mardi 20 juin 2023

Matar a Dios / Killing God

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Caye Casas et Albert PintĂł. 2017. Espagne/France. 1h32. Avec Avec Eduardo Antuña, Itziar Castro, Boris Ruiz, Emilio Gavira

Sortie salles France: 9 Décembre 2017 (Paris International Fantastic Film Festival). Espagne: 11 Octobre 2017 (Festival de Sitges)

FILMOGRAPHIE: Caye Casas est un réalisateur et scénariste espagnol. 2022: La mesita del comedor. Asylum: Twisted Horror and Fantasy Tales (2020). Matar a Dios (2017)
Albert PintĂł est nĂ© le 28 octobre 1985 Ă  Barcelone, Catalogne, Espagne. 2022: La mesita del comedor. Asylum: Twisted Horror and Fantasy Tales (2020). Matar a Dios (2017)


Formidable surprise ibĂ©rique hĂ©las passĂ©e inaperçue, Matar a Dios prouve qu'avec un budget rachitique, 5 comĂ©diens mĂ©connus (tout du moins chez nous), un dĂ©cor exigu et surtout une idĂ©e aussi saugrenue qu'allĂ©chante on peut encore surprendre le grand public avec une foi qui fait plaisir Ă  voir. Car outre l'aspect rĂ©jouissant de son concept improbable (se prĂ©tendant Dieu, un nain encapuchonnĂ© s'introduit un soir chez une famille pour leur proposer un dilemme sacrificiel afin de sauver l'humanitĂ© d'un gĂ©nocide planĂ©taire), Matar a dios doit Ă©normĂ©ment de son capital sympathie en la prĂ©sence affable d'une poignĂ©e de comĂ©diens se fondant Ă  coeur joie dans leur rĂ´le sciemment pittoresque eu Ă©gard de la dĂ©rision permanente instaurĂ©e tout le long de leur calvaire. La soirĂ©e familiale fleurtant avec le règlement de compte, notamment depuis que Carlos soupçonne l'infidĂ©litĂ© de son Ă©pouse Anna avec le patron de celle-ci lors d'un dĂ®ner arrosĂ©. Or, depuis l'intrusion inopinĂ©e de cet Ă©tranger de petite taille, ils vont devoir faire face Ă  leur propre morale afin de sauver et d'y sacrifier 2 d'entres eux pour un enjeu humanitaire. Mais vont-ils oser riposter ou se soustraire aux exigences de Dieu en personne ? 


Ainsi donc, avec ses grandes gueules familières d'un naturel striĂ©, nous nous prenons instinctivement d'empathie pour eux de par leur profonde humanitĂ© chargĂ©e de tendresse, d'amitiĂ©, de remord, de tristesse mais aussi de jalousie comme tout citoyen lambda douĂ© de vergogne et de dĂ©fĂ©rence pour son prochain. Nous n'avons donc aucune peine Ă  nous identifier Ă  eux lorsque leurs conversations tournent autour de la dĂ©sillusion conjugale et de la reconnaissance parentale depuis que ce potentiel Dieu leur prĂ©dit l'apocalypse s'ils le considèrent comme charlatan. L'intĂ©rĂŞt de l'intrigue reposant Ă©galement sur le profil Ă©quivoque de cet Ă©tranger semblable au Père-Noel de fortune, et qui ne cessera d'influer sur les croyances religieuses (ou non) de chacun des personnages d'autant plus tĂ©moins malgrĂ© eux de pouvoirs potentiellement divins. Or, après nous avoir amusĂ© et attachĂ©s Ă  ces Ă©picuriens bonnards au caractère bien distinct et plutĂ´t solidaires, on finit par plonger dans la contradiction d'une dramaturgie dĂ©munie eu Ă©gard de son final surprenant en disant long sur le devenir de l'humanitĂ©, Ă  savoir s'il mĂ©rite d'ĂŞtre sauvĂ© des flammes de l'enfer. Un conclusion crĂ©pusculaire splendide qui ne laisse pas indiffĂ©rent. 


Une rĂ©flexion caustique sur la nature humaine quant Ă  ses failles indissociables. 
Huis-clos sarcastique virant par ailleurs au gore lors de son final bipolaire aussi dĂ©jantĂ©e que poignant, Matar a Dios est une excellente surprise hĂ©tĂ©roclite qu'il faut impĂ©rativement dĂ©fendre et saluer, tant pour la maĂ®trise de sa rĂ©alisation studieuse que pour le talent enjouĂ© des interprètes communĂ©ment expansifs, badins, fragiles, colĂ©riques dans leur condition torturĂ©e de croire ou non Ă  une puissance divine apte Ă  les annihiler en un battement de cil. 

*Bruno

jeudi 15 juin 2023

Saint Maud. Grand Prix, Gérardmer 2019.

                                            
                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Rose Glass. 2019. Angleterre. 1h24. Avec Morfydd Clark, Jennifer Ehle, Lily Knight, Lily Frazer, Turlough Convery.

Sortie salles France: 31 Janvier 2020 uniquement Ă  GĂ©rardmer. Angleterre: 1er Mai 2010

FILMOGRAPHIERose Glass, nĂ©e en 1990 Ă  Chelmsford, est une rĂ©alisatrice et scĂ©nariste britannique. 2019: Saint Maud. 


Fort, trouble, intense (Ă  l'instar d'une mĂ©morable sĂ©quence en huis-clos jouant sur l'ambivalence de passer Ă  l'acte), dĂ©rangeant, notamment auprès de son onirisme opaque, Saint-Maud laisse des traces dans l'encĂ©phale sitĂ´t l'ultime image brièvement laissĂ©e en exergue après nous avoir illustrĂ© 1 seconde plus tĂ´t son pendant contradictoire. AurĂ©olĂ© de 4 prix Ă  GĂ©rardmer, dont celui, prestigieux, du Grand Prix, mais hĂ©las privĂ© de salles chez nous (la Covid  Ă©tait passĂ©e par lĂ ), Saint Maud nous relate scrupuleusement dans un format auteurisant de drame psychologique lourd, feutrĂ© la dĂ©rive fanatique d'une religieuse sombrant peu Ă  peu dans la schizophrĂ©nie faute de son existence esseulĂ©e, sa frustration sexuelle, son manque d'assurance, sa culpabilitĂ© (le prologue morbide concis, tacite) et surtout son amour obsessionnel pour Dieu. De par une rĂ©alisation Ă  la fois inspirĂ©e et personnelle cĂ©dant parfois Ă  l'expĂ©rimentation (dĂ©moniale), Saint Maud nous projette dans la psychĂ© tourmentĂ©e de Katie sous l'impulsion d'un climat blafard lestement malaisant. 


La rĂ©alisatrice s'adonnant par ailleurs Ă  une scĂ©nographie quelque peu baroque (les diverses tapisseries de la demeure d'Amanda) ou Ă©touffante (le foyer exigu de Maud Ă  la luminositĂ© sĂ©pia) pour nous inconforter avec autant d'intelligence (refus d'un quelconque racolage de comptoir avec pareil sujet fleurtant avec l'emprise du dĂ©mon) que de sobriĂ©tĂ© si je me rĂ©fère au jeu ombrageux de l'actrice Morfydd Clark se fondant sans ambages dans son esprit torturĂ© par la cause d'une foi religieuse oĂą l'expiation culminera au point de non retour. Et si on songe parfois Ă  RĂ©pulsionsle Locataire ou encore dans une moindre mesure Les diablesSaint-Maid parvient toutefois Ă  exister par lui mĂŞme Ă  travers son rĂ©alisme dĂ©rangeant eu Ă©gard de l'intensitĂ© de certaines situations inhospitalières en autopsiant la dĂ©rive criminelle d'une victime trop fragile, dĂ©connectĂ©e de la rĂ©alitĂ© pour s'extirper de son carcan religieux. A point tel de remettre nous mĂŞme en cause la doctrine de Dieu (si on est fervent catholique) car observant avec ambiguitĂ© la dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale de Maud entre apprĂ©hension empathique et questionnement existentiel sur le sens de la mort et de la souffrance (les Ă©tats d'âme fatalistes d'Amanda ennuyĂ©e par l'attente du trĂ©pas). D'oĂą la dĂ©rive de son intensitĂ© Ă©motionnelle scabreuse dĂ©peinte de manière dĂ©pouillĂ©e auprès d'un drame psychologique pesant aux relents horrifiques (par autosuggestion). 


Film d'auteur intimiste si bien que le genre horrifique s'efface au profit du drame cĂ©rĂ©bral quant aux effets pervers, Ă  double tranchant, d'une solitude confinĂ©e dans la croyance pour se forger une raison existentielle, Saint Maud ne nous laisse pas indemne après nous avoir familiarisĂ© avec cette jeune infirmière en proie Ă  l'irrĂ©pressible besoin d'aimer et d'ĂŞtre aimĂ© (plutĂ´t que de se raccrocher Ă  la vie Ă©ternelle en lieu et place de peur de disparaĂ®tre).

*Bruno
09.02.21
15.06.23
2èx

RĂ©compenses: Grand Prix, Meilleure musique originale, Prix de la critique, Prix du jury jeune de la RĂ©gion Grand Est au Festival de GĂ©rardmer. 

PolĂ©mique sur sa sortie officielle en France (source Wikipedia): La sortie du film en salles en France est initialement prĂ©vue le 24 juin 2020. Suite Ă  la pandĂ©mie de Covid-19, elle est repoussĂ©e au 25 novembre 2020. Mais Ă  cause du reconfinement au mois de novembre, cette date est annulĂ©e. Suite Ă  l'annonce du gouvernement de la date de rĂ©ouverture des salles de cinĂ©ma pour le 15 dĂ©cembre, la date de sortie est fixĂ©e au 30 dĂ©cembre 2020, date une nouvelle fois annulĂ©e Ă  l'annonce de la fermeture des salles de cinĂ©ma pour au moins trois semaines supplĂ©mentaires.

mardi 13 juin 2023

Star Trek 2, la Colère de Khan / Star Trek II: The Wrath of Khan

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Nicholas Meyer. 1982. U.S.A. 1h57 (Director's Cut). Avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, Walter Koenig, George Takei, Nichelle Nichols.

Sortie salles France: 20 Octobre 1982. U.S: 4 Juin 1982

FILMOGRAPHIE: Nicholas Meyer est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain, né le 24 Décembre 1945 à New-York. 1979: C'était demain. 1982: Star Trek 2. 1983: Le Jour d'Après. 1985: Volunteers. 1988: Les Imposteurs. 1991: Company Business. 1991: Star Trek 6. 1999: Vendetta.


Un spectacle adulte, intelligent, maîtrisé, sincère, révérencieux, poignant (sacré final !), parfois épique, sobrement équilibré, notamment par son récit bien conté.
*Bruno

                                       Une chronique de Grand-Alf que j'approuve Ă  95%.

Bataille au-delà des étoiles.

Les fans de l'époque ayant accueilli assez froidement le premier opus cinématographique, il est donc décidé de laisser de côté l'approche mystico-métaphysique pour un spectacle plus simple, plus direct, cette fois sous la direction de Nicholas Meyer, cinéaste nous ayant offert juste avant l'excellent "C'était demain". Considéré par beaucoups de trekkies comme le meilleur de la saga (avec le 6, également réalisé par Meyer), "Star Trek 2" est effectivement supérieur à son modèle (du moins en ce qui me concerne), certes moins ambitieux dans ses thèmes mais mieux rythmé et offrant un divertissement bien plus trépidant et spectaculaire.

Non dénué de défauts (c'est un "Star Trek" quand même), il pose cependant les bases de ce que sera la saga cinématographique, jouant beaucoup sur l'humour ("Glander dans le cosmos, c'est un boulot pour les jeunes.") et sur les interactions des personnages, tous incarnés avec talent. On retiendra également un méchant d'une belle envergure (superbe Ricardo Montalban), quelques séquences délicieusement crasspec et surtout, un sacrifice final inattendu et émouvant, qui provoquera cependant la colère des fans de la première heure.

Gand-Alf (Sens Critique)
8


                                    Une seconde chronique de Docteur Jivago que j'approuve Ă  80% (je ne suis  particulièrement pas d'accord avec lui quand il relève le jeu outrancier de l'acteur Ricardo Montalban)

Khan la fin approche...
Dans cette suite du réussi premier opus, c'est Nicholas Meyer qui prend les commandes derrière la caméra pour nous faire suivre l'USS Entreprise et son équipage qui vont se retrouver face à un ancien ennemi de l'Amiral Kirk qui ne cherche que la vengeance envers ce dernier.

Cette suite prend une direction différente du premier opus et offre notamment plus d'action sans pour autant tomber dans la surenchère, loin de là même. Pari réussi pour cet épisode qui s'avère plaisant à suivre, notamment grâce à ses protagonistes que l'on retrouve, surtout Kirk et Spock ainsi que le méchant, rongé par une haine envers Kirk et qui s'avère aussi diabolique qu'outrancier (en même temps, l'acteur en fait des caisses !). Si les questionnements sur les personnages sont bien écrits, notamment ceux de Kirk sur son avenir puis son passé ainsi que le rapport à la vie et à l'humain de Spock, celle entre les personnages laisse parfois à désirer, notamment entre Kirk et son fils. Efficace et bien foutu, cet opus tient tout le long en haleine. Le côté un peu kitsch et 80's donne un charme plutôt sympathique à un ensemble qui ne manque ni d'humour, ni d'émotion, notamment dans son surprenant final. La richesse de l'univers est toujours l'une des principales réussites, où ici on se retrouve entre divers planètes, vaisseaux, machine (notamment Genesis)..., le tout bénéficiant d'effets spéciaux et maquettes réussis, tout comme la musique de James Horner.

Un second opus franchement réussi qui prend une voie différente de celui de Robert Wise pour offrir un beau spectacle sans temps morts, parfois surprenant et bénéficiant d'un univers et de personnages que l'on prend plaisir à suivre.

Docteur_Jivago (Sens Critique)
7


Récompenses
: Saturn Awards 1983 : meilleur acteur pour William Shatner, meilleur réalisateur pour Nicholas Meyer


samedi 10 juin 2023

Alibi.com 2

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Philippe Lacheau. 2023. France. 1h27. Avec Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Tarek Boudali, Julien Arruti, Nathalie Baye, Didier Bourdon, Arielle Dombasle, Gérard Jugnot, Catherine Benguigui.

Sortie salles France: 8 Février 2023

FILMOGRAPHIE: Philippe Lacheau est un acteur, rĂ©alisateur, scĂ©nariste et animateur français nĂ© le 25 juin 1980 Ă  Fontenay-sous-Bois dans le Val-de-Marne. 2014 : Babysitting - corĂ©alisĂ© avec Nicolas Benamou. 2015 : Babysitting 2 - corĂ©alisĂ© avec Nicolas Benamou. 2017 : Alibi.com. 2018 : Nicky Larson et le Parfum de Cupidon. 2021 : Super-hĂ©ros malgrĂ© lui. 2023 : Alibi.com 2. 


Cocasse, burlesque et (davantage) hilarant de bout en bout, avec une pointe de tendresse étonnamment émotive.
4 267 389 entrĂ©es Ă  ce jour si bien qu'Alibi.com 2 continue de percer au box-office Ă  ce jour du 10 Juin 2023. Or, on peut dĂ©jĂ  confirmer que la dernière comĂ©die de la bande Ă  Fifi est dores et dĂ©jĂ  son plus grand succès commercial amplement mĂ©ritĂ© tant il cumule gags (parfois scatos) et cocasseries Ă  rythme insensĂ© que n'aurait reniĂ© son alter-ego de toujours, les ZAZ. D'ailleurs, les initiĂ©s indĂ©fectibles de Lacheau avouent sans rĂ©serve qu'il s'agit de sa comĂ©die la plus drĂ´le et dĂ©jantĂ©e depuis son 1er nĂ© oh combien dĂ©bridĂ©: Babysitting. Car relever la gageure de surpasser le 1er "Alibi" tient du prodige tant Lacheau et son Ă©quipe dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e ont une fois de plus redoublĂ© d'insolence, de provocations, d'intelligence et d'inventivitĂ© pour combler leur public avide de tartes Ă  la crème, gros mots, quiproquos hyperboliques (euphĂ©misme) et gags cartoonesques, comme le souligne son hallucinant final anthologique digne d'un Tex Avery en mode "Bip Bip le coyote". 


Car si on est en droit de ne pas adhĂ©rer Ă  l'humour tantĂ´t ubuesque, tantĂ´t grossier, sciemment ridicule de la Bande Ă  Fifi, on ne peut nier que nos farceurs se sont dĂ©menĂ©s tels des forcenĂ©s hystĂ©risĂ©s Ă  nous concocter un vrai scĂ©nario en roue libre autour de leurs pitreries puisque incessamment renouvelĂ© Ă  chaque minute eu Ă©gard de l'incroyable Ă©nergie, l'exubĂ©rante moisson d'idĂ©es saugrenues que traversent nos hĂ©ros jamais Ă  court de carburant Ă  travers leurs stratĂ©gies du simulacre hiĂ©rarchisĂ© avec autant de maladresse que d'une pointe de providence. 


Bref, ça déménage à mort, partagé entre le sourire (jamais forcé) et le rire nerveusement vrillé au fil d'une attraction foraine de tous les diables. TOUS les acteurs et seconds-rôles pétulants se prêtant au jeu de la déconnade la plus cintrée avec une ferveur, une spontanéité non simulée sincèrement communicative. Si bien que comme de coutume, on a beau suivre (la mine parfois un tantinet éreintée par son rythme intrépide) les bévues et quiproquos plus grotesques les uns que les autres, on marche à fond tant la bande à Fifi nous transmet sans modération aucune leur générosité et leur sincérité avec une bonhomie terriblement expressive (on sent qu'ils s'amusent autant que nous à l'intérieur de l'écran, notamment auprès de leur amour intègre pour le "cinéma"). A l'instar de son final inscrit dans la tendresse d'une fidélité conjugale se permettant en outre d'émouvoir le spectateur avec une foi inébranlable. Non, décidément, la Bande à Fifi reste à mes yeux, et de loin, les meilleurs comiques de leur génération à travers leur parcours quasi sans faute de cumuler les comédies cintrées de manière hyper inspirée (qui plus est en prime d'une réalisation technique, à l'instar de l'incroyable séquence en split screen) sans s'appesantir de l'ombre d'une quelconque lassitude et encore moins d'une prétention intempestive.

*Bruno

jeudi 8 juin 2023

The Doom Generation

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Greg Arakis. 1995. U.S.A/France. 1h23. Avec James Duval, Rose McGowan, Johnathon Schaech, Cress Williams, Skinny Puppy, Dustin Nguyen, Margaret Cho

Sortie salles France: 15 Novembre 1995 (Int - 16 ans). U.S: 27 Octobre 1995.

FILMOGRAPHIEGregg Araki est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, monteur, producteur de cinĂ©ma et directeur de la photographie amĂ©ricain, nĂ© le 17 dĂ©cembre 1959 Ă  Los Angeles (États-Unis). 1987 : Three Bewildered People in the Night. 1989 : The Long Weekend (O'Despair). 1992 : The Living End. 1993 : Totally F***ed Up. 1995 : The Doom Generation. 1997 : Nowhere. 1999 : Splendeur (Splendor). 2004 : Mysterious Skin. 2007 : Smiley Face. 2010 : Kaboom. 2014 : White Bird. 

Authentique film culte n'ayant pas pris une ride Ă  la (douloureuse) revoyure, The Doom Generation se dĂ©cline en pur film punk sous couvert de cinĂ©ma underground Ă  la libertĂ© de ton explosive. Tant et si bien que Greg Arakis n'a ni froid aux yeux ni aux oreilles pour nous conter dans un esprit BD vitriolĂ© l'Ă©quipĂ©e folingue d'un couple de jeunes paumĂ©s accompagnĂ©s d'un Ă©tranger aussi marginal qu'eux pour y semer durant leur pĂ©riple routier dĂ©sordre, chaos et morts accidentelles. Foncièrement provocateur, vulgaire et cru, tant auprès de ces dialogues acĂ©rĂ©s (bon Dieu que ça pique !) que de ses coĂŻts dĂ©vergondĂ©s avides d'expĂ©rience nouvelle, The Doom Generation est une expĂ©rience de cinĂ©ma difficilement oubliable sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique mĂ©lancolique clos. 

Car cet OFNI a beau conjuguer sans nul complexe malaise, fougue, bonne humeur et rire grinçant (Ă  l'instar de ses sĂ©quences gores Ă  la fois dĂ©calĂ©es, ubuesques que n'aurait reniĂ© Troma), il s'y dĂ©gage derrière ses moults bravades un vent de libertĂ© exaltant auprès de l'Ă©thique dĂ©sabusĂ©e de ses protagonistes en perdition. Un manifeste infiniment tendre et sincère sur une jeunesse dĂ©boussolĂ©e livrĂ©e Ă  elle mĂŞme et donc ivre de sensations pour se raccrocher aux plaisirs de la drogue, de l'alcool, de la chair et de la junk-food afin d'y compenser leur ennui au sein d'une sociĂ©tĂ© intolĂ©rante (notamment au niveau de son cri d'alerte contre l'homophobie) dĂ©nuĂ©e de compassion et de comprĂ©hension. The Doom Generation finissant par provoquer une Ă©motion si fragile après nous avoir dressĂ© aussi crĂ»ment le profil dĂ©gingandĂ© de ces gamins dĂ©lurĂ©s s'efforçant de trouver un sens Ă  l'existence d'une cruautĂ© inextinguible (tant auprès de leur tĂ©moignage morbide avec un chien embouti que de son final traumatique, estampillĂ© "extrĂŞme droite" Ă  la limite du soutenable). 


No Futur.
Oeuvre expĂ©rimentale Ă  la fois grave, dĂ©bridĂ©e, onirique et lumineuse Ă  nous pĂ©nĂ©trer 1h23 durant dans les Ă©tats d'âme fĂ©briles de ces punks hĂ©donistes ivres d'amour et de passion au grand dam de leurs angoisses spirituelles, mĂ©taphysiques, The Doom Generation nous laisse KO d'amertume passĂ©e l'explosion de violence d'une sociĂ©tĂ© arbitraire rĂ©fractaire au politiquement incorrect, Ă  la subversion libertaire. 
Pour Public Averti.

*Bruno
3èx vostfr

mardi 6 juin 2023

Le Poignard Volant / To ching chien ko wu ching chien. Prix spécial 15e cérémonie des Golden Horse Film Festival and Awards.

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dvdfr.com

de Chu Yuan. 1977. Hong-Kong. 1h36. Avec Ti Lung, Ching Li, Derek Yee, Yueh Hua, Candice Yu, Ku Feng 

Sortie salles Hong-Kong: 14 Octobre 1977

FILMOGRAPHIE: Chu Yuan (楚原 en chinois, donnant Chor Yuen dans une transcription du cantonais) est un rĂ©alisateur hongkongais nĂ© le 8 octobre 1934 Ă  Canton, dĂ©cĂ©dĂ© le 21 fĂ©vrier 2022, . 1972 : Intimate Confessions of a Chinese Courtesan. 1972 : Le Tueur de Hong-Kong. 1973 : The House of 72 Tenants. 1973 : Haze in the Sunset. 1974 : Sex, Love and Hate. 1976 : La Guerre des clans. 1976 : Farewell to a Warrior. 1976 : Le Sabre Infernal. 1976 : The Web of Death. 1977 : Le Complot des Clans. 1977 : Le Tigre de Jade. 1977 : Death Duel. 1977 : Le Poignard volant. 1978 : Clan of Amazons. 1978 : L'ĂŽle de la bĂŞte (en) (Legend of the Bat). 1978 : Swordsman and Enchantress. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre 2. 1979 : Full Moon Scimitar. 1980 : Bat Without Wings. 1988 : Diary Of A Big Man. 1990 : The Legend Of Lee Heung Kwan. 1990 : Blood Stained. Tradewinds. 1990 : Sleazy Dizzy. 

Confus par son histoire ramifiĂ©e partant davantage dans tous les sens et sa multitude de personnages perfides ne cessant de s'entrecroiser avec, 2 hĂ©ros Ă  la clef opposĂ©s Ă  2 dĂ©esses ambigues, Le Poignard volant n'en n'est pas moins un spectacle assez fascinant par son ambiance indomptable, Ă©pique par son action en roue libre (mĂŞme si frĂ©quemment concise) et d'un esthĂ©tisme onirique alambiquĂ©. A revoir pour ma part afin de mieux dompter sa topographie narrative et identifier sa foule de persos en proie Ă  la suspicion, la trahison, l'interrogation et la perplexitĂ©. 

*Bruno
2èx

                                         Ci-joint la critique plus dĂ©taillĂ©e de philippequevillart

La mort aux trousses

Une nouvelle adaptation du romancier Gu Long pour Chor Yuen, avec de l'intrique et un foisonnement de personnages hauts en couleur. Le tout est grandement mis en scène et propose une approche esthétique nouvelle, certaines scènes étant tournées dans de superbes décors extérieurs.

L'histoire : Li Hsin-Huan (TI Lung) un Ă©pĂ©iste malade et alcoolique, revient de longues annĂ©es d’exil pour venir en aide Ă  celle qu'il aima jadis. En effet, cette dernière est menacĂ©e par un Ă©trange assassin, malin et particulièrement douĂ© dans l'art du maniement des armes. ArrivĂ© sur place, accompagnĂ© de son fidèle compagnon Chuan-jia (Fan Mei Sheng), il est soupçonnĂ© lui-mĂŞme d'ĂŞtre l'assassin. Pris en dĂ©faut, il tentera lui-mĂŞme de dĂ©nouer les ficelles d'une intrigue bien complexes...

Le concept de base commence Ă  couler de source si l'on veut bien s'intĂ©resser Ă  l’Ĺ“uvre de ce cinĂ©aste trop longtemps mĂ©connu en Occident, mais rĂ©serve encore une fois quelques surprises esthĂ©tiques et une intrigue toujours passionnante. MĂŞme si cette fois l'intrigue a parfois tendance Ă  s'Ă©garer dans tous les sens. de plus, le foisonnement de personnages divers qui viennent et sortent de la scène, peut s'avĂ©rer fatal au spectateur non initiĂ©.

L'intrigue est assez sommaire, puisqu'elle propose de suivre le personnage de Ti Lung dans sa quête de vérité, et de croiser avec lui tout un tas de personnage hauts en couleurs. L'épée est une nouvelle fois au centre de l'intrigue, puisque c'est elle, ou plutôt son maniement qui sert de langage commun entre les différents protagonistes de l'intrigue. Les combats sont une nouvelle fois bien chorégraphiés par le maître Tang Chia, mais ne propose pas de véritables chorégraphies alléchantes, le combat proprement dit n'étant pas l'apanage du maître du thriller médiéval. Il préfère s'attarder sur ses personnages et égarer le spectateur dans des faux-semblants avec tous les artifices et effets habituels.

Esthétiquement, le film innove, proposant les habituels décors kitsch, fleuris où l'ont peut croiser de jolies créatures, là, rien de bien nouveau, mais également de superbes décors extérieurs enneigés. Quelques passages montrant le déplacement de personnages en grand plan dans des décors que la neige magnifient, touchent au suprême. Avec une approche esthétisante proche du grand King Hu. Encore une réussite de la part d'un cinéaste qui a fait du wu xia pian un véritable champ d'expérimentation pour ses recherches picturales et son sens inouï de la composition.

Théâtral et grave, son cinéma donne matière à réflexion, à se malmener les méninges même parfois, mais propose toujours des personnages passionnants et de véritables intrigues.

Le Poignard Volant, même s'il n'est pas le sommet de son art, tellement le foisonnement excessif de personnages égare parfois l'intrigue principale, demeure tout de même un excellent wu xia pian esthétiquement réussi.

7/10

Écrit par philippequevillart (sens critique)

mercredi 31 mai 2023

Un papillon aux ailes ensanglantées / Una farfalla con le ali insanguinate / Cran d'Arrêt

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Ducio Tessari. 1971. Italie. 1h39. Avec Helmut Berger, Giancarlo Sbragia, Evelyn Stewart, Wendy D'Olive, GĂĽnther Stoll, Silvano Tranquilli 

Sortie salles France:  ?  Italie: 10 Septembre 1971

FILMOGRAPHIE: Duccio Tessari, de son vrai nom Amadeo Tessari, nĂ© le 11 octobre 1926 Ă  GĂŞnes et mort d'un cancer le 6 septembre 1994 Ă  Rome, en Italie, est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien. 1962: Les Titans. 1963 : Le Procès des doges ou Le Petit boulanger de Venise. 1964 : La sfinge sorride prima di morire - stop - Londra. 1965 : Una voglia da morire. 1965 : Un pistolet pour Ringo . 1965 : Le Retour de Ringo. 1966 : Très honorable correspondant. 1967 : Per amore... per magia... 1968 : Meglio vedova. 1968 : Le Bâtard. 1968 : Un train pour Durango. 1969 : Mort ou vif... de prĂ©fĂ©rence mort. 1970 : Quella piccola differenza. 1970 : La Mort remonte Ă  hier soir. 1971 : Cran d'arrĂŞt. 1971 : Forza G. 1971 : Et viva la rĂ©volution ! 1973 : Les Grands Fusils. 1973 : Les Enfants de chĹ“ur. 1974 : L'Homme sans mĂ©moire. 1974 : Les Durs. 1975 : Zorro. 1976 : Les Sorciers de l'Ă®le aux singes 1976 : La madama. 1978 : Le CrĂ©puscule des faux dieux. 1981 : Un centesimo di secondo. 1985 : Tex Willer e il signore degli abissi. 1985 : Baciami strega (TV). 1986 : Bitte laĂźt die Blumen leben. 1987 : Una grande storia d'amore (TV). 1990 : Au bonheur des chiens. 1992 : Beyond Justice. 1994 : Le Prince du dĂ©sert.


Relativement de faible rĂ©putation (quand bien mĂŞme il est restĂ© inĂ©dit en salles en France), Un papillon aux ailes ensanglantĂ©es est Ă  mon sens subjectif un Giallo mineur faute de son absence de suspense et d'un rythme dĂ©faillant cumulant sans intensitĂ© enquĂŞte policière (avec la collaboration de la police scientifique nous prĂ©cisera le gĂ©nĂ©rique de fin), scènes de prĂ©toire, Ă©treintes lubriques (parfois dĂ©viantes) et ambiance horrifique timorĂ©e, Ă  l'instar des exactions hors-champs. Et ce en dĂ©pit d'un photo et d'une mise en scène soignĂ©es, d'une sublime partition au clavecin de Gianni Ferrio et d'un bon acting bien connu des amateurs, bien que Helmut Berger semble effacĂ©, peu concernĂ© par ce qui se trame autour de lui. On se console tout de mĂŞme avec son final Ă©lĂ©giaque d'une beautĂ© romantique langoureuse par son onirisme candide (quand bien mĂŞme l'Ă©lĂ©ment du "papillon" se justifie) oĂą l'Ă©motion perce enfin au grĂ© d'un montage scrupuleux autrement plus convaincant que ce qui nous fut prĂ©alablement illustrĂ© sans gĂ©nie ni passion. A voir par curiositĂ© sans laisser de souvenir impĂ©rissable. 


*Bruno

mardi 30 mai 2023

Intimate confessions of a chinese Courtesan / Ai nu

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site rakuten.com

de Chu Yuan. 1972. Hong-Kong. 1h31. Avec Lily Ho, Betty Pei Ti, Yueh Hua

Sortie salles Hong Kong: 9 juillet 1972 

FILMOGRAPHIE: Chu Yuan (楚原 en chinois, donnant Chor Yuen dans une transcription du cantonais) est un rĂ©alisateur hongkongais nĂ© le 8 octobre 1934 Ă  Canton, dĂ©cĂ©dĂ© le 21 fĂ©vrier 2022, . 1972 : Intimate Confessions of a Chinese Courtesan. 1972 : Le Tueur de Hong-Kong. 1973 : The House of 72 Tenants. 1973 : Haze in the Sunset. 1974 : Sex, Love and Hate. 1976 : La Guerre des clans. 1976 : Farewell to a Warrior. 1976 : Le Sabre Infernal. 1976 : The Web of Death. 1977 : Le Complot des Clans. 1977 : Le Tigre de Jade. 1977 : Death Duel. 1977 : Le Poignard volant. 1978 : Clan of Amazons. 1978 : L'ĂŽle de la bĂŞte (en) (Legend of the Bat). 1978 : Swordsman and Enchantress. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre 2. 1979 : Full Moon Scimitar. 1980 : Bat Without Wings. 1988 : Diary Of A Big Man. 1990 : The Legend Of Lee Heung Kwan. 1990 : Blood Stained. Tradewinds. 1990 : Sleazy Dizzy. 

Encore une perle luminescente estampillĂ©e Shaw Brothers. Une oeuvre fĂ©ministe oĂą le saphisme fait la part belle Ă  une vendetta de longue haleine qu'on ne pu prĂ©voir. A l'instar de son cheminement meurtrier (Ă©tonnamment et Ă©trangement) permissif et de son renversant Ă©pilogue aussi magnifique que d'une cruautĂ© sans Ă©gale. Ainsi donc, Intimate confessions of a Chinese Courtesan est un spectacle sulfureux oĂą se conjugue Ă©rotisme, tendresse, tortures et combats au sabre parmi l'efficacitĂ© d'un script couillu quant Ă  la stratĂ©gie vindicative s'esquissant sous nos yeux sous le pilier d'un amour indĂ©fectible (tout du moins du point de vue de la dominatrice). Et c'est bien lĂ  la grande originalitĂ© du rĂ©cit que de nous attacher Ă  une justicière stoĂŻque soumise Ă  sa souveraine sans pitiĂ© Ă©perdument amoureuse de son esclave. 

Comme de coutume, si les sĂ©quences d'action martiale demeurent toujours plus Ă©piques au fil d'une provocation fĂ©ministe dĂ©nuĂ©e de complexe Ă  brimer l'homme lubrique; attendez de contempler les 20 ultimes minutes littĂ©ralement anthologiques. Tant pour les festivitĂ©s de son aspect sanglant qu'homĂ©rique. Si bien que Tarantino s'en est inspirĂ© pour Kill Bill (rien que ça). Enfin, de par son climat tantĂ´t onirique (les chambres aux draps roses de soie arborĂ©es en permanence Ă  l'Ă©cran), on retient Ă©galement Ă  2 uniques reprises l'intonation baroque d'une partition musicale terriblement envoĂ»tante lors de la relation intime entre la dominatrice et son esclave sexuelle sĂ©parĂ©e par les valeurs du Bien et du Mal. Ainsi, par cette charge Ă©motionnelle d'une trouble sensualitĂ©, Intimate Confessions... atteint des sommets d'immersion capiteuse eu Ă©gard de son pouvoir de fascination Ă©manant du duo galvaudĂ© et de sa conclusion funeste prenant tout son sens quant Ă  sa rĂ©flexion amère impartie au mobile de la vengeance.  

Une perle flamboyante donc Ă  la fois Ă©trange, baroque, dĂ©routante, violente et sensuelle abordant sous un angle aussi singulier qu'incongru une romance vampirique terriblement fĂ©lonne. 

*Bruno
3èx. Vostfr

lundi 29 mai 2023

Tin et Tina

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Rubin Stein. 2023. Espagne. 2h00. Avec Milena Smit, Jaime Lorente, Carlos González Morollón, Anastasia Russo, Teresa Rabal, Sergio Ramos

Diffusé sur Netflix: 26 Mai 2023

FILMOGRAPHIE: Rubin Stein est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol. 2023: Tin et Tina. 

Encore une belle surprise que nous offre lĂ  Netflix, une proposition hispanique renouant avec l'horreur adulte en y dĂ©nonçant la fanatisme religieux du point de vue de ce qu'il y a de plus innocents, des enfants placĂ©s dans un couvent qu'un jeune couple dĂ©cide d'adopter. Or, rapidement, ces jumeaux se comportent de manière obsessionnelle avec la religion au point de mettre en pratique certains versets de la Bible. ElĂ©gamment filmĂ© (cadrages alambiquĂ©s) au sein d'une photo limpide mettant en valeur une plĂ©thore d'images stylisĂ©es chargĂ©es de poĂ©sie; Tin et Tina joue efficacement la carte de l'angoisse (palpable) et du suspense Ă©moulu lorsqu'un couple est davantage tourmentĂ© par les actes dĂ©raisonnĂ©s de leurs enfants en proie Ă  une doctrine chrĂ©tienne. 

Et si toutes les sĂ©quences anxiogènes puis dramatiques demeurent fatalement assez prĂ©visibles, la maitrise de la mise en scène si attentionnĂ©e et le talent des acteurs Ă  la force d'expression tourmentĂ©e (mĂŞme si on peut juger discutable certains comportements un tantinet incohĂ©rents) parviennent un instaurer un climat malaisant constamment hypnotique, notamment eu Ă©gard de la cruautĂ© des Ă©pisodes les plus graves franchement Ă©prouvants (voir mĂŞmes Ă  la limite du supportable tant la gĂŞne m'a pris Ă  la gorge). A point tel que l'ambiance domestique rĂ©gie dans cette vaste demeure s'avère davantage irrespirable, tant auprès des agissements sournois des enfants que des points de vue antinomiques du père et de la mère s'efforçant de relativiser tout en s'inquiĂ©tant (dans leur caractère distinct) de la posture Ă©quivoque des enfants habitĂ©s par leur religion. Qui plus est, affublĂ©s de cheveux blancs et d'un visage au teint blĂŞme, ils rĂ©ussissent sans ambages Ă  susciter angoisse, malaise et inquiĂ©tude exponentielle au fil d'un cheminement Ă©volutif plus intelligent et surprenant qu'escomptĂ© quant Ă  la culpabilitĂ© de ces  derniers qu'une mère refusait finalement d'Ă©duquer par impuissance et dĂ©sarroi.

Les Innocents
Excellent suspense horrifique au climat étouffant de par le vortex de ces confrontations psychologiques soumises aux règles du Bien et du Mal, Tin et Tina doit beaucoup de son intensité dramatique grâce à l'intelligence de son script dénué de grand-guignol et de racolage au profit d'une psychologie torturée. Le réalisateur primant sur un réalisme froid à la fois vénéneux, onirique, insidieux, pour jouer avec nos nerfs et provoquer l'incommodité au sein de cette famille infortunée perturbée par une étique démiurge. Poignant.

*Bruno

Ci-joint la chronique de Jérôme André tranchant

Coup de coeur 
Sur Netflix. 

En 1981, en Espagne, Lola et Adolpho se marient.  Lola est enceinte de deux enfants.  En sortant de l'Ă©glise, lola saigne.  Elle a perdu ses deux enfants.  Six mois après, le couple dĂ©cide d'adopter.  Ils vont aller dans un orphelinat tenu par une religieuse.  Lola a un coup de coeur pour des jumeaux de 7 ans.  Ils se prĂ©nomment Tin et Tina.  Ils sont blonds, yeux bleus, teints livide.  Les deux enfants sont aussi très pieux.  Le couple les adoptent.  Lola va dĂ©couvrir que ses enfants sont très particuliers. 

Il y avait très longtemps que je n'avais pas ressenti ce sentiment d'ĂŞtre dĂ©rangĂ© devant mon Ă©cran.  Le rĂ©alisateur se sert de certains clichĂ©s du cinĂ©ma d'horreur pour les dĂ©tourner.  Il ne le fait pas de manière spectaculaire, il le fait de manière très insidieuse.  On ne s'attend jamais Ă  ce qu'il va se passer.  Bien sĂ»r, le cinĂ©aste Rubin Stein s'amuse avec des rĂ©fĂ©rences cinĂ©matographiques, on pense Ă  Hitchcock, Polanski et Bunuel mais il se sert de ses influences pour tromper le spectateur.  Et puis par les temps qui courent un film d'horreur anticlĂ©rical, ça fait du bien.  Ce mĂ©trage ne pourrait pas ĂŞtre produit par les Ă©tats-unis.  Le rĂ©alisateur garde son identitĂ© espagnole, ce qui lui permet de taper sur le machisme avec une grande violence.  Le dernier tiers du film est un tour de force. Il s'agit d'un plan sĂ©quence terriblement angoissant.  Donc "Tin et Tina" est une rĂ©ussite dans le genre gothique.  Et ça fait un bien fou.

Critique de Thierry Savastano

Top 2023

Tin & Tina ⭐️⭐️⭐️⭐️ 2023 vf 1h59 4K 

❤️Coup de Coeur❤️

Après une fausse couche traumatisante, un jeune couple adopte dans un couvent de curieux jumeaux dont l'obsession pour la religion ne tarde pas à perturber la famille.

👉Pépite Netflix !

Cette opposition forte de l'Ă©glise et de son icĂ´ne principal DIEU a travers un duo de petits monstres est le point central de cette pĂ©pite hispanique ou l'ambiance y est terriblement effrayante, une trame lente mais bien succulente, un long mĂ©trage obscure teintĂ© d'humour noir qui nous plonge dans une histoire horrifique psychologique tordue mais jouissive. 

vendredi 26 mai 2023

Sisu : de l'or et du sang

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jalmari Helander. 2022. Finlande/U.S.A. 1h31. Avec Jorma Tommila, Aksel Hennie, Jack Doolan, Mimosa Willamo, Onni Tommila

Sortie salles France: 21 Juin 2023. Finlande: 27 janvier 2023

FILMOGRAPHIEJalmari Helander est un réalisateur et un scénariste finlandais né le 21 juillet 1976.
2010 : Père NoĂ«l Origines (Rare Exports: A Christmas Tale). 2014 : Big Game (Ă©galement coscĂ©nariste). 2022 : Sisu : de l'or et du sang (Sisu). 

SacrĂ©e (pochette) surprise que ce Sisu du rĂ©alisateur du savoureux Rare Export (en français Père NoĂ«l Origines), si bien que le finlandais Jalmari Helander nous livre un actionner hyperbolique ne ressemblant Ă  nul autre si j'ose dire. Dans la mesure oĂą les sĂ©quences homĂ©riques, toutes plus invraisemblables les unes que les autres, parviennent Ă  transcender l'improbable avec un degrĂ© de fascination inĂ©dit dans le paysage bourrin eu Ă©gard de son rĂ©alisme cinglant (euphĂ©misme), comme du portrait imparti Ă  ce vieillard increvable (pour ne pas dire immortel comme le sous-entend sa rĂ©putation quasi surnaturelle après avoir exterminĂ© plus de 300 russes). On peut d'ailleurs mĂŞme le dĂ©cliner en nouvelle icone du cinĂ©ma d'action que campe Jorma Tommila avec un mutisme expressif particulièrement viscĂ©ral. Le spectacle furibond adoptant un parti-pris laconique, sans doute aussi pour s'extirper de la convenance afin d'imposer sa personnalitĂ© propre comme le souligne avec astuce l'aura proverbiale du hĂ©ros du 3è âge que tout un chacun (ou presque) redoute. 

L'aspect fascinatoire du rĂ©cit linĂ©aire (seul contre tous, Aatami Korpi tente de fuir des nazis après avoir dĂ©couvert des lingots d'or dans un champs) dĂ©coulant de son ambiance quasi mystique renforcĂ©e de l'inventivitĂ© des ripostes de survie se renouvelant incessamment au grĂ© d'idĂ©es folingues gĂ©nialement jouissives. Et ce aussi grotesques ou ubuesques soient les pires situations de self-dĂ©fense ou d'entrave (la pendaison, la confrontation aĂ©rienne). Or, si au dĂ©part on peine Ă  croire Ă  ce qui se dĂ©roule sous nous yeux tout en Ă©prouvant un plaisir ludique (quelque peu nostalgique par son aspect "grindhouse"), la maĂ®trise de la rĂ©alisation, la dose de dĂ©rision injectĂ©e frĂ©quemment aux moments les plus barbares ou hĂ©roĂŻques, et enfin sa fulgurance visuelle Ă  damner un saint (les images de dĂ©solation, crĂ©pusculaires, solaires, demeurent magnifiques d'onirisme quasi surnaturel - certains plans Ă©thĂ©rĂ©s Ă©voquant mĂŞme l'Au-delĂ  de Fulci -) nous immergent dans l'aventure cinĂ©tique avec une gĂ©nĂ©rositĂ© immodĂ©rĂ©e. Quand aux gueules striĂ©es des mĂ©chants nazis tous plus triviaux les uns les autres (avec un leader hyper charismatique), ils se taillent un charisme insalubre (sang, sueurs, terre noire se confondent sur les visages en perdition) gĂ©nialement expressif afin de mieux les haĂŻr et croire en leur vĂ©racitĂ© criminelle. 

Moment de pĂ©loche vrillĂ© du Samedi soir d'une ultra violence jubilatoire (ça en est mĂŞme parfois cartoonesque), Sisu s'avère peut-ĂŞtre LE film d'action de l'annĂ©e 2023 (ce que aurait dĂ» ĂŞtre d'ailleurs la saga surfaite John Wick auquel il prĂŞte quelques clins d'oeils ou encore Rambo 5 que Stallone doit sans doute secrètement envier). TruffĂ© d'action 1h25 durant sans trop se prendre au sĂ©rieux et avec une Ă©vidente volontĂ© d'en foutre plein la vue au grĂ© d'une inventivitĂ© dĂ©concertante, Sisu honore gĂ©nĂ©reusement le divertissement rĂ©gressif avec un degrĂ© de fascination inĂ©dit pour le genre. A point tel que tout en Ă©tant conscient de son invraisemblance en roue libre, on finit presque par croire Ă  l'alchimie indestructible de ce guerrier silencieux tant le personnage rĂ©silient nous impressionne sans cesse Ă  cumuler les bravoures, entre providence et invention dĂ©sarmantes. 

*Bruno

RĂ©compenses: meilleur film, meilleur acteur pour Jorma Tommila, meilleure photographie, meilleure musique au Festival international du film fantastique de Catalogne 2022 (Sitges). 

mardi 23 mai 2023

La guerre des Clans / Liu xing hu die jian / Killer Clans

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dvdfr.com

de Chu Yuan. 1976. 1h41. Hong-Kong. Avec Tsung Hua, Ku Feng, Lo Lieh, Yueh Hua, Ching Li

Sortie salles Hong-Kong: 20 Mars 1976

FILMOGRAPHIE: Chu Yuan (楚原 en chinois, donnant Chor Yuen dans une transcription du cantonais) est un rĂ©alisateur hongkongais nĂ© le 8 octobre 1934 Ă  Canton, dĂ©cĂ©dĂ© le 21 fĂ©vrier 2022, . 1972 : Intimate Confessions of a Chinese Courtesan. 1972 : Le Tueur de Hong-Kong. 1973 : The House of 72 Tenants. 1973 : Haze in the Sunset. 1974 : Sex, Love and Hate. 1976 : La Guerre des clans. 1976 : Farewell to a Warrior. 1976 : Le Sabre Infernal. 1976 : The Web of Death. 1977 : Le Complot des Clans. 1977 : Le Tigre de Jade. 1977 : Death Duel. 1977 : Le Poignard volant. 1978 : Clan of Amazons. 1978 : L'ĂŽle de la bĂŞte (en) (Legend of the Bat). 1978 : Swordsman and Enchantress. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre 2. 1979 : Full Moon Scimitar. 1980 : Bat Without Wings. 1988 : Diary Of A Big Man. 1990 : The Legend Of Lee Heung Kwan. 1990 : Blood Stained. Tradewinds. 1990 : Sleazy Dizzy. 

Synopsis: Sur les ordres d'un employeur Ă  l'identitĂ© secrète, Meng Sheng-hun, un tueur renommĂ©, est engagĂ© pour Ă©liminer Sun Yu, chef du clan martial de la Porte-du-Dragon. L’assassin doit donc s'infiltrer au sein du clan sous une fausse identitĂ© pour tenter de gagner la confiance de sa future victime. Mais la dĂ©termination habituelle du tueur solitaire est remise en question lorsqu'il croise par hasard une charmante et mystĂ©rieuse femme dans la ForĂŞt aux Papillons...

(Enième) TrĂ©sor de la Shaw Brothers exhumĂ© de l'oubli par Wild Side Video, La Guerre des Clans fascine Ă  point tel que l'on reste perpĂ©tuellement happĂ© par sa thĂ©matique fondĂ©e sur la fĂ©lonie amicale irriguant l'entièretĂ© de l'intrigue. Car en dĂ©pit des nombreuses scènes d'action toutes plus impressionnantes les unes que les autres par sa chorĂ©graphie gracile et son inventivitĂ© baroque, c'est la densitĂ© de l'histoire et les personnages vengeurs qui nous impliquent Ă  corps perdu d'oĂą Ă©mane une rĂ©flexion contre la corruption du pouvoir engendrant règlements de compte et ripostes sanglantes Ă  un moment propice de soif de gloire. Pour autant, de par l'efficacitĂ© des divers traitres et stratagèmes afin d'Ă©liminer l'oncle Sun Yu, chef du clan Lung Men, dĂ©coule une poĂ©sie vernale afin d'y extraire la puretĂ© de l'amour en nous rappelant aussi que la vie demeure aussi Ă©phĂ©mère qu'un papillon. 

Ainsi, de par la puissance de ces thĂ©matiques imparties Ă  la trahison et au sens loyal de l'amitiĂ©, la mort hante chaque protagoniste, tant auprès de leur sens du sacrifice, de leur bravoure hĂ©roĂŻque (quasi suicidaire) que de leur refus de cĂ©der Ă  la peur face Ă  la fatalitĂ© du trĂ©pas. Et si je ne suis guère un afficionado du genre quant Ă  connaĂ®tre sur le bout des ongles le genre (l'art martial j'entends) et ses inĂ©puisables rĂ©fĂ©rences, La Guerre des Clans m'a tant Ă©motionnellement impliquĂ©, fascinĂ© (notamment pour son contexte historique), dĂ©paysĂ© (la beautĂ© de sa photographie, son jardin onirique), interloquĂ© (son Ă©rotisme couillu pour l'Ă©poque auprès d'une sĂ©duction parfois vĂ©nĂ©neuse ou autrement innocente) qu'il me semble confinĂ© au chef-d'oeuvre. 

*Bruno
2èx

lundi 22 mai 2023

Yeti, le GĂ©ant d'un autre Monde / Yeti - Il gigante del 20° secolo

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ebay.fr

de Gianfranco Parolini. 1977. Italie. 1h41. Avec Donal O'Brien, Mimmo Crao, Antonella Interlenghi, Tony Kendall, John Stacy

Sortie salles France: 1er août 1979. Italie: 23 Décembre 1977

FILMOGRAPHIE: Gianfranco Parolini est un rĂ©alisateur italien nĂ© le 20 fĂ©vrier 1925 Ă  Rome et mort dans la mĂŞme ville1 le 26 avril 2018. Il a Ă©galement Ă©tĂ© scĂ©nariste, acteur, producteur et monteur.1953 : Il bacio dell'Aurora. 1954 : François il contrabbandiere. 1961 : Samson contre Hercule. 1962 : Il vecchio testamento. 1962 : Hercule se dĂ©chaĂ®ne. 1962 : Les Derniers jours d'Herculanum. 1963 : Les Dix Gladiateurs. 1964 : Les Diamants du MĂ©kong. 1964 : Ursus l'invincible. 1965 : Les Frères Dynamite. 1966 : Le commissaire X traque les chiens verts. 1966 : Chasse Ă  l'homme Ă  Ceylan. 1966 : Commissaire X dans les griffes du dragon d'or. 1966 : Le Triomphe des sept desperadas. 1967 : Les Trois Fantastiques Supermen. 1967 : Commissaire X : Halte au L.S.D. 1968 : Commissaire X : Trois panthères bleues. 1968 : Sartana. 1969 : Sabata. 1969 : Cinq pour l'enfer. 1971 : Adios Sabata. 1971 : Le Retour de Sabata. 1972 : Sotto a chi tocca! 1974 : Un poing, c'est tout. 1975 : Trinita, nous voilĂ  ! 1976 : Les Impitoyables. 1977 : YĂ©ti, le GĂ©ant d'un autre monde. 1987 : Le Secret du temple inca. 


Génialement affligeant car improbable mais vrai !
Surfant sur le succès de King-Kong de John Guillermin, YĂ©ti, le gĂ©ant d'un autre monde est l'une des plus improbables sĂ©ries Z que le cinĂ©ma nous ait pondues. Une aventure fantastique incidemment transplantĂ©e dans le cadre d'une comĂ©die involontairement drĂ´le que Gianfranco Parolini nous emballe avec une maladresse (heureusement) attachante. Tant et si bien qu'il faut le voir pour le croire tant l'ensemble, risible, impayable, ubuesque, incongru, biscornu, se paye le luxe de nous divertir Ă  rythme mĂ©tronomique. Et si l'histoire Ă©tique demeure toute Ă  fait redondante (pourchassĂ© par la police et des mĂ©chants cupides, Yeti s'Ă©chappe de sa geĂ´le en cassant tout sur son chemin urbain), l'omniprĂ©sence de la crĂ©ature de taille disproportionnĂ©e, son jeu d'ahuri gĂ©nialement outrancier et les seconds-rĂ´les surjouant sans complexe rendent l'aventure aussi bonnard que constamment pittoresque. 


D'autres part, les effets-spĂ©ciaux ont beau ĂŞtre ringards, on parvient tout de mĂŞme Ă  croire Ă  la taille outre-mesure du molosse, entre fascination, rire nerveux, et dĂ©concertement eu Ă©gard de la poĂ©sie surrĂ©aliste qui se dĂ©gage, notamment auprès des sĂ©quences les plus tendres et puĂ©riles si je me rĂ©fère Ă  sa liaison amicale entre une jeune fille (Antonella Interlenghi juste sublime par le velours de ses yeux de saphir pâle) et son frère cadet inexpressif qu'elle trimballe avec elle (et de façon erratique par son jeu involontairement bipolaire) Ă  travers leur passion gĂ©ologique. Bref, vous l'aurez compris, pour tous les initiĂ©s de Bisserie Z d'une bĂŞtise aussi dĂ©calĂ©e qu'inĂ©galĂ©e, YĂ©ti le gĂ©ant d'un autre monde est une oeuvre unique au monde Ă  dĂ©couvrir absolument pour son aspect gĂ©nialement foutraque Ă  Ă©muler son homologue King-Kong sous l'impulsion de tĂŞtes d'affiche aberrantes et d'un score musical Ă  cĂ´tĂ© de la plaque mais si entĂŞtant qu'on finit par l'adouber. Et puis rien que pour le jeu tantĂ´t attendrissant, tantĂ´t furibond de Mimmo Crao en nounours maous costaud dĂ©cervelĂ©, c'est Ă  ne louper sous aucun prĂ©texte.


*Bruno

jeudi 18 mai 2023

12 Feet Deep

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Matt Eskandari. 2017. U.S.A. 1h25. Avec Diane Farr, Nora-Jane Noone, Tobin Bell

Sortie Dtv: 20 Juin 2017

FILMOGRAPHIE: Matt Eskandari est réalisateur et scénariste américain. 12 Feet Deep (2017), Victim (2010) et Survivre (2020).


                                                             CHRONIQUE FURTIVE

Le Pitch: 2 nageuses (des soeurs dont l'une au caractère bien trempé) se retrouvent prisonnières sous le toit d'une piscine couverte. Elles vont tenter de s'extirper de leur gêole 1h20 durant.

Un bon petit suspense aquatique tirant parti de son charme et de son intĂ©rĂŞt grâce Ă  l'acting (exclusivement fĂ©minin) assez convaincant et d'une rĂ©alisation perfectible dĂ©nuĂ©e de prĂ©tention s'efforçant de prĂ©server la tension avec assez d'efficacitĂ© pour nous garder Ă©veiller 1h20 durant en mode huis-clos. Et ce en dĂ©pit de quelques couacs (la posture soudainement versatile d'un des personnages peine Ă  convaincre lors d'un moment clef d'indulgence), facilitĂ©s et rebondissements pas toujours indispensables. Notamment vers son final alarmiste (un tantinet redondant) tentant de renforcer la psychologique torturĂ©e des 2 hĂ©roĂŻnes tributaires d'un passĂ© familial tragique, alors que l'Ă©lĂ©ment perturbateur vient refaire son apparition. Or, l'Ă©motion Ă©tonnamment poignante de dernier ressort vient soudainement nous heurter pour pardonner ses menus dĂ©fauts prĂ©citĂ©s. 

On passe donc un bon moment tout en louant son concept original nanti de moyens modestes plutôt bien exploités.

*Bruno
Vostfr