vendredi 26 février 2021

Hannibal

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Ridley Scott. 2001. U.S.A. 2h11. Avec Anthony Hopkins, Julianne Moore, Gary Oldman, Ray Liotta, Frankie R. Faison, Giancarlo Giannini, Francesca Neri. 

Sortie salles France: 28 Février 2001

FILMOGRAPHIE: Ridley Scott est un rĂ©alisateur et producteur britannique nĂ© le 30 Novembre 1937 Ă  South Shields. 1977: Duellistes. 1979: Alien. 1982: Blade Runner. 1985: Legend. 1987: TraquĂ©e. 1989: Black Rain. 1991: Thelma et Louise. 1992: 1492: Christophe Colomb. 1995: Lame de fond. 1997: A Armes Egales. 2000: Gladiator. 2001: Hannibal. 2002: La Chute du faucon noir. 2003: Les AssociĂ©s. 2005: Kingdom of heaven. 2006: Une Grande AnnĂ©e. 2007: American Gangster. 2008: Mensonges d'Etat. 2010: Robin des Bois. 2012: Prometheus. 2013: Cartel. 2014: Exodus: Gods and Kings. 2015: Seul sur Mars. 2017: Alien: Covenant. 2017: Tout l'argent du monde. 2021: The Last Duel. 

10 ans après le chef-d'oeuvre de Jonathan Demme, c'est Ă  Ridley Scott qu'incombe la gageure d'offrir une sĂ©quelle au Silence des Agneaux au prĂ©mices des annĂ©es 2000. Et Ă  la vue du rĂ©sultat "maladif", on se demande ce qui a bien pu passer par la tĂŞte du cinĂ©aste tant Hannibal fleure bon l'horreur Ă©mĂ©tique avec un goĂ»t raffinĂ© pour le baroque transalpin. A l'instar de sa première partie confinĂ©e dans la ville de Florence au cours duquel l'inspecteur  Rinaldo Pazzi tentera d'apprĂ©hender Lecter en guise de rançon de 3 millions de dollars. Superbement photographiĂ© et Ă©clairĂ© Ă  travers les vastes bâtiments domestiques, bibliothèques, jardins de pierre et places touristiques, Ridley Scott ne perd rien de son sens visuel Ă  travers ses dĂ©tails architecturaux oĂą les sculptures ornementales se fondent dans le cadre de l'action avec une fascination trouble. Tant et si bien que cette filature de longue haleine que Rinaldo s'efforce de parfaire nous distille une irrĂ©pressible tension latente Ă  travers le vice infaillible de Lecter piĂ©geant ses futures victimes dans l'art de l'exĂ©cution picturale. Et Ă  ce niveau Ă  la fois graphique et raffinĂ©, Ridley Scott se sent terriblement inspirer Ă  confectionner des sĂ©quences horrifiques anthologiques en rĂ©futant le hors-champs de par ses zooms complaisants d'un rĂ©alisme vomitif. On peut donc prĂ©tendre que les meurtres d'une barbarie stylisĂ©e provoquent autant le dĂ©goĂ»t viscĂ©ral qu'un sentiment anxiogène, notamment de par l'apprĂ©hension que nous ressentions face aux agissements tranquilles de Lecter d'un flegme impassible Ă  Ă©tudier ses prochains stratèges criminels. 


Anthony Hopkins
demeurant Ă  nouveau littĂ©ralement magnĂ©tique (pour ne pas dire ensorcelant) dans le corps sclĂ©rosĂ© du serial-killer cannibale aussi fĂ©ru d'affection pour l'agent Clarence Starling que Julianne Moore endosse en lieu et place de l'inoubliable Jodie Foster. HĂ©las, la grande actrice que reprĂ©sente Moore n'arrive jamais Ă  la cheville de son aĂ®nĂ©e en agent stoĂŻque dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  retrouver la trace de son ennemi jurĂ© bien que dĂ©mise de ses fonctions par ses supĂ©rieurs Ă  la suite d'une bavure policière (c'est ce que le prologue pĂ©taradant nous dĂ©tailla lors d'un règlement de compte sanglant entre flics et dealers de came). Pour autant, Julianne Moore parvient toutefois avec une certaine assurance (Ă  dĂ©faut de charisme saillant et d'expression intense) Ă  tailler une certaine force de caractère Ă  son personnage fĂ©minin, entre pugnacitĂ© et vaillance. Si bien que l'on suit sans rĂ©serve ces faits et gestes avisĂ©s Ă  retrouver la trace de Lecter lors d'un final grand-guignolesque faisant office d'anthologie dĂ©gueulbif, ad nauseum. LĂ  encore, on s'Ă©tonne du parti-pris sarcastique de Ridley Scott Ă  fignoler son poème baroque en farce macabre d'un mauvais goĂ»t assumĂ© ! Cette seconde partie autrement vertigineuse demeure aussi haletante, magnĂ©tique, malsaine et dĂ©rangeante lorsque le chef Paul Krendler (endossĂ© par un Ray Liotta  gouailleur et prĂ©somptueux) tente de duper Clarice Starling afin d'empocher une rançon sous la mainmise du milliardaire paraplĂ©gique Mason Verger. Celui-ci autrefois victime de Lecter s'Ă©tant jurĂ© d'accomplir sa vengeance en kidnappant son tortionnaire lui ayant bouffĂ© la moitiĂ© du visage quelques annĂ©es plus tĂ´t. 


SĂ©quelle marginale d'un chef-d'oeuvre du thriller imputrescible, Hannibal demeure Ă©galement Ă  mes yeux un grand film maladif d'une Ă©lĂ©gance horrifique aux p'tits oignons. Tant auprès de l'esthĂ©tisme de sa rĂ©alisation studieuse, de ses sĂ©quences chocs d'une barbarie couillue, de son humour noir vitriolĂ©, que du talent de ses acteurs s'affrontant mutuellement pour l'enjeu d'un cannibale Ă©rudit passĂ© maĂ®tre dans l'art du subterfuge criminel. Et entre manigance d'autoritĂ© et jeu du chat et de la souris, Anthony Hopkins demeure une fois encore proprement Ă©lectrisant (et quelque peu fantaisiste) Ă  travers sa luciditĂ© criminelle dĂ©nuĂ©e de complexe et de morale, puis Ă  travers son discernement amoureux d'y respecter sa partenaire au point d'y intenter un sacrifice en guise de reconnaissance.  

*Bruno
3èx

Box Office France: 2 579 878 entrées

Récompenses:
Bogey Awards 2001 : Prix Bogey en argent
Goldene Leinwand (Golden Screen) 2001
GoldSpirit Awards 2001 : GoldSpirit Awards de la meilleure bande-son d'horreur pour Hans Zimmer
Italian National Syndicate of Film Journalists : Silver Ribbon du meilleur acteur dans un second rĂ´le pour Giancarlo Giannini
Jupiter Awards 2001 : Jupiter Award du meilleur réalisateur international pour Ridley Scott
Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films - Saturn Awards 2002 :
Saturn Award des meilleurs maquillages pour Greg Cannom et Wesley Wofford
ASCAP / American Society of Composers, Authors, and Publishers 2002 : ASCAP Award des meilleurs films au box-office pour Hans Zimmer
Fangoria Chainsaw Awards 2002 :
Chainsaw Award du meilleur acteur pour Anthony Hopkins
Chainsaw Award du meilleur score pour Hans Zimmer

jeudi 25 février 2021

La Femme Flic

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ekladata.com

de Yves Boisset. 1980. France. 1h41. Avec  Miou-Miou, Jean-Marc Thibault, Roland Blanche, Jean-Pierre Kalfon, Leny Escudero, Alex Lacast, Philippe Caubère 

Sortie salles France: 9 Janvier 1980

FILMOGRAPHIE: Yves Boisset est un réalisateur français, né le 14 Mars 1939 à Paris. 1968: Coplan sauve sa peau. 1970: Cran d'arrêt. 1970: Un Condé. 1971: Le Saut de l'ange. 1972: l'Attentat. 1973: R.A.S. 1975: Folle à tuer. 1975: Dupont Lajoie. 1977: Un Taxi Mauve. 1977: Le Juge Fayard dit Le Shériff. 1978: La Clé sur la porte. 1980: Le Femme flic. 1981: Allons z'enfants. 1982: Espion, lève-toi. 1983: Le Prix du Danger. 1984: Canicule. 1986: Bleu comme l'Enfer. 1988: La Travestie. 1989: Radio Corbeau. 1991: La Tribu.


Une oeuvre choc sur l'omerta pĂ©do-criminelle impossible Ă  endiguer lorsqu'on y cible l'oligarchie.  
CinĂ©aste engagĂ© Ă  qui l'on doit une plĂ©thore de mĂ©trages percutants (R.A.S, Folle Ă  Tuer, Dupon Lajoie, Le juge Fayard dit le ShĂ©riff, Allons z'enfants, le Prix du Danger, Canicule; rien que ça !), Yves Boisset ne perd rien de sa radicalitĂ© tranchĂ©e avec le drame policier La Femme Flic. Le rĂ©cit traitant sans ambages de la pĂ©dopornographie avec un rĂ©alisme Ă  la fois glauque et dĂ©rangeant, notamment eu Ă©gard de certaines sĂ©quences dĂ©monstratives quasi insoutenables (la dĂ©couverte macabre d'une fillette Ă  proximitĂ© du terril, l'enfant dĂ©charnĂ© confinĂ© dans le placard, les revues et photos de pornographie infantile que Miou Miou et son adjoint feuillètent sous notre tĂ©moignage). TirĂ© d'un fait-divers au cours duquel une fonctionnaire de police se donna la mort après avoir remonter la filière d'un important rĂ©seau pĂ©dophile, La Femme Flic adopte un parti-pris documentĂ© pour nous immerger dans son enquĂŞte houleuse Ă  travers la scĂ©nographie grisonnante du Nord de la France (ces citĂ©s minières entourĂ©es de corons Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 80). Il s'agit donc ici de nous retracer mĂ©ticuleusement l'investigation d'une jeune recrue raillĂ©e par sa hiĂ©rarchie machiste, quand bien mĂŞme les citadins de la rĂ©gion observent d'un oeil mĂ©disant l'insigne policier souvent rĂ©duit Ă  l'impuissance d'y rĂ©soudre leur enquĂŞte criminelle. 

DĂ©nonçant ouvertement la corruption et la lâchetĂ© de la police et de ces juges lorsqu'il s'agit de lever le voile sur un rĂ©seau pĂ©dophile constituĂ© de notables intouchables, La Femme Flic dĂ©gage un aigre sentiment d'injustice tant et si bien que l'histoire, Ă©culĂ©e, se rĂ©pète inlassablement Ă  daigner mettre sous les verrous une Ă©lite embourgeoisĂ©e capable d'y soudoyer le système judiciaire et juridique afin d'inhumer leur scandale pĂ©dophile imparti Ă  la prostitution juvĂ©nile. Ainsi, de par son scrupuleux rĂ©alisme sociĂ©tal particulièrement acrimonieux et la facultĂ© maĂ®trisĂ©e de Boisset Ă  nous familiariser auprès de personnages profondĂ©ment humains, la Femme Flic est scandĂ© de la prestance timorĂ©e de Miou-Miou inscrite dans la rĂ©serve, la fragilitĂ© et la pudeur en petit bout de femme taiseuse s'efforçant de se faire une place au sein de sa hiĂ©rarchie phallocrate. Pour autant dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  apprĂ©hender les criminels les plus notoires derrière le vernis prĂ©caire d'une citĂ© minière appauvrie par le chĂ´mage, Miou Miou dĂ©livre un portrait de femme obtuse et prĂ©venante au fil de son initiation Ă  la constance de par sa soif de vĂ©ritĂ©. Outre des seconds-rĂ´les communĂ©ment irrĂ©prochables dans leur force tranquille et naturelle, on reste admiratif du jeu inhospitalier de Jean-Marc Thibault en commissaire castrateur forcĂ© de duper sa partenaire afin de se plier Ă  l'omerta et au chantage d'une Ă©lite politique.  

Film coup de poing osant aborder dans un style docu-vĂ©ritĂ© la thĂ©matique si brulante de la pĂ©dophilie Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 80, La Femme Flic demeure un implacable rĂ©quisitoire contre les manoeuvres policières, juridictionnelles et politiques Ă©troitement liĂ©s Ă  la connivence afin de prĂ©server leur propre intĂ©rĂŞt. Pleine de fragilitĂ© humaine Ă  travers le tĂ©moignage de cette femme-flic en voie de rĂ©bellion, on reste d'autant plus captivĂ© par le jeu rĂ©servĂ© de Miou-Miou s'efforçant de parfaire son enquĂŞte avec une dignitĂ© maternelle. 

*Bruno

Box Office France: 1 807 761 entrĂ©es 

mercredi 24 février 2021

Meteor

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Ronald Neame. 1979. U.S.A. 1h47. Avec Sean Connery,  Natalie Wood, Karl Malden, Brian Keith, Martin Landau, Richard Dysart, Trevor Howard, Henry Fonda.

Sortie salles France: 9 Janvier 1980. U.S: 19 Octobre 1979

FILMOGRAPHIERonald Neame est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste britannique, nĂ© le 23 avril 1911 Ă  Londres (Angleterre) et mort le 16 juin 20101 Ă  Los Angeles (Californie). 1947 : Je cherche le criminel. 1950 : La Salamandre d'or. 1952 : Trois dames et un as. 1954 : L'Homme au million. 1956 : L'Homme qui n'a jamais existĂ©. 1956 : De la bouche du cheval. 1957 : Alerte en ExtrĂŞme-Orient. 1957 : La Passe dangereuse. 1960 : Les Fanfares de la gloire. 1962 : Les Fuyards du Zahrain. 1963 : L'Ombre du passĂ©. 1963 : Mystère sur la falaise. 1965 : Mister Moses. 1966 : Un hold-up extraordinaire. 1966 : D pour danger. 1968 : Prudence et La Pilule. 1969 : Les Belles AnnĂ©es de miss Brodie. 1970 : Scrooge. 1972 : L'Aventure du PosĂ©idon. 1974 : Le Dossier ODESSA. 1979 : Meteor. 1980 : Jeux d'espions. 1981 : First Monday in October. 1986 : Le Sorcier de ces dames. 1990 : The Magic Balloon. 

On ne va pas se mentir, Meteor a beau avoir Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Ronald Neame Ă  qui l'on doit le grand classique L'Aventure du PosĂ©idon, il ne lui arrive jamais Ă  la cheville de par la maĂ®trise de son suspense  ici plus timorĂ© (en dĂ©pit d'une première partie assez passionnante quant Ă  la mise en place "documentĂ©e" des concertations puis de l'accord unifiĂ© entre l'URSS et les Etats-Unis pour dĂ©vier de sa trajectoire la menace stellaire) et de 2/3 sĂ©quences spectaculaires hĂ©las souvent dĂ©samorcĂ©es d'absence de rĂ©alisme d'FX cheap. Pour autant, avec indulgence, une pointe de nostalgie, et grâce Ă  la sobriĂ©tĂ© de sa prestigieuse distribution (Sean Connery,  Natalie Wood, Karl Malden, Brian Keith, Martin Landau, Richard Dysart, Trevor Howard, Henry Fonda font preuve d'un charisme irrĂ©prochable), Meteor se laisse revoir sans dĂ©plaisir (surtout la 1ère heure plutĂ´t captivante, j'insiste) sous l'impulsion de son pitch singulier toutefois issu d'un fait-divers. Si bien qu'en 1968, Ă  l'institut technologique du Massachusetts, un plan de protection contre un mĂ©tĂ©ore gĂ©ant en trajectoire de collision avec la terre fut mis en chantier. Ce plan porta le nom de projet ICARE nous prĂ©cisera le gĂ©nĂ©rique final. Franchement dommage donc qu'Ă  travers un sujet aussi opaque que fascinant, sa progression du suspense demeure finalement de faible intensitĂ© faute d'une dimension dramatique infructueuse au grĂ© de pĂ©ripĂ©ties davantage alertes et spectaculaires que l'on contemple d'un oeil aussi indulgent que gentiment fureteur.  


*Bruno
01.03.23. 3èx

lundi 22 février 2021

La Possédée / Exorcisation

                                        
                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Cine-bis-art

de Mario Gariazzo. 1974. Italie. 1h30. Avec Stella Carnacina, Lucretia Love, Ivan Rassimov, Gati

Sortie salle Italie: 6 Novembre 1974

FILMOGRAPHIEMario Gariazzo est un rĂ©alisateur italien nĂ© le 4 Juin 1930 Ă  Biella, Italie, dĂ©cĂ©dĂ© en Mars 2002 Ă  Rome. 1992: Che meraviglia, amici! 1990 Sapore di donna. 1988 Intrigues sensuelles.  1988 Étranger de l'espace. 1987 Attraction fatale. 1985 L'esclave blonde. 1984 Cet emmerdeur d'ange gardien. 1980 Attenti a quei due napoletani. 1979 Play Motel. 1978 Incontri molto... ravvicinati del quarto tipo. 1978 La quatrième rencontre. 1974 Il venditore di palloncini. 1974 La possĂ©dĂ©e. 1973 Colin. 1973 La fureur d'un flic. 1971 Acquasanta Joe. 1971 Le jour du jugement. 1969 Dieu pardonne Ă  mon pistolet. 1962 Lasciapassare per il morto.


Sorti 2 mois Ă  peine après l'Exorciste, La PossĂ©dĂ©e (Exorcisation) se dĂ©cline en sympatoche Ă©pigone transfigurĂ© de dĂ©cors rĂ©alistes d'une Province italienne si bien que l'immersion fonctionne pour tous amateurs d'ambiance inhospitalière sympomatique du cinĂ©ma transalpin bricolĂ© avec amour en dĂ©pit de leur opportunisme et moyens dĂ©risoires. Ainsi donc, les fans de bisserie Z peuvent y trouver leur compte quant Ă  son ambiance d'Ă©trangetĂ© parfois envoĂ»tante, ses quelques sĂ©quences anxiogènes, voires flippantes (l'hĂ©roĂŻne arpentant l'escalier de son immeuble avec une apprĂ©hension paranoĂŻde, son viol commis dans son atelier au moment d'y rĂ©nover la statue de bois) alors que son gĂ©nĂ©rique liminaire enchaĂ®nant une succession de plans fixes sur son visage estropiĂ© annonçait la couleur blafarde. Un cas de possession parait-il lui aussi tirĂ© d'une histoire vraie si on se rĂ©fère Ă  son avertissement liminaire imprimĂ© sur l'Ă©cran. 


Il y a Ă©galement ses visites touristiques au sein d'Ă©glises latines poussiĂ©reuses qui ne laissent pas indiffĂ©rent pour le rĂ©alisme caduc de son atmosphère poisseuse pour qui apprĂ©cie les sensations d'insĂ©curitĂ© Ă  l'aura dĂ©rangĂ©e. Vraiment dommage que le scĂ©nario soit aussi plat que peu motivant mĂŞme si on reste pour autant captivĂ© par cette mise en image (constamment) faisandĂ©e (inceste / SM s'instaurent Ă©galement entre deux/trois pitreries verbales putassières) qu'aucune production actuelle ne pourrait rivaliser aujourd'hui faute de cette Ă©poque hĂ©las rĂ©volue. Une sympathique curiositĂ© donc, tout du moins chez les afficionados de Z plaisamment infrĂ©quentable que Stella Carnacina (belle brune aux yeux noirs) renchĂ©rit dans un jeu racoleur inĂ©vitablement outrĂ© mais quelque peu attractif. Avec, cerise sur le gateau marbrĂ©, une ultime sĂ©quence dĂ©gueulbif littĂ©ralement viscĂ©rale, aussi pour le malaise olfactif qu'elle parvient Ă  procurer sans complexe auprès d'une sĂ©ance d'exorcisme improvisĂ©e sur une place publique obscurcit de tĂ©nèbres.

*Bruno
26.06.17. 389 v
22.02.21. 
04.09.24. 4èx




vendredi 19 février 2021

Enemy Mine

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site themindreels.com

"Enemy Mine" de Wolfgang Petersen. 1985. U.S.A/Allemagne. 1h48. Avec Dennis Quaid, Louis Gossett Jr., Brion James, Richard Marcus, Carolyn McCormick, Bumper Robinson.

Sortie salles France: 5 Mars 1986. U.S: 20 Décembre 1985

FILMOGRAPHIE: Wolfgang Petersen est un réalisateur allemand né le 14 Mars 1941 à Emden. 1974: Einer von uns beiden. 1977: La Conséquence. 1981: Le Bateau. 1984: L'Histoire sans Fin. 1985: Enemy. 1991: Troubles. 1993: Dans la ligne de mire. 1995: Alerte ! 1997: Air force one. 2000: En pleine tempête. 2004: Troie. 2006: Poséidon.

Abordant le problème du racisme dans le cadre d'un divertissement familial ponctuĂ© d'humour et d'action (en dĂ©pit de la contradiction d'une violence parfois brutale et d'un Ă©cart gore rigoureusement intense et percutant lorsque Willis manque de perdre sa jambe par une crĂ©ature souterraine), Enemy constitue un jolie spectacle SF oĂą les bons sentiments flirtent auprès d'une amitiĂ© naissante entre 2 Ă©trangers que tout sĂ©pare. Au-delĂ  de son attachant rĂ©cit initiatique pour le droit Ă  la diffĂ©rence et Ă  la tolĂ©rance Ă  travers l'esprit d'Ă©quipe et le sens de la coopĂ©ration, Enemy Mine est rehaussĂ© d'une forme dĂ©paysante (photo rutilante Ă  l'appui) Ă  travers sa scĂ©nographie stellaire mais aussi terrestre. Entre batailles galactiques Ă©tonnamment fluides et spectaculaires (pour l'Ă©poque), chutes de mĂ©tĂ©ores, bourrasques enneigĂ©es et pĂ©rĂ©grinations que notre hĂ©ros arpente sur des contrĂ©s dĂ©sertiques afin de dĂ©nicher toute forme humaine. On peut d'ailleurs y suggĂ©rer une sorte de Robinson CrusoĂ© en mode sci-fi Ă  travers les rapports Ă©troits de nos 2 hĂ©ros contraints de rĂ©apprendre Ă  vivre et Ă  se respecter dans leur rapport de force ethnique. 

Ainsi, quelques dĂ©cennies après sa sortie, on reste toujours impressionnĂ© par la qualitĂ© de ses FX typiquement artisanaux. De ses dĂ©cors rocheux (parfois en matte painting), de ses vaisseaux belliqueux et de ses maquillages pour crĂ©dibiliser des reptiles humanoĂŻdes affublĂ©s de prothèse en latex. Quant au cast notoire, Louis Gossett Jr. se fond sans le corps du lĂ©zard humanoĂŻd avec une sagesse d'esprit bienveillante (en dĂ©pit de son entĂŞtement Ă  contredire parfois son partenaire), quand bien mĂŞme Dennis Quaid lui offre la rĂ©plique Ă  l'aide d'une force d'expression transi d'Ă©moi de par sa rĂ©silience de survie et son apprĂ©hension de l'inconnu de trĂ©passer au sein d'une planète pourtant colonisĂ©e par ses semblables (dont ces fameux dĂ©terreurs de mine). MĂ©taphore sur la traite des noirs en seconde partie un peu plus Ă©pique auprès des pugilats sur une population asservie, Enemy mine dĂ©clare enfin sa flamme, non sans une certaine naĂŻvetĂ©, quelques bons sentiments et raccourcis un peu trop expĂ©ditifs (notamment la convalescence elliptique de Willis), Ă  la paix entre peuples sous l'impulsion d'un amour paternel que Willis chĂ©rit de son âme et son coeur envers Spoil ! le fils de son dĂ©funt compagnon fin du Spoil en proie Ă  une pĂ©dagogie altruiste. 

MenĂ© sans temps morts Ă  travers la simplicitĂ© d'une Ă©mouvante histoire d'amitiĂ©, Enemy Mine se dĂ©cline en divertissement intelligent, poĂ©tique et attachant que l'on a plaisir Ă  revoir en dĂ©pit d'une passion des sentiments pas si vibrante et lyrique qu'escomptĂ©e. 

*Bruno
19.02.21
08.01.18. 1009 v
4èx

jeudi 18 février 2021

Palm Springs

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Max Barbakow. 2020. U.S.A. 1h30. Avec Andy Samberg, Cristin Milioti, J. K. Simmons, Camila Mendes, Tyler Hoechlin. 

Diffusion US: 10 Juillet 2020

FILMOGRAPHIEMax Barbakow est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain. 2020: Palm Springs. 


Un jour sans Femme (?).
ComĂ©die fantastique empruntant le concept payant d'Un jour sans fin, Palm Springs demeure un excellent divertissement pour qui apprĂ©cie les romcoms Ă  la fois pĂ©tulantes et inventives, rĂ©fractaires au politiquement correct et autres nunucheries. Car si de prime abord on peut craindre la fâcheuse redite lors des 20 premières minutes calquĂ©es sur le chef-d'oeuvre d'Harold Ramis (j'Ă©voque son schĂ©ma narratif diurne), la suite, endiablĂ©e, extravertie, dĂ©complexĂ©e, nonsensique, nous entraĂ®ne dans un euphorisant dĂ©lire festoyant. Des bouffĂ©es d'air frais et de tonicitĂ© mâtinĂ©es de crises de fou-rire, de tendresse et de poĂ©sie. RĂ©flexion sempiternelle sur le sens de la vie Ă  travers l'apprentissage existentiel de se (re)connaĂ®tre sois mĂŞme, Palm Springs aborde les thĂ©matiques de la peur de l'engagement, de l'hypocrisie, de la fĂ©lonie, de la solitude et de l'initiation Ă  la maturitĂ© sous le pilier d'un amour salvateur qu'Andy Samberg et Cristin Milioti endossent avec une spontanĂ©itĂ© frĂ©tillante. Leur relation galvanisante nous entraĂ®nant toujours plus loin dans leur profit du temps prĂ©sent dĂ©nuĂ© de complexe, de biensĂ©ance et de moralitĂ©. Tous les coups sont permis donc si bien que notre duo indocile brĂ»le leur vie Ă  coups de saillies fantaisistes tantĂ´t hilarantes, tantĂ´t oniriques (leur trip nocturne Ă  contempler vers l'horizon la dĂ©marche nonchalante de deux dinosaures distille une Ă©motion lyrique Ă©tonnamment impromptue !). Et si on loin du chef-d'oeuvre susnommĂ© de Ramis ayant prĂ©alablement tout inventĂ©, Palm Springs parvient malgrĂ© tout Ă  s'extirper du produit lambda Ă  travers sa frĂ©nĂ©sie tendre et drolatique sous l'impulsion de ses acteurs juvĂ©niles crevant le cadre de l'Ă©cran Ă  chacune de leur interprĂ©tation dĂ©jantĂ©e. 


*Bruno

mercredi 17 février 2021

Dominique: les Yeux de l'Epouvante

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Michael Anderson. 1979. U.S.A. 1h40. Avec Cliff Robertson, Jean Simmons , Jenny Agutter, Simon Ward, Ron Moody, Judy Geeson. 

Sortie salles France: 17 Juin 1981

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Michael Anderson est un réalisateur britannique, né le 30 Janvier 1920 à Londres. 1949: Private Angelo. 1950: Waterfront. 1956: 1984. 1956: Le Tour du monde en 80 Jours. 1960: Les Jeunes Loups. 1961: La Lame Nue. 1965: Opération Crossbow. 1975: Doc Savage arrive. 1976: L'âge de cristal. 1977: Orca. 1979: Dominique. 1980: Chroniques Martiennes. 1989: Millenium. 2000: Pinocchio et Gepetto. 2008: Tenderloin.


RĂ©alisateur touche-Ă -tout Ă  qui l’on doit le superbe Orca, Michael Anderson signe en 1979 un thriller diabolique, portĂ© par un casting proĂ©minent. Du vĂ©tĂ©ran Cliff Robertson, propriĂ©taire fortunĂ© au flegme imperturbable, Ă  la raffinĂ©e Jean Simmons, Ă©pouse rĂ©calcitrante Ă  la beautĂ© tĂ©nue, jusqu’Ă  une constellation d’acteurs de seconde zone chers aux amateurs de bis - Jenny Agutter (Le Loup-garou de Londres), Simon Ward (L’AntĂ©christ / Holocaust 2000), Ron Moody (La LĂ©gende du Loup-garou / Meurtres en direct) et Judy Geeson (Sueurs froides dans la nuit / InseminoĂŻd). SĂ©lectionnĂ© au Festival du film fantastique du Rex Ă  Paris, Dominique fut pourtant un Ă©chec commercial Ă  sa sortie, malgrĂ© le Prix d’interprĂ©tation masculine - amplement mĂ©ritĂ© - dĂ©cernĂ© Ă  Cliff Robertson.


Et c’est bien dommage de lui avoir fait grise mine, tant ce sympathique whodunit distille un charme gothique constamment sĂ©duisant pour qui raffole des ambiances feutrĂ©es et poreuses. Anderson irrigue son thriller Ă  suspense d’une scĂ©nographie domestique aussi Ă©trange qu’inquiĂ©tante, Ă  travers le tĂ©moignage de David Ballard, en proie Ă  des Ă©vĂ©nements inexpliquĂ©s. Son Ă©pouse, rĂ©cemment suicidĂ©e après l’avoir soupçonnĂ© de l’avoir rendue folle, continue de hanter la vaste demeure : David joue alors Ă  cache-cache avec le fantĂ´me de la dĂ©funte, errant la nuit dans les couloirs. Certes, le suspense larvĂ© se montre parfois redondant - les inspections rĂ©pĂ©tĂ©es, saturĂ©es de bruits, de clavecin et de voix d’outre-tombe, s’enlisent quelque peu dans son incapacitĂ© Ă  discerner le vrai du faux - mais Dominique maintient une efficacitĂ© sourde, nourrie par une Ă©nigme qui trouve son sens jusqu’Ă  un dĂ©nouement renversant, rehaussĂ© d’une image finale terrifiante, portĂ©e par un regard menaçant.


Joliment photographiĂ©, que ce soit dans sa somptueuse bâtisse aux larges corridors et escaliers ou dans sa serre aux Ă©clairages flamboyants, Dominique flatte l’Ĺ“il et l’imaginaire au fil d’une machination certes Ă©culĂ©e, mais toujours envoĂ»tante - parfois mĂŞme sensuelle - dans les apparitions fantomatiques que Jean Simmons imprègne d’une rancĹ“ur punitive. Et s’il n’est pas le classique espĂ©rĂ©, s’il lui manque ce je-ne-sais-quoi pour trĂ´ner au panthĂ©on du genre, Dominique mĂ©rite d’ĂŞtre redĂ©couvert, ne serait-ce que pour la qualitĂ© de son interprĂ©tation : Cliff Robertson, magnĂ©tique Ă  souhait, y est dirigĂ© avec une sobriĂ©tĂ© formaliste par Michael Anderson.

le cinéphile du cœur noir 🖤
3èx. 25.02.26. Vostfr

mardi 16 février 2021

Run

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Aneesh Chaganty. 2020. U.S.A. 1h29. Avec Sarah Paulson, Kiera Allen, Pat Healy, Sara John, Tony Revolori 

Sortie salles : ? 

FILMOGRAPHIEAneesh Chaganty est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste indien naturalisĂ© amĂ©ricain, nĂ© en 1991 Ă  Hyderabad dans le Telangana. 2018: Searching : PortĂ©e disparue. 2020: Run. 

Coup de coeur tranchĂ© pour ce thriller hitchcockien menĂ© Ă  un rythme infernal, tant et si bien que je n'avais pas pris autant de plaisir masochiste face Ă  un suspense oppressant depuis les classiques Seule dans la nuit, Terreur Aveugle et bien Ă©videmment Misery auquel Run se rapproche le plus pour ces rapports amiteux entretenus entre la victime - impotente - et l'oppresseur psychotique. Sans trop dĂ©florer l'intrigue (si bien que je n'avais lu aucun synopsis afin de prĂ©server tout effet de surprise), Run nous illustre la confrontation tendue entre une mère prĂ©venante et sa fille paraplĂ©gique depuis sa naissance prĂ©maturĂ©e. Rien que le prologue, douloureux, un tantinet poignant et anxiogène nous annonce dĂ©jĂ  la couleur de son intensitĂ© dramatique (dĂ©libĂ©rĂ©ment en suspens !). Il s'agit donc d'un huis-clos intimiste, un survival tendu comme un arc que nous conte ensuite avec beaucoup de savoir-faire et de perspicacitĂ© Aneesh Chaganty (cinĂ©aste indien Ă  qui l'on doit Searching: PortĂ©e disparue, sĂ©rie B beaucoup plus conventionnelle et prĂ©visible pour un 1er essai). Et ce en accordant une scrupuleuse attention psychologiques aux profils  de ses personnages en proie au doute, Ă  la suspicion et Ă  l'apprĂ©hension la plus dĂ©rangeante auprès des liens filiaux. 

Ainsi, Ă  travers le brio du cinĂ©aste Ă  transfigurer sans artifices une sĂ©questration de longue haleine oĂą le sentiment de claustrophobie nous est admirablement communiquĂ© par la contrariĂ©tĂ© de la victime esseulĂ©e, Run est donc portĂ© par le talent indĂ©fectible de son duo fĂ©minin. Tant auprès de l'immense actrice Sarah Paulson (auquel je me rĂ©serve sciemment d'y dresser ici ses traits de caractère maternels) que de la jeune Kiera Allen portant le film Ă  bout de bras en handicapĂ©e pugnace (doux euphĂ©misme tant son parcours du combattant relève de gageure), de par sa rĂ©silience, son don d'observation et ses facultĂ©s corporelles Ă  se dĂ©pĂŞtre de ses chaines auquel elle est soudainement vouĂ©e dans sa nouvelle condition de claustration. Le spectateur s'impliquant promptement dans sa dĂ©tresse et son dĂ©sarroi particulièrement expressifs (ses crises d'asthme demeurant une torture viscĂ©rale pour le spectateur claustro !), notamment grâce Ă  son intelligence retorse Ă  dĂ©jouer les pièges de son embrigadement tout en dĂ©couvrant au fil de son investigation les secrets de son passĂ© et ceux de sa mère liĂ©e au trauma maternel. Ainsi donc, 1h25 durant, Aneesh Chaganty se prend un plaisir sadique Ă  jouer avec nos nerfs pour l'enjeu de survie intentĂ© Ă  la victime, puisque multipliant les stratĂ©gies de dĂ©fense et offensives avec une luciditĂ© forçant le respect (on est donc loin des agissements gogos de la victime potiche comme on a trop coutume d'en supporter dans les produits standard Ă  travers ses risibles clichĂ©s).


Un modèle du genre d'une efficacité optimale
.
Tour Ă  tour oppressant, intense, tendu et angoissant au fil d'une dĂ©rive morale davantage dĂ©lĂ©tère, Run ne nous laisse pas une seconde de retenue pour nous entrainer par la main dans l'introspection de la victime en perdition sous la mainmise d'un suspense Ă  couper au rasoir. Aneesh Chaganty parvenant en prime, et avec souci de perfection, Ă  contredire les codes du thriller horrifique auprès d'une intensitĂ© dramatique subitement bouleversante. C'est ce que nous rĂ©serve son Ă©pilogue Ă©tonnamment caustique Ă  travers l'antinomie de ses Ă©motions bipolaires lorsque Spoil ! la vendetta dĂ©cide de s'y imposer en guise d'exutoire Fin du Spoil.

10/10

*Bruno

lundi 15 février 2021

The Final terror

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

d'Andrew Davis. 1983. U.S.A. 1h24. Avec Rachel Ward, Daryl Hannah, Adrian Zmed, John Friedrich, Mark Metcalf, Joe Pantoliano.

Inédit en salles en France. U.S: 28 Octobre 1983

FILMOGRAPHIE: Andrew Davis est un rĂ©alisateur, producteur, Ă©crivain et directeur de la photographie amĂ©ricain nĂ© le 21 novembre 1946. 1978: Ă€ la maison avec Shields et Yarnell. 1978: Stony Island. 1983: The Final Terror. 1985: Code du silence. 1988: Au-dessus de la loi. 1989: Le paquet. 1992: Piège en Haute mer. 1993: Le fugitif. 1995: Voler gros voler peu. 1996: RĂ©action en chaĂ®ne. 1998: Un meurtre parfait. 2002: Dommages collatĂ©raux. 2003: trous. 2005: Just Legal. 2006: The Guardian. 

InĂ©dit en salles en France, The Final Terror est un survival mineur Ă  dĂ©couvrir d'un oeil aussi distrait que curieux. Car en dĂ©pit de son air de dĂ©jĂ  vu, de ses protagonistes transparents (dommage pour les illustres prĂ©sences fĂ©minines de Rachel Ward et Daryl Hannah) et de ses traditionnels clichĂ©s usuels au genre, cette modeste sĂ©rie B dĂ©gage un petit charme horrifique comme seules les annĂ©es 80 Ă©taient capables d'en susciter. Tant auprès de l'exploitation de son cadre forestier Ă  la vĂ©gĂ©tation florissante que de ses scènes horrifiques Ă  l'aura malsaine qu'une prĂ©sence invisible exĂ©cute dans l'art du camouflage. A rĂ©server toutefois aux afficionados de slasher car s'il demeure gentiment regardable, voir parfois mĂŞme (timidement) envoĂ»tant, il s'avère rapidement oubliĂ© sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique bouclĂ©. 


Merci Ă  Lupanars Visions
*Bruno

vendredi 12 février 2021

Les Nuits de l'Epouvante

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site www.cinemavintage.com

"La lama nel corpo / The Murder Clinic" de Elio Scardamaglia (as Michael Hamilton). 1966. Italie. 1h27. Avec William Berger, Françoise PrĂ©vost, Mary Young, Barbara Wilson, Philippe Hersent.

Sortie salles France: 11 Octobre 1967

FILMOGRAPHIEElio Scardamaglia est un rĂ©alisateur italien nĂ© le 27 Juillet 1920, dĂ©cĂ©dĂ© le 16 Mars 2001 en Angleterre. 1966: Les Nuits de l'Epouvante. 


Une excellente surprise que cette ultime contribution au Gothisme italien sombrĂ©e dans l'oubli depuis des dĂ©cennies. 
Totalement mĂ©connu si bien que j'ignorai son existence depuis sa conception en 1966, Les Nuits de l'Epouvante est l'unique oeuvre de l'italien Elio Scardamaglia. Un thriller horrifique transplantĂ© dans un cadre gothique d'une beautĂ© funeste que n'aurait reniĂ© le maestrio Mario Bava Ă  qui il rĂ©serve d'inĂ©vitables influences. Tant auprès de la posture vestimentaire du criminel sans visage, de la violence des meurtres (mĂŞme si hors-champ), d'une nature onirique aussi Ă©trange que féérique (principalement durant sa première demi-heure fertile en atmosphère lugubre), que de ses dĂ©cors domestiques magnifiquement Ă©clairĂ©s en interne d'un château de tous les dangers. Et pour cause, c'est au sein de cette clinique psychiatrique que des meurtres sont perpĂ©trĂ©s par un mystĂ©rieux assassin vĂŞtu de noir et affublĂ© d'un rasoir. Et ce en prĂ©sence de la nouvelle infirmière Marie et de l'hĂ´te Gisèle hĂ©bergĂ©e par le Dr Robert après que cette dernière fut victime d'un accident en calèche parmi son dĂ©funt mari. 


Ainsi, durant certaines nuits, une vĂ©nĂ©neuse prĂ©sence hante les lieux autour des malades et des gentes dames, quand bien mĂŞme le Dr Robert rend parfois visite Ă  une femme au visage tumĂ©fiĂ© confinĂ©e dans sa chambre secrète. Par consĂ©quent, si l'intrigue, simpliste et naĂŻve, s'alloue d'un air de dĂ©jĂ  vu auprès des rĂ©fĂ©rences Les Yeux sans Visage / L'Horrible Dr Orloff, Les Nuits de l'Epouvante parvient louablement Ă  sĂ©duire et Ă  duper le spectateur pris dans les mailles d'une intrigue perfide efficacement troussĂ©e et non avare de cruautĂ© burnĂ©e (n'importe quelle femme peut trĂ©passer Ă  tous moments, mĂŞme auprès des plus familières !). Le charme de cette modeste sĂ©rie B magnifiquement photographiĂ©e (tout du moins dans sa copie HD) Ă©manant de son esthĂ©tisme constamment envoĂ»tant, de la suspicion d'une galerie de personnages interlopes et d'une intrigue alerte  si bien que l'on ne s'ennuie pas une seconde. Quand bien mĂŞme on s'attache sans rĂ©serve aux personnages d'un charisme familier auprès des fans du genre, sans compter la beautĂ© radieuse de ses actrices italiennes se crĂŞpant le chignon pour un enjeu sentimental ou cupide.  


Au-delĂ  de ses conventions et du classicisme de son intrigue pour autant plaisante et ludique, les Nuits de l'Epouvante ne déçoit pas pour son honorable contribution au gothisme transalpin mâtinĂ© de thriller horrifique (que certains compareront au giallo). Constamment accrocheur, on s'efforce de dĂ©masquer l'identitĂ© de l'assassin parmi un dĂ©filĂ© de potentiels coupables plus ou moins complices d'une Ă©nigme sentimentale au romantisme dĂ©chu. Qui plus est, l'auteur parvenant, non sans une certaine dĂ©rision, Ă  conclure sa tragĂ©die romanesque par un happy-end finalement salvateur ! A dĂ©couvrir sans rĂ©serve. 

Remerciement chaleureux Ă  "L'Univers Etrange et Merveilleux du Fantastique et de la Science-Fiction"

*Bruno

vendredi 5 février 2021

La Mort caresse Ă  minuit

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"La morte accarezza a mezzanotte" de Luciano Ercoli. 1972. Italie/Espagne. 1h42. Avec Susan Scott, Simon Andreu, Peter Martell, Carlo Gentili, Claudie Lange, Luciano Rossi, Claudio Pellegrini.

Sortie salles Italie: 17 Novembre 1972

FILMOGRAPHIELuciano Ercoli, nĂ© Ă  Rome le 19 octobre 19291,2 et mort le 15 mars 2015 Ă  Barcelone, est un producteur, rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien. 1970 : Photo interdite d'une bourgeoise. 1971 : Nuits d'amour et d'Ă©pouvante, 1972 : La mort caresse Ă  minuit, 1973 : Troppo rischio per un uomo solo. 1974 : La police a les mains liĂ©es. 1974 : Il figlio della sepolta viva. 1974 : Lucrezia giovane. 1977 : La bidonata. 

Excellente surprise que ce giallo mĂ©connu inĂ©dit chez nous (tout du moins Ă  ce jour du 05/02/21), La Mort caresse Ă  Minuit conjugue le film policier et le thriller avec une efficacitĂ© probante eu Ă©gard de son dĂ©nouement Ă  twists un brin confus mais assez surprenant (suffit d'appuyer sur la touche "retour" quant aux tenants et aboutissants et tout devient plus clair). Le pitch: au moment d'accepter l'ingestion d'une nouvelle drogue hallucinogène par son ami journaliste Gio Baldi, Valentino imagine dans son dĂ©lire le meurtre d'une mystĂ©rieuse brune par un tueur au poing d'acier. Après avoir Ă©tĂ© trahie par son ami d'avoir publiĂ© des photos d'elle dans un journal Ă  sensation, Valentine dĂ©cide de mener son enquĂŞte afin de savoir si un crime eut rĂ©ellement lieu par cet Ă©trange assassin affublĂ© d'un poing Ă  pics d'acier. Quel aubaine de retomber parfois sur de petites pĂ©pites Ă  la rĂ©putation injustement timorĂ©e, tant et si bien que j'ignorai jusqu'Ă  prĂ©sent l'existence de ce Giallo rondement menĂ© Ă  travers son lot de poursuites, meurtres sanglants (mĂŞme si peu prĂ©sents Ă  l'Ă©cran), action et suspense mĂ©tronome de par l'investigation houleuse d'une femme en course contre la montre Ă  daigner identifier l'Ă©ventuel assassin. 

Etonnamment convaincant au niveau de son cast mĂ©connu, Susan Scott (Ă©pouse du rĂ©al Ă  la ville) porte le film sur ses Ă©paules avec une maturitĂ© autoritaire de par sa force de caractère parfois compromise par des machistes gouailleurs en concertation avec le trafic de drogue. On peut d'ailleurs relever l'aspect Ă©tonnamment cocasse de certaines situations de lĂ©gèretĂ© que Luciano Ercoli (Nuits d'amour et d'Ă©pouvante, la Police Ă  les mains liĂ©s) privilĂ©gie par moments en Ă©ludant toute forme d'Ă©rotisme comme le souhaite la tradition du genre. Pour autant, les actrices italiennes jamais dĂ©nudĂ©es demeurent toujours aussi ravissantes et les dĂ©cors urbains s'avèrent superbement exploitĂ©s au sein d'un rutilant scope. L'originalitĂ© de La Mort caresse Ă  Minuit Ă©manant surtout de son trait d'union au film policier et au thriller horrifique que l'auteur exploite efficacement du point de vue d'un joli portrait de femme Ă©mancipĂ©e en proie Ă  la rĂ©bellion. Et si certains spectateurs pourraient ĂŞtre un tantinet déçus par son manque de gore auprès des meurtres crapuleux (qui plus est assez peu nombreux), on reste toutefois impressionnĂ© par leur rĂ©sultante appuyĂ©e de zoom complaisant (notamment ce bout de cervelle dĂ©passant du crane d'une victime après avoir trĂ©buchĂ© d'un toit). Sans compter la fascination qu'exerce l'accoutrement atypique du tueur surveillant l'hĂ©roĂŻne Ă  divers moments fortuits. 

Constamment ludique, intrigant et captivant autour d'une intrigue sciemment complexe (durant la quasi totalitĂ© du mĂ©trage) mais heureusement explicative (mĂŞme si on peut sourire de certaines facilitĂ©s comme le souligne son prologue hallucinogène que l'hĂ©roĂŻne fantasme lors d'une rĂ©miniscence en trompe l'oeil), La Mort caresse Ă  minuit (titre lunaire aussi exquis qu'injustifiĂ©) demeure une excellente surprise dĂ©nuĂ©e de prĂ©tention quant Ă  l'ajout de traits d'humour faisant mouche. 

*Bruno

jeudi 4 février 2021

Vamp

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cineclap.free.fr

de Richard Wenk. 1986. U.S.A. 1h34. Avec Chris Makepeace, Grace Jones, Dedee Pfeiffer, Sandy Baron, Gedde Watanabe, Billy Drago, Francie Swif.

Sortie salles France: 29 Juillet 1987. U.S: 18 Juillet 1986

FILMOGRAPHIERichard Wenk est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© en 1956 Ă  Plainfield, New Jersey, USA. 2002: Wishcraft. 1999: Gary & Linda. 1994: Attack of the 5 Ft. 2 Women (tĂ©lĂ©film second segment). 1986: Vamp.


Sympathique B movie surfant sur la vague des films de "vampires pour rire" au coeur des annĂ©es 80, Vamp est exhumĂ© de l'oubli grâce Ă  son blu-ray commercialisĂ© chez nous. Aussi mineur soit-il, notamment faute d'un scĂ©nario rachitique dĂ©nuĂ© de suspense et d'intensitĂ©, et de  protagonistes juvĂ©niles dĂ©cervelĂ©s (Ă  l'instar du surjeu rigolard de l'acteur nippon Gedde Watanabe), Vamp bĂ©nĂ©ficie d'un joli dĂ©cor pailletĂ© Ă©clairĂ© de nĂ©ons roses / verts fluos, de cadrages obliques stylĂ©s et d'une ambiance d'Ă©trangetĂ© tantĂ´t envoĂ»tante (principalement auprès de sa sĂ©duisante première demi-heure), Ă  l'instar de son striptease gentiment baroque dĂ©hanchĂ© par la fĂ©line Grace Jones. Franchement dommage que cette dernière demeure d'ailleurs toujours plus discrète au fil d'une narration somme toute prĂ©visible, mĂŞme si on peut relever l'audace du rĂ©alisateur de se dĂ©barrasser du hĂ©ros principal Ă  mi-parcours. Sans surprises donc mais Ă©tonnamment charmant (notamment auprès du second-rĂ´le fĂ©minin Dedee Pfeiffer fraĂ®chement sĂ©millante en serveuse avenante, amoureuse de son ancien prĂ©tendant), Vamp se suit sans dĂ©plaisir auprès de la gĂ©nĂ©ration 80 nostalgique de leur Ă©poque rĂ©volue. On peut enfin relever Ă  titre subsidiaire la qualitĂ© (modeste) de ses FX et maquillages, notamment lors du règlement de compte final lors des offensives d'un des survivants affublĂ© d'une arbalète pour se dĂ©fendre contre l'assaillant. D'ailleurs, sans doute inspirĂ©s par sa scĂ©nographie Ă©rotico-festive, par l'armement de celui-ci ainsi que le look charnel de l'icone Grace Jones, Robert Rodriguez et Quentin Tarantino exploiteront brillamment le filon 10 ans plus tard avec l'hybride et tonitruant Une Nuit en Enfer.

* Bruno
3èx

Box office France: 60 345 entrĂ©es                           

Les Génies du Mal

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

LES GENIES DU MAL ("Evil Genius: The True Story of America's Most Diabolical Bank Heist") de Barbara Schroeder. Documentaire produit par Netflix, sorti en mai 2018.
 
4 parties de 50' approx. Saison 1. 


                                                                       "Pizza bomber".

Un livreur de pizza affublé d'un collier explosif autour du cou se dirige dans une banque pour braquer 250 000 dollars. A sa sortie, la police l'accueille en fanfare, mais la minuterie se déclenche et l'individu, davantage agité, prétend qu'il n'est qu'une victime et que la bombe va sans doute exploser. Les démineurs sont en chemin, mais un embouteillage ralenti leur course !

Deux jours plus tard, on retrouve un acolyte du braqueur, Ă©galement livreur de pizza, mort d'une overdose Ă  son domicile. 

Deux semaines plus tard, un homme contacte la police pour avouer qu'il a planquĂ© un cadavre dans son congĂ©lateur Ă  la demande de sa voisine, potentielle meurtrière atteinte de troubles mentaux bipolaires. On apprend ensuite que le braqueur avait livrĂ© des pizzas au domicile de cette dernière la veille de son attaque.  

L'affaire Brian Wells ne fait que commencer ! 


Fait-divers incongru truffĂ© de rebondissements impromptus jusqu'Ă  sa glaçante conclusion, Les GĂ©nies du Mal relate avec force et dĂ©tails l'Ă©quipĂ©e dĂ©lĂ©tère d'une bande de pieds-nickelĂ©s Ă  l'intelligence retorse par leur commune dĂ©termination de se railler de la police afin d'Ă©viter la peine de mort. Les frères Cohen auraient sans doute adorer mettre en scène ce synopsis aussi insolite que saugrenu, notamment en y dressant le portrait d'une misandre, ou plutĂ´t d'une veuve noire passĂ©e maĂ®tre dans l'art du bagout manipulatoire. 

Hypnotique Ă  travers son suspense implacable, constamment Ă©trange et inquiĂ©tant, voir parfois mĂŞme terrifiant (les nombreux entretiens avec Marjorie affublĂ©e d'un regard noir dĂ©tachĂ© Ă  la fois tumĂ©fiĂ© et mortifiĂ©) les GĂ©nies du Mal nous confronte Ă  l'un des crimes les plus bizarres et mystĂ©rieux que les Etats-Unis eurent connu (pour reprendre, non sans une certaine dĂ©rision, une tagline de The Texas Chainsaw Massacre). 


10/10
P.S: Un grand merci Corinne Phlippe ^^

mercredi 3 février 2021

Sanctions !

 

Roman Ă©crit par David Didelot, publiĂ© en DĂ©cembre 2020. 

Une expĂ©rience horrifique aussi intolĂ©rable et authentique que A Serbian Film et Cannibal Holocaust, ad nauseam. 

Pour la 1ère fois chez Strange Vomit Dolls, je me permets d'opĂ©rer ce petit Ă©cart, cette parenthèse "enchantĂ©e" afin de vous Ă©voquer le premier roman d'un nĂ©ophyte fĂ©ru d'amour du genre. Et ce en y Ă©cartant ma fameuse tagline: "quand on aime, on aime toujours trop". Car comment peut-on "aimer" de manière goulue un roman aussi extrĂŞme et hardgore ne reculant devant aucune limite ! Une intrigue rĂ©solument Ă©mĂ©tique donc conçue de l'esprit Ă©rudit d'un prof de français (dans sa vie professionnelle) qui, Ă  travers ce(tte) (docu-) fiction, prend sa revanche auprès de ses Ă©lèves les plus dissipĂ©s (le tueur est en l'occurrence prof de français !). Et ce en mode sardonique en roue libre jusqu'Ă  la gĂŞne occasionnĂ©e ! Ainsi, fĂ©ru de fougue et de passion pour le cinĂ©ma horrifique Ă  ses heures perdues (avec une prĂ©dilection pour nos artisans italiens si je ne m'abuse), David Didelot est un personnage aussi attachant que talentueux que j'ai eu la chance de rencontrer Ă  moult reprises lors du fameux Bloody Week-end d'Audincourt créé par LoĂŻc Bugnon. Une convention du cinĂ©ma Fantastique rĂ©unissant chaque annĂ©e des milliers de partisans en liesse pour leur divertissement fĂ©tiche. Mais lorsqu'il dĂ©cide d'Ă©laborer son premier roman chez Zone 52 Editions, David n'y va pas de main morte avec son parti-pris Ă  la fois draconien / hĂ©tĂ©rodoxe d'y repousser les limites du raisonnable. Car, Ă  l'instar des films maladifs Cannibal Holocaust, A serbian Film ou encore La Dernière maison sur la Gauche, Sanctions ! n'est surement pas conçu pour plaire au grand public afin de le caresser dans le sens du poil. Non, car comme le souligne le dos de la couv, Sanctions ! est Ă  rĂ©server Ă  un public averti, en y Ă©cartant l'ombre d'une provocation mercantile. Si bien qu'Ă©motionnellement parlant, et selon mon jugement de valeur (somme toute - hyper - sensible), j'ai ressenti le mĂŞme effet de dĂ©goĂ»t /fascination/rĂ©pulsion qu'avec The Human Centipede (1 et 2) et l'infamant A Serbian Film (dĂ©criĂ© aux 4 coins du monde). 


L'auteur traitant ici avec un talent de conteur hors-pair (l'intrigue reste passionnante de la 1ère Ă  la dernière ligne, avec en filigrane, une investigation haletante entre flics et lycĂ©ens peu recommandables) des thèmes du Snuf movie circulant sur le dark web avec un goĂ»t prononcĂ© pour la scatologie, la pisse, le sperme, le jus de chatte (comme il le prĂ©cise sans ambages frĂ©quemment) et le sang crapoteux que certains cinĂ©astes italiens ont su opĂ©rer lors de l'âge d'or des annĂ©es 80. Si bien que David s'emploie d'ailleurs en intermittence Ă  leur rendre hommage au grĂ© de divers clins d'oeil et mini rĂ©fĂ©rences que les amateurs auront plaisir Ă  se remĂ©morer Ă  travers des titres mĂ©morables que nos antagonistes miteux affectionnent dans leur collection Vhs. Et si dès le prĂ©ambule, il nous averti fissa du contenu extrĂŞme et trivial de cette dĂ©bauche de tortur'porn, renforcĂ©e qui plus est de rĂ©parties rustres dĂ©complexĂ©es, le reste demeure toujours plus Ă©prouvant quand au second rapt livrĂ© sans anesthĂ©sie. Autant avouer que Sanctions ! c'est du sĂ©rieux, du 1er degrĂ© inmontrable, de l'horreur d'Ă©gout comme rarement un auteur n'eut parvenu Ă  le dĂ©crire avec autant de dĂ©tails anatomiques et de vĂ©risme sordide. Si bien que David, littĂ©ralement habitĂ© par l'esprit dĂ©monial de ce couple en rut, viole notre esprit sans daigner nous demander pardon. Toute l'intrigue intimiste relatant avec une vĂ©ritĂ© psychologique extrĂŞmement dĂ©rangeante les exactions ludiques d'un couple d'amants obsĂ©dĂ©s par le cul et la viande ! Et pour un premier roman gore discrètement publiĂ©, on reste sidĂ©rĂ© par sa puissance de rĂ©alisme putrescent/olfactif d'après une galerie de personnages aussi passionnants que rĂ©voltants. David parvenant Ă  nous immerger dans l'esprit paraphile de ces personnages insolents avec une intensitĂ© Ă©motionnelle quasi insoutenable (on est parfois contraint de stopper la lecture pour se laver quelques secondes notre esprit de tant de dĂ©bauche pornographique). 


Donc voilĂ , Sanctions !, c'est du roman gore underground Ă  ne surtout pas mettre entre toutes les mains. Une expĂ©rience horrifique inusitĂ©e que l'insolent David Didelot retransmet avec une audacieuse et effrontĂ©e expression sadienne. Tout en se permettant d'y dĂ©noncer Ă  travers son rĂ©cit d'exploitation les dĂ©rives immorales d'un voyeurisme licencieux que certains internautes osent frauder en circulant sur les pages de web clandestin adeptes du Snuff. Entre appĂ©tence du cannibalisme et de la pĂ©dopornographie. Difficile d'en sortir indemne donc dans sa conjugaison des sentiments contradictoires d'Ă©panouissement lubrique et de jouissance nĂ©crophile dĂ©voilĂ©es ici dans une stricte intimitĂ© conjugale dĂ©nuĂ©e de vergogne. Un portrait inoubliable que de dĂ©peindre de la façon la plus bestiale cette monstruositĂ© humaine que notre sociĂ©tĂ© contemporaine engendra depuis l'Ă©closion des rĂ©seaux sociaux. 

*Bruno

Ci-joint lien pour le commander: http://zone52-web.blogspot.com/2020/12/collection-karnage.html