de Wes Craven. 1996. U.S.A. 1H50. Avec Neve Campbell, Vourteney Cox, David Arquette, Skeet Ulrich, Matthew Lillard, Rose McGowan, Jamie Kennedy, Drew Barrymore.
Sortie en salles en France le 16 Juillet 1997, U.S.A le 20 Décembre 1996.
FILMOGRAPHIE: Wesley Earl "Wes" Craven est un réalisateur, scénariste, producteur, acteur et monteur né le 2 Aout 1939 à Cleveland dans l'Ohio. 1972: La Dernière maison sur la gauche, 1977: La Colline a des yeux, 1978: The Evolution of Snuff (documentaire), 1981: La Ferme de la Terreur, 1982: La Créature du marais, 1984: Les Griffes de la nuit, 1985: La Colline a des yeux 2, 1986: l'Amie mortelle, 1988: l'Emprise des Ténèbres, 1989: Schocker, 1991: Le Sous-sol de la peur, 1994: Freddy sort de la nuit, 1995: Un Vampire à brooklyn, 1996: Scream, 1997: Scream 2, 1999: la Musique de mon coeur, 2000: Scream 3, 2005: Cursed, 2005: Red eye, 2006: Paris, je t'aime (segment), 2010: My soul to take, 2011: Scream 4.

Pour rappel, Scream est le fruit de l’association entre le scĂ©nariste Kevin Williamson et Wes Craven, dĂ©sireux de ressusciter le psycho-killer - vulgairement rebaptisĂ© “slasher” - que l’on croyait inhumĂ© Ă la fin des annĂ©es 80. L’influence de Serial Mom donne Ă Craven l’envie de mĂŞler l’auto-dĂ©rision Ă l’horreur la plus frontale.
Ă€ Woodsboro, petite ville amĂ©ricaine en apparence tranquille, un couple est retrouvĂ© atrocement mutilĂ© dans le jardin d’une maison familiale. Police et journalistes s’agitent. Et dĂ©jĂ plane l’ombre du tueur masquĂ© autour de la lycĂ©enne Sidney Prescott.
AurĂ©olĂ© du Grand Prix Ă GĂ©rardmer et d’un succès international fulgurant, le film s’Ă©rige en baroud d’honneur psychanalytique au psycho-killer initiĂ© par Mario Bava, Bob Clark et surtout John Carpenter. Dès le prĂ©lude, d’une cruautĂ© sèche et d’une intensitĂ© dramatique suffocante, Craven joue avec notre culture horrifique et ses codes balisĂ©s. Une adolescente prĂ©pare du pop-corn chez ses parents absents. Le tĂ©lĂ©phone sonne. Une voix ironique disserte sur le plaisir ludique que procurent les films d’horreur… avant de faire basculer la conversation vers la terreur pure. Le meurtre qui s’ensuit demeure l’un des moments les plus poignants du film, abrupt, implacable.
Le film glisse alors vers un jeu de massacre rĂ©fĂ©rentiel sur notre rapport Ă l’image et au pouvoir de la fiction. Son apogĂ©e survient lors d’une soirĂ©e entre adolescents rĂ©unis devant Halloween. L’un d’eux Ă©nonce les règles Ă©lĂ©mentaires pour survivre dans un film d’horreur : ne pas boire, ne pas se droguer, ne pas coucher. Ironie suprĂŞme : pendant qu’ils dissèquent les codes, le tueur est dĂ©jĂ dans la maison.
Ă€ l’extĂ©rieur, des journalistes espionnent la scène grâce Ă une camĂ©ra infiltrĂ©e. Mais l’image qu’ils regardent accuse trente secondes de retard. Cette latence crĂ©e une confusion vertigineuse entre rĂ©el et reprĂ©sentation. Le tueur peut dĂ©jĂ ĂŞtre passĂ© Ă l’acte quand eux croient encore observer une fiction en direct. La mise en abyme devient vertigineuse : Ă©crans dans l’Ă©cran, regard dans le regard. Un journaliste hurle devant sa tĂ©lĂ©vision : « Attention, il est derrière toi ! »… sans rĂ©aliser que le meurtrier se tient rĂ©ellement derrière lui. L’illusion ludique se retourne en condamnation.
Passionnant, intelligent, ludique et jubilatoire, Scream demeure un classique contemporain : roublard, semi-parodique, mais profondĂ©ment amoureux du genre qu’il ausculte.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
Les Chroniques de Scream 2: http://brunomatei.blogspot.fr/2015/08/scream-2.html
Budget de production (Estimation) : 14 000 000 $
Nombre d'entrées en France : 2 207 347
Recettes USA : 103 046 663 $
Recettes mondiales : 173 046 663 $
Récompenses:
Saturn Award 1997 : meilleur film d'horreur, meilleur scénariste et meilleure actrice (Neve Campbell).
MTV Movie Award 1997 : meilleur film.
Festival du film fantastique de Gérardmer 1997 : Grand Prix et Prix "première" du Public.
FAITS DIVERS:
Avril 2000, à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) : Nicolas, 16 ans, avait mis le fameux masque avant d'agresser son père et sa belle-mère à coups de couteau; deux jours plus tard), à Sarcelles (Val-d'Oise), un autre adolescent était interpellé, lui aussi affublé du même déguisement et armé d'un couteau, aux abords de la gare.
Été 2001, à Saint-Cyr-l'École (Yvelines) : cinq jeunes portant le même masque avaient agressé et violé une jeune femme de 21 ans.
Juin 2002, Ă Saint-SĂ©bastien-sur-Loire (Loire-Atlantique) : un lycĂ©en de 17 ans, revĂŞtu du fameux dĂ©guisement du tueur, assassinait Alice, une de ses camarades de classe, âgĂ©e de 15 ans. Le garçon, qui selon ses proches ne prĂ©sentait aucun trouble mental, avait « dĂ©cidĂ© de tuer quelqu'un », comme il l'a expliquĂ© aux enquĂŞteurs. Après avoir poignardĂ© sa victime Ă 42 reprises, l'agresseur s'Ă©tait enfui Ă l'arrivĂ©e d'un voisin qui avait dĂ©couvert la jeune fille agonisante. Avant de mourir, elle avait eu le temps de donner le nom de son meurtrier. Le 19 novembre 2004, la cour d'appel de Rennes condamne l'assassin Ă 25 ans de rĂ©clusion (contre 22 ans prononcĂ©e en première instance).











































