lundi 26 septembre 2016

Maniac Cop 2

                                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de William Lustig. 1990. U.S.A. 1h26. Avec Robert Davi, Claudia Christian, Michael Lerner, Bruce Campbell, Laurene Landon, Robert Z'dar.

Sortie salles France: 18 Juillet 1990

FILMOGRAPHIE: William Lustig est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 1er fĂ©vrier 1955 dans Le Bronx Ă  New York. Il est le neveu du boxeur Jake La Motta. 1980: Maniac. 1983: Vigilante. 1988: Maniac Cop. 1990: Maniac Cop 2. 1993: Maniac Cop 3. 1997: Uncle Sam.


Deux ans après Maniac Cop, William Lustig rempile pour une sĂ©quelle ludique encore plus nerveuse dans son concentrĂ© d'action et de poursuites sur bitume souvent fort spectaculaires. Ainsi, Ă  travers une facture photogĂ©nique de B movie de samedi soir, Maniac Cop 2 n'affiche pas la redite inutile sous l'Ă©gide du mĂŞme scĂ©nariste que son prĂ©dĂ©cesseur, l'illustre Larry Cohen. L'intrigue efficace jouant la carte du second degrĂ© avec un humour noir incisif alors que le cadre urbain imparti Ă  sa scĂ©nographie new-yorkaise met en lumière (gĂ©nialement nocturne) une atmosphère d'insĂ©curitĂ© palpable. Le pitchMatt Cordell, flicard d'outre-tombe, continue de sillonner les quartiers en poursuivant ses exactions meurtrières auprès de citadins et forces de l'ordre. Mais une mission de plus grande ampleur l'attend bientĂ´t ! PĂ©nĂ©trer dans l'enceinte de son ancien pĂ©nitencier afin de punir les responsables de son lynchage.


Efficacement structurĂ©, ce pitch insolent regorge de pĂ©ripĂ©ties et trouvailles durant sa trajectoire fortuite comme le souligne la prĂ©sence complĂ©mentaire d'un maniaque sexuel venu aimablement Ă©pauler notre killer-cop. Ce dernier se concertant avec cet Ă©trangleur d'effeuilleuses qu'un flic rĂ©ac (le charismatique et burinĂ© Robert David) et une psychologue (la sexy Claudia Christian prĂ©alablement entrevue dans Hidden !) s'efforceront Ă©galement apprĂ©hender au fil de leurs pĂ©rĂ©grinations. Mais bien avant ces chasses Ă  l'homme perpĂ©trĂ©es en plein New-York crĂ©pusculaire, Lustig fait preuve d'audace subversive quand au sort tragique de notre duo d'hĂ©ros (Bruce Campbell / Lauren Landon) durant la première demi heure de mĂ©trage Ă  la fois dĂ©concertante et vĂ©ritablement couillue. 


GĂ©nĂ©reux en diable Ă  travers son panel de pĂ©ripĂ©ties frĂ©nĂ©tiques, et nanti d'humour sardonique avec un second degrĂ© aussi provocateur qu'assumĂ©, Maniac Cop 2 demeure une suite assez retorse sous l'impulsion de seconds couteaux attachants et du scĂ©nariste excentrique Larry Cohen (peu de le souligner).

*Bruno
26.09.16.
07.07.22. 4èx. Vostfr

                                       LA CHRONIQUE DE MANIAC COP 1

                                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinema.jeuxactu.com

de William Lustig. 1988. U.S.A. 1h25. Avec Tom Atkins, Bruce Campbell, Laurene Landon, Richard Roundtree, William Smith, Robert Z'dar, Sheree North.

Sortie salles France: 22 Juin 1988

FILMOGRAPHIEWilliam Lustig est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 1er fĂ©vrier 1955 dans Le Bronx Ă  New York. Il est le neveu du boxeur Jake La Motta.
1980: Maniac. 1983: Vigilante. 1988: Maniac Cop. 1990: Maniac Cop 2. 1993: Maniac Cop 3.
1997: Uncle Sam.


Habile franc-tireur responsable du mythique Maniac et d'un classique de l'auto-dĂ©fense, Vigilante, William Lustig continue de verser dans la sĂ©rie B horrifique avec Maniac Cop, d'après un scĂ©nario du cĂ©lèbre Larry Cohen. Justement, c'est bien lĂ  la qualitĂ© première de cet efficace slasher dont l'intrigue adroitement Ă©crite juxtapose judicieusement pĂ©ripĂ©ties, course-poursuites, cascades, rebondissements en pagaille et crimes en sĂ©rie autour de l'itinĂ©raire meurtrier d'un flic psychopathe. Qui plus est, pour intensifier l'enjeu dramatique, un faux coupable est sĂ©vèrement malmenĂ© par la police et le tueur afin que ce dernier puisse librement continuer ses exactions lors d'une unitĂ© de temps. En empruntant au thème du zombie inscrit dans notre rĂ©alitĂ© du quotidien, Larry Cohen rĂ©ussit Ă  crĂ©dibiliser son intrigue bâtie sur la vengeance meurtrière de l'officier Matt Cordel, prĂ©alablement condamnĂ© Ă  tort pour abus de pouvoir et donc enfermĂ© en prison parmi les assassins qu'il avait autrefois alpaguĂ©. Spoiler !!! Après avoir Ă©tĂ© laissĂ© pour mort lors d'une sordide altercation dans les douches de la prison et après s'ĂŞtre Ă©chappĂ© de la morgue, il dĂ©cide d'accomplir une vengeance mĂ©thodique pour tenir lieu de son innocence auprès des citadins de son quartier. Maintenu en vie grâce Ă  sa rancoeur et ses pulsions de haine, il est aujourd'hui incarnĂ© en monstre invincible sous une panoplie d'agent impĂ©rieux. Fin du Spoil


Avec une dose d'ironie macabre et d'humour potache, la première partie s'alloue d'un pied de nez intentĂ© au corps policier lorsque ce flic dĂ©chu de ses fonctions se planque sous son insigne pour mieux se fondre dans la peau d'un psychopathe et semer une zizanie urbaine ! Du coup, les quidams gagnĂ©s par une paranoĂŻa collective n'osent plus aborder l'insigne de l'ordre de peur de finir Ă©gorger, quand bien mĂŞme certains d'entre eux finissent par se laissent gagner par une justice individuelle ! Car c'est affublĂ© d'une arme blanche que le maniac accomplit ses mĂ©faits en sillonnant les ruelles crĂ©pusculaires de New-York. Sur ce point, l'atmosphère d'insĂ©curitĂ© qui Ă©mane des sombres quartiers renvoie un peu au climat envoĂ»tant magnifiquement dĂ©peint dans son premier chef-d'oeuvre, Maniac. Alors qu'aujourd'hui les actualitĂ©s rĂ©centes nous Ă©numèrent certaines bavures des forces de l'ordre intentĂ©es sur les noirs amĂ©ricains, on peut dĂ©celer dans Maniac Cop une mĂ©taphore sur la corruption policière lorsqu'un flic zĂ©lĂ© n'hĂ©site plus Ă  sortir son arme pour abattre un quidam dĂ©sarmĂ©. EpaulĂ© d'une poignĂ©e de comĂ©diens de seconde zone, Tom Atkins et Bruce Campbell en tĂŞte, le film fait preuve d'une patine Bis dans la manière rustre et naĂŻve dont les interprètes font preuve pour s'exprimer avec machisme. Du point de vue musical, William Lustig fait de nouveau appel Ă  son compositeur fĂ©tiche, Jay Chataway, pour soutenir une partition tantĂ´t percutante, tantĂ´t entĂŞtante dans sa mĂ©lodie lancinante se prĂŞtant bien Ă  l'onirisme-macabre reflĂ©tant les Ă©tats d'âme du justicier d'outre-tombe rongĂ© par la haine et l'injustice. 


Efficace et carrĂ©, nerveux et haletant, inventif mais aussi naĂŻf, Maniac Cop assure le quota d'un psycho-killer de sĂ©rie B parmi l'originalitĂ© d'un script affĂ»tĂ© et la sympathie attachante de seconds couteaux du cinĂ© Bis. 

B-M
3èx

dimanche 25 septembre 2016

INSTINCT DE SURVIE

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site zone-telechargement.com

"The Shallows" de Jaume Colle Serra. 2016. U.S.A. 1h26. Avec Blake Lively, Óscar Jaenada, Sedona Legge, Brett Cullen, Angelo José Lozano Corzo.

Sortie salles France: 17 Août 2016. U.S: 24 Juin 2016

FILMOGRAPHIE: Jaume Collet-Serra est un réalisateur catalan, né le 23 Mars 1974 à Barcelone.
2005: La Maison de Cire. 2007: Goal 2: La Consécration. 2009: Esther. 2011: Sans Identité. 2014: Non-Stop. 2015: Night Run. 2016: Instinct de Survie.


                                             Une chronique de Jean-Marc Micciche

Vue l'accueil mesuré voire glacial de Instinct de survie, ben moi je monte au créneau pour défendre ce petit film certes n'échappant à des défauts d'écriture mais qui à mon sens remplit bien son cahier des charges. Le programme de Instinct de survie est dénué d'aucune autre ambition que de nous livrait un spectacle et des frissons. Le film débute de manière direct avec la présentation d'une jeune femme traversant la jungle en jeep accompagnée d'un guide pour l'amener sur une plage secrète. A travers une séquence toute en simpliste, le réalisateur impose un personnage, un cadre et un enjeu. Apres le départ de celui-ci, la jeune femme, une véritable déesse blessée dans son cœur commence un rituel propre au surfeur. Fétichisée, filmée avec un soupçon d'érotisme, la jeune femme s'impose dans ce paradis oublié dominé par un fantasme (la mère nourricière des rochers). Et puis arrive cette scène visuellement fabuleuse où la jeune femme semble dompter les vagues avec une grâce inouïe captée par la merveilleuse camera de Collet Serra. Un paradis bientôt souillé par une figure monstrueuse. Simplement, le réal impose une touche de danger, un bruit un regard et puis une vision, celle d'une baleine à l'agonie avec des plaies immenses.


La suite vous la connaissez, vous l'avez dans la bande annonce et c'est exactement ce qu'on va voir non sans que la virtuositĂ© du rĂ©al Ă©clate comme celle magnifique (mais que les dĂ©fenseurs des belles images creuses de The NĂ©on DĂ©mon oublient de cĂ©lĂ©brer), cette ombre menaçante apparaissant dans l'ombre de la vague au moment d'attaquer la jeune femme. Tout le reste du film consistera Ă  mettre en place un programme narratif claire et minimaliste, la jeune femme est bloquĂ©e sur un rocher, tout l'intĂ©rĂŞt du film consistera Ă  voire comment le rĂ©al va Ă©tablir un suspense non pas Ă  travers un rĂ©cit dont j'entrevois dĂ©jĂ  les moqueries (ben on disait la mĂŞme chose avec Gravity) mais vraiment Ă  travers l'espace, donc de dĂ©coupage, donc de cinĂ©ma. Limiter le film Ă  ses dĂ©fauts (certains font tout un plat avec cette mouette allant jusqu'Ă  dire que ça prend tout le film alors que dans les faits, on a 5 minutes bout Ă  bout c'est beaucoup). Donc oui le film a les dĂ©fauts des sĂ©ries B de films de monstres, l'intrigue et le cheminement du rĂ©cit est prĂ©visible, le sort du requin est expĂ©diĂ© et certains fx sont discutables. Mais ces dĂ©fauts vĂ©ritables (je les nie pas) sont largement compensĂ©s par un sens de l'image et la capacitĂ© du rĂ©al Ă  sublimer un corps blessĂ©s. Instinct de survie n'est pas un grand film mais le film recèle suffisamment de qualitĂ©s pour ĂŞtre apprĂ©ciĂ© Ă  sa juste valeur.

J.M



Un p'tit mot subsidiaire de Bruno Matéï:
Moi qui avais une petite appréhension après avoir découvert l'excellente petite surprise, In the deep, j'ai été également surpris par ce sympathique survival aquatique constamment efficace, assez tendu, visuellement splendide et bien rodé (même si l'héroïne pêche un peu par manque d'expressivité). Par contre, quant à la complicité amicale entamée avec la mouette, je cherche encore où le ridicule eut pu s'instaurer !

B-M

vendredi 23 septembre 2016

Le Survivant / The Omega Man

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Pinterest.com

"The Omega Man" de Boris Sagal. 1971. U.S.A. 1h38. Avec Charlton Heston, Anthony Zerbe, Rosalind Cash, Paul Koslo, Eric Laneuville, Lincoln Kilpatrick.

Sortie salles France: 24 Novembre 1971. U.S: 1er Août 1971

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Boris Sagal est un réalisateur et producteur américain né le 18 octobre 1923 à Ekaterinoslav (Ukraine), décédé le 22 mai 1981 à Portland (Oregon). 1963 : Le Motel du crime. 1965 : La Stripteaseuse effarouchée. 1971: Le Survivant. 1978: Angela. 1982: La 3è guerre mondiale (télé-film).


Seconde adaptation de Je suis une LĂ©gende, cĂ©lèbre roman de Richard Matheson publiĂ© en 54, Le Survivant reste le film le plus cĂ©lèbre de Boris Sagal, rĂ©alisateur prolifique ayant surtout oeuvrĂ© pour la TV avec diverses sĂ©ries et tĂ©lĂ©-films durant les annĂ©es 50 Ă  80. Car c'est en 1981 que Boris Sagal tire sa rĂ©vĂ©rence lors du tournage de son dernier film, La 3è guerre mondiale, après avoir Ă©tĂ© dĂ©capitĂ© par le rotor de queue d'un hĂ©licoptère. Petit classique post-apo des Seventies, Le Survivant relate la confrontation belliqueuse entre un praticien (unique survivant immunisĂ© contre une Ă©pidĂ©mie mondiale), et une communautĂ© sectaire atteint d'albinisme après avoir Ă©tĂ© frappĂ©s par le virus. Vivant reclus dans un palais de justice et ne sortant que la nuit du fait de leur hyper sensibilitĂ© Ă  la lumière, ces derniers multiplies les stratĂ©gies d'attaques afin de nuire Ă  la tranquillitĂ© de Robert Neville. Mais un soir, retenu prisonnier par ses membres prĂ©nommĂ©s "la famille", il est sauvĂ© in extremis par une afro-amĂ©ricaine. Ensemble, ils partent rejoindre un autre clan de survivants quand bien mĂŞme Neville tentera de les immuniser contre la maladie en recrĂ©ant un vaccin Ă  partir de son sang. SĂ©rie B efficacement menĂ©e dans son schĂ©ma narratif extĂ©riorisant un sentiment d'isolement tangible entre deux accalmies romanesques (la relation entre Robert et Lisa peut toutefois cĂ©der Ă  l'ennui) et confrontations homĂ©riques, Le Survivant n'a pas l'ambition de rĂ©volutionner le genre par son intrigue un chouilla redondante et sans surprises (si on Ă©pargne la dĂ©couverte des nouveaux rescapĂ©s et la noirceur de son final assez cruel).


Conçu comme un divertissement d'anticipation dĂ©nuĂ© de prĂ©tention car modestement haletant, Le Survivant distille un charme vintage, Seventie oblige, par son ambiance rĂ©aliste de dĂ©solation (les citĂ©s urbaines chargĂ©es de silence et Ă©vacuĂ©es de vies humaines nous ensorcellent la vue) et par la prĂ©sence secondaire de personnages attachants servant de faire-valoir au briscard Charlton Heston. Ce dernier endossant avec son charisme viril le rĂ´le pugnace d'un mĂ©decin militaire partagĂ© entre le devoir de prĂ©server sa vie et celle de ses nouveaux acolytes. On peut Ă©galement intenter une certaine ambiguĂŻtĂ© dans sa posture opiniâtre Ă  refuser de porter assistance Ă  "la famille" qu'il pourrait sans doute guĂ©rir depuis l'Ă©laboration du nouveau vaccin. On apprendra nĂ©anmoins plus tard que son Ă©goĂŻsme et son intolĂ©rance Ă©taient justifiĂ©es quant au comportement obscurantiste et psychotique des mutants renouant avec une foi primitive du fait de leur dĂ©gĂ©nĂ©rescence cĂ©rĂ©brale. Ces derniers encapuchonnĂ©s de vĂŞtements noirs et portant des lunettes de soleil s'avĂ©rant par ailleurs photogĂ©niques dans leur stature tĂ©nĂ©breuse hĂ©ritĂ©e de l'inquisition. LĂ  encore, le Survivant marque quelques points par son pouvoir de fascination formel si bien que ces antagonistes font office d'icone horrifique, quand bien mĂŞme nous serons notamment dĂ©contenancĂ©s d'apprendre que leur comportement rĂ©trograde et meurtrier Ă©mane de la nocivitĂ© cognitive du virus (Spoiler !!! ceci expliquant sans doute pourquoi Lisa semble subitement possĂ©dĂ©e d'un comportement hostile après avoir Ă©tĂ© frappĂ©e par le virus Fin du Spoiler).


A partir d'une histoire simple efficacement contĂ©e dans ces enjeux de survie se disputant les notions de progressisme et d'obscurantisme, Boris Sagal parvient avec sincĂ©ritĂ© Ă  nous immerger dans sa scĂ©nographie dystopique sous l'impulsion attachante de personnages hĂ©roĂŻques et d'un climat urbain sensiblement feutrĂ©. En dĂ©pit de son rythme dĂ©faillant Ă  mi-parcours il y Ă©mane un sympathique divertissement, notamment auprès de son charme rĂ©tro, que Charlton Heston porte sur ses larges Ă©paules, entre aplomb et spontanĂ©itĂ©. A privilĂ©gier toutefois Ă  la gĂ©nĂ©ration 80. 

B-M. 
02.06.23.
07.07.25. 5èx

jeudi 22 septembre 2016

Le Drive-in de l'enfer / "Dead-End Drive In"

                                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site en.wikipedia.org

de Brian Trenchard-Smith. 1986. U.S.A. 1h30. Avec Ned Manning , Natalie McCurry , Peter Whitford , Wilbur Wilde , Dave Gibson , Sandie Lillingston , Ollie Hall.

Sortie salles Australie: 1er Août 1986

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Brian Trenchard-Smith est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur, acteur anglais nĂ© en 1946. 2014: Drive Hard. 2013 Meurtre Ă  double face. 2011 Un bungalow pour six (TV Movie). 2010 Arctic Blast. 2009 Pimpin' Pee Wee. 2007 Tyrannosaurus Azteca. 2006 Rendez-moi mon fils! (TV Movie).  2006 In Her Line of Fire. 2005 USS PosĂ©idon (TV Movie). 2003 DC 9/11: Time of Crisis (TV Movie). 2003 The Paradise Virus (TV Movie). 2002 Les fantĂ´mes de High River (TV Movie).  2002 PĂ©ril sur Sydney (TV Movie). 2001 La prophĂ©tie des tĂ©nèbres II. 1996: Leprechaun: Destination cosmos (Video). 1995: Leprechaun 3 (Video). 1995: Sahara (tĂ©lĂ©-film). 1994: Night of the Demon. 1989: Out of the Body. 1989: Le dernier assaut. 1988 La marque de la panthère. 1988 Strike of the Panther. 1986: Le Drive-in de l'enfer. 1986: Le secret du lac. 1986: Jenny Kissed Me. 1983: Le gang des BMX. 1982 Les traquĂ©s de l'an 2000. 1980 La rage de la casse. 1979 Le jour des assassins. 1976 Deathcheaters. 1975 L'homme de Hong Kong. 1974: The Making of Stone (TV Movie). 1973 Inside Alvin Purple (TV Movie).


"Le Drive-in de l’Enfer : prisonniers du nĂ©on, esclaves du vide"
Brian Trenchard-Smith, rĂ©alisateur anglais prolifique, reste surtout connu pour le cultissime Les TraquĂ©s de l’an 2000 et la sympathique sĂ©rie B Le Gang des BMX. Mais en 1986, il revient en force avec une pelloche encore plus barrĂ©e, portĂ©e par un concept aussi improbable que ridicule - comme le suggère sans dĂ©tour son titre : Le Drive-in de l’Enfer.

Le pitch : dans un futur apocalyptique, après quelques Ă©chauffourĂ©es avec des flics et des ferrailleurs, un jeune marginal et sa petite amie dĂ©cident de passer la soirĂ©e dans un drive-in. Mais pendant qu’ils batifolent dans l’habitacle, on leur dĂ©robe les roues de la voiture ! Une situation grotesque, et pourtant, c’est le point de bascule. Très vite, le garçon comprend qu’il est prisonnier dans ce gigantesque parking, dirigĂ© d’une main Ă©quivoque par un taulier impassible. Au fil des jours, las de sa condition servile, il tentera de fuir ce purgatoire, au moment mĂŞme oĂą la police dĂ©verse une nouvelle cargaison d’immigrĂ©s dans le camp.

Ă€ la lecture d’un tel pitch, on se demande bien ce qui a pu traverser l’esprit de Trenchard-Smith pour conter, avec un tel aplomb, les dĂ©boires d’un loser et de sa compagne, sĂ©questrĂ©s au cĹ“ur d’un drive-in dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©, forcĂ©s Ă  cohabiter avec une populace de punks et marginaux dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©s. Le film adopte la forme d’un huis clos futuriste aux allures de bande dessinĂ©e : graffitis criards sur les façades, costumes dĂ©bridĂ©s, typologies grotesques. Mais derrière le vernis, la narration patauge dans une affligeante banalitĂ©. Notre hĂ©ros, timorĂ© et sans relief, flirte avec l’inexpressivitĂ© ; sa compagne, en veilleuse permanente, bavasse avec les zonards entre deux provocations et quelques vaines tentatives d’Ă©vasion.

Et pourtant... Aussi trivial que singulier, Le Drive-in de l’Enfer tire son Ă©trange magnĂ©tisme de son concept absurde d’embrigadement forcĂ©, de ce microcosme en dĂ©composition morale, et du portrait rĂ©trograde d’une communautĂ© excentrique, en roue libre. Un immense drive-in hĂ©rissĂ© de carcasses calcinĂ©es, de nĂ©ons blafards, de fast-foods pour nourrir et neutraliser cette faune rĂ©sidente. Chacun tue le temps dans l’oisivetĂ© la plus complète, tandis que notre hĂ©ros - un peu moins passif que les autres - rĂŞve d’Ă©vasion, avec une obstination de plus en plus martiale. Et dans son dernier acte, le film bascule enfin : gunfights, poursuites, cascades... mis en scène avec une maladresse attendrissante, presque touchante dans sa dĂ©mesure.


Aberration filmique venue de nulle part, et bannie des salles hexagonales, Le Drive-in de l’Enfer s’impose comme une hallucinante curiositĂ© bis, joyeusement foutraque malgrĂ© une narration farcie d’incohĂ©rences et d’absurditĂ©s (comment ce drive-in a-t-il pu ĂŞtre transformĂ© en camp retranchĂ© du jour au lendemain ?). Un dĂ©lire surrĂ©aliste, totalement dĂ©connectĂ© du rĂ©el, qui fonctionne Ă  plein tube dans sa logique propre, pour peu qu’on s’abandonne Ă  son dĂ©lire dĂ©complexĂ©. Un OVNI dĂ©licieusement impayable et littĂ©ralement en envoĂ»tant - Ă  condition de faire abstraction de l’affiche racoleuse, gĂ©nial pastiche bon marchĂ© d’Orange MĂ©canique.
À (re)découvrir, absolument.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
3èx. 02.08.25 Vostf

mercredi 21 septembre 2016

STARRY EYES

                                                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Kevin Kolsch et Dennis Widmyer. 2014. U.S.A. 1h38. Avec Alex Essoe, Amanda Fuller, Noah Segan, Fabianne Therese, Shane Coffey, Natalie Castillo.

Inédit en salles en France. Sortie U.S: 14 Novembre 2014.

FILMOGRAPHIE: Kevin Kolsch et Dennis Widmyer sont des rĂ©alisateurs, producteurs et scĂ©naristes amĂ©ricains.
2016: Holidays (segment "Valentine's Day"). 2014: Starry Eyes. 2009: Absence. 2003: Postcards from the Future: The Chuck Palahniuk Documentary (Documentaire).


InĂ©dit en salles en France et sous support numĂ©rique, Starry Eyes porte la signature de deux rĂ©alisateurs nĂ©ophytes si bien qu'il s'agit de leur second long-mĂ©trage si j'occulte leur documentaire (Postcards from the Future: The Chuck Palahniuk Documentary). Jeune serveuse de fast-food en intermittence, Sarah rĂŞve d'accĂ©der Ă  la consĂ©cration en postulant pour un rĂ´le majeur de film d'horreur. Mais sa rencontre avec un Ă©minent producteur va l'influencer Ă  arpenter un voyage au bout de l'enfer. Alors que The Neon Demon de Nicolas Winding Refn fut accueilli en grande pompe Ă  la montĂ©e des marches de Cannes et qu'une majoritĂ© du public et de la critique l'encensèrent, Starry Eyes sort dans l'indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale comme en tĂ©moigne notamment sa discrète sortie en salles ricaines. Car prenant pour thèmes similaires l'Ă©litisme et le culte de la cĂ©lĂ©britĂ© qu'une jeune comĂ©dienne en herbe tente d'accĂ©der avec constance dĂ©sespĂ©rĂ©e, Starry Eyes Ă©pouse la carte d'une horreur psychologique hĂ©ritĂ© du cinĂ©ma de Lynch et de Polanski.


Tant par sa mise en scène expérimentale s'efforçant de distiller un malaise lestement palpable chez le portrait d'une héroïne en mal d'amour et de reconnaissance que de ses décors opaques provocant un sentiment d'insécurité éthéré lorsque Sarah auditionne face au témoignage présomptueux de deux jury. Par le biais de son cheminement psychologique endurant et contradictoire à céder ou à refuser le chantage d'un producteur lubrique, Starry Eyes constitue une charge virulente contre l'industrie prolifique du 7è art quand bien même nos deux auteurs n'hésitent pas à y dénoncer leurs méthodes immorales à repousser les limites de la bienséance lorsqu'une jeune actrice est forcée de se mettre à nu devant une caméra voyeuriste. Jusqu'où peut-on exploiter son éventuel talent au risque de provoquer chez le sujet une dégénérescence morale en perte identitaire ? Métaphorique quant au vampirisme de ces producteurs dénués d'humanité, Starry Eyes emprunte le genre fantastique pour mieux nous ébranler et semer la confusion chez l'esprit névrosé d'une actrice en perte de repères. Le spectateur étant témoin de ces agissements et réflexions personnelles avec une attention si scrupuleuse que l'on s'identifie viscéralement à sa déchéance immorale ! Ce qui nous converge à un dernier acte littéralement cauchemardesque si bien que le réalisme d'un gore crapuleux nous imposera des exactions à la limite du soutenable ! On peut d'ailleurs reprocher la facilité à laquelle les réalisateurs font preuve pour clôturer leur intrigue hermétique alors que l'impact émotionnel de ses séquences horrifiques escarpées nous dérangent par le refus du hors-champ !


"Le comédien est une personne atteinte de schizophrénie (in)contrôlée."
Bad trip expĂ©rimental jusqu'au-boutiste dans sa vision terrifiante d'une industrie hollywoodienne pactisant avec le mythe de Faust, Starry Eyes met Ă  mal les sens du spectateur partagĂ© entre l'effroi et l'empathie d'une victime soumise par le Mal. Pour parachever, on peut saluer le talent et la beautĂ© virginale d'Alex Essoe se livrant (et se transformant) corps et âme face camĂ©ra avec une acuitĂ© viscĂ©rale. 

Dédicace à George Abitbol
B-M

mardi 20 septembre 2016

Savage week-end

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site mondoconfidential.wordpress.com

de David Paulsen  et John Mason Kirby (non crĂ©ditĂ©). 1976/79. 1h28. U.S.A. Avec Christopher Allport, Jim Doerr, David Gale, Devin Goldenberg, Marilyn Hamlin, Caitlin O'Heaney, Jeff Pomerantz, William Sanderson.

Inédit en salles en France.

FILMOGRAPHIE: David Paulsen est un réalisateur, producteur et scénariste américain.
1976/79: Savage Week-end. 1980: SchizoĂŻd.


                                                              Chronique express

Une curiositĂ© bis inĂ©dite en salles en France mais tout juste exhumĂ©e de l’oubli grâce Ă  notre Ă©diteur chĂ©ri, Artus Films ! En dĂ©pit de la maladresse Ă©vidente de sa mise en scène, du jeu superficiel de ses comĂ©diens mĂ©connus, de dialogues risibles et d’incohĂ©rences narratives (notamment les motivations vaseuses du tueur), Savage Weekend parvient Ă  distiller un climat malsain tout Ă  fait permĂ©able, nourri de sĂ©quences lubriques parfois audacieuses (la traite de la vache !) que des protagonistes interlopes s’Ă©changent sans fin pour tromper l’ennui. Qui plus est, en exploitant avec soin le cadre bucolique d’une nature idyllique, le film dĂ©gage un pouvoir d’envoĂ»tement permanent (un miracle !), renforcĂ© par le parti-pris bricolĂ© d’une mise en scène documentĂ©e, solidement ancrĂ©e dans son Ă©poque symptomatique des seventies.

Une sĂ©rie B très Ă©trange donc, psycho-killer avant-coureur, Ă  dĂ©couvrir avec attention pour les inconditionnels de curiositĂ©s marginales expĂ©rimentales… 

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

23.08.25.
2èX. Vost

lundi 19 septembre 2016

La Dernière orgie du 3è Reich / L'ultima orgia del III Reich / Des Filles pour le Bourreau / Bourreaux SS

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ladylink.org 

de Cesare Canevari. 1977. Italie. 1h32. Avec Marc Loud, Daniela Levy, Maristella Greco, Antinesca Nemour, Fulvio Ricciardi, Caterina Barbero.

Sortie salles France: 7 Décembre 1977. Italie: 31 Janvier 1977

FILMOGRAPHIE: Cesare Canevari est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien nĂ© en 1927 Ă  Milan, dĂ©cĂ©dĂ© le 25 Octobre 2012. 1983: Delitto carnale. 1977 Des filles pour le bourreau. 1976 Parties dĂ©chaĂ®nĂ©es. 1974 Il romanzo di un giovane povero.  1970 ¡Mátalo! 1969 Moi, Emmanuelle. 1968 Una iena in cassaforte. 1965 Un tango dalla Russia.  1964 Per un dollaro a Tucson si muore.


Sorti deux ans après Ilsa, la Louve des SSLa Dernière orgie du 3è Reich exploite avec une intelligence Ă©tonnamment inhabituelle le filon de la Nazisploitation initiĂ©e par les DamnĂ©s, Portier de Nuit et Salon Kitty. Dans la mesure oĂą Cesare Canevari Ă©vacue l'aspect grand-guignolesque des sĂ©quences traditionnelles de tortures SS pour privilĂ©gier la dimension humaine Ă©quivoque Ă©changĂ©e entre une jeune dĂ©portĂ©e et un commandant tyrannique. Ce qui ne veut pas dire que cette production scabreuse ne s'Ă©pargne pas d'y distiller un climat obscène aussi fĂ©tide que dĂ©viant lors de certaines sĂ©quences d'humiliations, d'exĂ©cutions et de cannibalisme Ă  la limite de la nausĂ©e. Or, si certains effets-chocs se laissent un peu gagner d'une certaine complaisance (insert de gros plans gores ou X), le cinĂ©aste Ă©vite l'esbroufe de sa violence graphique par le biais d'un montage concis et d'effets de mise en scène oĂą le hors-champs prĂ©domine. 

Le Pitch: Lisa est envoyée dans un "camp d'amour" afin de satisfaire les appétits lubriques d'une clientèle nazie. Le Commandant Conrad von Starker est particulièrement sensible au comportement impassible de cette dernière si bien qu'il s'efforce de lui infliger diverses tortures afin de la faire craquer. Peu à peu s'installe entre eux une étrange relation amoureuse sur fond de masochisme.


Série B d'exploitation sombrée dans l'oubli depuis sa sortie salles et VHS, La Dernière orgie du 3è Reich surprend agréablement de par son réalisme blafard et l'aura perméable du climat obscène qui en émane sous l'impulsion du duo d'amants maudits. On peut d'ailleurs saluer le jeu cabotin des comédiens beaucoup plus convaincants que de coutume si bien que l'on finit par s'attacher aux rapports ambivalents du couple d'anti-héros qu'endossent assez sobrement Adriano Micantoni et Daniela Poggi. L'intérêt majeur du métrage résidant dans leurs rapports de force qu'ils se disputent vulgairement avant que des liens amoureux n'y viennent les compromettre. De par la posture ambiguë de Lisa hantée de culpabilité (celle d'avoir été potentiellement responsable de la mort de ses parents), La Dernière orgie du 3è Reich distille un (étonnant) climat trouble de mélancolie et de perversion depuis son passé éhonté et ses rapports masochistes amorcés avec Conrad. Car corrompue par le vice et le mal depuis les sévices et humiliations quotidiennement perpétrés par son bourreau, Lisa sombre peu à peu dans une déchéance sexuelle masochiste afin d'y préserver sa vie. Son attitude condescendante face à la pitié d'une de ses amies en instance de survie accentuant la frigidité de son éthique en perdition.


Bien que les sĂ©quences d'humiliations et de torture se succèdent sans trop de rĂ©pit avec une audace parfois burnĂ©e (la sĂ©quence vomitive du repas et le châtiment qui s'ensuit auprès d'une juive, les dĂ©lires scatos d'une des dĂ©portĂ©s, les orgies sexuelles sadiennes), Cesare Canevari parvient Ă  s'extraire de la routine grâce Ă  l'aura incongrue de son climat licencieux et l'autoritĂ© des comĂ©diens aux caractères bien trempĂ©s (notamment Alma, antagoniste faire-valoir qu'endosse brillamment Maristella Greco !). Car sous couvert d'Ă©nième rĂ©quisitoire contre la barbarie Nazie y Ă©mane donc une troublante histoire d'amour Ă  l'odeur de souffre si indĂ©crottable qu'il est difficile de s'en extraire (comme le souligne d'ailleurs remarquablement le magnifique thème de sa chanson italienne). Tout bien considĂ©rĂ©, probablement le meilleur Nazisploitation que nos voisins transalpins ont su exploiter ici avec beaucoup plus de sĂ©rieux et de force dramatique de par leur parti-pris somme toute psychologique. Mais comme vous vous en doutiez, il est toutefois Ă  rĂ©server Ă  un public prĂ©parĂ©. 

La Chronique d'Holocauste Nazi: http://brunomatei.blogspot.fr/2013/06/holocauste-nazi-la-bestia-in-calore.html

B.M. 2èx

31

                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Rob Zombie. 2016. U.S.A. 1h42. Avec Sheri Moon Zombie, Lawrence Hilton-Jacobs, Meg Foster, Jeff Daniel Phillips, Malcolm McDowell, Torsten Voges, Daniel Roebuck, Elizabeth Daily, Judy Geeson, David Ury.

Sortie DTV: Janvier 2017. U.S: 21 Octobre 2016

FILMOGRAPHIE: Rob Zombie est un chanteur, musicien et réalisateur américain, né le 12 Janvier 1965 à Haverhill, dans le Massachusetts.
2003: House of 1000 Corpses. 2005: The Devil's Rejects. 2007: Werewolf Women of the S.S. (trailer). 2007: Halloween. 2009: Halloween 2. 2012: The Lords of Salem. 2016: 31.


                     Un recyclage (involontairement) parodique de "la maison des 1000 morts".
                 Ma 1ère dĂ©ception chez le maĂ®tre rĂ©fĂ©rentiel de bobines insalubres des Seventies.

Un esthétisme onirico-horrifique toujours aussi stylisé, une vulgarité lubrique assumée, un score électro entraînant emprunté à Carpenter (clin d'oeil furtif aux Goblin en sus !), des trognes burinées comme on n'en voit plus au ciné, des meurtres incisifs magistralement filmés, mais une intrigue linéaire poussive finissant malheureusement par provoquer la lassitude. Faute des situations de survie où s'enchaînent sans passion ni acuité attaques et contre-attaque par des protagonistes secondaires finalement peu investis dans leur fonction victimisée. Et donc l'intrusion finale du nouveau super tueur sombre dans l'auto-parodie à force de gestuelle outrancière et de rictus racoleur.
Vraiment dommage d'être passé à côté du divertissement sardonique si bien que son ambiance étrange de fête foraine cartoonesque aurait pu être beaucoup mieux expressive.

B.M

                                                         
                                                             Le mot de Jean-Marc:

Séance découverte avec le très attendu '31' du très discuté Rob Zombie. Il est indéniable qu'en l'espace d'une douzaine d'année, le cinéma de Zombie fait preuve d'une évidente singularité dans le cinéma d'horreur. Extrême dans ses partis pris, que ce soit dans ses personnages bien décalqués, sa mise en scène au bord de l'explosion, ses sujets nihilistes. Logique qu'un tel cinéaste ne fasse pas l'unanimité surtout à l'aube de son auteurisant Lords of salem. A l'annonce de 31 et de son sujet, ses fans pensaient sans doute tenir un projet hors norme, un truc bien crade, un ovni comme pouvait l'être certains films 'autres' des années 70 et 80 (L'enfer des armes, Maniac, Calligula, Cannibal Holocaust et d'autres encore). Les fans de The Devil's reject s'en délectaient d'avance, une sorte de running man dégénéré. S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas retirer à 31 c'est qu'il ressemble effectivement bien à son auteur, par son casting, par ses partis pris visuels et de montages, par son ambiance, par sa vision freak du monde. Mais si 31 est effectivement un film d'auteur, c'est surtout la vision mégalomane d'un artiste qui a totalement perdus le sens de la réalité et de ce que doit être un film : des perso écrits, une exposition claires, une intrigue qui évoluent. Tout ça est explosé par un Zombie en totale roue libre n'arrivant plus à faire la différence entre une scène d'horreur et une scène grotesque. Irritant, mou, inintéressant, le film vire au film racoleur et vulgaire.

Jean-Marc Micciche



vendredi 16 septembre 2016

LE PONT DE CASSANDRA

                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site moviepostershop.com

"The Cassandra Crossing" de George Pan Cosmatos. 1977. Italie/Angleterre/France/allemagne. 2h04. Avec Sophia Loren, Richard Harris, Burt Lancaster, Martin Sheen, Ava Gardner, O.J. Simpson, Ingrid Thulin.

Sortie salles France: 15 Juin 1977. U.S: 9 Février 1977

FILMOGRAPHIE: George Pan Cosmatos Ă©tait un rĂ©alisateur et scĂ©nariste grec nĂ© le 4 janvier 1941 Ă  Florence (Toscane, Italie), mort le 19 Avril 2005 Ă  Victoria (Colombie-Britannique, Canada) d'un cancer du poumon.1973 : SS ReprĂ©sailles. 1971 : The Beloved. 1977: Le Pont de Cassandra. 1979: Bons Baisers d'Athènes. 1983: Terreur Ă  Domicile. 1985: Rambo 2, la Mission. 1986: Cobra. 1989: Leviathan. 1993: Tombstone. 1997: Haute Trahison.


Sorti en pleine mouvance du genre catastrophe, le Pont de Cassandra porte la signature de George Pan Cosmatos, habile artisan de sĂ©rie B si je me rĂ©fère aux cĂ©lèbres Rambo 2, Cobra et Ă  moindre Ă©chelle, Haute Trahison. Mais bien avant ces classiques bourrins, le rĂ©alisateur d'origine grec nous avait dĂ©jĂ  offert deux de ses meilleurs mĂ©trages, Terreur Ă  Domicile et ce Pont de Cassandra. Fort d'une distribution prestigieuse rĂ©unissant selon la tradition du genre d'illustres stars tels que Sophia Loren, Richard Harris, Burt Lancaster, Martin Sheen, Ava Gardner et O.J. Simpson, le Pont de Cassandra ne s'embarrasse pas trop de clichĂ©s Ă©culĂ©s si bien que chaque comĂ©dien donne chair Ă  leur personnage avec une humble sobriĂ©tĂ©. Et si les amourettes futiles Ă©changĂ©es entre deux couples n'Ă©vitent pas le stĂ©rĂ©otype, les acteurs engagĂ©s parviennent tout de mĂŞme Ă  nous impliquer dans leur discorde et/ou rĂ©conciliation conjugales avec une certaine densitĂ© caractĂ©rielle. Par le principe du survival menĂ© sur rythme haletant sous le pilier d'un suspense tendu, George Pan Cosmatos parvient Ă  dĂ©poussiĂ©rer le genre grâce Ă  son concept inĂ©dit de dĂ©cor ferroviaire et Ă  son sujet alarmiste (le danger bactĂ©riologique) aux cimes du genre horrifique. A la suite d'un cambriolage dans un laboratoire mĂ©dical, l'un des malfrats contaminĂ©s par un produit toxique parvient Ă  s'Ă©vader pour se confiner Ă  l'intĂ©rieur d'un train. Rapidement, il est localisĂ© grâce aux services secrets de l'armĂ©e. Ces derniers ordonnant aux 1000 passagers de rester cloĂ®trĂ©s en interne du wagon pour ĂŞtre prochainement placĂ©s en quarantaine vers un village polonais. Mais sur leur chemin ferroviaire, ils doivent emprunter le pont de Cassandra, un viaduc fermĂ© depuis 1948. Une course contre la montre s'engage alors entre les passagers et les services d'ordre afin d'empĂŞcher le train de traverser le pont. 


Ce pitch original semĂ© de rebondissements (Spoil ! l'intrusion des militaires en combinaison afin de faire rĂ©gner l'ordre, le trafiquant de drogue semant la zizanie fin du Spoil) et revirements Ă©piques (Spoil ! sa dernière demi-heure multipliant les confrontations musclĂ©es d'Ă©changes de tir entre passagers rebelles et assaillants militaires fin du Spoil) gagne en vigueur au fil d'un cheminement dramatique prĂ©sageant un Ă©ventuel crash ferroviaire ! Mais bien avant l'apprĂ©hension d'arpenter ce fameux pont que Cosmatos filme Ă  la manière d'un spectre d'acier chargĂ© de silence, nos passagers embrigadĂ©s de force dans leur compartiment ont fort affaire avec l'hostilitĂ© de militaires affublĂ©s de combinaisons blanches. Baignant dans un climat de claustration irrespirable, le Pont de Cassandra parvient Ă  nous immerger dans une Ă©preuve de force morale que les passagers du train doivent transcender afin de rester en vie. Qui plus est, parmi l'apparition progressive de victimes contaminĂ©es par la peste pneumonique, une angoisse viscĂ©rale s'empare de notre psychĂ© depuis que ces dernières affaiblies par le virus sombrent dans une dĂ©chĂ©ance physique fĂ©brile. Pour accentuer l'intensitĂ© des enjeux humains et y dĂ©noncer les mĂ©thodes expĂ©ditives d'une armĂ©e sans vergogne, l'intrusion d'un colonel opiniâtre (remarquablement campĂ© par l'inflexible Burt Lancaster !) provoque l'ambiguĂŻtĂ© quant Ă  connaĂ®tre sa vĂ©ritable dĂ©ontologie Ă  prĂ©server ou Ă  sacrifier 1000 vies innocentes ! Ce dernier surveillant sur son Ă©cran radar l'itinĂ©raire du train tout en correspondant par Ă©metteur radio ses consignes drastiques auprès d'un mĂ©decin charitable. La peur viscĂ©rale de la maladie progressive et l'intuition de redouter une destination mortelle doublant donc la mise d'une terreur psychologique Ă  double visage !


Dernier train pour Cassandra
Empruntant la démarche du genre catastrophe sous un aspect novateur de survival horrifique fustigeant les expérimentations bactériologiques, Le Pont de Cassandra captive sans relâche le spectateur embarqué dans une descente aux enfers ferroviaire aussi anxiogène qu'oppressante. Le spectacle brillamment rodé et interprété culminant vers un point d'orgue cauchemardesque parmi le réalisme d'FX artisanaux en maquettes aux antipodes d'une production Toho

B.M. 4èx
16.09.2016
02.03.11. (179 vues)

mercredi 14 septembre 2016

Les Yeux sans Visage

                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de George Franju. 1960. France. 1h28. Avec Pierre Brasseur, Alida Valli, Juliette Mayniel, Édith Scob, François Guérin, Alexandre Rignault, Béatrice Altariba, Charles Blavette, Claude Brasseur.

Sortie salles France: 11 janvier 1960.

FILMOGRAPHIEGeorges Franju est un réalisateur français, né le 12 avril 1912 à Fougères (Ille-et-Vilaine) et mort le 5 novembre 1987 (à 75 ans) à Paris. 1958 : La Tête contre les murs
1960 : Les Yeux sans visage. 1961 : Pleins feux sur l'assassin. 1962 : Thérèse Desqueyroux. 1963 : Judex. 1965 : Thomas l'imposteur. 1970 : La Faute de l'abbé Mouret. 1974 : Nuits rouges.


"L’apparence est le vĂŞtement de la personnalitĂ©."
Grand classique de l’horreur Ă  la française, Les Yeux sans Visage adapte le roman de Jean Redon publiĂ© en 1959. Aussi notoire que La Belle et la BĂŞte, le film tisse les thèmes de la beautĂ©, de la laideur et de l’amour avec une singularitĂ© troublante : une poĂ©sie maladive en Ă©mane, alternant sĂ©quences surrĂ©alistes oĂą le morbide se mĂŞle Ă  une mĂ©lancolie Ă©trange. L’hĂ©roĂŻne, dĂ©figurĂ©e par un accident, promène sa silhouette fragile tel un spectre errant, naufragĂ©e dans sa propre dĂ©sillusion. Coupable de cette difformitĂ©, son père, chirurgien Ă©minent, enlève de jeunes filles pour greffer Ă  sa fille une beautĂ© juvĂ©nile volĂ©e.

  
"La beautĂ© de l’apparence n’est qu’un charme de l’instant ; le corps ne reflète pas toujours l’âme."
Conte d’Ă©pouvante d’un humanisme aussi douloureux que dĂ©sespĂ©rĂ©, Les Yeux sans Visage invoque sacrifice, jeunesse Ă©ternelle et dissection clinique, transcendĂ© par l’onirisme de sa photographie noir et blanc. Le contraste frappe : la pĂ©nombre crĂ©pusculaire s’oppose Ă  la froideur aseptisĂ©e du manoir, laboratoire d’expĂ©riences et de vivisections. La mise en scène, minutieuse, Ă©chafaude une intrigue tordue, malsaine, oĂą Georges Franju impose son style documentaire sous une chape d’onirisme Ă©purĂ©, parfois enchanteur. Ă€ la densitĂ© narrative — corruption d’âmes aveuglĂ©es par l’Ă©goĂŻsme — rĂ©pond le jeu sobre des comĂ©diens, drapĂ© dans une Ă©locution théâtrale chère au cinĂ©ma français. Mais si Les Yeux sans Visage fascine, jusqu’Ă  l’opacitĂ©, dans sa quĂŞte formelle et sa rĂ©flexion sur l’identitĂ© morale et charnelle (Christiane, Ă©trangère Ă  son âme sous ce nouveau visage), c’est surtout grâce Ă  l’aura incandescente d’Édith Scob. VoilĂ©e d’un masque laiteux presque tout du long, elle n’a pour armes que la fièvre de son regard et la grâce de son corps longiligne, distillant une empathie amère pour cette victime complice, rongĂ©e de remords et de solitude.


"Les Voleurs de corps."
RĂ©cit horrifique dĂ©viant, collision de beautĂ© et de monstruositĂ©, Les Yeux sans Visage Ă©rige son style d’auteur dans l’Ă©crin d’un conte cruel, dĂ©shumanisĂ©. En dĂ©pit d’un rythme languissant qu’il faut apprivoiser, cette tragĂ©die familiale, Ă©cartelĂ©e entre remords, amour et orgueil, ensorcelle les sens d’un magnĂ©tisme Ă©thĂ©rĂ© qu’un second regard rĂ©vĂ©lera encore, Ă  la faveur de ses ombres et de ses secrets.

*Bruno 
13.06.25. 4èx

mardi 13 septembre 2016

Emilie, l'Enfant des Ténèbres / Il medaglione insanguinato


de Massimo Dallamano. 1975. Italie/Royaume-Uni. 1h30. Avec Richard Johnson, Joanna Cassidy, Ida Galli, Nicoletta Elmi, Edmund Purdom.

Sortie en salles en France le 21 mars 1979.  Sortie U.S.A: Mars 1976.

FILMOGRAPHIEMassimo Dallamano est un directeur de la photographie et un rĂ©alisateur italien nĂ© le 17 avril 1917, dĂ©cĂ©dĂ© le 4 Novembre 1976. 1968: Le tueur frappe trois fois. 1972: Mais qu'avez vous faits Ă  Solange ? 1973: Piège pour un tueur. 1974: La Lame Infernale. 1975: Emilie, l'enfant des TĂ©nèbres.
                                         

"..... Le Diable est à l'origine des premiers malheurs de l'humanité...... Il est l'ennemi secret qui a semé erreurs et calamités dans l'histoire de l'homme."
Sa saintetĂ©. Le Pape Paul VI.
 
"La Chambre aux tableaux". 
Illustre auteur des classiques du Giallo Mais qu’avez-vous fait Ă  Solange ? et La Lame Infernale, Massimo Dallamano signe en 1975 son dernier testament — il meurt quelques mois après la fin du tournage — Emilie, l’enfant des tĂ©nèbres. Surfant sur la vague de L’Exorciste, sorti deux ans plus tĂ´t, le film explore Ă  son tour les chemins du satanisme Ă  travers la possession d’une fillette traumatisĂ©e par la mort de sa mère, brĂ»lĂ©e vive sous ses yeux.

Le pitch : Michael vient de perdre sa femme dans un tragique incendie. Sa fille, Emilie, est brisĂ©e par cette perte maternelle. Pour faire le deuil, il part en Italie rĂ©aliser un reportage sur les fresques reprĂ©sentant le Diable. LĂ , irrĂ©sistiblement attirĂ© par un tableau Ă©trange — qu’une petite fille semble fuir, effrayĂ©e par l’apparition spectrale d’une dame en blanc —, il achète un mĂ©daillon dans une boutique d’antiquitĂ©s. Il l’offre Ă  Emilie. Dès lors, son comportement change. Elle devient irascible, imprĂ©visible.

Avec ce dernier long-mĂ©trage, Dallamano dĂ©laisse le Giallo pour s’aventurer dans un cinĂ©ma d’Ă©pouvante plus psychique, plus atmosphĂ©rique, dans le sillage de L’Exorciste. Il tisse ici une nouvelle variation sur la possession, doublĂ©e d’un drame de rĂ©incarnation et d’un trouble complexe d’Ĺ’dipe. Tout est dĂ©diĂ© Ă  l’Ă©trangetĂ© : nature crĂ©pusculaire baignĂ©e de lumière spectrale, villas provinciales saturĂ©es de silence... Emilie, l’enfant des tĂ©nèbres opte pour la suggestion, installe un suspense diffus, une langueur envoĂ»tante.

Sans surenchère sanglante, mĂŞme si quelques brèves secousses viennent Ă©branler l’âme — visions paniquĂ©es de villageois hostiles, lĂ©vitations d’objets, terreur pure figĂ©e sur le visage d’une enfant — Dallamano privilĂ©gie la retenue, bâtit une ambiance opaque, nourrie d’une fresque gothique d’une beautĂ© hermĂ©tique. Nos protagonistes se rĂ©unissent dans une vieille bâtisse, scrutent les dĂ©tails d’un tableau macabre peint deux siècles plus tĂ´t par un artiste inconnu. Rapidement, on soupçonne qu’Emilie serait la rĂ©incarnation d’une fillette jadis damnĂ©e. Le scĂ©nario se rĂ©pète aujourd’hui, guidĂ© par le mĂ©daillon maudit et la peinture d’un dĂ©mon cornu.

La prĂ©sence d’une comtesse sexagĂ©naire fĂ©rue d’Ă©sotĂ©risme ajoute un mystère insondable, alors que le père d’Emilie Ă©coute ses conseils avec scepticisme, pendant que sa nouvelle compagne, elle, prĂ©fère s’abandonner Ă  ses bras. Richard Johnson (l’inoubliable docteur de L’Enfer des zombies) et Joanna Cassidy forment un couple d’amants un brin Ă©quivoques, au comportement glacial face Ă  une certaine disparition.

Quant Ă  Nicoletta Elmi (La Baie sanglante, Chair pour Frankenstein, Les Frissons de l’angoisse), elle livre une prestation Ă©corchĂ©e, viscĂ©rale, d’une enfant nĂ©vrosĂ©e hantĂ©e par les rĂ©miniscences : flash-backs moyenâgeux, visions morbides de sa mère immolĂ©e. Son regard perdu dans le vide, la beautĂ© Ă©trange de ses taches de rousseur, la douceur de sa chevelure... elle dĂ©gage un charme vĂ©nĂ©neux, hypnotique, indicible.

Au-delĂ  des plages de calme consacrĂ©es aux investigations, la rĂ©ussite du film tient Ă  sa simplicitĂ© : il narre une tragĂ©die familiale oĂą se mĂŞlent inceste, sacrifice et Ĺ“dipianisme. C’est ce que rĂ©vèle sa dernière partie, Ă©lĂ©giaque, bouleversante, lorsqu’on dĂ©couvre le destin d’Emilie.                                


"Le Visage Blanc d’Émilie".
PassĂ© inaperçu Ă  sa sortie, encore ignorĂ© aujourd’hui (malgrĂ© quelques cinĂ©philes fidèles), ce dernier film de Dallamano scande un gothisme d’ambiance avec un esthĂ©tisme digne des plus beaux travaux de Bava. Il ne faut pas bouder la simplicitĂ© de son scĂ©nario — tout en mystère diffus et suspense latent — pour mieux se laisser bercer par ces images baroques d’une limpiditĂ© poĂ©tique : Emilie, le teint blĂŞme, toute de blanc vĂŞtue, pianotant dans une chambre envahie de tableaux…

PortĂ© par la mĂ©lodie lancinante et inoubliable de Stelvio Cipriani, Emilie, l’enfant des tĂ©nèbres honore la sĂ©rie B d’Ă©pouvante avec intelligence et humilitĂ©. Son point d’orgue poignant accouche finalement d’une mĂ©ditation troublante sur l’amour interdit et le pouvoir du Mal, transmis Ă  travers une postĂ©ritĂ© damnĂ©e.

*Bruno
12.01.23. 4èx
13.09.16. 
25.05.11. (422)

vendredi 9 septembre 2016

La Secte / La Setta

                                                                                                                           
 CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via Google, provenant du site IMDb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives

de Michel Soavi. 1991. Italie. 1h56. Avec  Kelly Curtis, Herbert Lom, Mariangela Giordano, Michel Adatte, Tomas Arana, Donald O'Brien.

Inédit en salles en France. Sortie Italie: 1er Mars 1991

FILMOGRAPHIE: Michele Soavi est un réalisateur italien né le 3 Juillet 1957 à Milan, (Italie).
1985: The Valley (vidéo). 1985: Le Monde de l'horreur (Documentaire). 1987: Bloody Bird. 1989: Le Sanctuaire. 1991: La Secte. 1994: Dellamorte Dellamore. 2006: Arrivederci amore, ciao. 2008: Il sangue dei vinti.


Deux ans après Le Sanctuaire, l’Ă©toile montante Michele Soavi poursuit son ascension avec La Secte, un film qui surpasse mĂŞme son premier coup d’essai — le psycho-killer onirique Bloody Bird, alors acclamĂ© par les fans. InĂ©dit en salles françaises et Ă  nouveau coproduit par son pair Dario Argento, La Secte s’inspire librement du schĂ©ma de Rosemary’s Baby, qu’il dynamite avec une inventivitĂ© en roue libre. VĂ©ritable cauchemar Ă©veillĂ© d’un onirisme macabre et vĂ©nĂ©neux, Michele Soavi renouvelle les codes de l’horreur sataniste par le biais d’un scĂ©nario incongru, foisonnant de revirements hallucinĂ©s et de situations outrageusement insolentes.

Miriam, jeune femme cĂ©libataire, se retrouve piĂ©gĂ©e dans une conjuration dĂ©moniaque après avoir recueilli un vieil homme accidentĂ©. Dès lors, les Ă©vĂ©nements inquiĂ©tants s’enchaĂ®nent sans relâche — depuis l’instant oĂą l’inconnu, dans un geste inexplicable, lui inocule un insecte dans la narine… avant de mourir subitement.


Soignant une mise en scène personnelle, Ă  la fois fluide et baroque, Soavi joue de travellings vĂ©loces, de plans subjectifs et d’angles tarabiscotĂ©s pour Ă©pouser le vertige de son rĂ©cit. Il brouille les frontières du rĂ©el en confondant les dĂ©cors d’une nature champĂŞtre avec une scĂ©nographie fĂ©erique. Le cadre fourmille d’objets et de dĂ©tails Ă©nigmatiques — agenda, seringue, journal, cercueil, eau, chiffon — tissant un rĂ©seau d’indices dans un espace aussi domestique qu’Ă©trangement surnaturel. L’intrusion rĂ©currente d’animaux et d’insectes (le "lapin", le "marabout") renforce le sentiment de dĂ©rĂ©alisation, alors que l’hĂ©roĂŻne s’enfonce dans un labyrinthe mental sans issue.

Prenant le temps de dĂ©ployer sa narration Ă  travers une succession d’incidents — parfois infligĂ©s Ă  ses proches — Soavi nous entraĂ®ne dans une descente aux enfers hypnotique, jusqu’Ă  l’Ă©veil d’une initiation malĂ©fique. Ă€ l’image de ce puits abyssal tapi dans la cave domestique, trou noir oĂą semble converger la stratĂ©gie dĂ©moniale. Si La Secte paraĂ®t de prime abord dĂ©cousue, son rĂ©cit se clarifie peu Ă  peu, jusqu’Ă  offrir un dernier acte aussi limpide qu’Ă©prouvant. Dans une ambiance tangible et superbement Ă©clairĂ©e, Soavi injecte sporadiquement des sĂ©quences-chocs, typiques du gothique latin, qui nous heurtent par leur cruditĂ© organique, appuyĂ©es de trucages artisanaux saisissants — comme ce rituel sataniste, sauvage, invoquĂ© sous une lune sĂ©pulcrale.


Ambitieux, mĂ©ticuleux, habitĂ©, rafraichissant, Michele Soavi redonne ses lettres de noblesse au cinĂ©ma d’horreur transalpin, avec un esprit premier degrĂ© et une modernitĂ© inespĂ©rĂ©e. La Secte, version latine et hallucinĂ©e de Rosemary’s Baby, ne cesse d’inquiĂ©ter, de dĂ©ranger, de surprendre — jusqu’au cĹ“ur mallĂ©able du quotidien d’une Ă©lue tiraillĂ©e entre sa morale et l’appel trouble du Mal.

E-B
08.05.25. 4èx. VIstfr

jeudi 8 septembre 2016

OSLO, 31 AOUT. Grand prix du jury long-métrage européen.

                                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Cinemapassion.com

"Oslo, 31. august" de Joachim Trier. 2011. Norvège. 1h35. Avec Anders Danielsen Lie, Hans Olav Brenner, Ingrid Olava, Petter With, Malin Crépin, Tone Beate Mostraum

Sortie salles France: 29 Février 2012. Norvège: 31 Août 2011

FILMOGRAPHIEJoachim Trier est un réalisateur et scénariste norvégien, né à Copenhague en 1974. 2006: Reprise. 2011: Oslo, 31 août. 2015: Back Home.


Drame psychologique relatant avec réalisme documenté la réinsertion sociale d'un jeune toxico de retour dans sa ville natale, Oslo, 31 Août doit beaucoup de sa vigueur émotive à la maîtrise de sa mise en scène rigoureusement personnelle et au talent criant de vérité du jeune Anbders Danielsen Lie. Ce dernier se livrant corps et âme face caméra avec un humanisme à bout de souffle. Accablé par le poids de sa solitude, l'aigreur, le désespoir, la susceptibilité, Anders tente timidement de se raccrocher à la réconciliation de son ex amie avant de contacter en dernier ressort ces anciennes fréquentations.


Introverti, timoré, placide, Anders déambule tel un fantôme errant au sein d'une cité urbaine où citadins expansifs et couples amoureux semblent en harmonie existentielle. Du moins en apparence si bien que chacun de nous dépendons d'un jardin secret de notre propre personnalité. Sans verser dans une sinistrose complaisante (le film baignant dans un climat austère perpétuellement anxiogène), Joachim Trier s'efforce d'illustrer avec souci de vérité l'introspection cafardeuse de ce jeune repenti à deux doigts de chavirer vers le néant. C'est d'ailleurs ce que nous dévoile ouvertement son prologue pessimiste avant qu'Anders ne se ravise de se noyer dans un lac. Durant son cheminement itinérant, nous poursuivons ses errances urbaines avec l'appui d'anciens collègues et d'une nouvelle partenaire finalement peu attentifs à son désarroi affectif et à sa désillusion d'un avenir sans lendemain. Au-delà de traiter de la difficulté de s'extraire de la drogue dure, le réalisateur s'attarde surtout à relever les conséquences tragiques du poids (écrasant) de la solitude lorsqu'un jeune toxico en voie de convalescence tente vainement de se raccrocher au fil de l'espoir. Celui de l'amour d'une ex auquel il songeait renouer quand bien même cette dernière hésite à lui tendre la main, faute d'un passé trop lourd à porter. Avec une attention toute particulière, Joachim Trier filme les témoignage amicaux partagés entre vivacité et allégresse tout en scrutant ostensiblement le regard meurtri d'Anders, victime malgré lui de son isolement inconsolable, entre non-dits et causettes futiles.


D'un pessimisme plombant, Joachim trier dresse le portrait infortunĂ© d'un jeune toxico trop fragile Ă  pouvoir survivre dans une sociĂ©tĂ© en perpĂ©tuel mouvement oĂą chacun des tĂ©moins ne songe finalement qu'Ă  son propre intĂ©rĂŞt. Constat monocorde sur l'hypocrisie de l'amitiĂ© et la cruautĂ© de l'amour, Oslo, 31 AoĂ»t jette un pavĂ© dans la marre sur l'individualisme de nos civilisations contemporaines. 

Dédicace à Franck Gossard.

Récompenses
24e festival Premiers Plans d'Angers : Grand prix du jury long-métrage européen et prix Jean-Carmet d'interprétation masculine pour Anders Danielsen Lie.
Cheval de bronze au Festival international du film de Stockholm de 2011