"Fair Game" de Mario Orfini. 1988. Italie. 1h21. Avec Trudie Styler, Gregg Henry, Bill Moseley, John Randolph, Rene Auberjonois.
Sortie salles France: 28 Juin 1989
FILMOGRAPHIE: Mario Orfini est un réalisateur et producteur italien né en 1936 à Lanciano.
1978 : Noccioline a colazione. 1988 : Mamba. 1992 : Jackpot (classe spéciale). 1998 : L'anniversario.
SĂ©rie B oubliĂ©e des annĂ©es 80 malgrĂ© sa sĂ©lection officielle Ă Avoriaz en 1989, Mamba exploite le snake movie dans l’Ă©tau d’un huis clos domestique de tous les dangers.
Ă€ la suite d’une rupture, un amant sans vergogne orchestre un jeu machiavĂ©lique Ă l’encontre de son ancienne maĂ®tresse : introduire un mamba noir dans son studio, serpent rĂ©putĂ© pour ĂŞtre l’un des plus dangereux du monde, surtout si la victime est en proie Ă l’adrĂ©naline. Ă€ l’aide d’un ordinateur et d’une mini-camĂ©ra de surveillance, il observe, tel un joueur devant son Ă©cran, les dĂ©placements du reptile, espĂ©rant la mort brutale de sa compagne dans un temps chronomĂ©trĂ© de soixante minutes. Seule, piĂ©gĂ©e malgrĂ© elle, Eva comprend bientĂ´t la menace lĂ©tale qui rampe autour d’elle. DĂ©terminĂ©e Ă survivre, elle tente par tous les moyens de se dĂ©fendre contre l’intrus.
Modeste production signĂ©e par un cinĂ©aste transalpin mĂ©connu - sa filmographie ne comptant que quatre longs-mĂ©trages - Mamba joue la carte du survival intimiste Ă travers le principe d’unitĂ© de lieu et de temps. L’hĂ©roĂŻne, confinĂ©e, Ă©labore des stratĂ©gies de dĂ©fense que la camĂ©ra vĂ©loce exploite habilement en vue subjective ou via des cadrages alambiquĂ©s. Si certaines pĂ©ripĂ©ties flirtent parfois avec la facilitĂ©, forçant le trait des effets de surprise, la plupart des rebondissements parviennent Ă captiver en instaurant une angoisse oppressante, amplifiĂ©e par la partition haletante du mĂ©lomane Giorgio Moroder (La FĂ©line, Midnight Express). Sur une durĂ©e minimaliste d’1h21 (gĂ©nĂ©rique inclus), Mario Orfini exploite habilement le cadre restreint du cocon domestique, relançant sans cesse l’action : Eva, courant tous azimuts, tente de dĂ©sorienter le serpent et de le piĂ©ger Ă l’aide d’accessoires retors dont je tairai ici la nature.
RĂ©alisĂ© avec un soin formel et une vraie habiletĂ© technique, distillant çà et lĂ de jolis moments de terreur viscĂ©rale, Mamba s’impose comme une sĂ©rie B horrifique fort sympathique, construite sur un jeu pervers d’Ă©preuve de force impartie au survival. Le duo antinomique formĂ© par Trudie Styler (Ă©pouse du chanteur Sting) et Gregg Henry (Body Double, Scarface) assure vigoureusement une confrontation Ă distance des plus sournoises, jusqu’Ă un final sardonique… malgrĂ© une incohĂ©rence que l’on pourra juger grossière.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
3èx

















































