mercredi 18 avril 2018

MANNEQUIN

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site originalfilmart.com

de Michael Gottlieb. 1987. U.S.A. 1h24. Avec Andrew McCarthy, Kim Cattrall, Estelle Getty, G.W. Bailey, James Spader.

Sortie salles France: 1987. U.S: 13 Février 1987

FILMOGRAPHIE: Michael Gottlieb est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 12 Avril 1945, décédé le 23 Mai 2014 en Californie. 1995: Le kid et le roi. 1993 Monsieur Nounou. 1990 The Shrimp on the Barbie. 1987 Mannequin. 1985 Playboy Mid Summer Night's Dream Party 1985 (Télé-film).


Magasinier, le jeune Jonathan Switche tombe amoureux d'un mannequin de vitrine subitement douĂ©e de vie. Son entourage confraternel commence Ă  lui suspecter une forme de paraphilie, voire de dĂ©ficience mentale. 

Inutile de paraphraser car sous ses aspects d'aimable comédie fantastique "rose bonbon", Mannequin est le prototype du navet hollywoodien. Un brouet indigeste, l'une des pires fantaisies que les années 80 nous ait pondu. La faute incombant à son script insipide à la limite de la débilité, à sa réalisation stérile et à la présence d'Andrew McCarthy, acteur aux yeux bleus aussi inexpressif qu'une endive !


A sauver toutefois avec beaucoup d'indulgence le charme sexy de la sĂ©millante Kim Cattrall lors de 2/3 postures lascives estampillĂ©es "tous publics", et le gĂ©nĂ©rique final chantĂ© par le groupe Starship d'après leur tube Nothing's Gonna Stop Us Now (N°1 des ventes aux États-Unis et au Royaume-Uni !).

Pour info subsidiaire, et selon la source Wikipedia, Mannequin n'aurait jamais Ă©tĂ© diffusĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision française alors qu'une suite vit le jour en 1991 (Mannequin: On the Move).

* Bruno

Box-Office France: 258 367 entrées

mardi 17 avril 2018

LE TOUR DU MONDE DE SADKO. Lion d'argent, Venise 1953.

                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site muaddib-sci-fi.blogspot.f

"Sadko" de Aleksandr Ptushko. 1953. Russie. 1h24. Avec Sergei Stolyarov, Alla Larionova, Ninel Myshkova, B. Surovtsev

Sortie salles France: 11 Décembre 1953.

FILMOGRAPHIE: Aleksandr Ptushko est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur russe nĂ© le 9 Avril 1900 Ă  Lugansk, dĂ©cĂ©dĂ© le 6 Mars 1973 (72 ans) Ă  Moscou. 1972: Rousslan et Ludmilla. 1967 Skazka o tsare Saltane.  1964 Skazka o poteryannom vremeni. 1961 Les Voiles Ă©carlates. 1959 Sampo. 1956 Ilya Muromets. 1953 Le tour du monde de Sadko. 1949 Tri vstrechi. 1946 La fleur de pierre. 1939 Zolotoy klyuchik. 1935 Le nouveau Gulliver. 1932 Vlastelin byta. 1929 Sto priklyucheni. 1928 Shifrovanny dokument. 1928 Sluchay na stadione.


                                                  "Notre bonheur c'est la terre natale !"

Perle rare peu diffusĂ©e Ă  la TV hormis son Lion d'Argent dĂ©cernĂ© Ă  Venise l'annĂ©e mĂŞme de sa sortie, le Tour du monde de Sadko demeure une merveille atypique de par son onirisme fĂ©erique issu du patrimoine soviĂ©tique. A la recherche de l'oiseau bonheur afin de contenter son peuple et sa muse, Sadko sillonne les quatre coins de monde en compagnie de preux volontaires. Sur son chemin, il va aborder des guerriers hostiles, un roi cupide et le monde sous-marin pour la compĂ©tition du bonheur. Cette fable Ă  la fois simpliste et naĂŻve sur la quĂŞte de l'allĂ©gresse est un trĂ©sor visuel afin d'Ă©vader le spectateur Ă  travers les contrĂ©es historiques de la Russie dĂ©ployant en intermittence moult figurants. On peut d'ailleurs rappeler par le biais de ses ambitions techniques que le rĂ©alisateur n'est autre que celui du GĂ©ant de la Steppe, classique d'un cinĂ©ma d'aventures autrement plus Ă©piques et fantastiques. Outre l'aspect ludique de l'exaltante aventure qu'opère Sadko et ses compagnons lors d'une sĂ©rie d'Ă©preuves aussi bien physiques que cĂ©rĂ©brales, la grande force du rĂ©cit Ă©mane donc dans sa formalitĂ© enchanteresse, aussi peu nombreux soient ses trucages parfois dĂ©suets mais pour autant fastueux.


Du moins auprès des spectateurs contemplatifs ayant su prĂ©server leur âme d'enfant si bien que cette production soviĂ©tique s'adresse Ă  toute la famille afin de concurrencer le succès du Magicien d'Oz cĂ©lĂ©brĂ© outre-atlantique. Le jeu assez théâtral des interprètes (notamment parmi leur expression gestuelle) et l'aspect bricolĂ© de certaines sĂ©quences merveilleuses (le fameux temple maritime parmi ses crustacĂ©s et mollusque en peluche) parviennent miraculeusement Ă  Ă©quilibrer le charme singulier de l'entreprise apte Ă  nous dĂ©payser sur un terrain poĂ©tique ensorcelant. A l'instar de la première apparition de la princesse du lac lors d'une nuit Ă©toilĂ©e ou encore de l'oiseau phĂ©nix affublĂ© d'une tĂŞte de femme. Ainsi, si le Tour du monde de Sadko parvient autant Ă  distiller une alchimie divine entre deux/trois mĂ©lopĂ©es romantiques (notamment auprès du couple en perdition), il le doit autant Ă  l'interprĂ©tation de Sergei Stolyarov rĂ©solument impliquĂ© dans sa fonction hĂ©roĂŻque de noble chevalier, eu Ă©gard de son sens loyal du sacrifice depuis son initiation Ă  la dignitĂ©, Ă  la gĂ©nĂ©rositĂ© et au bonheur retrouvĂ© dans sa terre natale.


Grand classique du fantastique soviĂ©tique des annĂ©es 50, le Tour du monde de Sadko diffuse  curiositĂ© et sentiment d'Ă©vasion avec une intensitĂ© fĂ©erique aussi simple que candide. Le parcours vaillant de son icone mythologique nous prodiguant une leçon d'Ă©quitĂ© oĂą philanthropie et sens du discernement se chevauchent afin de rĂ©sonner les consciences belliqueuses. Un conte inextinguible Ă  trĂ´ner auprès des plus notables rĂ©ussites du genre. 

* Bruno
2èx

vendredi 13 avril 2018

HOSTILES

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Scott Cooper. 2018. U.S.A. 2h14. Avec Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi, Jesse Plemons, Adam Beach.

Sortie salles France: 14 Mars 2018. U.S: 22 Décembre 2017

FILMOGRAPHIE: Scott Cooper est un réalisateur, scénariste et acteur américain, né en 1970 à Abingdon, Virginia, U.S.A. 2009: Crazy Heart. 2013: Les Brasiers de la colère. 2015 : Strictly Criminal. 2017: Hostiles.


"L'âme fondamentale de l'Amérique est dure, isolée, stoïque et meurtrière. Jamais encore elle ne s'est adoucie." D.H Lauwrence.

Oraison funèbre d'une intensitĂ© dramatique bouleversante, Hostiles redore ses lettres de noblesse au western le plus digne et candide Ă  travers le thème central de la violence que l'homme alimente incessamment au prix de son orgueil. Contraint d'escorter un chef apache mourant sur ses terres d'origine, le capitaine Blocker et ses sbires vont entamer un pĂ©riple semĂ© de dangers au fil de rencontres hostiles avec des rivaux de diffĂ©rentes souches. Durant leur traversĂ©e, ils vont Ă©galement prĂŞter main forte Ă  une survivante dont la famille vient d'ĂŞtre massacrĂ©e par des comanches. A partir de ce pitch linĂ©aire parfois rĂ©fĂ©rentiel (notamment son Ă©prouvant prologue faisant Ă©cho Ă  Il Ă©tait une fois dans l'Ouest, chef-d'oeuvre ultime du genre selon moi), Scott Cooper (dĂ©jĂ  remarquĂ© avec les brillants Crazy Heart et les Brasiers de la Colère) nous illustre sans fard le chemin de croix d'itinĂ©rants sĂ©vèrement mis Ă  mal avec leur propre dĂ©mon.


Car Ă  travers ce rĂ©cit initiatique, Scott Cooper dresse scrupuleusement leur portrait torturĂ© avec une fragilitĂ© humaine esquintĂ©e afin d'en tirer une leçon de tolĂ©rance, de pardon, de solidaritĂ© et de comprĂ©hension de l'autre. La plupart d'entre eux tĂ©moignant la peur au ventre et la larme Ă  l'oeil au dĂ©chaĂ®nement de violences inĂ©quitables gĂ©nĂ©rĂ©es par des ennemis Ă  la fois fourbes et sournois. Et donc au fil de leur pĂ©riple meurtrier oĂą l'innocence en paiera le prix fort, le rĂ©alisateur ne cesse de radiographier leurs Ă©tats d'âmes avec une fragilitĂ© subtilement prude et rĂ©servĂ©e. Et ce sans romantiser les situations et rebondissements dramatiques puisque dĂ©crits avec un rĂ©alisme Ă©pineux quant Ă  la nature humaine tributaire d'instinct d'arrogance, de mĂ©pris, de rancoeur et de vendetta. De par la puissance de sa rĂ©alisation Ă  couper au rasoir (notamment son action sanglante d'une chorĂ©graphie gĂ©omĂ©trique sans effet de manche !), de son score dĂ©licatement envoĂ»tant et du jeu (lestement) sentencieux des acteurs rĂ©solument impliquĂ©s dans leur dĂ©sarroi moral, Hostiles traite avec poignante humilitĂ© des thèmes de la dĂ©chĂ©ance, de l'amertume et du remord du point de vue de cette armĂ©e raciste ayant perdurĂ© une guerre dĂ©loyale au mĂ©pris du peuple amĂ©rindien.


Plus les choses changent et plus elles restent les mĂŞmes
Western crĂ©pusculaire faisant office de marche funeste si bien qu'il engendre par la posture meurtrie des protagonistes une rĂ©flexion fatale sur la violence et la foi spirituelle avec une noble philosophie, Hostiles dĂ©livre un bouleversant tĂ©moignage entre les amĂ©rindiens dĂ©chus de leur terre et les amĂ©ricains Ă©reintĂ©s de dĂ©sagrĂ©ment dans leur complaisance barbare. Outre la splendeur de ses paysages solaires que nos hĂ©ros fourbus sillonnent lors d'un climat mĂ©lancolique, Hostiles gagne en intensitĂ© par le charisme animal de Christian Bale en fantĂ´me errant en douce remise en question et par la prĂ©sence suave de Rosamund Pike en veuve commotionnĂ©e en proie aux pulsions criminelles. Une oeuvre magnifique donc inscrite dans l'Ă©lĂ©gie car s'adressant directement Ă  l'âme et au coeur pour nous interpeller sur notre instinct primitif et notre vanitĂ© Ă  se prĂ©tendre plus haut que l'autre si bien qu'il fera date dans l'histoire du western le plus Ă©purĂ©. 

* Bruno

jeudi 12 avril 2018

LE LIVRE DE LA JUNGLE

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site flickr.com

"Jungle Book" de Zoltan Korda. 1942. U.S.A. 1h45. Avec Sabu, Joseph Calleia, John Qualen, Frank Puglia, Rosemary DeCamp, Patricia O'Rourke, Ralph Byrd.

Sortie salles France: 19 Décembre 1945. U.S: 3 Avril 1942

FILMOGRAPHIEZoltan Korda est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste britannique d'origine hongroise. Il est nĂ© le 3 juin 1895 Ă  PusztatĂşrpásztĂł (Autriche-Hongrie) et dĂ©cĂ©dĂ© le 13 octobre 1961 Ă  Los Angeles. 1918 : Károly balák (corĂ©alisĂ© par M. MiklĂłs Pásztory). 1920 : A Csodagyerek. 1927 : Die Elf Teufel (corĂ©alisĂ© par Carl Boese). 1932 : Hommes de demain (corĂ©alisĂ© par Leontine Sagan). 1933 : Cash. 1935 : Sanders of the River. 1936 : Forget Me Not. 1936 : Conquest of the Air (corĂ©alisĂ© par Alexander Esway). 1937 : Revolt in the Desert. 1937 : Elephant Boy (corĂ©alisĂ© par Robert J. Flaherty). 1938 : Alerte aux Indes. 1939 : Les Quatre Plumes blanches. 1940 : Le Voleur de Bagdad (corĂ©alisateur, non crĂ©ditĂ©) de Ludwig Berger, Michael Powell et Tim Whelan. 1942 : Le Livre de la jungle. 1943 : Sahara. 1945 : Contre-attaque. 1947 : L'Affaire Macomber. 1948: La vengeance de femme. 1952 : Pleure, Ă´ pays bien-aimĂ©. 1955 : Les Quatre Plumes blanches (corĂ©alisĂ© par Terence Young).


Spectacle d'aventures fĂ©eriques tournĂ©es dans de vastes dĂ©cors naturels parmi une vĂ©ritable faune sauvage, Le Livre de la Jungle fut un immense succès international grâce Ă  ces prouesses jamais vues au prĂ©alable, alors qu'il fut tournĂ© durant la pĂ©riode trouble de la seconde guerre (il est produit en 1942). ElevĂ© dans la jungle grâce aux loups dès son plus jeune âge, Mowgli parvient Ă  y survivre en dĂ©pit de l'hostilitĂ© de certains animaux parmi lequel un tigre rempli d'orgueil. Un jour, alors qu'il s'Ă©gare Ă  proximitĂ© d'un village, sa mère parvient Ă  le reconnaĂ®tre 12 ans après sa disparition. JugĂ© comme un sorcier par les citadins, Mowgli dĂ©cide de retourner dans la jungle au moment mĂŞme de se heurter Ă  un trio de traĂ®tres avides de dĂ©nicher une citĂ© perdue. TournĂ© dans un technicolor rutilant afin de mettre en exergue la beautĂ© quasi surnaturelle de la jungle y abritant animaux hostiles (les crocodiles, le cobra ainsi que le tigre Shere Khan, ennemi jurĂ© de Mowgli) et trĂ©sors cachĂ©s (la fameuse citĂ© ensevelie !), le Livre de la Jungle est immortalisĂ© par la prĂ©sence de Sabu.


Acteur indien naturalisĂ© amĂ©ricain et dĂ©cĂ©dĂ© en pleine notoriĂ©tĂ© (il mourut Ă  39 ans), ce dernier symbolise une force de la nature avec un charisme innocent inĂ©galĂ©. Totalement impliquĂ© dans la peau d'un adolescent sauvage parmi ses expressions hĂ©bĂ©tĂ©es et son mimĂ©tisme primitif, Sabu EST Mowgli avec une vĂ©ritĂ© humaine forçant le respect eu Ă©gard de son amour indĂ©fectible pour la faune et la flore ! Car entre manifeste Ă©colo et plaidoyer pour la cause animale, la narration fertile en rebondissements et pĂ©ripĂ©ties Ă©piques profite au passage d'y dĂ©noncer la cupiditĂ© de l'homme mĂ©galo incapable de respecter son environnement forestier (l'immense brasier final le prouve avec un sens du spectaculaire rigoureux !) et tuant les animaux par simple distraction (selon la conclusion de Mowgli si dĂ©pitĂ© de constater la bĂŞtise humaine). PonctuĂ© de traits d'humour (les trois brigands se trahissant avec une fourberie pittoresque) et de tendresse (les rapports de Mowgli avec sa mère et auprès d'une jeune villageoise en Ă©veil sentimental), Le Livre de la Jungle restaure la magie du 7 art avec un pouvoir enchanteur plĂ©thorique. Zoltan Korda prenant soin de filmer la jungle sous toutes ses coutures et avec sens du dĂ©tail florissant, notamment Ă  travers la rĂ©volution d'une photo polychrome et d'Ă©clairages scintillants !


Le petit Dieu des bois
Chef-d'oeuvre d'aventures fantastiques ciblant un public de 7 à 77 ans, trésor visuel de chaque instant, le Livre de la Jungle ravive la flamme de l'évasion, du conte et du rêve avec une dimension onirique inégalée auprès des adaptations de l'écrivain Rudyard Kipling

* Bruno

mercredi 11 avril 2018

LAURIN

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinebisart.blogspot.fr

de Robert Sigl. 1989. Allemagne. 1h24. Avec Dóra Szinetár, Károly Eperjes, Brigitte Karner, Hédi Temessy.

Sortie salles Allemagne de l'Ouest: 30 Novembre 1989

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Robert Sigl est un réalisateur, acteur et scénariste allemand né le 11 Juillet 1962. 1989: Laurin.


Au dĂ©but du siècle dernier dans un petit village portuaire, la petite Laurin subit les alĂ©as de son père entre ses activitĂ©s de pĂŞcheur et ses retours, trop brefs, au foyer familial. DĂ©sespĂ©rĂ©e des dĂ©parts de son mari, la mère de Laurin se perd dans la nuit noire et se retrouve alertĂ©e par des cris d’enfants dĂ©chirant la forĂŞt environnante ; quant Ă  sa fille, elle aperçoit le visage d’un petit garçon hurlant Ă  la mort Ă  travers la fenĂŞtre de sa chambre, avant de voir une ombre l’emporter…Ă  tout jamais. Cette mĂŞme nuit, la mère de Laurin dĂ©cède dans de mystĂ©rieuses circonstances...


CuriositĂ© germanique mĂ©connue chez nous, Laurin traite des thèmes de la perte de l'innocence, de la pĂ©dophilie et du meurtre infantile sous le pilier d'un climat d'Ă©trangetĂ© très particulier. Notamment faute d'un rythme monocorde et feutrĂ© qui risque de dĂ©plaire Ă  une frange de spectateurs peu habituĂ©s Ă  frĂ©quenter du cinĂ©ma d'auteur singulier pĂ©tri d'ambition et de bonnes intentions. NarrĂ© du point de vue d'une fillette placide superbement campĂ©e par la troublante DĂłra Szinetár (son regard noir  magnĂ©tique y doit beaucoup !), Laurin empreinte au conte de fĂ©e mâtinĂ© d'horreur Ă©thĂ©rĂ©e si on Ă©carte son Ă©tonnant dĂ©nouement explicite aussi sensible que crĂ©pusculaire. Formellement très soignĂ© (tant auprès de sa photo flamboyante que des dĂ©cors domestiques ou naturels chargĂ©s d'onirisme), il laisse au final une Ă©trange impression de rĂŞve Ă©veillĂ© oĂą le cauchemar pointe parfois le bout de son nez avec une bizarre retenue. A dĂ©couvrir et Ă  revoir afin de mieux saisir toute l'essence de cet inquiĂ©tant ovni portĂ© Ă  bout de bras par des protagonistes tantĂ´t interlopes et anxiogènes, tantĂ´t mĂ©lancoliques et fragiles.

* Bruno

STRANGE VOMIT DOLLS, CINE, BIS ET PASSION par Jean-Marc Micciche.






Comme vous le savez, le blog EXPLORER s'intĂ©resse depuis ses dĂ©buts Ă  la transmissions de la culture cinĂ©ma sous toutes ses formes. La question de la rĂ©ception des Ĺ“uvres et l'expertise est au centre de ma propre rĂ©flexion de cinĂ©ma. Depuis ses origines, ce qu'on appelle communĂ©ment de manières naturelles comme 'l'amour du cinĂ©ma' s'est distinguĂ© de diffĂ©rentes manières, cinĂ©-clubs, festivals Ă©taient pendant longtemps le centre d'Ă©changes et de partage de cet passion commune. A partir de la fin des annĂ©es 60, le fanzinat a Ă©tĂ© Ă  son tour un relayeur certain entre les Ĺ“uvres et le public (et certains de ses passionnĂ©s ont d'ailleurs souvent fait la jonction entre une pratique amateur et le milieu professionnel de la critique). 

Picque Nique Ă  Hangin Rock

Dans les années 80, le phénomène a pris de l'ampleur, passant aussi bien du simple videoclub de quartier en passant des figures aussi charismatique que déterminante.....Le phénomène internet a été la dernière pièce de l'édifice et elle a coïncidé avec l'émergence d'une masse de cinéphiles dont la connaissance précise de l'histoire du cinéma n'avait plus rien à envier avec l'érudition intellectuelle classique (critiques / universitaires). Désormais la frontière sociale entre amateur / professionnel étaient naturellement flou. C'est dans ce moule, dans ce contexte bouillonnant que le courant bloggeurs ciné est apparu....J'ai découvert le phénomène à la fin des années 2000 et parmi eux, une personne à la fois timide et charmante, m'a tout de suite séduit à la fois sa générosité mais aussi par une réelle empathie pour le même cinéma : celui de l'antre des vidéoclubs et du cinéma bis....un vrai jumeau cinéphile quoi ! Connu sous le pseudo Bruno Mattei, Strange Vomit Doll est sans aucun doute un de site les plus complet sur le cinéma de genre et lorsque j'ai envisagé de rouvrir EXPLORERS, il m'a semblé naturel de commencer par une interview de ce passionné émérite, histoire de rappeler que c'est aussi avec ses petites 'mains du cinéma qu'on participe à la grande histoire du cinéma.

Avant de débuter la lecture de l'interview, je vous recommande de lancer la lecture audio d'une de ses soundtrack préférés, histoire de rentrer un peu plus dans la psyché d'un authentique amoureux du cinéma. Vous avez le choix des titres !




1)- Alors tout d’abord peux tu nous dire comment t’es venu l’idĂ©e de crĂ©er ton blog et pourquoi as-tu choisi ce nom ? Strange Vomit Doll….

1/ L'idĂ©e m'est venu grâce Ă  un ami qui lisait de temps Ă  autre mes p'tites critiques de films que je postais sur Facebook. Il me complimentait constamment, notamment  dans ma sincĂ©ritĂ© de retranscrire mes opinions subjectives avec pas mal de passion. Et donc un jour je me suis dit que j'allais crĂ©er un blog, non seulement pour moi, mais autant pour les fans de cinĂ©ma qui comme moi vouent un amour indĂ©fectible pour le cinĂ©ma de genre, en prioritĂ© le Fantastique. Ensuite, l'idĂ©e du titre "Strange Vomit Dolls" Ă©mane en prioritĂ© d'un film indĂ©pendant que je n'ai jamais eu la chance de dĂ©couvrir et qui s'intitule : Slaughtered Vomit Dolls. Une Ĺ“uvre assez trash et scato parait-il.  Et donc le terme "strange" affiliĂ© Ă  "vomit dolls" je trouvais que ça sonnait bien et que ça correspondait Ă©galement Ă  ma personnalitĂ©. La traduction du titre Ă©tant "les poupĂ©es vomissent Ă©trangement" signifie pour moi une mĂ©taphore. A savoir que "les poupĂ©es" (symbolisĂ©es par l'enfance) vomit le monde des adultes ou ne parviennent pas Ă  s'y acclimater. Et donc Ă  travers ce titre singulier je voulais aussi Ă©voquer l'Ă©trangetĂ© du cinĂ©ma fantastique et sa marginalitĂ©. Le genre est si souvent mal perçu et discrĂ©ditĂ© par les critiques dites "bien pensantes".

2)- Que cherches-tu Ă  transmettre Ă  travers tes critiques ?

2/ Ce que je cherche Ă  transmettre Ă  travers mes critiques, c'est l'amour, la passion du genre. Eveiller la curiositĂ© des spectateurs nĂ©ophytes, leur donner l'envie de dĂ©couvrir des perles dont ils n'ont jamais entendu parler aussi. Leur donner envie de redĂ©couvrir un film qu'ils ont adorĂ©. Je suis quelqu'un d'assez nostalgique/mĂ©lancolique et donc j'aime autant rĂ©pertorier sur un blog les films qui ont marquĂ©/bercĂ© ma fabuleuse jeunesse durant les annĂ©es 80. Donc ce blog est destinĂ© autant pour moi que pour le lectorat avide de redĂ©couvrir leurs sensations d'antan Ă  travers mes Ă©crits. C'est donc autant un tĂ©moignage qu'une dĂ©claration d'amour aux classiques du genre et mon but est d'y rĂ©pertorier l'essentiel de sa filmographie, en particulier auprès du Fantastique, de l'Horreur et de la Science-fiction. Pour conclure, je veux transmettre au lectorat la passion et l'amour qu'on peut ressentir pour une Ĺ“uvre de fiction. J'ai toujours privilĂ©giĂ© le cĹ“ur, l'Ă©motif, l'affect plutĂ´t qu'une rĂ©flexion approfondie et dĂ©taillĂ©e lorsque je  chronique un film.

3)- Quel souvenir gardes-tu de ta jeune cinĂ©philie ?

3)- J'en garde un souvenir tout simplement inaltérable puisque les plus beaux moments de ma vie s'y retrouvent. Précisément lors de cette période néophyte , celle où l'on ne faisait que découvrir et que d'apprendre avec des yeux émerveillés si j'ose dire. Mon 1er Dracula découvert un vendredi soir sur Ciné-club m'avait d'ailleurs complètement fasciné. C'est avec ce film de 1933 (celui de Tod Browning avec l'immense Bela Lugosi) que tout à basculé. Il me semble que c'est cette œuvre qui a éveillé ma passion pour le genre.



Me souviens notamment d'une affiche dans la voix du nord qui faisait la promo du magnifique Wolfen de Wadleigh. J'ai découpé l'affiche et je l'ai fantasmé durant des mois avant de le découvrir à la TV, une ou deux années plus tard sur Antenne 2. Un de mes films de chevet que je ne me lasserai jamais de revoir. Bref, ma vie de jeune cinéphile était édénique, foisonnante, très riche d'émotions fortes, troubles, dramatiques. Même à l'heure d'aujourd'hui, je préserve encore une âme d'enfant et je parviens souvent à retrouver mes émotions d'antan d'une certaine manière, surtout lorsque je revois un authentique chef-d'œuvre.



4)- Fais tu partie de cette nouvelle cinĂ©philie apparue qui faisait le tour des vidĂ©oclubs et qui achetaient les revues de cinĂ©ma ?

 Oui, j'Ă©tais Ă©videmment "un rat" des vidĂ©os. Je louais toutes les nouveautĂ©s de l'Ă©poque si bien que je ne loupais jamais rien Ă  peu de choses près. Pour les revues, j'ai d'abord connu l'Ecran fantastique (celle avec la couverture d'E.T) grâce Ă  mon oncle qui me l'a offert le jour de mon anniversaire.


Lorsque j'ai feuilleté le mag, j'étais aux anges complètement fasciné par les images, j'étais comme un gosse à qui on venait d'offrir le saint-graal. Puis ensuite, j'ai connu assez rapidement et en toute
logique Mad Movie et Starfix qui ne m'ont plus jamais quitté durant toute mon adolescence. Je possède d'ailleurs les collections intégrales de ces 2 dernières revues (même si depuis 3 ans je n'achète plus Mad Movies). Mais pour en revenir aux vidéo-clubs, je garde d'immenses souvenirs de cinéphiles. Imaginez l'époque incroyable ! Découvrir pour la 1ère fois chez soi des films aussi âpres et durs comme Suspiria, Carnage, Cauchemars à Daytona Beach ou encore Maniac.



5)- Que penses-tu la vague actuelle des youtubeurs cinĂ© ? Tu n’es pas tentĂ© par l’expĂ©rience ?

On me l'a justement proposĂ©, il y a quelques mois mais j'ai refusĂ©. Je prĂ©fère rester discret, peut-ĂŞtre aussi Ă  cause de ma timiditĂ©; et donc je prĂ©fère plutĂ´t dĂ©voiler mes sentiments Ă  l'Ă©crit. Quant Ă  la prolifĂ©ration des youtubeurs cinĂ©philes, il y en a trop et j'avoue que j'Ă©coute rarement les plus connus. Après je n'ai rien contre tant que ces derniers sont d'authentiques passionnĂ©s amoureux et qu'ils dĂ©sirent Ă  leurs tours transmettre leur passions. 

6)- On te connais sous ton pseudo Bruno Mattei….pourquoi avoir choisi celui-ci en particulier ?

J'adore cette question finale. C'est évidemment un hommage au fameux Bruno Mattei (d'où ma nuance orthographique !) et à tous ces artisans sans le sou ayant réalisé parfois des ovnis Z terriblement attachants, à la fois drôles et ludiques, mais aussi précaires de par leurs manques de moyens. C'est aussi une manière de ne surtout pas me prendre au sérieux et d'interpeller les autres de mon affection particulières pour le rayon Z de la belle époque (je ne parle pas des productions numériques actuelles dénuées de charme et d'âme et auquel je ne parviens pas à rêver dans la majorité des cas). Et puis, faut aussi dire que si j'ai choisi ce sobriquet, c'est aussi parce que je possède le même prénom que lui...

 






TOP CINEMA BRUNO MATEI

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mardi 10 avril 2018

Le Prix du Danger

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

d'Yves Boisset. 1983. France/Yougoslavie. 1h40. Avec Gérard Lanvin, Marie France Pisier, Michel Piccoli, Bruno Cremer, Andréa Ferréol, Jean-Claude Dreyfus, Gabrielle Lazure, Catherine Lachens.

Sortie salles France: 26 Janvier 1983

FILMOGRAPHIE: Yves Boisset est un réalisateur français, né le 14 Mars 1939 à Paris. 1968: Coplan sauve sa peau. 1970: Cran d'arrêt. 1970: Un Condé. 1971: Le Saut de l'ange. 1972: l'Attentat. 1973: R.A.S. 1975: Folle à tuer. 1975: Dupont Lajoie. 1977: Un Taxi Mauve. 1977: Le Juge Fayard dit Le Shériff. 1978: La Clé sur la porte. 1980: Le Femme flic. 1981: Allons z'enfants. 1982: Espion, lève-toi. 1983: Le Prix du Danger. 1984: Canicule. 1986: Bleu comme l'Enfer. 1988: La Travestie. 1989: Radio Corbeau. 1991: La Tribu.


              Une sĂ©rie B complètement allumĂ©e et inquiĂ©tante sur notre voyeurisme pervers.

Flingué par les critiques à sa sortie alors que 1 388 000 spectateurs s'étaient rués dans nos salles, Le Prix du Danger fait office d'immense farce vitriolée afin de dénoncer la corruption vénale de la télé-réalité réduisant le spectateur et ses participants à de vulgaires pantins lobotomisés par une société consumériste où tout est devenu spectacle. Et donc, par le biais d'un jeu TV révolutionnaire d'une originalité improbable et d'une audace immorale (une chasse à l'homme en plein Paris que 5 tueurs prolos se résignent à éliminer si leur proie parvenait à survivre à l'issue de 4 heures de marathon pour l'enjeu d'un magot !), les spectateurs complices de cette mascarade meurtrière assouvissent, via le tube cathodique, leurs bas instincts dans une débauche de sang et de violence.


C'est dire si les règles cyniques du jeu dĂ©loyal (5 hommes armĂ©s grisĂ©s Ă  l'idĂ©e de courser et assassiner une proie sans dĂ©fense) s'avèrent ubuesques (notamment cette suicidaire probation "aĂ©rienne" afin de gagner la candidature !), quand bien mĂŞme en cours de route effrĂ©nĂ©e on apprendra que le show (commentĂ© avec emphase par un Piccoli outrancièrement extravagant !) est finalement truquĂ© afin de prĂ©server leur dĂ» monĂ©taire puis maintenir le public dans l'expectative d'une course-poursuite irresponsable. Tueurs, cameramans et traquĂ© se fondant stoĂŻquement au sein d'une population tantĂ´t inconsciente du danger (celle de se risquer Ă  une balle perdue), tantĂ´t complice d'y compromettre la survie du participant avec une Ă©loquence perverse. Outre le caractère spectaculaire de cette folle escapade nocturne solidement menĂ©e par Yves Boisset (notamment en exploitant assez habilement la disparitĂ© de dĂ©cors urbains parfois menaçants), on peut autant prĂ´ner le jeu viscĂ©ral, tout en agressivitĂ© de GĂ©rard Lanvin littĂ©ralement emportĂ© par ses pulsions de haine, de vaillance et de rĂ©silience. Notamment Ă  travers sa rage et son dĂ©sespoir de dĂ©noncer la dictature mĂ©diatique ne reculant devant rien pour prĂ©server leur audimat et maintenir le spectateur dans un voyeurisme putassier. Quand bien mĂŞme Marie France Pisier se prĂŞte au rĂ´le secondaire d'une productrice hautaine, Ă©quivoque et fourbe, notamment lors de son parti-pris Ă  trahir la cause du rescapĂ© pour une motivation purement cupide.


SĂ©rie B d'anticipation hallucinĂ©e et prophĂ©tique autour d'un show mĂ©diatique hyperbolique, Le Prix du Danger fait grincer des dents en pamphlet brutal alertant des dĂ©rives d'une TV corporative oĂą spectateurs et participants sont rĂ©duits Ă  de simples objets de consommation. Si on peut accuser le trait caricatural de certains protagonistes, leur posture dĂ©cervelĂ©e, dĂ©jantĂ©e et irresponsable Ă  cĂ©der Ă  leur fantasme le plus dĂ©viant face camĂ©ra (celle du plaisir de traquer et tuer leur proie, tel le chasseur rural !) renforce l'attrait follement dĂ©bridĂ© de cette TV rĂ©alitĂ© de proche actualitĂ©. Un survival coup de poing d'autant plus nerveux et haletant, Ă  redĂ©couvrir ! 

* Bruno
4èx

lundi 9 avril 2018

ATTENTION LES DEGATS

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"Non c'è due senza quattro" de Enzo Barboni. 1984. Italie. 1h39. Avec Terence Hill, Bud Spencer, April Clough, Harold Bergman, C.V. Wood Jr , Dary Reis, Nello Pazzafini.

Sortie salles France: ?. U.S: 16 Novembre 1984. Italie: 21 Octobre 1984

FILMOGRAPHIE: Enzo Barboni (E.B. Clucher) est un directeur de la photographie et réalisateur italien né le 10 juillet 1922 à Rome et mort le 23 mars 2002. 1970 : Ciak Mull. 1970 : On l'appelle Trinita. 1971 : On continue à l'appeler Trinita. 1972 : Et maintenant, on l'appelle El Magnifico. 1973 : Les Anges mangent aussi des fayots. 1974 : Même les anges tirent à droite. 1976 : Deux super flics. 1982 : Ciao nemico. 1983 : Quand faut y aller, faut y aller. 1984 : Attention les dégâts. 1987 : Renegade. 1991 : Ange ou Démon. 1995 : Trinità & Bambino... e adesso tocca a noi.


Se faisant passer pour des sosies Ă  la suite d'une transaction avec deux cousins milliardaires, Bud Spencer et Terence Hill joue les pachas dĂ©vergondĂ©s au moment mĂŞme de s'opposer Ă  des mafieux dirigĂ©s par une mystĂ©rieuse matriarche. Clucher / Spencer / Hill ! On ne change pas une Ă©quipe qui gagne si bien que la recette bonne humeur / gags / baffes dans la gueule reste inchangĂ©e sur fond de carte postale tropicale ! TournĂ© un an après Quand faut y aller, faut y aller; Attention les DĂ©gâts reste une comĂ©die familiale bonnard toujours aussi plaisante et cocasse grâce Ă  la complicitĂ© jouasse de nos "Laurel et Hardy" dĂ©doublĂ©s ici pour s'auto-parodier (les 2 milliardaires Ă©tant des froussards minaudiers victimes de leur confort). 

Box Office France: 1 274 468 entrées (classé 31è)
Version longue dispo en Dvd chez Seven Sept

* Bruno

vendredi 6 avril 2018

Roadhouse

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Rowdy Herrington. 1989. U.S.A. 1h54. Patrick Swayze, Kelly Lynch, Sam Elliott, Ben Gazzara, Kevin Tighe, Red West

Sortie salles France : 3 janvier 1990. U.S: 19 Mai 1989

FILMOGRAPHIE: Rowdy Herrington (né en 1951 à Pittsburgh, Pennsylvanie) est un réalisateur et scénariste américain. 1988 : Jack's Back. 1989: Road House. 1992: Gladiator. 1993 : Piège en eaux troubles. 1999 : Murder of Crows (vidéo). 2001: Présumé Coupable. 2003 : I Witness. 2004 : Bobby Jones, naissance d'une légende.


Videur: Personne qui a la mission de repousser des personnes indésirables à l'entrée d'un établissement public.

Si en 1989 le succès ne fut pas au rendez-vous lors de sa sortie internationale (chez nous il cumule 639 139 entrĂ©es et se classe 45è au Box-Office), Roadhouse a gagnĂ© au fil des ans une rĂ©putation de sĂ©rie B culte (on va Ă©viter d'emprunter le terme "nanar" pour ne pas froisser les fans puristes), de par ses multiples rediffusions Ă  la TV et de son exploitation en Vhs, Dvd et Blu-ray. On ne va pas se leurrer, Roadhouse fait clairement office de plaisir "innocent" (non je ne suis pas coupable !) au sein du moule d'une action dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e en roue libre, faute Ă  une intrigue aussi limpide que prĂ©visible (un videur rĂ©putĂ© pour son autoritĂ© est recrutĂ© chez un autre taulier afin de faire rĂ©gner l'ordre dans sa boite Ă  triste renommĂ©e) et de situations parfois hilarantes Ă  force de surenchère musclĂ©e et de cabotinage chez les comĂ©diens prenant très au sĂ©rieux leur posture martiale. Pour autant, par je ne sais quelle alchimie (spirituelle peut-ĂŞtre), Roadhouse fonctionne de la 1ère Ă  la dernière seconde si bien qu'il s'avère constamment jouissif Ă  travers sa conjugaison d'action, de romance et de chouilla d'Ă©rotisme ! De par son rythme homĂ©rique fertile en bastonnades (de saloon) et gunfights; Rowdy Herrington ne lĂ©sine pas non plus sur la surenchère, notamment si je me rĂ©fère Ă  son final barbare d'une violence Ă©tonnamment gratuite.


Et ce pour le plus grand fantasme du spectateur ravi, tel un bambin jovial, d'assister Ă  l'opiniâtre vendetta d'un portier travesti en tueur sans vergogne ! (mĂŞme s'il s'agit d'une seconde posture de par son sombre passĂ© rongĂ© d'une certaine culpabilitĂ©). Au-delĂ  du plaisir d'assister au spectacle de bastons rondement exĂ©cutĂ©es Ă  rythme cadencĂ©, Roadhouse renforce son ressort ludique auprès de la prĂ©sence d'une des stars de l'Ă©poque, Patrick Swayze rĂ©vĂ©lĂ© plus tĂ´t par le classique "rose bonbon" Dirty Dancing. Ce dernier parvenant Ă  se glisser dans le corps (huilĂ©) de Dalton, hĂ©ros impassible Ă  la fois flegme et studieux, tout en force tranquille, notamment par son esprit philosophe hĂ©ritĂ© de l'art martial. En doctoresse fringante, Kelly Lynch lui partage la vedette avec charme et sensibilitĂ© afin d'incarner sa muse Ă©prise de sentiments mais peu Ă  peu gagnĂ©e par l'apprĂ©hension d'un dĂ©nouement dramatique. En faire-valoir plein de charme viril, le charismatique (et beaucoup trop rare !) Sam Elliot endosse le fidèle acolyte de Dalton avec un sens de l'amitiĂ© indĂ©fectible et une dĂ©marche de cow-boy infaillible (bordel quel putain d'acteur ultra charismatique !). Quand bien mĂŞme Ben Gazzara cabotine sensiblement avec amiteuse dĂ©rision dans celui du mafieux mĂ©galo se complaisant dans les provocations verbales et menaces meurtrières avec une mine jouasse. Tous ces personnages hauts en couleur parvenant efficacement Ă  se prĂŞter au jeu des règlements de compte et intimidations machistes, Ă  savoir qui emportera la mise afin de rĂ©genter une paisible bourgade rurale.


Western moderne fort en gueule Ă  travers son esprit Rock and roll / Country oĂą la bière coule Ă  flot entre moult bastonnades que s'Ă©change un casting aguerri, Roadhouse fait office de must bourrin sous l'influence stoĂŻque d'un Patrick Swayze Ă©tonnamment charmeur, dĂ©contractĂ© mais aussi schizo en redresseur de tort rĂ©ac. A redĂ©couvrir fissa si bien que le divertissement constamment trippant (notamment Ă  travers ses sĂ©quences hilarantes et ses bons sentiments tantĂ´t solidaires, tantĂ´t romantiques) n'a pas pris une ride (bien au contraire il est mĂŞme encore plus drĂ´le aujourd'hui auprès de sa cocasserie rĂ©tro). 

* Bruno 
Ci-joint chronique de la version 2024: https://brunomatei.blogspot.com/2024/03/road-house.html

jeudi 5 avril 2018

GOTHIC

                                                 Photo empruntĂ©e sur google, appartenant au site Imdb.com

de Ken Russel. 1986. Angleterre. 1h27. Avec Gabriel Byrne, Julian Sands, Natasha Richardson, Timothy Spall, Myriam Cyr.

Sortie salles France: 4 Février 1987

FILMOGRAPHIE: Ken Russell est un réalisateur, scénariste, acteur, producteur, monteur et directeur de la photographie britannique né le 3 juillet 1927 à Southampton. 1967 : Un cerveau d'un milliard de dollars, 1969 : Love , 1970 : The Music Lovers, 1971 : Les Diables, 1971 : The Boy Friend, 1972 : Savage Messiah, 1974 : Mahler, 1975 : Tommy, 1975 : Lisztomania, 1977 : Valentino, 1980 : Au-delà du réel, 1984 : Les Jours et les nuits de China Blue,1986 : Gothic, 1988 : Salome's Last Dance , 1988 : Le Repaire du ver blanc ,1989 : The Rainbow ,1991 : La Putain, 2002 : The Fall of the Louse of Usher, 2006 : Trapped Ashes segment "The Girl with Golden Breasts".


Un trip halluciné à l'hystérie collective nonsensique, tantôt fascinant (formellement poétique et alambiqué), souvent irritable.
A revoir pour me faire une opinion objective.

* Bruno