lundi 9 novembre 2020

Don Camillo en Russie

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ecranlarge.com

"Il compagno Don Camillo" de Luigi Comencini. 1965. /Italie/Allemagne de l'Ouest. 1h50. Avec Fernandel, Gino Cervi, Leda Gloria, Gianni Garko, Saro Urzì, Graziella Granata

Sortie salles France: 17 Septembre 1965

FILMOGRAPHIE: Luigi Comencini est un rĂ©alisateur italien, nĂ© le 8 juin 1916 Ă  Salò, province de Brescia en Lombardie (Italie), mort le 6 avril 2007 Ă  Rome. 1948 : De nouveaux hommes sont nĂ©s. 1949 : L'Empereur de Capri. 1951 : Les Volets clos. 1952 : La Traite des blanches. 1952 : Heidi. 1953 : La valigia dei sogni. 1953 : Pain, Amour et Fantaisie. 1954 : Pain, Amour et Jalousie. 1955 : La Belle de Rome. 1956 : Tu es mon fils. 1957 : Mariti in cittĂ . 1958 : Mogli pericolose. 1959 : Und das am Montagmorgen. 1959 : Le sorprese dell'amore. 1960 : La Grande Pagaille. 1961 : Ă€ cheval sur le tigre. 1962 : Le Commissaire. 1963 : La Ragazza. 1964 : Tre notti d'amore. 1964 : La mia signora. 1965 : Les PoupĂ©es (Le bambole), segment Il trattato di eugenetica. 1965 : Le Partage de Catherine. 1965 : Don Camillo en Russie. 1967 : L'Incompris. 1968 : Les Russes ne boiront pas de Coca Cola ! 1969 : Casanova, un adolescent Ă  Venise. 1969 : Senza sapere niente di lei. 1972 : L'Argent de la vieille. 1974 : Un vrai crime d'amour. 1974 : Mon Dieu, comment suis-je tombĂ©e si bas ? 1975 : Les Aventures de Pinocchio. 1975 : La Femme du dimanche. 1976 : Mesdames et messieurs bonsoir. 1976 : Basta che non si sappia in giro!…1976 : La FiancĂ©e de l'Ă©vĂŞque. 1977 : Qui a tuĂ© le chat ? 1979 : Le Grand Embouteillage. 1980 : Eugenio. 1982 : L'Imposteur. 1984 : Cuore. 1987 : La storia. 1987 : Un enfant de Calabre. 1988 : La Bohème, adaptation de l'opĂ©ra de Puccini. 1989 : Joyeux NoĂ«l, bonne annnĂ©e. 1991 : Marcellino.

Le pitch: Peppone propose de jumeler Brescello avec une ville russe situĂ©e sur le Don, mais la proposition ne plaĂ®t pas Ă  Don Camillo qui y voit une volontĂ© de propagande Ă©lectorale dangereuse pour ses idĂ©es. Don Camillo rĂ©ussit Ă  trouver une solution Ă  ce problème en obligeant (par chantage) Peppone Ă  l'emmener avec lui dĂ©guisĂ© en camarade communiste Camillo. Pendant le voyage, entre les concours de vodka et les difficultĂ©s de communication, Peppone dĂ©couvrira que la Russie soviĂ©tique n'est pas tout Ă  fait le monde parfait qu'il avait imaginĂ©. Quant Ă  Don Camillo, il verra que « l'empire rouge » n'est pas si infernal qu'il le croyait et que l'on peut y trouver des gens courageux et bons.

2 424 200 entrĂ©es pour cet ultime volet (2 fois moins que son prĂ©cĂ©dent opus), Don Camillo en Russie demeure le moins rĂ©ussi de la sĂ©rie sous la houlette de Luigi Comencini s'efforçant de rivaliser avec ces prĂ©dĂ©cesseurs Carmine Gallone / Julien Duvivier avec une certaine bonne volontĂ©. Et bien que l'on ne retrouve guère les ingrĂ©dients usuels (l'action provinciale est dĂ©localisĂ©e en urbanisation russe, les discordes entre Don Camillo et Peponne ne sont plus ce qu'elles Ă©taient si bien que les acteurs semblent moins inspirĂ©s), Don Camillo en Russie demeure un sympathique divertissement aussi plaisant qu'exaltant. 

*Bruno

Ci-joint les chroniques des prĂ©cĂ©dents volets: 

vendredi 6 novembre 2020

Le Spectre du Chat

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Shadow of the Cat" de John Gilling. 1961. Angleterre. 1h19. Avec AndrĂ© Morell, Barbara Shelley, William Lucas, Freda Jackson, Conrad Phillips. 

Sortie salles France: 27 Septembre 1961

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: John Gilling est un réalisateur et scénariste anglais, né le 29 Mai 2012 à Londres, décédé le 22 Novembre 1984 à Madrid (Espagne). 1957: Pilotes de haut-vol. 1958: Signes particuliers: néant. 1959: L'Impasse aux Violences. 1961: Les Pirates de la Nuit. 1962: L'Attaque de San Cristobal. 1966: L'Invasion des Morts-Vivants. 1966: La Femme Reptile. 1967: Dans les Griffes de la Momie. 1975: La Cruz del diablo.

On ne prĂ©sente plus la Hammer. Studio culte, ayant fait Ă©merger d’immenses rĂ©alisateurs (Terence Fisher, notamment), initiateur du cinĂ©ma fantastique d’après-guerre, ce mastodonte fondĂ© (avec une ambition toute relative) par William Hinds et Enrique Carreras ne finira jamais d’ĂŞtre redĂ©couvert. Son esthĂ©tique nĂ©o-gothique traverse toutes les Ă©poques et permettent, in fine, de mieux comprendre comment les univers de Roger Corman, de Mario Bava, de Jesus Franco, de George A. Romero ou de Tobe Hooper ont pu s’imposer sur les Ă©crans.

En 1961, un double-programme est proposĂ© aux salles obscures : La Nuit du loup-garou (The Curse of the Werewolf) et Le Spectre du chat (The Shadow of the Cat). Si le premier est toujours aussi populaire (un Terence Fisher pur jus, sans Peter Cushing et Christopher Lee, mais avec Oliver Reed et Yvonne Romain), le second est plutĂ´t tombĂ© dans l’oubli. S’il n’est pas formellement estampillĂ© Hammer (la faute Ă  une bisbille avec Universal Pictures), il reste un de ses bĂ©bĂ©s. John Gilling, qui s’est fait un nom Ă  la fin des annĂ©es 1950 avec des films aussi divers que The Gamma People (1956), Interpol (1957), The Man Inside (1958) ou L’Impasse aux violences (1960), revient dans la maison-mère (il s’en Ă©tait sĂ©parĂ© pour raisons artistiques) pour ce projet. ScĂ©nario Ă©tonnant, censĂ© faire d’un chat un monstre, et qui s’inspire totalement d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe (The Black Cat, sorti dans la presse en 1843). Plusieurs fois adaptĂ©e - Edgar G. Ulmer (The Black Cat, 1934), Roger Corman (Tales of Terror, 1962), Lucio Fulci (Il gatto nero, 1981) ou Dario Argento (Due occhi diabolici, 1990) -, c’est un classique de l’Ă©pouvante... pourtant Ă©tranger Ă  la Hammer ! Il faut dire que l’esthĂ©tique d’Edgar Allan Poe, prĂ©-psychanalytique, fantasmatique, est particulière. Et quand on confie le scĂ©nario, Ă  John Gilling, le chat, par exemple, ne doit jamais ĂŞtre montrĂ© Ă  l’Ă©cran : c’est une ombre, une prĂ©sence, un spectre. D’oĂą le titre. Le rĂ©alisateur ne s’en satisfera pas... et imposera qu’on voit la "bĂŞte" Ă  l’Ă©cran.

Pour rendre cette figure angoissante, il fera preuve d’une rĂ©elle originalitĂ© : la camĂ©ra filme assez souvent au ras du sol, une lentille dĂ©formante permettra Ă  la camĂ©ra de proposer le point de vue subjectif du fĂ©lin. La musique, sautillante, suggĂ©rera les dĂ©placements furtifs de l’animal. Mais tout cela reste très artificiel et peu convaincant. Heureusement, John Gilling a su s’entourer d’un casting extraordinaire : AndrĂ© Morell, inoubliable Dr. Watson dans Le Chien des Baskerville (Terence Fisher, 1959), Freda Jackson, spĂ©cialiste des rĂ´les de servante hystĂ©rique ou de veuve vengeresse, mais qu’on a connue plus inspirĂ©e, Richard Warner, second couteau de talent, et Barbara Shelley. Parlons de cette dernière : c’est un de ses premiers rĂ´les pour la Hammer, mais elle est dĂ©jĂ  connue dans le milieu du fantastique britannique. RĂ©vĂ©lĂ©e via son interprĂ©tation fĂ©line dans Cat Girl (Alfred Shaughnessy, 1957 : un remake du classique de Jacques Tourneur), elle est la vedette de deux films Ă  succès : Le Sang du vampire (Henry Cass, 1958) et Le Village des damnĂ©s (Wolf Rilla, 1960). C’est donc en terrain conquis qu’elle arrive sur les plateaux des studios Bray, partenaires de la Hammer. Sa performance lui vaudra de mĂ©morables premiers rĂ´les : La Gorgone (Terence Fisher, 1964), c’est elle ! Helen Kent, l’Ă©rotique vampire du Dracula, prince des tĂ©nèbres (Terence Fisher, 1966) c’est elle ! Ses rĂ´les dans Raspoutine, le moine fou (Don Sharp, 1966) et dans Les Monstres de l’espace (Roy Ward Baker, 1967) sont mĂ©morables. Une carrière fulgurante, intelligente, qui sauve Le Spectre du chat, lui donnant cette touche d’ambivalence et de sensualitĂ© qui aurait pu manquer.

Car il faut bien l’avouer : les raisons de classer Le Spectre du chat dans la catĂ©gorie des bons films d’Ă©pouvante sont assez minces. DĂ©cevant, le film de John Gilling l’est Ă  maints Ă©gards : ni vĂ©ritable enquĂŞte policière, ni vĂ©ritable spectacle horrifique, il oscille en permanence entre conflit moral et conte cruel. Techniquement, et dramatiquement, le travail est bien fait : plans serrĂ©s ou figuratifs, photographie impeccable, interprĂ©tation solide... C’est plutĂ´t au niveau des intentions et du message que l’ensemble peine Ă  se positionner : superficiellement gothique, mĂ©diocrement psychologique, hĂ©sitant sans cesse entre le fantasmatique et le rĂ©alisme, Le Spectre du chat ne nous convainc jamais tout Ă  fait. Lorsqu’on compare avec ce que John Gilling a sorti dans la foulĂ©e - Ă  savoir L’Invasion des morts-vivants (The Plague of the Zombies, 1966), La Femme reptile (The Reptile, 1966) et Dans les griffes de la Momie  (The Mummy’s Shroud, 1967) -, on ne peut qu’ĂŞtre déçus. Reste la satisfaction d’avoir assistĂ© Ă  une gentille farce, faussement macabre.

5/10.

Par Florian Bezaud - le 7 mars 2018

Critique reprise sur le site DVDCLASSIK (que je rejoins avec autant d'amertume).
*Bruno

jeudi 5 novembre 2020

Le Miel du Diable / "Il miele del diavolo"

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ecranlarge.com

de Lucio Fulci. 1988. Italie. 1h23. Avec Brett Halsey, Corinne ClĂ©ry, Blanca Marsillach, Stefano Madia, Paula Molina. 

Sortie salles France: 20 Juillet 1988 (Int - 18 ans)

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Lucio Fulci est un réalisateur, scénariste et acteur italien, né le 17 juin 1927 à Rome où il est mort le 13 mars 1996. 1966: Le Temps du Massacre, 1969 : Liens d'amour et de sang , 1971 : Carole, 1971: Le Venin de la peur,1972 : La Longue Nuit de l'exorcisme, 1974 : Le Retour de Croc Blanc, 1975: 4 de l'Apocalypse, 1976: Croc Blanc, 1977 : L'Emmurée vivante, 1979: l'Enfer des Zombies, 1980 : la Guerre des Gangs, 1980 : Frayeurs, 1981 : Le Chat noir, 1981 : L'Au-delà, 1981 : La Maison près du cimetière , 1982 : L'Éventreur de New York , 1984 : 2072, les mercenaires du futur, Murder Rock, 1986 : Le Miel du diable , 1987 : Aenigma, 1988 : Quando Alice ruppe lo specchio, 1988 : les Fantomes de Sodome, 1990 : Un chat dans le cerveau, 1990 : Demonia, 1991 : Voix Profondes, 1991 : la Porte du Silence..

"Quand elle paraĂ®tra, ton univers s'Ă©croulera. Quand tu la verras, ton souffle s'engloutiras. Quand tu mourras de dĂ©sir de la possĂ©der, elle rira. Quand elle foulera ton âme, ton sang bouillira. Mais tu succomberas de bonheur parce qu'elle est le miel du diable. Et elle te tuera avec l'infinie douceur du feu." 

ImprimĂ© par la personnalitĂ© trouble de son auteur sur le dĂ©clin, Le Miel du Diable reprĂ©sente sans doute l’ultime Ĺ“uvre du maestro Lucio Fulci. Sorte de version putassière de 9 semaines et demi mâtinĂ©e de Lune de fiel, le film exploite un Ă©rotisme effrontĂ© - et donc complaisamment assumĂ© - Ă  travers un couple en rut multipliant les batifolages lubriques sur fond de masochisme et d’ardeur sentimentale. L'univers intime, Ă  la fois sensuelle, olfactif et sensoriel, ne laisse pas indiffĂ©rent dans sa reprĂ©sentation graphique d'un Ă©rotisme flirtant avec le porno sans toutefois y cĂ©der. Et c'est justement ce qui fait le sel, la force de ce mĂ©trage singulier rĂ©fractaire aux belles images convenues. 

Jessica, incarnĂ©e par la douce Blanca Marsillach, toute en beautĂ© laiteuse et naturelle, est le fruit de la soumission face Ă  un amant impĂ©rieux, s’adonnant Ă  ses penchants pervers en roue libre. Mais follement amoureuse de lui, elle cède toujours Ă  ses caprices malgrĂ© ses rĂ©ticences. Tout bascule le jour oĂą son amant Johnny cause un accident de moto. 

Ce chirurgien, Ă©poux infidèle multipliant les conquĂŞtes d’un soir avec le mĂŞme goĂ»t pour la domination phallocrate, incarne un type paumĂ© et frustrĂ©, perdu dans ses dĂ©lires sexuels pour y pallier un manque affectif. Dans ce jeu pervers de manipulation, de domination et de soumission, Le Miel du Diable inverse ensuite les rĂ´les : Jessica, nĂ©mĂ©sis en quĂŞte de rĂ©demption, devient justicière. Elle rĂ©glera ses comptes avec son ancien amant autant qu’avec le chirurgien, revivant sa douleur Ă  travers eux. Le rĂ©cit s’articule autour des relations Ă©quivoques de ce duo de fortune, en proie Ă  un dĂ©sir viscĂ©ral de passion et de plĂ©nitude au sein d’un huis-clos insalubre. Sexe, humiliations et châtiments se conjuguent ostensiblement sous la mainmise de Jessica, sĂ©rieusement perturbĂ©e par ses expĂ©riences passĂ©es, mais qui trouvera, dans sa posture de justicière fĂ©brile, une forme d’indulgence et de renaissance.


Série B transalpine, mêlant acrimonie existentielle, perversité et outrance sous l'impulsion d'un auteur souffreteux désireux d'y parachever cette romance filandreuse où plane une élégie désabusée, Le Miel du Diable demeure une oeuvre personnelle aussi curieuse qu'attachante. On reste autant sensible à la caractérisation aigrie de ses personnages en perdition et à leur désillusion amoureuse qu'à la caméra de son auteur, notamment parmi sa brève présence émouvante dans son regard altruiste. À découvrir donc, avec le pincement au coeur.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

19.03.26. 2èx. Version italienne 

mercredi 4 novembre 2020

5 fois la mort

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ecranlarge.com

"Devils time five" de Sean MacGregor et David Sheldon. 1974. U.S.A. 1h28. Avec Sorrell Booke, Gene Evans, Taylor Lacher

Sortie salles France: ?. U.S: 3 Mai 1974

FILMOGRAPHIE: Sean Mc Gregor est un réalisateur américain. 2012: Tiger Cage. 1992 A Mission to Kill. 1988 The Kill Machine. 1974 Tiger Cage. 1974 5 Fois la mort. 1973 Camper John. 1972: November Children.

Le pitch: Un groupe de cinq enfants aux instincts meurtriers sont recueillis par des familles dans un chalet après que la voiture chargée de les amener dans un hôpital psychiatrique a eu un accident.

Après avoir tenté un second visionnage (qui plus est en version HD svp), chroniquer un navet est à mon sens une perte de temps (en prime de l'avoir préalablement perdu à 2 reprises face écran).

*Bruno

Ci-joint la chronique de Psychovision: https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/1444-cinq-fois-la-mort

lundi 2 novembre 2020

Don Camillo Monseigneur

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Don Camillo monsignore… ma non troppo" de Carmine Gallone. 1961. Italie. 1h58. Avec Fernandel, Gino Cervi, Leda Gloria, Karl Zoff, Gina Rovere, Carlo Taranto.

Sortie salles France: 1er Décembre 1961

FILMOGRAPHIE PARTIELLE: Carmine Gallone est un rĂ©alisateur italien nĂ© le 10 septembre 18851 Ă  Taggia dans la province d'Imperia (Ligurie) et mort le 11 mars 1973 Ă  Frascati.1913 : Le Baiser de Cyrano. 1914 : La Femme nue. 1914 : La Marche nuptiale. 1917 : Histoire des Treize. 1920 : Le Colonel Chabert. 1926 : Les Derniers Jours de PompĂ©i. 1927 : Celle qui domine. 1928 : L'Enfer d'amour. 1929 : Terre sans femmes. 1930 : La Ville des mille joies. 1931 : City of Songs. 1931 : Ma cousine de Varsovie. 1931 : Un soir de rafle. 1932 : Le Chant du marin. 1932 : Un fils d'AmĂ©rique. 1932 : Le Roi des palaces. 1934 : Two Hearts in Waltz Time . 1934 : Mon cĹ“ur t'appelle. 1935 : Casta Diva. 1937 : Scipion l'Africain 1938 : Giuseppe Verdi. 1939 : Marionnette. 1940 : Manon Lescaut. 1940 : Melodie eterne. 1942 : Les Deux Orphelines. 1943 : Harlem. 1946 : Rigoletto. 1948 : La leggenda di Faust. 1949 : Il trovatore. 1950 : La forza del destino. 1950 : Taxi de nuit. 1951 : Messaline. 1953 : Cavalleria rusticana. 1953 : Puccini. 1954 : Casta Diva. 1954 : La Maison du souvenir. 1954 : Madame Butterfly. 1955 : La Grande Bagarre de don Camillo. 1955 : La Fille de Mata Hari. 1956 : Michel Strogoff. 1956 : Tosca. 1960 : Carthage en flammes. 1961 : Don Camillo Monseigneur. 1963 : Carmen 63. 

Si Don Camillo monseigneur n'est pas du niveau des 2 premiers opus, il demeure aussi bon que son prédécesseur alors que 6 ans les séparent. D'ailleurs le public français encore au rendez-vous ne s'y est pas trompé si bien qu'il cumula 4 280 338 entrées. Toujours réalisé par Carmine Gallone, Don Camillo Monseigneur nous annonce le retour au bercail du duo divergent depuis la mise en chantier d'une maison communale en lieu et place d'une chapelle. Quand bien même, un peu plus tard, Don Camillo et Peppone seront l'objet d'une nouvelle discorde depuis le mariage du fils de ce dernier. Peppone exigeant un mariage civil contre l'avis ecclésiastique de son compère. Ainsi, entre le sénateur et monseigneur, il semble qu'une certaine sagesse d'esprit s'est instauré entre eux, tant et si bien que ce nouveau volet ne prête pas vraiment au moments de franche rigolade à travers leur inépuisable affrontement (ici uniquement) verbal. Pour autant, de par la truculente bonhomie du couple à l'écran, l'inventivité de leurs répliques et sa narration fertile en stratégies de compétition et ennuis subsidiaires, Don Camillo Monseigneur amuse sans lasser en dépit de l'inévitable routine de mécanique de rire fondée sur les illustres pugilats. Si bien que le film a beau durer 2h00, nous ne voyons toujours pas le temps défiler de par son doux climat de loufoquerie et de bienveillance mené sur rythme vif, et ce parfois émaillé d'onirisme comme de coutume (à l'instar de son épilogue écolo très expressif). Appuyé d'un superbe noir et blanc afin de mettre en exergue sa chaleur humaine émanant d'un cadre provincial où il fait bon vivre l'amour, la foi et l'amitié en toute simplicité, Don Camillo Monseigneur traverse donc les années sans difficulté même si on est en droit de regretter l'authenticité vigoureuse des 2 premiers volets. En attendant l'ultime conclusion réalisée cette fois-ci 4 ans plus tard par Luigi Comencini.


*Bruno
3èx

Ci-joint les chroniques des opus précédents.

vendredi 30 octobre 2020

Le Crane Maléfique / Les Forfaits du marquis de Sade

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ebay.fr

"The Skull" de Freddie Francis. Angleterre. 1h23. Avec Avec Peter Cushing, Patrick Wymark, Jill Bennett, Nigel Green, Christopher Lee, Patrick Magee, Peter Woodthorpe. 

Sortie salles France: 30 Avril 1966. U.S: 25 Août 1965

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Freddie Francis est un réalisateur, directeur de photographie et scénariste britannique, né le 22 Décembre 1917 à Londres, décédé le 17 Mars 2007 à Isleworth (Royaume-Uni). 1962: La Révolte des triffides. 1963: Paranoiac. 1964: Meurtre par procuration. 1964: l'Empreinte de Frankenstein. 1965: Le Train des Epouvantes. 1965: Hysteria. 1965: Le Crane Maléfique. 1966: The Deadly Bees. 1966: Poupées de cendre. 1967: Le Jardin des Tortures. 1968: Dracula et les Femmes. 1970: Trog. 1972: Histoires d'Outre-Tombe. 1973: La Chair du Diable. 1973: Les Contes aux limites de la folie. 1974: Son of Dracula. 1975: La Légende du Loup-Garou. 1975: The Ghoul. 1985: Le Docteur et les Assassins. 1987: Dark Tower.

Moins connu que les oeuvres proverbiales du maĂ®tre Freddie Francis, Le Crane MalĂ©fique demeure une sympathique curiositĂ© en dĂ©pit d'un pitch guère passionnant mĂŞme si l'ennui n'y pointe jamais le bout du nez. Formellement soignĂ©e auprès de ses dĂ©cors domestiques richement dĂ©taillĂ©s, si bien que l'on croirait par moment avoir affaire Ă  une prod Hammer dans la tradition du gothisme sĂ©culaire, le Crâne MalĂ©fique est Ă©galement rehaussĂ© du duo lĂ©gendaire Christopher Lee / Peter Cushing. Ces derniers s'opposant (gentiment) pour la quĂŞte du crane du cĂ©lèbre Marquis de Sade dĂ©robĂ© Ă  plusieurs reprises par des quidams Ă  la fois cupides et fureteurs. Ce crane ayant la facultĂ© de possĂ©der ses propriĂ©taires au point de leur insuffler de morbides hallucinations (Ă  l'instar de l'improbable sĂ©quence de la roulette russe !), et ce avant que ceux-ci ne passent Ă  l'acte irrĂ©parable. Modestement efficace sous l'impulsion d'un Peter Cushing collectionneur d'objets occultes peu Ă  peu envoĂ»tĂ© par l'objet en question, le Crane MalĂ©fique se focalise sur son profil vĂ©reux d'après un cheminement narratif prĂ©visible. L'intrigue toute tracĂ©e ne parvenant donc pas Ă  susciter un quelconque suspense en dĂ©pit de quelques scènes chocs bonnards timidement Ă©peurantes. A dĂ©couvrir d'un oeil curieux donc, notamment pour y parfaire notre culture cinĂ©phile auprès de la filmo florissante de Freddie Francis

*Bruno

jeudi 29 octobre 2020

Halloween H20, 20 ans après

                                                 
                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site video.fnac.com

"Halloween H20 : 20 Years Later" de Steve Miner. 1998. U.S.A. 1h26. Avec Jamie Lee Curtis, Josh Hartnett, Adam Arkin, Michelle Williams, LL Cool J, Jodi Lyn O'Keefe, Adam Hann-Byrd, Janet Leigh, Joseph Gordon-Levitt, Nancy Stephens.

Sortie salles France: 9 dĂ©cembre 1998. U.S: 5 AoĂ»t 1998

FILMOGRAPHIE: Steve Miner est un rĂ©alisateur amĂ©ricain, nĂ© le 18 Juin 1951 Ă  Westport, dans le Connecticut. 1981: Le Tueur de Vendredi. 1982: Meurtres en 3 dimensions. 1986: House. 1986: Soul Man. 1989: Warlock. 1991: A coeur vaillant rien d'impossible. 1992: Forever Young. 1994: Sherwood's Travels. 1994: My Father ce HĂ©ros. 1996: Le Souffre douleur. 1998: Halloween, 20 ans après. 1999: Lake Placid. 2001: The Third Degree (tĂ©lĂ©-film). 2001: Texas Rangers, la revanche des Justiciers. 2002: Home of the Brave (tĂ©lĂ©-film). 2006: Scarlett (tĂ©lĂ©-film). 2007: Day of the Dead.


17 ans après l'estimable sĂ©quelle de Rick RosenthalSteve Miner, habile artisan de sĂ©rie B aussi mĂ©ritoire que son homologue, rend un ultime hommage Ă  une saga trop longtemps rĂ©duite Ă  l'ornière (si on Ă©pargne l'incroyable vilain petit canard: Halloween 3, le Sang du Sorcier). Ainsi, de par la prĂ©sence de la Scream Queen Jamie Lee Curtis, les retrouvailles avec son frère psychotique fulminent hĂ©roĂŻquement Ă  travers un habile dosage d'angoisse, de tension et de suspense horrifiques. Et ce sous l'impulsion d'un montage aussi habile qu'ultra dynamique. Le pitch20 ans après les tristes Ă©vènements d'Hadonfield, Laurie Strode tente de se reconstruire grâce Ă  sa fonction de directrice de collège dans une bourgade Californienne. Mère chĂ©rissante entièrement vouĂ©e Ă  protĂ©ger son fils de 17 ans, elle est obnubilĂ©e par la crainte de voir rĂ©apparaĂ®tre Ă  tous moments son frère Michael Myers. Sa paranoĂŻa et sa psychose vont lui donner raison si bien que le Mal est Ă  nouveau dĂ©libĂ©rĂ© Ă  daigner se venger de la manière la plus expĂ©ditive ! A savoir, tenter d'exterminer sa soeur après sa dĂ©faite en 1981 !


Après trois Ă©pisodes consĂ©cutifs aussi bien inutiles que famĂ©liques (l'opus 4, 5, et 6), nous Ă©tions en droit de craindre une vaine redite avec ce 7è volet prĂ©sageant un nouveau massacre rĂ©cursif. Pour autant, par l'entremise d'un cinĂ©aste mineur pour autant douĂ© en terme de savoir-faire frissonnant, et avec le retour de notre babysitter attitrĂ©e, Halloween H20 cultive une fascinante attractivitĂ© pour tous fans de la franchise, aussi inĂ©gale et (si) redondante fusse-t'elle autrefois. A l'arrivĂ©e, cette dĂ©clinaison prĂ©alablement cĂ©lĂ©brĂ©e en grande pompe constitue simplement l'un des meilleurs slashers des annĂ©es 90 en mĂŞme temps qu'un des Ă©pisodes les plus percutants de la saga ! Tant et si bien que Steve Miner s'est montrĂ© assidu Ă  essayer d'honorer le travail notable de Carpenter entrepris 20 ans plus tĂ´t (mĂŞme si l'action prime largement au dĂ©triment de la suggestion). Dès le prologue, sobre mais quelque peu tendu de par son angoisse diffuse, un hommage respectueux est imparti auprès de sa rĂ©alisation chiadĂ©e car utilisant Ă  bon escient la gestion de l'espace et du cadre au sein d'une unitĂ© de lieu taciturne. Le rĂ©alisateur appliquera d'ailleurs cette règle de la suggestion et de l'expectative d'une mort prochaine durant une bonne partie du mĂ©trage.


D'autre part la prĂ©sence (aussi iconique) de Jamie Lee Curtis en mère vindicative (aujourd'hui avinĂ©e !), Ă  nouveau dĂ©terminĂ©e Ă  affronter son pire cauchemar s'avère une idĂ©e de dĂ©part allĂ©chante afin d'exorciser ses dĂ©mons internes (notamment son penchant pour l'alcool !). Le rĂ©alisateur accordant une attention Ă  Ă©toffer sa caractĂ©risation humaine en mère castratrice, obsĂ©dĂ©e Ă  l'idĂ©e de protĂ©ger son fils. Alors que les parents fuyaient l'Ă©ducation de leur rejeton lors du premier volet, Laurie Stroode demeure ici entièrement vouĂ©e Ă  sauvegarder et choyer son chĂ©rubin, bientĂ´t exposĂ© au stade de sa majoritĂ©. Avec une efficacitĂ© modeste, Steve Miner s'attache donc Ă  nous dĂ©crire leur relation conflictuelle (quand bien mĂŞme Michael rode aux alentours !), et ce jusqu'Ă  ce que John improvise un subterfuge Ă  sa mère afin de batifoler entre amis dans une demeure isolĂ©e. C'est Ă  ce moment propice, favorable aux prochaines exactions meurtrières, que la terreur investira les lieux avec l'Ă©mergence de notre boogeyman plus revanchard et brutal que jamais ! Car mĂŞme si le hors-champs est souvent prĂ©conisĂ©, certaines mises Ă  mort s'avèrent parfois cruelles et rĂ©alistes ! Sans outrance ou facilitĂ©, la rĂ©alisation va habilement exploiter nombre de situations rebattues en misant sur le suspense escomptĂ©, les clines d'oeil, l'efficience du montage rĂ©solument nerveux et son attrait homĂ©rique qui en dĂ©coule irrĂ©mĂ©diablement. Et le point d'orgue homĂ©rique de rĂ©itĂ©rer la mĂŞme formule sans pour autant faire sombrer l'entreprise dans l'esbroufe improbable en se focalisant sur la pugnacitĂ© revancharde d'une Jamie Lee Curtis plus opiniâtre que jamais ! Tant et si bien que pour le coup, Michael Myers n'a aucune chance de revenir lors d'un prochain Ă©pisode infructueux Spoil ! de par sa condition dĂ©membrĂ© ! Fin du Spoil


EntrecoupĂ© d'habiles clins d'oeil aux 2 premiers volets (mais aussi Ă  certaines oeuvres iconiques parmi lesquelles Psycho, le Tueur du Vendredi ou Scream !), superbement photographiĂ© au sein d'une atmosphère d'angoisse palpable avant de cĂ©der aux estocades Ă©peurantes, Halloween H20 se dĂ©cline en excellente surprise car redorant le blason d'une saga triviale facilement mercantile. Sous l'impulsion notable de Jamie Lee Curtis, ce psycho-killer rĂ©solument ludique parvient en toute efficacitĂ© Ă  redynamiter le (sous-)genre de par la probitĂ© du sympathique faiseur Steve Miner (notamment en y soignant ses chaleureux dĂ©cors domestiques et naturels au sein d'une paisible bourgade). Et ce en dĂ©pit ce quelques facilitĂ©s (usuelles au slasher), clichĂ©s et jump scares inutiles parfois palliĂ©s d'une dĂ©rision bienvenue. Et plus les annĂ©es voguent, plus Halloween H20 approche une charmante patine rĂ©tro !

* Bruno
29.10.20. 3èx
19.07.12. 148 v

mercredi 28 octobre 2020

Le Bateau de la Mort

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Death Ship" de Alvin Rakoff. 1980. Angleterre. 1h33. Avec George Kennedy, Richard Crenna, Nick Mancuso, Sally Ann Howes, Kate Reid, Victoria Burgoyne, Jennifer McKinney, Danny Higham, Saul Rubinek, Murray Cruchley.

Sortie salles France: 2 Juillet 1980 (Int - 13 ans).

FILMOGRAPHIE:  Alvin Rakoff est un rĂ©alisateur canadien nĂ© le 6 FĂ©vrier 1927 Ă  Toronto.
1958: Passeport pour la Honte, 1959: Larry, agent secret, 1960: Vendredi 13 Heures, 1970: Hoffmann, 1971: Say Hello to Yesterda, 1979: CitĂ© en feu, 1980: Accroche toi j'arrive, 1980: Le Bateau de la mort.


"Le souffle noir du paquebot maudit"
Les scĂ©naristes Jack Hill (rĂ©alisateur de Coffy) et David P. Lewis s’inspirent ici d’une lĂ©gende sĂ©culaire — celle du Hollandais volant et de ses flibustiers spectres — qu’ils rĂ©actualisent dans une Ă©poque contemporaine pour mettre en lumière les exactions d’un vaisseau fantĂ´me rĂ©solument photogĂ©nique : une incroyable masse noire, filmĂ©e sous toutes ses coutures derrière un crĂ©puscule magnĂ©tique.

Le pitch : Ă  la suite d’une collision mortelle entre deux bateaux — l’un accueillant des touristes pour une croisière festive, l’autre dĂ©pourvu de toute identitĂ© — un groupe de rescapĂ©s embarque sur un paquebot mystĂ©rieusement vidĂ© de ses passagers… et de son gouvernail. Très vite, des Ă©vĂ©nements inexpliquĂ©s, et bientĂ´t meurtriers, vont venir les hanter.

Modestement rĂ©alisĂ©, sans une once de prĂ©tention, Le Bateau de la mort dĂ©veloppe un scĂ©nario linĂ©aire transcendĂ© par un charme bis irrĂ©sistible : ambiance morbide dĂ©licieusement atmosphĂ©rique, seconds couteaux charismatiques (Richard Crenna, George Kennedy), et surtout cette aura ombrageuse infiltrĂ©e dans les entrailles du paquebot rouillĂ©. On y effleure les thèmes du nazisme et du vampirisme Ă  travers l’immoralitĂ© de SS ressuscitĂ©s, sous l’emprise d’un vaisseau affamĂ© de sang pour assurer sa rĂ©gĂ©nĂ©ration. TirĂ© par les cheveux ? Peut-ĂŞtre. Mais ici, la logique cède devant l’envoĂ»tement, tant la scĂ©nographie sĂ©pulcrale — coursives, soutes, chaudières — fait du navire un personnage Ă  part entière.

Le premier meurtre sidère par sa cruautĂ©, Ă  la fois abrupte et suffocante : un homme suspendu par les pieds est ballottĂ© dans les airs avant de sombrer, noyĂ©, dans les eaux glacĂ©es. Cette sĂ©quence, tendue comme une corde prĂŞte Ă  rompre, joue sur un sadisme latent : pourra-t-il se libĂ©rer, s’Ă©chapper, vaincre sa condition ? Pendant ce temps, les passagers, eux, dĂ©ambulent Ă  l’aveugle dans les couloirs opaques d’un vaisseau hantĂ©, tandis qu’un capitaine rescapĂ© semble glisser lentement sous l’influence d’une force invisible. Dès lors, la panique gangrène les esprits de ces naufragĂ©s enfermĂ©s dans un Ă©crin de tĂ©nèbres, cernĂ©s par des phĂ©nomènes aussi inexplicables qu’inquiĂ©tants : tĂ©lĂ©phone qui sonne dans le vide, Ă©lectrophone qui joue seul du jazz spectral, chuchotements d’outre-tombe rĂ©sonnant dans les murs, baignoire suintante de sang, tuyauteries assassines et corps suppliciĂ©s.

Les effets chocs — d’autant plus cruels — bĂ©nĂ©ficient d’un soin rare dans les dĂ©cors : rouille suintante, toiles d’araignĂ©e filant les parois, chambres froides blafardes saturĂ©es de cadavres empalĂ©s sur des crochets de boucher… Une horreur palpable rampe Ă  travers les cloisons, jusqu’Ă  ces machines industrielles aux proportions dĂ©mentes, veines battantes du monstre maritime. La mise en scène exploite chaque recoin du paquebot avec une efficacitĂ© immersive indĂ©niable, malgrĂ© une psychologie des personnages sommaire et quelques facilitĂ©s scĂ©naristiques. Mais qu’importe : c’est dans cette imperfection mĂŞme que rĂ©side tout le charme bis, que les amateurs Ă©voqueront avec une certaine nostalgie.


"Quand le paquebot devient goule"
Car en dĂ©pit de sa minceur narrative, Le Bateau de la mort impose une ambiance horrifique oĂą l’aura malsaine ne se dissipe jamais. Certaines scènes — le meurtre inaugural, la femme piĂ©gĂ©e sous la douche, le filet de pĂŞche gorgĂ© de cadavres liquĂ©fiĂ©s — marquent durablement les esprits par leur cruditĂ© graphique. Une sĂ©rie B ancienne Ă©cole, visuellement impressionnante, au souffle sĂ©pulcral et Ă  l’Ă©trangetĂ© cauchemardesque, qui mĂ©rite d’ĂŞtre redĂ©couverte par les âmes Ă©garĂ©es en quĂŞte d’effroi. Classique au demeurant. 

Note : un remake nullissime (pardonnez mon emportement) fut rĂ©alisĂ© en 2001 par Steve Beck. L’ambiance, colonne vertĂ©brale du film originel, y est Ă©vacuĂ©e au profit d’effets spĂ©ciaux pĂ©taradants et sans âme.

*Bruno
26.05.25. 5èx. vost
28.10.20. 
22.01.11.  

mardi 27 octobre 2020

Birth

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jonathan Glazer. 2004. U.S.A. 1h40. Avec Nicole Kidman, Cameron Bright, Danny Huston, Lauren Bacall, Anne Heche, 

Sortie salles France: 3 Novembre 2004

FILMOGRAPHIEJonathan Glazer est un rĂ©alisateur anglais de vidĂ©os-clips, de publicitĂ©s et de longs mĂ©trages, nĂ© en 1965. 2000 : Sexy Beast. 2004 : Birth. 2013 : Under the Skin. 


                         "L'amour ne se dĂ©finit pas, ça se ressent, ça se vit. C'est une Ă©vidence."

Traitant de la métempsychose avec une pudeur subtile eu égard à l'impossible romance entre un garçonnet de 10 ans et une jeune trentenaire (non, non, attendez, ne fuyez pas), Birth demeure un modèle de mise en scène épurée. Même si les mauvaises langues et autres rigoristes feront probablement allusion au thème de la pédophilie tacite à travers l'évolution morale de ce couple en ascension amoureuse. Notamment à travers deux séquences dérangeantes mais tout à fait justifiées et surtout traitées avec tact pour ne pas se complaire ni s'écarter du sujet (j'évoque la scène du bain puis celle du baiser nocturne échangé au coin d'une rue). Il ne s'agit donc pas de pédophilie ici puisque l'héroïne n'éprouve aucune attirance sexuelle pour l'enfant.

Hypnotique, élégant et envoûtant par le travail de la réalisation chiadée, scrutant les regards des protagonistes avec une attention symétrique, Birth fait presque office d'expérience de cinéma à travers son intensité dramatique bouleversante. Le réalisateur Jonathan Glazer cultive cette trouble romance sous l'impulsion d'un jeu d'acteurs au diapason, tant auprès de la présence ténue de Nicole Kidman (peut-être LE rôle de sa carrière. Si, si !) en défunte épouse accablée par le deuil, le doute et l'espoir. Son incroyable jeu nuancé provoque chez nous une empathie fortement éprouvée, tant et si bien que Jonathan Glazer parvient fréquemment à capter le non-dit à travers ses plans fixes serrés, en s'attardant sur son regard infiniment pensif.

Sur ce point, Birth demeure rigoureusement passionnant à travers le brio de sa mise en scène hitchcockienne (notamment par l'orchestration de sa partition symphonique, tantôt douce, tantôt grave), truffée de séquences emphatiques aussi magistrales qu'ensorcelantes (combien de fois ai-je souhaité rembobiner un moment vigoureux inscrit dans la banalité quotidienne). Outre la présence gracile de Kidman à la force d'expression si mesurée, le petit Cameron Bright se taille une carrure de revenant juvénile avec une finesse naturelle dans sa faculté d'osciller entre doute et quiétude, à travers son amour inné pour l'être aimé. Ainsi, sa conviction désarme le spectateur, qui scrute ses moindres expressions et gestes avec une interpellation aussi confuse que celle de Kidman elle-même. Car c'est bien une puissante histoire d'amour que nous inflige le réalisateur auprès de ces deux êtres autrefois déchirés par l'aléa du trépas, mais aujourd'hui de nouveau réunis afin de renouer avec leurs fulgurants sentiments.

Et ce, sans s'appesantir sous l'ombre du ridicule ! On peut donc parler de prouesse dans cette direction d'acteurs hors pair et dans sa réalisation millimétrée, sans fioriture. Car cette passion dévorante pour l'être aimé, aujourd'hui confondu dans un corps d'enfant, Jonathan Glazer la transcende avec une audace mesurée. Tant auprès de ce duo infortuné se courtisant avec autant de timidité que de crainte et de cran (toujours dépouillée dans l'art et la manière de filmer leurs rapports interdits), que des seconds rôles en émoi face à tant d'incompréhension autour du thème (évidemment discutable selon nos croyances ou notre athéisme) de la réincarnation.

Que l'on croit ou non à ce récit spirituel laissant finalement planer le doute par le biais d'un rebondissement délibérément équivoque, Birth laisse une marque indélébile dans l'encéphale, tant il énonce avec grâce et pudeur une romance trouble, traversée par une faiblesse morale. Magnifiquement réalisé et interprété, cette œuvre maudite (du fait de sa discrète réputation et de sa sortie confidentielle) traite donc de la passion amoureuse avec une acuité mélancolique capiteuse, à travers le regard aussi bien incandescent qu'évanescent de la divine Nicole Kidman (probablement LE rôle de sa vie, j'insiste encore). Il y émane une sublime romance déchue tendant à nous suggérer que l'amour le plus épuré résiste au-delà du temps et du trépas, quitte à ébranler l'être aimé lors d'une controverse en suspens.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
2èx

Ci-joint en exclusivité, la critique de Martin Romerio (également disponible chez Senscritique.com)

Je suis satisfait.
Je viens de tomber sur un film majeur des annĂ©es 2000 hier soir. Un film qui vous fait changer vos tops 10 dans la demi-heure qui suit la projection. N’y allons pas par 4 chemins, Birth est une quasi perfection, un film magnifique qui tient sans aucun problème son statut de brique dans l’histoire du cinĂ©ma au mĂŞme titre que « Vertigo » de Hitchock, « Viridiana » de Buñuel ou « Les contrebandiers de Moonfleet » de Fritz Lang ; autant de films qui ont une parentĂ©* dĂ©sarmante avec le petit chef d’Ĺ“uvre de Jonathan Glazer.

« Birth » se pitche hyper facilement : C’est l’histoire d’une nana, jeune veuve, qui rencontre un jour un petit garçon de 10 ans lui affirmant n’ĂŞtre autre que le mari dĂ©cĂ©dĂ©… Il y a 10 ans.

Ce principe de base se dĂ©roule quasiment sans surprises : amusement, dĂ©ni, lutte, trouble, etc… Rien Ă  attendre d’original de ce cĂ´tĂ©-lĂ . En fait, c’est mĂŞme complètement l’inverse, le rĂ©alisateur issu de la pub et du clip nous une narration d’un classicisme frondeur qui pourrait rappeler le nouvel Hollywood et des choix de grammaire simples et très efficaces.

Exemples :
- Les zones d’ombres sous le pont qui marquent le passage de vie Ă  trĂ©pas.
- L’apparition de Nicole Kidmann dans un couloir, uniquement Ă©clairĂ©e par les bougies du gâteau qu’elle transporte sous les yeux du petit garçon.
- Rythme général lent et élégant.

Une mise en scène Ă  la fois hyper significative au sens classique (direction photo dictĂ©e par des nĂ©cessitĂ©s symboliques) et pur qui constituent une parfaite digestion du drama Hollywoodien. Ainsi la rĂ©surrection Ă©trange et dissonante de l’histoire (le mĂŞme revient, mais diffĂ©rent et anachronique se retrouve Ă  l’Ă©cran pour le spectateur qui a devant lui un théâtre qui ressemble Ă  du Hitchcock ou du Mankiewicz mais qui est trouĂ© par certaines audaces plus contemporaines (le long plan fixe sur le visage de Nicole Kidmann qui pleure Ă  l’opĂ©ra). Tout est de bon goĂ»t : photo, montage, musique et montage son...

Si on s’arrĂŞtait lĂ , on aurait un film Ă  la James Gray bien ficelĂ© sans plus.

Toute la beautĂ© du travail de Glazer se rĂ©vèle au compte-goutte, s’impose Ă  chaque plan toujours plus. Le malaise commence de manière classique avec des silences dans les dialogues, des scènes gĂ©nĂ©rale de nuit avec Ă©clairage d’intĂ©rieur teintĂ© de jaune. Les personnages principaux sont issus de la classe bourgeoise New-Yorkaise et leur stature ainsi que les costumes crĂ©ent dĂ©jĂ  un pont avec quelque chose de mortuaire. Les sons sont assourdis par les tentures et la moquette, les corps figĂ©s dans leurs attitudes maniĂ©rĂ©es et engoncĂ©s dans des ensembles sombres. La morbiditĂ© du film ne vient pas tant des morts qui reviennent que des vivants qui semblent n’attendre que la mort.

Lorsque le mort revient, nous sommes alors dans cette zone chère Ă  la fiction qui ouvre les possibles et ravive l’imaginaire. La rĂ©surrection de Birth, c’est justement la vie qui va lutter pour rĂ©intĂ©grer l’image, l’amour d’un enfant qui vient concurrencer les projets de mariage administratifs des adultes (le mort ressuscitĂ©). La rĂ©surrection, c’est aussi l’inversion : la source mĂŞme du fantastique, voire de l’horreur (« Le prince des tĂ©nèbres » de Carpenter Ă  ce sujet est emblĂ©matique). L’inversion crĂ©e le malaise, l’inquiĂ©tante Ă©trangetĂ© pour le spectateur qui se trouve confrontĂ© Ă  des incohĂ©rences malsaines :

- Le passage de la mort Ă  la vie

- L’amour conjugal d’un enfant pour une femme

- La colère de l’adulte et le flegme de l’enfant

- Les pleurs des adultes contre le stoĂŻcisme de l’enfant

Ainsi Glazer a mis en place son théâtre d’ombres dĂ©calĂ©es et l’histoire va suivre son chemin avec quelques scènes mĂ©morables (la colère de l’amant, jaloux de l’enfant ; une scène de bain Ă  la fois Ă©rotique et malaisante…). Tout ça pour arriver sur un dernier quart d’heure avec une sorte de twist qui en fait reboucle avec l’incipit mais d’une manière, il faut l’avouer, pas hyper claire ni adroite. Nous touchons lĂ  le seul dĂ©faut du film avec peut ĂŞtre aussi quelques petites lenteurs par endroits.

Ce twist, on s’en fiche un peu en fait. On s’en fiche par ce que ce qu’il rĂ©vèle, le film nous l’avait dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ©. Une rĂ©vĂ©lation au sens profond du terme. Il n’est donc pas besoin de spoiler pour expliquer que la raison d’ĂŞtre du film de Glazer, c’est l’exploration de la possibilitĂ© de l’amour inconditionnel.

L’amour inconditionnel dĂ©passe toute condition, et pourtant il faut en explorer la possibilitĂ© pour pouvoir compter dessus.

L’amour des adultes est un amour de cadavre, un amour qui se dit avec le sourire avant d’aller Ă  l’opĂ©ra, autour d’une table sous les yeux des patriarches. L’amour des adultes, c’est celui qui peut mentir, celui qui brise les apparences pour nourrir toujours plus l’autosatisfaction de chaque partenaire.

L’amour de Sean, le petit garçon, est un amour dĂ©cidĂ©, brĂ»lant, un amour qui ouvre les portes et renverse les familles. Un amour si persuasif qu’il entraĂ®nera la femme avec lui. Un amour qui l’emprisonnera jusqu’au bout. On dĂ©couvre alors que le vrai miracle du film n'est pas tant le retour des morts parmis des vivants bien ternes, mais l'Ă©mergence mĂŞme de l'amour dans cet univers.

Dernière phase du processus : un personnage comprend que l’amour est avant tout un acte. L’acte d’un sujet. Certes l’existence de l’Amour nĂ©cessite de s’offrir totalement Ă  l’autre mais elle nĂ©cessite Ă©galement de renverser son propre principe de perception : ne pas nourrir l’amour de l’intĂ©rieur masi intĂ©grer la perception de l’autre dans le rapport potentiellement amoureux.

Final : impossible de statuer sur la possibilitĂ© de l’amour inconditionnel pour cette fois. Mais le cinĂ©ma nous a donnĂ© l’envie d’y croire. Une foi.

Comme dans un Minelli, Nicole Kidman est la prisonnière des rĂŞves de l’autre, que ce soit d’un enfant, de son amant, du fantĂ´me de son mari. La rĂ©alitĂ© dans tout ça n’est qu’un fil qui ne compte plus. On ne s’Ă©chappe jamais totalement du rĂŞve d’un autre.

* Vertigo : l'inquiétante étrangeté de celui-qui revient de la mort en étant le même... mais différent.

Les contrebandiers de Moonfleet : L'enfant qui trouve dans les entrailles de la Terre le secret du monde adulte

Bunuel : sexualisation de la situation, Jean claude Carrière au scenar, des décors intérieurs sombres et chargés de circonvolutions.

Martin ROMERIO
9/10

lundi 26 octobre 2020

Grande Bagarre de Don Camillo (la)

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Don Camillo e l'onorevole Peppone" de Carmine Gallone. 1955. France/Italie. 1h38. Avec Fernandel, Gino Cervi, Leda Gloria, Carlo Duse, Umberto Spadaro, Memmo Carotenuto, Marco Tulli.

Sortie salles France: 18 Novembre 1955

FILMOGRAPHIE PARTIELLECarmine Gallone est un rĂ©alisateur italien nĂ© le 10 septembre 18851 Ă  Taggia dans la province d'Imperia (Ligurie) et mort le 11 mars 1973 Ă  Frascati.1913 : Le Baiser de Cyrano. 1914 : La Femme nue. 1914 : La Marche nuptiale. 1917 : Histoire des Treize. 1920 : Le Colonel Chabert. 1926 : Les Derniers Jours de PompĂ©i. 1927 : Celle qui domine. 1928 : L'Enfer d'amour. 1929 : Terre sans femmes. 1930 : La Ville des mille joies. 1931 : City of Songs. 1931 : Ma cousine de Varsovie. 1931 : Un soir de rafle. 1932 : Le Chant du marin. 1932 : Un fils d'AmĂ©rique. 1932 : Le Roi des palaces. 1934 : Two Hearts in Waltz Time . 1934 : Mon cĹ“ur t'appelle. 1935 : Casta Diva. 1937 : Scipion l'Africain 1938 : Giuseppe Verdi. 1939 : Marionnette. 1940 : Manon Lescaut. 1940 : Melodie eterne. 1942 : Les Deux Orphelines. 1943 : Harlem. 1946 : Rigoletto. 1948 : La leggenda di Faust. 1949 : Il trovatore. 1950 : La forza del destino. 1950 : Taxi de nuit. 1951 : Messaline. 1953 : Cavalleria rusticana. 1953 : Puccini. 1954 : Casta Diva. 1954 : La Maison du souvenir. 1954 : Madame Butterfly. 1955 : La Grande Bagarre de don Camillo. 1955 : La Fille de Mata Hari. 1956 : Michel Strogoff. 1956 : Tosca. 1960 : Carthage en flammes. 1961 : Don Camillo Monseigneur. 1963 : Carmen 63. 


"Une amitié qui dure et ne vieillit pas c'est quelque chose d'extraordinaire."
Avec ce nouvel opus de la saga Don Camillo plĂ©biscitĂ© par 5 087 231 entrĂ©es en France, Julien Duvivier cède cette fois-ci sa place au rĂ©alisateur Carmine Gallone, habile artisan transalpin. 3è volet au titre oh combien vendeur, la Grande bagarre de Don Camillo continue Ă  nouveau de nous enthousiasmer Ă  travers l'affrontement rĂ©cursif de Peponne / Don Camillo. Et si ce nouvel opus demeure moins subtil et passionnant qu'au prĂ©alable, il n'en demeure pas moins une excellente comĂ©die sublimĂ©e une fois de plus du duo antinomique susnommĂ©. Le pitch illustrant le projet politique de PĂ©ponne Ă  devenir dĂ©putĂ© contre l'avis de son ennemi jurĂ©. Et bien que la trame s'avère moins efficace, notamment Ă  travers le schĂ©ma Ă©culĂ© des pugilats des 2 compères, la Grande bagarre de Don Camillo amuse sans modĂ©ration sous l'impulsion de Fernandel et de Gino Cervi toujours aussi Ă  l'aise pour jouer les amis dĂ©testables de manière Ă  la fois fulminante et goguenarde. 

La rĂ©ussite de cette attachante saga Ă©manant de ce judicieux Ă©quilibre entre leurs sentiments d'amitiĂ© et de solidaritĂ© (oh combien indĂ©fectibles), de jalousie, de colère et de vengeance, avec au bout du cheminement de la rĂ©conciliation une chaleur humaine prĂ©gnante. A l'instar de ce final Ă©tonnamment poignant (dans la violence des sentiments que Fernandel exprime de façon tranchĂ©e Ă  son compère) qui Ă©meut le spectateur avec toujours autant de franchise et de vigueur. Et ce mĂŞme si ce 3è opus parait moins authentique, moins travaillĂ© Ă  travers ses ressorts Ă©prouvĂ©s (notamment auprès de l'inventivitĂ© moins prononcĂ©e des dialogues). Mais ne boudons pas notre plaisir car La Grande bagarre de Don Camillo possède suffisamment de scĂ©nettes tendres et cocasses pour emporter la mise, mĂŞme si la qualitĂ© majeure de ce 3è opus dĂ©coule de la complĂ©mentaritĂ© infaillible de notre duo d'acteurs aujourd'hui proverbial. Tant et si bien qu'on ne se lasse pas de revoir les trois premiers volets de Don Camillo Ă  travers cette photo monochrome attendrissante de par sa doucereuse poĂ©sie champĂŞtre. 

Ci-joint les chroniques des antécédents opus:

*Bruno
3èx

jeudi 22 octobre 2020

La carapate

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de GĂ©rard Oury. 1978. France. 1h40. Avec Pierre Richard, Victor Lanoux, Raymond Bussières, Jean-Pierre Darras, Yvonne Gaudeau, Jacques Frantz, Claire Richard. 

Sortie salles France: 11 Octobre 1978

FILMOGRAPHIE: Gérard Oury (Max-Gérard Houry Tannenbaum) est un réalisateur, acteur et scénariste français né le 29 avril 1919 à Paris, décédé le 20 Juillet 2006 à Saint-Tropez. 1960: La Main Chaude. La Menace. 1962: Le Crime ne paie pas. 1965: Le Corniaud. 1966: La Grande Vadrouille. 1969: Le Cerveau. 1971: La Folie des Grandeurs. 1973: Les Aventures de Rabbi Jacob. 1978: La Carapate. 1980: Le Coup du Parapluie. 1982: L'As des As. 1984: La Vengeance du Serpent à Plumes. La Joncque (inachevé). 1987: Levy et Goliath. 1989: Vanille Fraise. 1993: La Soif de l'or. 1996: Fantôme avec chauffeur. 1999: Le Schpountz.

MaĂ®tre de la comĂ©die populaire, GĂ©rard Oury n'a point Ă©garĂ© sa motivation avec La Carapate rĂ©alisĂ© en 1978. A l'arrivĂ©e, 2 923 257 entrĂ©es en France, si bien qu'il se hisse 8è au box office au grand bonheur des fans. Ainsi, cette Ă©nième aventure rocambolesque rĂ©unissant pour la 1ère fois Ă  l'Ă©cran le duo impromptu Victor Lanoux / Pierre Richard parvient donc Ă  se renouveler de par le savoir-faire d'Oury Ă©paulĂ© d'un sens du montage calibrĂ© si je me rĂ©fère aux nombreuses cours-poursuites et bastonnades qui empiètent l'intrigue. Car Ă  travers un trĂ©pidant road movie truffĂ© de rebondissements, quiproquos et revirements inventifs; La Carapate conjugue action, cascades, humour, romance et tendresse avec une efficacitĂ© factuelle. Outre la prestance toujours aussi sĂ©millante du gaffeur Pierre Richard en otage juridique, Victor Lanoux demeure Ă©tonnamment Ă  l'aise pour se prĂŞter au jeu de la dĂ©connade avec une spontanĂ©itĂ© frĂ©tillante eu Ă©gard de sa posture dĂ©linquante tantĂ´t hĂ©roĂŻque. GĂ©rard Oury se gaussant par ailleurs de la classe bourgeoise avec, en background, la rĂ©volution sociale de Mai 68 que notre duo tĂ©moignera malgrĂ© lui en esquivant les CRS. 

Le rĂ©cit s'articulant autour de la folle carapate d'un avocat (Pierre Richard) et de son client, un condamnĂ© Ă  mort (Victor Lanoux) Ă©tant parvenu Ă  s'Ă©vader lors d'une Ă©meute. Multipliant Ă  eux deux les larcins de vĂ©hicule afin de fuir la police, ils sont entraĂ®nĂ©s dans un concours de circonstances aussi infortunĂ©es que prospères, avec, au bout de leur course, une Ă©ventuelle grâce prĂ©sidentielle sous la mainmise du GĂ©nĂ©ral de Gaulle (que l'on entrevoit en sosie). GĂ©rard Oury, jamais Ă  court d'idĂ©es Ă  la fois grotesques et dĂ©bridĂ©es, enchaĂ®nant les situations les plus folingues pour divertir son public. Et ce sans se rĂ©pĂ©ter en dĂ©pit de la redondance des vols de voitures soumises aux poursuites champĂŞtres lors d'itinĂ©raires vertigineux ou catastrophiques. Ce qui nous vaut d'ailleurs en prĂ©ambule une sĂ©quence polissonne anthologique Ă  travers le streaptease d'une catin Ă  moitiĂ© nue que des automobilistes reluquent par la vitre de leur vĂ©hicule. Il est donc Ă©tonnant de constater qu'Oury s'adonne ici Ă  l'Ă©rotisme folichon dans sa pluralitĂ© des genres si bien qu'Ă  une seconde reprise (la scène de la grange convergeant vers la ferme avec l'arrivĂ©e de l'Ă©poux cocu) il se permet d'y renouer avec une dĂ©rision encore plus comique.  


ComĂ©die fulminante traversant sans accroc les Ă©preuves du temps, la Carapate suscite une bonne humeur et un rire galvanisants de par son rythme Ă©chevelĂ© et la complĂ©mentaritĂ© des acteurs très impliquĂ©s dans leur fonction de trublion pugnace. 

*Bruno
3èx