent au fil des stratagèmes du ventriloque habitĂ© par l'orgueil, le dĂ©sir de possession et la cupiditĂ©.


Surprenante sĂ©rie B façonnĂ©e durant l'âge d'or de l'Ă©pouvante anglaise, La PoupĂ©e Diabolique constitue une petite perle de souffre par son angoisse tangible (score dissonant Ă  l'appui !), faute des exactions sournoises du ventriloque et de la posture Ă©trangement humaine d'une poupĂ©e hybride hantĂ©e par son ancienne existence ! A dĂ©couvrir absolument ! 

lundi 30 mai 2016

MADHOUSE


"There was a little girl" de Ovidio G. Assonitis. 1982. Italie. 1h35. Avec Trish Everly, Michael MacRae, Dennis Robertson, Morgan Hart, Allison Biggers

Sortie salles Italie: 4 Mars 1981

FILMOGRAPHIE: Ovidio G. Assonitis est un réalisateur, scénariste et producteur italien né le 18 Janvier 1943 à Alexandria, Egypte.
1992: Out of Control. 1981 Desperate Moves. 1981 Piranha 2 (non crédité). 1981: There Was a Little Girl. 1977: Tentacules. 1974: Le démon aux tripes.


Julia et Mary sont deux soeurs jumelles que tout oppose. L'une, belle et aimable, professeur pour enfants handicapés vit une vie idyllique alors que sa soeur, complètement folle et haineuse, croupit dans une chambre d'un asile. Quelques jours après une visite houleuse à l'hôpital durant laquelle Mary menace sa soeur de mort, Julia apprend que sa soeur s'est enfuie.

Précédé d'une mauvaise réputation depuis sa sortie confidentielle si bien que l'éditeur Uncut Movies décida de l'exhumer de l'oubli, Madhouse aurait mieux fait de rester six pieds sous terre tant cette série B poussive peine à éveiller notre intérêt. Faute d'une réalisation stérile (en dehors de 1 ou 2 plans soignés), de personnages dénués de caractère (en dépit du premier rôle féminin plutôt convaincant dans sa fonction de victime psychologiquement molestée) et surtout d'une intrigue incohérente qui ne progresse pas, Madhouse suscite rapidement la torpeur durant son cheminement narratif en berne. Car si son rythme langoureux cultive parfois un bref intérêt lors de ses passages les plus violents (trois scènes chocs sont assez réussies dans leur facture outrancière typiquement latine) et que le score ombrageux de Riz Ortalini insuffle parfois une petite ambiance malsaine, son thème conféré à la famille dysfonctionnelle s'avère rapidement ridicule au fil de péripéties horrifiques dénuées d'intensité dramatique. Le réalisateur a beau s'excuser au final de son illogisme narratif en empruntant une épitaphe de G.B. Shaw ("La vie réelle diffère du théâtre seulement parce qu'il n'y a pas d'intrigue logique, tout est vague, décousu, sans liens apparents, jusqu'à ce que le rideau tombe sans nous avoir donné de réponse sur ce mystère") et en singeant le contexte sardonique de Happy Birthday, le spectateur quitte le spectacle avec une amertume sentencieuse.

jeudi 26 mai 2016

Les Guerriers du Bronx / 1990: I guerrieri del Bronx

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Enzo G. Castellari. 1982. Italie. 1h32. Avec Stefania Girolami, Marco Di Gregorio, Vic Morrow, Christopher Connelly, Fred Williamson, "Betty" Elisabetta Dessy

Sortie salles France: 17 Novembre 1982

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Enzo G. Castellari est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur, monteur et producteur italien, nĂ© le 29 Juillet 1938 Ă  Rome (Italie). 1967: Je vais, je tire et je reviens. 1968: Django porte sa croix. 1968: 7 Winchester pour un massacre. 1968: Tuez les tous... et revenez seul ! 1973: Le TĂ©moin Ă  abattre. 1976: Keoma. 1977: Une PoignĂ©e de salopards. 1977: Action ImmĂ©diate. 1979: La Diablesse. 1979: Les Chasseurs de Monstres. 1981: La Mort au Large. 1982: Les Nouveaux Barbares. 1982: Les Guerriers du Bronx. 1983: Les Guerriers du Bronx 2. 1987: Striker. 1987: Hammerhead. 1997: Le DĂ©sert de Feu.


Sorti en pleine mouvance du Post-Nuke initiĂ© par Mad-max 1 et 2, Les Guerriers de la Nuit et New-York 1997, les Guerriers du Bronx constitue l'un des cĂ©lèbres ersatz transalpins des annĂ©es 80 que les vidĂ©ophiles se sont empressĂ©s de louer auprès de leur video de quartier. SĂ©rie Z bricolĂ©e avec les moyens du bord dans les carrières dĂ©saffectĂ©es d'un New-York dystopique, les Guerriers du Bronx s'inspire largement des chefs-d'oeuvre susnommĂ©s de John Carpenter et de Walter Hill. Sauf qu'ici, et pour varier la donne, les rĂ´les et situations sont inversĂ©s au profit d'un ennemi sanguinaire implantĂ© dans le territoire interdit, le royaume des Riders ! Dans la mesure oĂą un exterminateur sans vergogne est chargĂ© de retrouver en vie Anne, la jeune hĂ©ritière d'une corporation d'armement rĂ©fugiĂ©e dans le quartier interdit depuis l'influence de magnats vĂ©reux. Or, ce dernier n'hĂ©site pas Ă  assassiner de sang froid les quidams marginaux empiĂ©tant son chemin. C'est dans cette zone rĂ©putĂ©e mortelle qu'Anne Ă©tablit la rencontre de Trash et de son Ă©quipe motorisĂ©e. Des loubards livrĂ©s Ă  eux mĂŞmes bien que subordonnĂ©s Ă  l'autoritĂ© de l'Ogre, un leader afro Ă  l'enseigne du quartier du Bronx. Afin de sauver la vie de cette fugitive, Trash et ses compagnons dĂ©cident d'invoquer l'aide de l'Ogre depuis les exactions criminelles de Hammer, l'exterminateur impitoyable (Vic Morrow dĂ©lectable en assassin pervers d'une force tranquille quasi hilarante).


Ainsi, ce scĂ©nario improbable sorti d'une bande dessinĂ©e fauchĂ©e parvient gĂ©nialement Ă  nous divertir Ă  travers son lot de stratĂ©gies guerrières, trahison et confrontations physiques que nos anti-hĂ©ros perpĂ©tuent vaillamment pour un enjeu humain. En pompant notamment sur l'autre modèle susdit (les Guerriers de la Nuitpour la panoplie exubĂ©rante des clans barbares (principalement les "Zombies" affublĂ©s d'une combinaison de Hockey), les Guerriers du Bronx illustre de manière gĂ©nialement triviale les pĂ©rĂ©grinations belliqueuses de ces anti-hĂ©ros dont Trash s'avère le porte parole le plus loyal. C'est Ă©galement au niveau des engins motorisĂ©s (le crane encastrĂ© au creux du guidon de chaque bĂ©cane) et des acteurs cabotins, aussi attachants qu'impayables dans leur posture inexpressive (la prĂ©sence irrĂ©sistiblement atone, effeminĂ©e de Trash et de ses mercenaires ressemblent Ă  s'y mĂ©prendre au groupe Village People !), que le film parvient Ă  amuser, rĂ©parties machistes Ă  l'appui ! Sa narration redondante culminant avec gĂ©nĂ©rositĂ© vers un affrontement Ă©pique entre forces de l'ordre et mercenaires lors d'une guĂ©rilla urbaine Ă©tonnamment pessimiste au point d'y dĂ©concerter une frange du public peu habitĂ© aux anti happy-end funestes. 


SĂ©rie Z d'action futuriste en roue libre largement soutenue de l'excentricitĂ© des personnages grotesques multipliant sans modĂ©ration des confrontations hĂ©roĂŻques littĂ©ralement impayables, Les Guerriers du Bronx gĂ©nère efficacement une fantaisie dĂ©bridĂ©e sous l'impulsion de ses pugilats infantiles hĂ©ritĂ©s d'un Ă©pisode de San Ku Kai (certaines bastonnades faisant d'ailleurs preuve d'un rythme languide faute de chorĂ©graphies gĂ©nialement malhabiles). De par la sincĂ©ritĂ© scrupuleuse de son auteur et du jeu outrancier des acteurs de seconde zone se prennant très au sĂ©rieux dans leur fonction de guerrier  en herbe faussement sauvage (euphĂ©misme), ce divertissement d'exploitation fait aujourd'hui office de chef-d'oeuvre bisseux auprès de sa facture transalpine hĂ©las rĂ©volue. Jubilatoire donc, sans modĂ©ration aucune, si bien que l'on Ă©galement hâte de revoir sa suite encore plus Ă©pique et dĂ©complexĂ©e.  

*Bruno
11/07/24. 3èx.

mercredi 25 mai 2016

LA CHAMBRE DES HORREURS

                                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site smorgasm.blogspot.com

"Chamber of Horrors" de Hy Averback. 1966. U.S.A. 1h39. Avec Patrick O'Neal, Cesare Danova, Wilfrid Hyde-White, Laura Devon, Patrice Wymore, Suzy Parker, José René Ruiz.

Sortie salles U.S: 28 Octobre 1966

FILMOGRAPHIE: Hy Averback est un réalisateur, acteur et producteur américain né le 21 octobre 1920 à Minneapolis, Minnesota (États-Unis), mort le 14 octobre 1997 à Los Angeles (Californie). 1965: Barney (TV). 1966 : La Chambre des horreurs. 1968 : Que faisiez-vous quand les lumières se sont éteintes ? 1968 : Le Baiser papillon. 1969 : The Great Bank Robbery. 1970 : Suppose They Gave a War and Nobody Came?. 1971 : Eddie (TV). 1976 : Richie Brockelman: The Missing 24 Hours (TV). 1977 : The Love Boat II (it) (TV). 1977 : The Magnificent Magical Magnet of Santa Mesa (it) (TV). 1977 : The Rubber Gun Squad (TV). 1978 : The New Maverick (en) (TV). 1978 : A Guide for the Married Woman (TV). 1979 : The Night Rider (TV). 1981 : Des filles canon (She's in the Army Now) (TV). 1981 : The Girl, the Gold Watch & Dynamite (en) (TV). 1983 : Venice Medical (TV). 1984 : Where the Boys Are.


SĂ©rie B oubliĂ©e produite par la cĂ©lèbre firme Warner, la Chambre des Horreurs s'est surtout fait connaĂ®tre auprès des vidĂ©ophiles lors de son exploitation en Vhs durant les annĂ©es 80. Aujourd'hui exhumĂ© de sa torpeur grâce Ă  sa sortie Dvd, ce thriller horrifique au parfum dĂ©licieusement rĂ©tro parvient Ă  conjuguer fougueusement suspense, romance et crimes inventifs. Ayant Ă©tranglĂ© sa concubine avec ses propres cheveux (hallucinante trouvaille inĂ©dite !!!) avant de la prendre pour Ă©pouse durant la procession improvisĂ©e d'un curĂ© horrifiĂ©, Jason Cravette est rapidement recherchĂ© par la police. Alors qu'il tente de perpĂ©trer un nouveau crime avec une prostituĂ©e, il est apprĂ©hendĂ© puis condamnĂ© Ă  mort. Parvenant in extremis Ă  s'Ă©chapper lors de son transfert, il s'exile vers une nouvelle contrĂ©e afin d'accomplir une terrible vengeance.


Avec son dĂ©cor annexe de musĂ©e de cire sĂ©culaire auquel l'un des propriĂ©taires s'efforcera d'aiguiller la police, on songe inĂ©vitablement Ă  l'Homme au masque de cire si bien que l'antagoniste affublĂ© d'une cape noire, d'un chapeau et d'un crochet amovible sur le moignon adopte un charisme fringant en psychopathe vindicatif. Patrick O'Neal se glissant Ă  merveille dans sa posture iconique parmi l'intensitĂ© de son regard azur inscrit dans le cynisme. Pleinement investi, il parvient Ă  nous susciter une fascination malsaine, notamment par le biais de son comportement gouailleur lorsqu'il dĂ©cide de trucider ses victimes avec des ustensiles variĂ©s. D'ailleurs, de manière aussi obsolète que vaine, un clignotement visuel et un avertissement sonore viendront nous avertir de la prochaine agression (Ă©ventuellement cinglante) Ă  venir. Le film s'avĂ©rant sur ce point extrĂŞmement complexĂ© si bien qu'aucune scène de violence graphique ne pointera le bout du nez Ă  l'horizon ! Cependant, par ce procĂ©dĂ© fantaisiste (mais mensonger) et grâce Ă  un suspense ciselĂ© pour l'investigation scrupuleuse des tĂ©moins, Hy Averback cultive un irrĂ©sistible charme vintage dans sa facture cinĂ©gĂ©nique. Tant par l'aplomb des acteurs Ă©paulĂ©s du charme fĂ©minin des seconds-rĂ´les (romance improvisĂ©e Ă  l'appui avec la complicitĂ© d'une courtisane), sa scĂ©nographie gothique hĂ©ritĂ©e de l'ère victorienne que par sa photo flamboyante inspirĂ©e de la Hammer.


Petite pĂ©pite du genre malencontreusement occultĂ©e pour des raisons inexpliquĂ©es, la Chambre des Horreurs honore lestement la sĂ©rie B horrifique parmi l'efficacitĂ© d'un suspense symĂ©trique. Pour parachever, on peut enfin prĂ´ner la prĂ©sence magnĂ©tique de Patrick O'Neal adoptant une posture dĂ©lĂ©tère jamais parodique pour Ă©muler son homologue Vincent Price

Remerciement à Célina Trinci

mardi 24 mai 2016

ZOOTOPIE

                                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site AllocinĂ©.fr

"Zootopia" de Byron Howard, Rich Moore, Jared Bush. 2015. U.S.A. 1h48.

Sortie salles France: 17 Février 2016. U.S: 4 Mars 2016

FILMOGRAPHIE: Byron Howard est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur et animateur amĂ©ricain nĂ© le 26 dĂ©cembre 1968 Ă  Misawa. 2008 : Volt, star malgrĂ© lui. 2009 : Let It Begin. 2010 : Raiponce. 2012 : Le Mariage de Raiponce. 2016 : Zootopie.
Rich Moore est un directeur d'animation amĂ©ricain et un partenaire de la compagnie Rough Draft Studios, Inc., nĂ© le 10 mai 1963 Ă  Oxnard, Californie. 2004 : Hare and Loathing in Las Vegas
2005 : Dancing Pepé. 2005 : Daffy Contractor. 2005 : What's Hip, Doc?. 2005 : Beach Bunny. 2005 : Baseball Taz. 2005 : Badda Bugs. 2005 : Scheme Park. 2005 : Reaper Madness. 2005 : Guess Who's Coming to Meet the Parents. 2005 : Executive Tweet. 2005 : Duck Suped. 2005 : Deep Sea Bugs
2005 : Slacker Quacker. 2012 : Les Mondes de Ralph. 2016 : Zootopie.


"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde !" Gandhi. 

Nouvelle production Disney supervisĂ©e par trois rĂ©alisateurs dont le reconnu Byron Howard (Raiponce), Zootopia retrace la coopĂ©ration et l'investigation de longue haleine d'une lapine, agent de police en herbe, et d'un renard vĂ©nal Ă  la recherche d'une loutre rĂ©cemment disparue. Contraints de parfaire leur mission en seulement 48 heures, ils vont devoir redoubler de perspicacitĂ© et bravoures Ă  dĂ©masquer une mystĂ©rieuse organisation. Manifeste anti raciste pour le le respect des ethnies et le droit Ă  la diffĂ©rence (tel ce bĂ©nĂ©fice de porter l'insigne chez une lapine pleine d'ambition), Zootopia allie avec vigueur humour, action et fantastique sous l'impulsion fougueuse de hĂ©ros en initiation amicale.


Parmi le caractère attachant de ces derniers et des seconds rôles extravagants (la posture hilarante des fameux paresseux !), l'intrigue met en appui l'équilibre de cette faune animalière vivant en harmonie sur Zootopia parmi la communauté de prédateurs autrefois sauvages. Par le biais d'une conspiration totalitaire délibérée à évincer cette communauté primitive, les réalisateurs abordent sans fard les thèmes du préjugé et des apparences lorsque la peur de l'autre est engendrée par le sentiment d'insécurité. Emaillé de rebondissements homériques subordonnés au fil narratif, Zootopia n'en fait jamais trop pour nous plonger dans son aventure flamboyante (design stylisé d'une animation pleine d'inventivité !), quand bien même la caractérisation humaine des héros en contradiction nous émeut sobrement, notamment avec leur point commun d'un passé torturé (leur manque de confiance, la peur de l'autre et l'humiliation cultivés par l'intimidation d'un ennemi fourbe). L'investigation commune de Judy et Nick les amenant ensuite à reconsidérer l'étranger au-delà de sa simple expression et de sa réputation surfaite. Leur confiance commune engendrant au final une réflexion sur la compréhension et l'estime de soi avant de l'inculquer chez son prochain et ce, afin de changer les mentalités.


Aussi drĂ´le que passionnant et ponctuĂ© d'instants de tendresse Ă  suivre les pĂ©rĂ©grinations solidaires de hĂ©ros en ascension hĂ©roĂŻque, Zootopia constitue une leçon de vie universelle, un hymne Ă  la fĂ©dĂ©ration cosmopolite afin de pouvoir cohabiter dans un monde meilleur.  

lundi 23 mai 2016

THIS IS NOT A LOVE STORY. Grand Prix du Jury, Prix du public, Sundance 2015.

                                                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

Me and Earl and the Dying Girl de Alfonso Gomez-Rejon. 2015. U.S.A. 1h46. Avec Thomas Mann, Olivia Cooke, RJ Cyler, Jon Bernthal, Nick Offerman, Connie Britton, Molly Shannon.

Sortie salles France: 18 Novembre 2015. U.S: 3 Juillet 2015

FILMOGRAPHIE: Alfonso Gomez-Rejon est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain, né au Texas. 2014: The Town That Dreaded Sundown. 2015: This is not a love story.


Un jeune étudiant, discret et détaché, s'efforce de se lier d'amitié avec l'une de ses élèves atteinte de leucémie.

Un sujet lacrymal facilement complaisant mais traité ici sans pathos (à contre-emploi des "Etoiles contraires"), le réalisateur alliant réalisme et poésie pour contrecarrer les traditionnels clichés du Teen movie et du mélo. De par l'originalité de sa mise en scène inventive (multipliant les références aux classiques du cinéma) et les moments d'intimité pleins de fantaisies que se partagent sobrement le couple, This is not a love story parvient à nous séduire sous l'impulsion de comédiens inscrits dans le naturel.


En dépit du rythme défaillant d'un cheminement narratif peu captivant car dénué de surprises, la dernière demi-heure, terrassante d'émotion, vous mettra KO pour sa réflexion existentielle sur le sens de l'amitié et de la mort. Rien que pour son intensité dramatique improvisée et ses éclairs de féerie rédemptrice, This is not a love story mérite franchement que l'on s'y attarde.

Merci à Mylène et Frederic ^^

Récompenses: Grand Prix du Jury
Prix du Public, Sundance 2015



vendredi 20 mai 2016

GOMORRA. Grand Prix, Cannes 2008

                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, dĂ©pendante du site Cineclap.free

de Matteo Garrone. 2008. Italie. 2h17. Avec Toni Servillo, Salvatore Abruzzese, Salvatore Ruocco,
Gianfelice Imparato, Maria Nazionale, Carmine Paternoster.

Sortie salles France: 13 Août 2008

FILMOGRAPHIE: Matteo Garrone, né le 15 octobre 1968 à Rome, est un réalisateur de cinéma italien. 1997: Terra di mezzo. 1998: Ospiti. 2000: Estate romana. 2002: L'Étrange monsieur Peppino. 2004: Primo amore. 2008: Gomorra. 2012: Reality. 2015: Tale of Tales.


En Europe, la Camorra a tuĂ© plus que tout autre organisation criminelle. 4000 morts en 30 ans. 1 tous les 3 jours. 
Scampia est l'endroit au monde oĂą l'on vend le plus de drogue. Le chiffre d'affaires par clan est d'environ 500 000 euros par jour. 
En empilant les dĂ©chets toxiques traitĂ©s par la Camorra, on atteint 14 600 mètres de haut. L'Everest fait 8850 mètres. Il y a 20% de cancers en plus dans les zones contaminĂ©es. 
Les bĂ©nĂ©fices des activitĂ©s illĂ©gales financent des activitĂ©s lĂ©gales partout dans le monde. 
La Camorra a investi dans la reconstruction des Tours jumelles Ă  New-York. 


Pour rappel, la Camorra est une mafia italienne urbaine d'origine napolitaine Ă  contrario de Cosa Nostra, mafia issue d'un milieu rural. Le film entrecroise les tranches de vie de 6 personnages en collaboration avec cette organisation criminelle. Leur destin prĂ©caire les plongeant dans une dĂ©rive de règlements de compte sanglants depuis les fĂ©lonies et la concurrence mĂ©galo du camp adverse. Avec souci d'ultra rĂ©alisme documentĂ©, Matteo Garrone nous plonge dans l'enfer du crime sous l'impulsion de gueules burinĂ©es criantes de vĂ©ritĂ©. Les acteurs, pour la plupart non professionnels (3 d'entre eux ont d'ailleurs rĂ©ellement Ă©copĂ©s des dĂ©mĂŞlĂ©s avec la police), dĂ©gageant une intensitĂ© viscĂ©rale dans leur faciès impĂ©rieux sous le pilier d'une mise en scène hyper travaillĂ©e. VĂ©ritable reportage pris sur le vif Ă  contre-courant de toute forme de romantisme (on est Ă  l'antipode du Parrain de Coppola), Gomorra dĂ©voile l'envers du dĂ©cor sordide d'un ghetto misĂ©reux oĂą des familles mafieuses s'y sont implantĂ©es. De la nouvelle gĂ©nĂ©ration dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e (les destins dĂ©risoires de Marco et Piselli et l'insertion du petit Toto) en passant par l'autoritĂ© des patriarches et des retraitĂ©s sclĂ©rosĂ©s, Gomorra inscrit sur pellicule (et de façon mĂ©ticuleuse) leur portrait viciĂ© avec une puissance dramatique terrifiante. A l'instar de leurs exactions intimes nĂ©gociĂ©es en groupe pour dĂ©cider du sort d'une femme ou de deux ados en ascension dĂ©linquante. Car en dĂ©pit de tractations infructueuses, les plus fourbes et sournois emprunteront la trahison, la vengeance et la riposte le plus brutale afin de remporter la mise.


Crapuleux et terrifiant pour son ultra rĂ©alisme fĂ©tide et la nĂ©vralgie d'une dramaturgie impromptue, Gomorra constitue sans doute le tĂ©moignage le plus tangible jamais dĂ©crit sur la mafia italienne. La mise en scène documentĂ©e (et personnelle) de Matteo Garrone optant le climat blafard d'un enfer urbain oĂą corruption et criminalitĂ© de grande envergure se chevauchent pour des enjeux de cupiditĂ© et d'autoritĂ©. 

Info subsidiaire Wikipedia:
Certains acteurs sont des gens de la région napolitaine sans aucune référence professionnelle. Le 11 octobre 2008, Bernardino Terracciano, interprète de Zi Bernardino dans le film, a été arrêté dans le cadre d'une opération policière contre le clan des Casalesi. Le 5 janvier 2009, Giovanni Venosa, autre acteur de Gomorra, est lui aussi arrêté dans le cadre d'une enquête sur la collecte du pizzo. Salvatore Fabbricino, interprétant un des camorristes, est lui aussi arrêté pour avoir fait partie d'un commando qui a fait six morts auprès de ressortissants africains.

Récompenses: Grand Prix du jury au Festival de Cannes 2008
European Film Awards 2008 :
Meilleur film européen
Meilleur réalisateur (Matteo Garrone)
Meilleur acteur (Toni Servillo)
Meilleur scénario (Roberto Saviano et Matteo Garrone)
Meilleure photographie (Marco Onorato)

mercredi 18 mai 2016

GODS OF EGYPT

                                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Alex Proyas. 2016. U.S.A/Australie. 2h07. Avec Nikolaj Coster-Waldau, Gerard Butler, Courtney Eaton, Geoffrey Rush, Emma Booth.

Sortie salles France: 6 Avril 2016. U.S: 26 Février 2016

FILMOGRAPHIE: Alex Proyas est un réalisateur, producteur et scénariste australien, né le 23 Septembre 1963 en Egypte. 1994: The Crow. 1998: Dark City. 2002: Garage Days. 2004: I, Robot. 2009: Prédictions. 2012: Paradise Lost. 2016: Gods of Egypt.


IncendiĂ© par les critiques du monde entier (Ă  2/3 exceptions) sermonnant sans rĂ©serve cette luxueuse production de "navet", Gods of Egypt fait office d'ovni de la dĂ©mesure dans son melting pot de situations homĂ©riques toutes plus improbables les unes que les autres. Piquant Ă  tous les râteliers des idĂ©es et situations Ă©culĂ©es aux classiques du serial (Indiana Jones en tĂŞte), de l'heroic fantasy (le Choc des Titans, Jason et les Argonautes), du Space Opera (Star Wars, Flash Gordon, Dune) et du peplum (principalement les B movies des annĂ©es 60), Alex Proyas nous Ă©labore un blockbuster au surrĂ©alisme enchanteur. Fort d'un casting cabotin dĂ©versant avec sĂ©rieux et ironie des dialogues rĂ©gulièrement impayables, ce spectacle flamboyant (dĂ©cors grandioses et photo rutilante !) parvient Ă  extĂ©rioriser un sentiment de sympathie chez le spectateur tant Proyas nous Ă©vade avec une gĂ©nĂ©rositĂ© opulente. 


L'histoire d'une simplicitĂ© enfantine se condense Ă  la confrontation des dieux Egyptiens, Horuth et Seth. Deux frères au pouvoirs surhumains se disputent le trĂ´ne depuis que l'un d'eux s'est engagĂ© dans une rancune orgueilleuse. Après avoir Ă©tĂ© banni de son temple et rendu aveugle par Seth, Horuth se morfond dans le silence loin de son peuple. Mais un jeune hĂ©ros fringant du nom de Bek parvient Ă  retrouver sa trace dans le dĂ©sert pour le solliciter Ă  combattre le nouveau roi et ainsi rĂ©cupĂ©rer son trĂ´ne. Dès lors, entre deux romances Ă©perdues et le chaos escomptĂ© des tĂ©nèbres, une grande aventure semĂ©e d'embĂ»ches s'engage vers eux avec la complicitĂ© d'un dĂ©funt Dieu. D'un pitch rebattu, Proyas en extirpe un spectacle Ă©pique hallucinant de naĂŻvetĂ© cocasse (souvent involontaire) tant les morceaux de bravoures dĂ©ployĂ©s font preuve d'une fantaisie dĂ©bridĂ©e sous l'impulsion de personnages aussi grotesques qu'attachants (notamment la taille robuste des Dieux, leur mutation mĂ©tallique et leurs dĂ©placements aĂ©riens !). Clairement estampillĂ© pour un public familial, Alex Proyas se permet d'Ă©chauder des sĂ©quences monstrueuses de destruction massive avec l'appui de crĂ©atures en effets numĂ©risĂ©s. Et de manière dĂ©sordonnĂ©e (trois actions distinctes nous sont mĂŞme dĂ©crites en temps rĂ©el !) de nous livrer un rĂ©cit hĂ©roĂŻco-mystique oĂą les forces de l'au-delĂ  (les fameuses portes de la mort) vont Ă©galement servir de vecteur Ă©motionnel pour le sort d'une princesse. Cette action quasi omniprĂ©sente alternant de façon pĂ©tulante l'Ă©pique, la fĂ©erie et l'anticipation parvient miraculeusement Ă  nous distraire par le biais d'un esprit Bis irrĂ©sistiblement effrontĂ©. L'ère numĂ©rique dĂ©ployĂ©e ici sans modĂ©ration se substituant aux moyens dĂ©risoires de la sĂ©rie Z artisanale.


Con comme la lune mais implacablement fun, hilarant et attachant, et esthĂ©tiquement aussi fulgurant que boursouflĂ©, Gods of Egypt constitue le divertissement de tous les excès auquel l'extrĂŞme gĂ©nĂ©rositĂ© du cinĂ©aste et la dĂ©rision affable des comĂ©diens parviennent Ă  dĂ©passer toutes ses scories. A condition de le savourer au second degrĂ©, ce nanar clinquant risque fort dans les dĂ©cennies prochaines de se faire une place singulière dans l'Ă©crin de la Bisserie post-moderne. 

mardi 17 mai 2016

Triple 9

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site traileraddict.com 

de John Hillcoat. 2015. U.S.A. 1h55. Avec Casey Affleck, Chiwetel Ejiofor, Anthony Mackie, Aaron Paul, Clifton Collins Jr., Norman Reedus, Gal Gadot, Woody Harrelson, Kate Winslet, Teresa Palmer

Sortie salles France: 16 mars 2016. Ă‰tats-Unis: 26 fĂ©vrier 2016

FILMOGRAPHIE: John Hillcoat est un cinĂ©aste australien nĂ© en 1961 au Queensland. 1988: Ghosts… of the Civil Dead. 1996: To Have and to Hold. 2005: The Proposition. 2009: La Route. 2012: Des hommes sans loi. 2016: Triple 9


RĂ©vĂ©lĂ© par La Route et, Ă  moindre Ă©chelle, par Des Hommes sans loi, après nous avoir estomaquĂ©s avec son western sauvage The Proposition, John Hillcoat rĂ©invente aujourd’hui le polar hard-boiled avec Triple 9. « 999 » dĂ©signe le code d’alerte des services de police lorsqu’un agent est grièvement blessĂ©. Tous accourent alors pour sauver leur comparse. Entre le cartel mexicain et la mafia russe, un jeune flic dur Ă  cuire se retrouve pris dans une conspiration odieuse : devenir la cible sacrificielle de flics ripoux contraints d’exĂ©cuter un dernier cambriolage pour le compte d’Irina Vlaslov, Ă©pouse d’un mafieux sous les verrous. Mais rien ne se dĂ©roulera comme prĂ©vu…

Fort d’un casting prestigieux opposant des vĂ©tĂ©rans (Woody Harrelson, Kate Winslet) Ă  la nouvelle gĂ©nĂ©ration (Casey Affleck, Aaron Paul, Clifton Collins Jr., Norman Reedus), Triple 9 offre Ă  ses figures viriles un superbe numĂ©ro d’acteurs. Leur prestance brute incarne un jeu viciĂ© de corruption policière, autour de l’hĂ©roĂŻsme d’une jeune recrue venue s’interposer avec loyautĂ©. Exploitant un scĂ©nario Ă©culĂ© de trahison policière en collusion avec la pègre, John Hillcoat rĂ©ussit pourtant Ă  le transcender par la virtuositĂ© de sa mise en scène, qui nous propulse de plein fouet dans une urgence constante. Braquages, courses-poursuites et règlements de comptes s’enchaĂ®nent avec une redoutable efficacitĂ©, portĂ©s par un fil narratif vĂ©nĂ©neux. Les fusillades, magnifiquement chorĂ©graphiĂ©es, nous clouent au siège par leur intensitĂ© effrĂ©nĂ©e, amplifiĂ©e par un score aux rĂ©sonances presque horrifiques.

Ă€ travers cette intrigue structurĂ©e oĂą se dressent les portraits d’individus vĂ©reux (jusqu’au chef de la police, qui noie sa solitude dans l’alcool et la drogue), Hillcoat met en exergue la dĂ©liquescence d’une citĂ© en perdition. La police y peine Ă  imposer son autoritĂ© face aux pouvoirs conjoints du cartel mexicain et de la mafia russe. L’ultra-rĂ©alisme de cette urbanitĂ© marginale s’accompagne d’Ă©clairs de violence sèche, marquant l’agonie des victimes. Cette cruditĂ© poisseuse, fruit des exactions criminelles, nourrit l’intensitĂ© dramatique de l’enquĂŞte fĂ©brile de Chris Allen, tandis que les ripoux ploient sous le chantage des Russes. Le jeune flic redouble de risques pour tenter de les apprĂ©hender, sans se douter que la menace s’Ă©tend jusque dans sa propre hiĂ©rarchie.


Passionnant et menĂ© tambour battant par une mise en scène vertigineuse, Triple 9 distille une ambiance opaque, envoĂ»tante, au cĹ“ur d’une citĂ© au bord du marasme. Outre ses Ă©clairs d’action incisifs et sa violence Ă  vif, le film est transcendĂ© par ses tĂŞtes d’affiche martiales — Kate Winslet, mĂ©connaissable en baronne soviĂ©tique, en tĂŞte.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir