jeudi 9 septembre 2021

Borrower, le voleur de tĂŞtes

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site perdudansla5edimension.com

"The Borrower" de John Mc Naughton. 1991. U.S.A. 1h35. Avec Rae Dawn Chong, Don Gordon, Tom Towles, Antonio Fargas, Neil Giuntoli, Larry Pennell. 

Sortie salles U.S: 25 Mai 1991

FILMOGRAPHIE: John Mc Naughton est un réalisateur américain, né le 13 Janvier 1950 à Chicago. 1984: Dealers in Death. 1986: Henry, portrait d'un serial killer. 1991: Sex, drugs, Rock and Roll. 1991: The Borrower. 1993: Mad Dog and Glory. 1996: Normal Life. 1998: Sexcrimes. 2000: Condo Painting. 2001: Speaking of sex. 2004: Redliners. 2009: Backstabbers. 2013: The Harvest.


InĂ©dit en salles chez nous, Borrower est une pochette surprise horrifique de la part de John Mc Naughton, rĂ©alisateur du mythique Henry, portrait d'un Serial-Killer. Autrement dĂ©lirant, dĂ©calĂ© et dĂ©complexĂ©, Borrower empreinte la satire sociale avec un rĂ©alisme cartoonesque vitriolĂ© lorsqu'un extra-terrestre est condamnĂ© Ă  errer sur terre après avoir Ă©tĂ© jugĂ© de crimes par ses pairs. Mais contraint de changer de tĂŞte pour pouvoir rester en vie (Ă  un moment donnĂ©, sa tĂŞte explose soudainement !) il doit donc dĂ©capiter ses victimes au fil de son cheminement initiatique sur terre. Alors que la jeune inspectrice Diana Pierce et son co-Ă©quipier Charles Krieger enquĂŞtent sur cette sĂ©rie de crimes sauvages, un autre tueur (cette fois-ci terrien) Ă©chappĂ© de l'hĂ´pital est sur le point de se venger. HĂ©las, sur ce dernier point de digression, le rĂ©alisateur l'abandonne en cours de route si bien que l'on finit par omettre ce personnage trivial en dĂ©pit de sa rĂ©apparition soudaine cependant vite sacrifiĂ©e. SĂ©rie B horrifique du Samedi soir, comme le souligne son prologue dĂ©jantĂ© proche d'une sĂ©rie Z (la sentence juridique puis le corps Ă  corps entre un E.T insecte et son prisonnier banni de chez lui), Borrower cumule les effets-chocs et rebondissements musclĂ©s Ă  rythme mĂ©tronome. 


Dans la mesure oĂą notre E.T est contraint de s'approprier une nouvelle tĂŞte toutes les 10/15 minutes (le rythme s'accĂ©lĂ©rant progressivement au fil du rĂ©cit davantage vrillĂ© !), prĂ©texte pour Mc Naughton Ă  se dĂ©fouler sur les sĂ©quences chocs particulièrement gorasses et convaincantes. Les FX et maquillages demeurant suffisamment crĂ©dibles pour croire sans peine Ă  la nouvelle mĂ©tamorphose de l'E.T que chaque acteur endosse avec une mine patibulaire infaillible dans leur posture marginale atone. Sorte de SDF insalubre dont personne ne prĂŞte attention Ă  travers leur apparence de laissĂ©-pour-compte. Et s'il faut un petit temps d'adaptation Ă  se familiariser auprès des errances urbaines de notre E.T durant la 1ère demi-heure assez ordinaire, la suite s'avère plus intĂ©ressante et quelque peu captivante lorsque le rĂ©alisateur accorde beaucoup d'importance Ă  la faune urbaine Ă  la fois dĂ©saxĂ©e, dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e et incivilisĂ©e que cĂ´toie l'Ă©tranger stellaire au sein d'une sociĂ©tĂ© de stupre sevrĂ©e Ă  la pop-culture, au sexe, Ă  la criminalitĂ© et Ă  la drogue. Quand bien mĂŞme Mc Naughton boucle son rĂ©cit en suspens de manière Ă  la fois (sciemment) bâclĂ©e et dĂ©sordonnĂ©e en renouant avec l'exploitation d'une sĂ©rie B ludique Ă  l'ambiance survoltĂ©e. 


DrĂ´le de farce rĂ©crĂ©ative donc que ce Borrower, voleur de tĂŞte que John Mc Naughton façonne avec une certaine efficacitĂ© (passĂ©e la 1ère demi-heure) en conjuguant l'horreur sociale et cartoonesque avec un esprit caustique assez probant. 

*Eric Binford
3èx

mardi 7 septembre 2021

Supergirl

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jeannot Szwarc. 1984. U.S.A/Angleterre. 2h04. Avec Helen Slater, Faye Dunaway, Brenda Vaccaro, Peter Cook, Hart Bochner, Peter O'Toole, Mia Farrow, Simon Ward.

Sortie salles France: 10 Octobre 1984. U.S: 21 Novembre 1984

FILMOGRAPHIE: Jeannot Szwarc est un réalisateur français, né le 21 Novembre 1939 à Paris. 1973: Columbo: adorable mais dangereuse. 1975: Les Insectes de Feu. 1978: Les Dents de la Mer 2. 1980: Quelque part dans le temps. 1983: Enigma. 1984: Supergirl. 1985: Santa Claus. 1987: Grand Larceny. 1988: Honor Bound. 1990: Passez une bonne nuit. 1991: La Montagne de Diamants. 1994: La Vengeance d'une blonde. 1996: Hercule et Sherlock. 1997: Les Soeurs Soleil.


Pourquoi tant de haines ?
MassacrĂ© par la critique dès sa sortie et boudĂ© par le public si bien qu'il se solda par un inĂ©vitable Ă©chec commercial, Supergirl ne mĂ©ritait pas tant de mĂ©pris tous azimuts. Car s'il faut bien avouer que Jeannot Swarc a bel et bien conçu un nanar de luxe Ă  savourer indubitablement au second degrĂ©, Supergirl demeure aujourd'hui beaucoup plus charmant, attachant, stimulant, pĂ©tillant Ă  travers ses tentatives intègres de nous faire rĂŞver en mode artisanal. A l'instar des premiers vols expĂ©rimentaux de notre super-hĂ©roĂŻne blonde n'ayant rien Ă  envier Ă  ceux de son cousin Superman (que le dĂ©sormais lĂ©gendaire Christopher Lee marqua de son empreinte) tant le souffle fĂ©erique retranscrit Ă  l'Ă©cran nous gratifie la vue. Alors, ok, du point de vue du rĂ©cit ultra naĂŻf se rĂ©sumant Ă  l'affrontement redondant entre une sorcière des temps modernes et Supergirl se disputant l'enjeu d'un prince charmant (un jeune jardinier touchĂ© par la flèche empoisonnĂ©e de Cupidon - ou plutĂ´t de Selena ! -), Supergirl ne s'embarrasse guère de subtilitĂ© pour contenter avant tout un public jeune plus sensible Ă  leurs crĂ©pages de chignon que leurs parents non dupes de tant de naĂŻvetĂ© imbibĂ©e de romance Ă  l'eau de rose et de bons sentiments. 


Pour autant, et raison pour laquelle Supergirl est Ă  mon sens destinĂ© Ă  un public finalement FAMILIAL, le spectacle fantaisiste est scandĂ© du dynamisme des scènes d'actions plutĂ´t bien foutues avec ses FX tactiles, et de la spontanĂ©itĂ© des personnages pleinement investis dans leur rĂ´le respectif (au point parfois de jouer l'outrance pour certains d'entre eux). Mention majeure Ă  l'illustre Faye Dunaway rĂ©solument habitĂ©e par son rĂ´le de mĂ©chante tant l'actrice prend son rĂ´le très au sĂ©rieux Ă  travers l'artillerie de ses supers pouvoirs occultes qu'elle projette contre sa rivale 2h00 durant. Imperturbable et impassible, Ă©lĂ©gante et raffinĂ©e en mode dĂ©monial, Faye Dunaway vole donc effrontĂ©ment la vedette Ă  tout son entourage. Et ce en dĂ©pit de la nĂ©ophyte Helen Slater que je trouve aussi convaincante Ă  travers ses expression candides, ses interrogations morales de super-hĂ©roĂŻne en herbe peu Ă  peu motivĂ©e par le sens de la justice, de la bravoure et de l'initiation amoureuse. Quand bien mĂŞme le charme qu'elle nous suscite innocemment Ă  l'Ă©cran dĂ©pend aussi de la douceur de ses yeux bleus et de la blondeur de son brushing dans sa rutilante panoplie rouge et bleue. On n'en dira pas tant de la prĂ©sence incongrue de Brenda Vaccaro en adjointe gouailleuse, alter-ego primaire de Selena faisant office de faire-valoir risible, bien que la pilule passe un peu auprès de sa bonne humeur expansive. Et je ne parle mĂŞme pas du pauvre jardinier qu'Hart Bochner incarne avec une bonhomie puĂ©rile (c'est peu de le dire pour les sĂ©quences romantiques les plus nunuches !) dans sa fonction de victime intoxiquĂ©e par le sĂ©rum de l'amour. Mais on lui pardonne bien tant l'acteur atone se prĂŞte volontiers au jeu avec esprit bonnard. 


Un divertissement familial bonnard, entre naĂŻvetĂ© attendrie, facĂ©ties candides et fĂ©erie salvatrice. 
InĂ©vitablement maladroit, bancal et parfois ridicule sans toutefois jamais nous irriter ou nous blaser, Supergirl est un plaisir innocent comme on en voit très peu de nos jours. Un gros spectacle ratĂ© plein de charme, de fantaisies, d'actions et d'humour involontaire sous l'impulsion d'un casting hybride se prĂŞtant au jeu de la bande dessinĂ©e live avec franchise dĂ©complexĂ©e. Et rien que pour la prĂ©sence de l'attachante Helen Slater très Ă  l'aise en super-hĂ©roĂŻne novice, Supergirl mĂ©rite qu'on y replonge,  nostalgie Ă©motionnelle aidant faisant parfois Ă©clore une fĂ©erie divine (ses 1ers vols aĂ©riens sur Terre, oui j'insiste !). 

*Eric Binford
3èx

lundi 6 septembre 2021

Time Walker

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Tom Kennedy. 1982. U.S.A. 1h25. Avec Ben Murphy, Nina Axelrod, Kevin Brophy, James Karen, Austin Stoker, Darwin Joston, Antoinette Bower 

Sortie salles France: ?. U.SA: 19 Novembre 1982

FILMOGRAPHIE: Tom Kennedy est un rĂ©alisateur amĂ©ricain dĂ©cĂ©dĂ© le 7 DĂ©cembre 2011 Ă  West Hills, Los Angeles, California, USA. 1982: Time Walker. 


N'y allons pas par 4 chemins, et pour faire bref, Time Walker est un nanar oubliĂ© des annĂ©es 80 d'un intĂ©rĂŞt relativement limitĂ©, faute d'une poignĂ©e de personnages aussi stupides que puĂ©rils, d'un cheminement narratif tout tracĂ© (une fausse momie doit rĂ©cupĂ©rer 5 cristaux pour pouvoir retourner sur sa planète alors qu'un employĂ© de l'universitĂ© les a dĂ©robĂ©) et d'une rĂ©alisation approximative si bien qu'il s'agit de l'unique mĂ©trage de Tom Kennedy (dĂ©cĂ©dĂ© en 2011). Pour autant, et pour les fans indĂ©fectibles de nanar, Time Walker est Ă©maillĂ© de moments involontairement cocasses ou amusants, notamment grâce Ă  son doublage français outrancier faisant passer nos hĂ©ros pour des pieds nickelĂ©s dĂ©cervelĂ©s. Se laisse donc voir sans trop d'ennui, notamment en apprĂ©ciant quelques scènes chocs lorsque les victimes sont contaminĂ©es par le champignon de la momie (une moisissure verdâtre qu'il ne faut surtout pas tripoter au risque d'y nĂ©croser l'Ă©piderme). Reste surtout en mĂ©moire sa splendide affiche promotionnelle Ă  l'onirisme crĂ©pusculaire. 


*Eric Binford
3èx

vendredi 3 septembre 2021

Beautiful Girls

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com  

de Ted Demme. 1996. U.S.A. 1h52. Avec Timothy Hutton, Matt Dillon, Michael Rapaport, Noah Emmerich, Uma Thurman, Natalie Portman, Max Perlich, Annabeth Gish.

Sortie salles France: Direct to Dvd. U.S: 9 Février 1996

FILMOGRAPHIE: Edward Kern Demme dit Ted Demme est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 26 octobre 1963 Ă  New York (États-Unis), dĂ©cĂ©dĂ© d'un arrĂŞt cardiaque le 13 janvier 2002 Ă  Santa Monica. 1993 : Who's the Man? 1994 : Tel est pris qui croyait prendre. 1996 : Beautiful Girls. 1998 : La Loi du sang (Snitch / Monument Ave.). 1999 : Perpète (Life). 2001 : Blow. 2003 : A Decade Under the Influence (en) (documentaire, corĂ©alisĂ© avec Richard LaGravenese). 


Le bon vieux temps n'avait jamais semblé si bon !
 
InĂ©dit en salles chez nous, Beautiful Girls fait parti des meilleures romcoms des annĂ©es 90 selon mon jugement de valeur. Si bien qu'il laisse une empreinte en nous après plusieurs visionnages (j'en suis Ă  ma 3è fois ce soir). Romance Ă  l'eau de rose standard dĂ©nuĂ©e de personnalitĂ© ? Que nenni ! Beautiful Girls parvenant intelligemment Ă  se dĂ©marquer de l'ombre du produit superficiel de par la prestance des illustres comĂ©diens d'une sobre authenticitĂ© dans leur fonction de coeur Ă  prendre ou a reconquĂ©rir. Il faut dire que son Ă©patante distribution a de quoi aiguillonner le chaland lorsque Timothy Hutton, Matt Dillon, Michael Rapaport, Noah Emmerich, Uma Thurman, David Arquette, Lauren Holly et la juvĂ©nile Natalie Portman s'y succèdent Ă  parts Ă©gales avec une tendre humilitĂ©. Leurs tranches de vie donnant lieu Ă  des moments de tendresse et de drĂ´lerie lestement dosĂ©s Ă  travers un esprit de camaraderie faisant vibrer notre corde nostalgique auprès de leur crise trentenaire. Mais au-delĂ  du jeu sans ambages de ces derniers vibrants d'humanitĂ© pour leur commun dĂ©sagrĂ©ment Ă  tenter d'y consolider l'amour de leur vie, Ted Demme s'y entend pour les dessiner avec une fine attention en dĂ©pit de la simplicitĂ© de leurs situations intimistes. 


Des apartĂ©s et autres dissensions morales (et physiques) Ă©voquant les traditionnels thèmes de la peur de l'engagement et de vieillir, de l'immaturitĂ© des hommes en Ă©ternels ados souvent trop fascinĂ©s par l'apparence des femmes, de la fragilitĂ© des hommes et des femmes trahis par l'adultère. Beautiful Girls se focalisant sur cette bande de copains rĂ©unis le temps de quelques jours afin de faire le point sur leur situation sentimentale. Timothy Hutton dĂ©barquant dans son ancienne ville dans sa modeste carrure d'amant contrariĂ© ne cessant de douter de ses sentiments Ă©prouvĂ©s pour Tracy. Quand bien mĂŞme Umma Thurman dĂ©barque chez eux en invitĂ©e improvisĂ©e en Ă©veillant chez ces messieurs ce goĂ»t euphorisant que l'on ressent lors des premières rencontres amoureuses. Quant Ă  Nathalie Portman, elle explose l'Ă©cran du haut de ses 13 ans Ă  trois reprises Ă  travers ses ambigus rapports Ă  la fois tendres et amiteux envers Willie (Timothy Hutton) allègrement perturbĂ© par sa nature amoureuse d'une sincĂ©ritĂ© trouble pour son âge adolescent. Ces sĂ©quences intimistes bâties sur un jeu de sĂ©duction aussi amical que sentimental demeurant selon moi les moments les plus poignants et bouleversants grâce prioritairement Ă  l'expressivitĂ© prude de Nathalie Portman hyper attendrissante en ado pressĂ©e de grandir afin de cueillir le vĂ©ritable amour. Alors que Willie ose confier Ă  l'un de ses acolytes qu'il serait prĂŞt d'attendre ses 18 ans pour s'engager avec elle. Une rĂ©flexion Ă  la fois outrĂ©e et lunaire, un questionnement presque immoral  que Willie se torture dans sa quĂŞte idĂ©aliste d'y dĂ©nicher la perle rare. Mais tout rentrera dans l'ordre auprès de son initiation Ă  la sagesse d'esprit et Ă  la confiance en l'ĂŞtre aimĂ©. 


Plein de charme et de tendresse en y alliant romcom et film de copains, Beautiful Girls sonne juste en toute simplicité à travers l'humanisme tourmenté de cette poignée de protagonistes d'une sensibilité louablement gratifiante pour y parfaire leur destin amoureux. Son casting quatre étoiles irréprochable parvenant à nous faire omettre leur stature starisée sous l'impulsion d'une commune émotivité solidaire.
Oubliez donc vos préjugés pour laisser sa chance à ce joli moment d'émotions servi par la superbe musique de David A. Stewart.

*Eric Binford
3èx

jeudi 2 septembre 2021

Les Envahisseurs sont parmi nous

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site thevintagetoyadvertiser.org

"Strange Invaders" de Michael Laughlin. 1983. U.S.A. 1h34. Avec Paul Le Mat, Nancy Allen, Diana Scarwid, Michael Lerner, Louise Fletcher, Wallace Shawn, Fiona Lewis

Sortie salles France: 23 Octobre 1985. U.S: 16 Septembre 1983.

FILMOGRAPHIEMichael Laughlin est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain. 1981 : Strange Behavior. 1983 : Les envahisseurs sont parmi nous. 1986 : Mesmerized. 


Entre tous les univers, ils ont "hĂ©las" choisi le notre... 
Il y a de p'tits mĂ©trages sans prĂ©tention qui parviennent Ă  se bonifier avec le temps, et les Envahisseurs sont parmi nous fait parti de ceux lĂ . Si bien qu'Ă  l'Ă©poque de sa VHS locative (oh combien granuleuse !) je n'Ă©tais guère aussi enthousiaste et immergĂ© qu'Ă  ma revoyure actuelle. Car jouant la carte de la nostalgie Ă  travers l'hommage naĂŻf aux films d'extra-terrestres des annĂ©es 50, cette pure sĂ©rie B fleurant bon l'innocence et la simplicitĂ© dĂ©gage un charme envoĂ»tant auprès de sa trame somme toute classique mais attachante. Ainsi, de par ses maladresses constantes d'une rĂ©alisation perfectible mais oh combien sincère (Michael Laughlin est uniquement responsable de 3 mĂ©trages), et la bonhomie candide de ses comĂ©diens de seconde zone (mention spĂ©ciale Ă  l'inexpressif Paul Le Mat alors qu'il parvient miraculeusement Ă  imposer une prĂ©sence avenante en hĂ©ros en herbe de dernier ressort), les Envahisseurs sont parmi nous parvient Ă  nous plonger dans son univers surnaturel avec parfois un brin d'onirisme enchanteur (les sphères humaines fluorescentes voguant dans les airs). Pour ce faire, on reste plutĂ´t surpris par la qualitĂ© artisanale des effets-spĂ©ciaux et maquillages parvenant Ă  crĂ©dibiliser les mĂ©tamorphoses des extra-terrestres alors que leur vaisseau spatial en forme de gros cigare se fige dans le ciel sous un horizon magnifiquement rosĂ© (cachet féérique garanti !). 


Hommage assumé aux Envahisseurs créé par Larry Cohen et à cette pléthore de séries B bricolées parmi l'astuce de bouts de ficelle, les Envahisseurs sont parmi nous reprend le cheminement prosaïque du héros difficile à convaincre son entourage lorsque sa fille est retenue prisonnière de méchants E.T. Mais lors d'un concours de circonstances heureuses, et grâce à son investigation personnelle, Charles Bigelow s'entourera de mains secourables durant son périple. Tant auprès d'un témoin capital interné en psychiatrie, d'une journaliste (Nancy Allen toujours aussi charnelle) et d'une spécialiste d'études en OVNI, que de la présence subsidiaire de sa mystérieuse épouse disparaissant et apparaissant à sa guise. Mené sur un rythme soutenu, alors que certains évènements se précipitent un peu trop rapidement à travers son montage elliptique, le divertissement parvient agréablement à ranimer nos souvenirs d'antan lorsque nous étions fascinés, les yeux d'enfants pleins d'étoiles, par la Guerre des Mondes et les Envahisseurs de la Planète Rouge


Et si ce mĂ©trage plein de charme ne reste qu'un gentillet spectacle rĂ©solument mineur et inoffensif, l'amour, l'attention et l'intĂ©gritĂ© que portent le rĂ©alisateur Ă  ses personnages, Ă  son histoire, Ă  ses FX et Ă  sa bourgade rurale (soigneusement photographiĂ©e qui plus est) parvient Ă  redorer nos Ă©motions enfantines avec un sens de fascination fantasmagorique. 

*Eric Binford
2èx

mercredi 1 septembre 2021

Psychose Meurtrière

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"The Vagrant" de Chris Walas. 1992. U.S.A/France. 1h31. Avec Bill Paxton, Michael Ironside, Marshall Bell, Marc McClure, Mitzi Kapture, Colleen Camp.

Sortie salles France: ?. U.S: 16 Mai 1992

FILMOGRAPHIE: Chris Walas est un réalisateur américain, né en 1955 à Chicago, Illinois, U.S.A. 1989: La Mouche 2. 1990: Les Contes de la Crypte (Série TV, épisode: Till Death). 1992: Psychose Meurtrière.


Street Trash.
ComĂ©die horrifique oubliĂ©e des annĂ©es 90, Psychose Meurtrière nous relate l'Ă©preuve morale d'un cadre venant d'emmĂ©nager dans sa nouvelle demeure auquel un invitĂ© surprise lui rendra la vie impossible. Celui-ci insalubre (c'est peu de le dire) n'Ă©tant autre que le SDF du coin ne cessant d'apparaĂ®tre dans l'habitacle de sa demeure au point de rendre littĂ©ralement paranoĂŻaque son propriĂ©taire Ă  deux doigts d'effleurer la folie monomane. Tant et si bien qu'une des voisines de la bourgade est un jour retrouvĂ©e dĂ©coupĂ©e en morceaux ! Ainsi, la police dĂ©pĂŞchĂ©e sur place suspecte rapidement l'attitude erratique de Graham Krakowski, cadre timorĂ© incapable de s'opposer Ă  l'impĂ©riositĂ© de son patron sarcastique. RĂ©alisĂ© par Chris Walas, uniquement responsable du très honnĂŞte La Mouche 2, Psychose Meurtrière empreinte clairement la voie du cartoon live Ă  travers son lot de sĂ©quences dĂ©jantĂ©es oĂą chaque personnage lunaire ne cessera d'y martyriser ou de brocarder notre hĂ©ros repliĂ© dans l'impuissance la plus prĂ©judiciable. Chaque membre de son entourage, amical ou sentimental, n'accordant que peu de crĂ©dit Ă  son malaise obsessionnel d'y fustiger le malheureux vagabond tentant de survivre sur les trottoirs après avoir Ă©tĂ© trahi par sa hiĂ©rarchie professionnelle. 


Psychose Meurtrière
jouant la carte de la satire semi-parodique contre le capitalisme, le matĂ©rialisme et la bureaucratie du point de vue d'un cadre servile rĂ©duit en esclavage pour y prĂ©server sa place. A la fois dĂ©bridĂ©, cocasse, badin, puis quelque peu dĂ©concertant quant Ă  la tournure horrifico-cauchemardesque de sa trame vengeresse, Psychose Meurtrière inquiète et amuse tout en nous Ă©garant un peu en cours de route auprès de son parti-pris d'y communier les genres avec une ironie sardonique autrement outrĂ©e par moments. Le spectateur en proie au doute se questionnant sur la moralitĂ© nĂ©vrotique de Graham victime de persĂ©cutions et d'hallucinations (notamment auprès de ses crises de somnambulisme) auprès d'un SDF gouaillant le mĂ©chant tortionnaire. Et donc, en dĂ©pit de sautes d'humeur un tantinet dĂ©stabilisantes, Psychose Meurtrière dĂ©tonne intelligemment en semant le doute sous l'impulsion d'un Bill Paxton davantage malaisant Ă  travers son initiation Ă  l'affirmation et Ă  la rĂ©volte dans sa condition proscrite. On peut d'ailleurs parfois songer au cartoon survoltĂ© Mort sur le Grill, autre parodie vrillĂ©e concoctĂ©e avec amour, ferveur et astuces par le nĂ©ophyte Sam Raimi motivĂ© par l'hyperbole.


*Eric Binford. 
2èx

mardi 31 août 2021

L'Oeil du Tueur

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"White of the Eye" de Donald Cammell. 1987. Angleterre. 1h52. Avec David Keith, Cathy Moriarty, Alan Rosenberg, Art Evans, Michael Greene, Danielle Smith

Sortie salles France: 9 Mai 1987 (marchĂ© du film de Cannes). Angleterre: 19 Juin 1987

FILMOGRAPHIE: Donald Cammell est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et acteur anglais nĂ© le 17 Janvier 1934 in Edinburgh, Scotland, UK, dĂ©cĂ©dĂ© 24 Avril 1996 Ă  Hollywood, California, USA. 1999: The Argument (Short). 1999 U2: The Best of 1980-1990 (Video documentary) (video "Pride"). 1995 Wild Side (as Franklin Brauner). 1993 U2: Love Is Blindness (Video short). 1987 L'oeil du tueur. 1985 The Hooters: All You Zombies (Video short). 1984 U2: Unforgettable Fire (Documentary short) (video "Pride"). 1984 U2: Pride (In the Name of Love), Version 1 (Video short). 1977 GĂ©nĂ©ration Proteus. 1970 Performance. 


"L'amour est un séducteur qui vous caresse, vous charme, vous aveugle en faisant briller à vos yeux une promesse de bonheur, et qui tout à coup vous perce le cœur et laisse le poignard dans la blessure, pour que la rouille du souvenir l'envenime et vous fasse périr d'une mort lente."
ExploitĂ© chez nous en Vhs sous la bannière de Warner Home Video, l'Oeil du Tueur est l'archĂ©type idoine du prototype maudit de par son invisibilitĂ© et sa faible reconnaissance. Et ce bien qu'il me semble qu'Ă  l'Ă©poque Mad Movies l'eut dĂ©fendu dans sa rubrique video (Ă  moins de vĂ©rifier dans les pages de son confrère l'Ecran Fantastique). Ayant eu l'opportunitĂ© de le louer Ă  l'Ă©poque de mon adolescence, il me resta en mĂ©moire surtout pour son ambiance hors-pair et ses sĂ©quences chocs (dont celle hallucinĂ©e oĂą la victime est contrainte de se regarder agoniser face Ă  un miroir !!!) en dĂ©pit de mes vagues rĂ©miniscences. Je me souviens Ă©galement que l'animatrice Sangria en fit chaudement la promotion Ă  travers son Ă©mission culte "Les Accords du Diables" en reprenant louablement son prĂ©ambule meurtrier clippesque. Ainsi, Ă  la revoyure ce soir, quelle ne fut pas ma stupeur de me confronter Ă  un vĂ©ritable "coup de coeur" si bien que ce psycho-killer omis de tous ne ressemble Ă  rien de connu. On peut mĂŞme d'ailleurs Ă©voquer le terme "culte" tant le rĂ©alisateur british (crĂ©ateur entre autre du fameux Generation Proteus !); s'efforce de rendre hĂ©tĂ©rodoxe son thriller horrifique Ă  travers une rĂ©alisation Ă  la fois alambiquĂ©e, autonome et stylisĂ©e. Car expĂ©rimental, bizzaroĂŻde, envoĂ»tant, crĂ©atif, Ă©quivoque et inquiĂ©tant, l'Oeil du Tueur s'extirpe de la convenance de son intrigue linĂ©aire en privilĂ©giant une atmosphère indicible littĂ©ralement magnĂ©tique. Et ce sous l'impulsion d'un score musical parfois planant esquissant une poignĂ©e de personnages contrariĂ©s confrontĂ©s Ă  l'adultère. Ce qui m'a d'ailleurs Ă©voquĂ© Ă  plusieurs reprises le 6è Sens de Michael Mann, tant pour son ambiance onirico-morbide, son thème sur la famille et l'amour du couple que pour sa photo esthĂ©tisante extrĂŞmement chiadĂ©e si bien que selon une certaine source du net que j'ai pu entrevoir, la rĂ©alisateur aurait Ă©tĂ© autrefois peintre. 


Le rĂ©cit somme toute simpliste dĂ©crivant avec force visuelle et dĂ©tails Ă©sotĂ©riques les exactions d'un mystĂ©rieux assassin s'en prenant Ă  de jeunes femmes esseulĂ©es au sein de leur foyer en Arizona. La cadre naturel montagneux Ă©tant parfaitement exploitĂ© autour de villas huppĂ©es Ă  l'architecture contemporaine. Donald Cammell usant et abusant de zooms agressifs, plans tarabiscotĂ©s et longs travellings afin d'enrichir sa mise en forme constamment inventive, de manière Ă  rester sur le qui-vive de la future sĂ©quence impromptue Ă  venir. On peut d'ailleurs penser au cinĂ©ma d'Argento bien que l'Oeil du Tueur parvient aisĂ©ment Ă  se dĂ©gager de l'ombre de l'Ă©pigone Ă  travers sa personnalitĂ© de proposer au spectateur une sorte de voyage au bout de l'enfer mystique que l'on ne voit pas arriver. C'est d'ailleurs ce que nous confirme l'intrusion soudaine de sa seconde partie lorsque l'identitĂ© de l'assassin est subitement rĂ©vĂ©lĂ©e (en me suscitant un profond malaise mĂŞme si inĂ©vitablement on peut anticiper son vĂ©ritable profil). Tant et si bien que l'aspect autrement jouissif du film marginal Ă©mane de son imprĂ©visibilitĂ© Ă  Ă©mailler le rĂ©cit de sĂ©quences incongrues aussi stupĂ©fiantes que dĂ©concertantes. Comme le prouve Ă  nouveau son final explosif confinĂ© au coeur d'une carrière auquel les personnages lunaires rĂ©vĂ©leront un peu plus leur fĂŞlure morale Ă  travers leur frustration amoureuse et sexuelle. Et si l'Oeil du Tueur s'avère aussi captivant qu'Ă©tonnamment cosmique il le doit aussi largement Ă  la qualitĂ© indiscutable de sa distribution (David Keith / Cathy Moriarty - sosie blonde de Karole Rocher - en tĂŞte !) communĂ©ment impliquĂ©e dans leur fonction victimisĂ©e et/ou revancharde. Sur ce point essentiel les comĂ©diens font le job sans jamais dĂ©border si bien que l'on s'attache pleinement Ă  eux, mĂŞme auprès des plus nĂ©vrosĂ©s, pour ne pas dire des plus psychotiques. Le cinĂ©aste suscitant une rĂ©elle empathie auprès du thème du dĂ©pit sentimental tributaire d'un amour aveugle.


Bref, Ă  travers son format de sĂ©rie B Ă©tonnamment maĂ®trisĂ©e (alors que le rĂ©al très discret est surtout connu d'avoir enfantĂ© Generation Proteus !), l'Oeil du Tueur bouleverse les codes du psycho-killer avec autant d'intelligence que d'audaces en nous confrontant Ă  une Ă©trange confrontation cĂ©rĂ©brale entre victime(s) et tueur (je ne peux pas en dire plus au risque d'Ă©bruiter trop d'indices). Le tout baignant dans un esthĂ©tisme onirique franchement singulier de par la diversitĂ© harmonieuse des couleurs oĂą rien n'est laissĂ© au hasard du cadre (naturel ou domestique). A dĂ©couvrir d'urgence alors qu'une multitude d'images iconiques et de visage marquĂ©s vous resteront imprimĂ©s dans l'encĂ©phale.  

*Eric Binford
2èx 

vendredi 27 août 2021

Sweet Sixteen

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jim Sotos. 1983. U.S.A. 1h28. Avec Bo Hopkins, Susan Strasberg, Don Stroud, Dana Kimmel, Aleisa Shirley, Glenn Withrow

Sortie salles U.S: 16 Septembre 1983. Inédit en salles en France.

FILMOGRAPHIE: Jim Sotos est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain. 2011: Darla Z Live from Las Vegas (TV Special). 1991 Little Scams on Golf (Video short). 1989 L'HĂ©ritier de Beverly Hills. 1984 Hot Moves. 1983 Sweet Sixteen. 1976 Viol sans issue. 1976 The Super Weapon (Documentary) (co-director). 


En pleine vague du psycho-killer, l'inconnu Jim Sotos exploite le filon en 1983 avec Sweet Sixteen  scandĂ© d'une resplendissante affiche promotionnelle ! Un thriller horrifique donc, aussi mĂ©connu que peu renommĂ©, eu Ă©gard de son intrigue linĂ©aire mollement dĂ©peinte, et ce en dĂ©pit de son attachant casting de seconde zone (Bo Hopkins, Susan Strasberg, Don Stroud, Dana Kimmel) que Jim Sotos dirige hĂ©las maladroitement (mĂŞme si on a connu bien pire auprès de sĂ©ries Z standards). A l'instar du jeu tacitement complexĂ© de l'illustre Patrick Macnee peu Ă  l'aise dans celui du père gentiment autoritaire auprès des mâles en rut osant courtiser sa fille mythomane. Aleisa Shirley endossant sans trop d'ambiguĂŻtĂ© (en dĂ©pit de son goĂ»t pour le baratin afin d'attirer l'attention de l'entourage machiste) le rĂ´le de Melissa avec une sensualitĂ© rĂ©solument Ă©rotisante. Il faut dire que l'actrice juvĂ©nile dĂ©gage un charme naturel spĂ©cialement concupiscent dans son petit corps fluet aussi torride que dĂ©complexĂ© (d'oĂą le prĂ©sence de plusieurs scènes de nu que le spectateur reluque sans se culpabiliser d'un certain voyeurisme). Bref, sa tĂ©nĂ©breuse prĂ©sence charnelle, ses petits yeux lestement aguicheurs portent parfois leurs fruits Ă  travers certaines sĂ©quences d'intimitĂ© esseulĂ©e ou amoureuse que l'on observe avec modeste fascination. 


D'autre part, Sweet Sixteen dĂ©gage parfois un certain charme Ă  travers son ambiance horrifique feutrĂ©e (notamment auprès des sĂ©quences de nuit se dĂ©roulant dans la nature forestière) et auprès de son microcosme rural auquel une poignĂ©e de citadins y rĂ©sident dans la bonne humeur, l'entraide et la cordialitĂ© de par leur commune nativitĂ© rĂ©gionale. Or, le gros problème de cette sĂ©rie B jamais habile rĂ©side dans la structure approximative d'une intrigue guère passionnante en dĂ©pit de quelques Ă©clairs de violence. Des meurtres filmĂ©es en mode "Psychose" lorsque l'assassin dĂ©cime ses victimes d'un point de vue subjectif. L'enquĂŞte mollement dirigĂ©e par le shĂ©rif du coin (l'attachant Bo Hopkins fait ce qu'il peut Ă  travers ses mimiques avenantes ou autrement castratrices) demeurant peu convaincante quant aux maigres indices instillĂ©s parmi l'assistanat de ses propres enfants jouant aux dĂ©tectives en herbe. Quand bien mĂŞme pour y semer doute et suspicion auprès du cadre criminel (un ancien cimetière indien), on utilise le clichĂ© du racisme lorsque les ivrognes du coin (Don Stroud est Ă  sa place en grande gueule triviale) stigmatise la communautĂ© indienne auprès d'un père et de son fils qui n'avaient rien demandĂ©. 


En dĂ©pit de la bonne volontĂ© du rĂ©alisateur Ă  tenter de façonner un honnĂŞte psycho-killer, Sweet Sixteen est quelque peu plombĂ© par la langueur de son intriguĂ© guère captivante en dĂ©pit de ces aimables trognes qui se succèdent au cours de l'action et d'un final gentiment surprenant pour autant alourdi d'un ultime rebondissement Ă©culĂ©. On se rĂ©conforte tout de mĂŞme sur son ambiance horrifique parfois magnĂ©tique et sur le charme envoutant de l'actrice Aleisa Shirley (bien que mal dessinĂ© quant Ă  sa caractĂ©risation morale prĂ©mâchĂ©e) en y retenant avec amère mĂ©lancolie (de ce qu'aurait pu ĂŞtre le film s'il avait pu bĂ©nĂ©ficier d'une structure narrative plus solide !) l'entĂŞtante chanson "Melissa" interprĂ©tĂ©e par Frank Sparks
Fréquentable toutefois pour les afficionados cléments...

Remerciement Ă  Contrebande Vhs.

*Eric Binford

jeudi 26 août 2021

L'Eté de la Peur

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com


"Stranger in Our House" de Wes Craven. 1978. U.S.A. 1h30. Avec Linda Blair, Lee Purcell, Jeremy Slate, Jeff McCracken, Jeff East, Carol Lawrence, Macdonald Carey.

Diffusion TV US: 31 Octobre 1978. Sortie salles France: 31 DĂ©cembre 1980

FILMOGRAPHIE: Wesley Earl "Wes" Craven est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur, acteur et monteur nĂ© le 2 Aout 1939 Ă  Cleveland dans l'Ohio. 1972: La Dernière maison sur la gauche, 1977: La Colline a des yeux, 1978: The Evolution of Snuff (documentaire), 1981: La Ferme de la Terreur, 1982: La CrĂ©ature du marais, 1984: Les Griffes de la nuit, 1985: La Colline a des yeux 2, 1986: l'Amie mortelle, 1988: l'Emprise des TĂ©nèbres, 1989: Schocker, 1991: Le Sous-sol de la peur, 1994: Freddy sort de la nuit, 1995: Un Vampire Ă  brooklyn, 1996: Scream, 1997: Scream 2, 1999: la Musique de mon coeur, 2000: Scream 3, 2005: Cursed, 2005: Red eye, 2006: Paris, je t'aime (segment), 2010: My soul to take, 2011: Scream 4.


TĂ©lĂ©-film diffusĂ© dans certaines salles françaises et amĂ©ricaines grâce Ă  son succès sur les chaines NBC et CBS (si bien que j'ai eu l'aubaine de le dĂ©couvrir dans un cinĂ©ma de quartier en Ardèche Ă  l'aube de mon adolescence), L'EtĂ© de la peur porte la signature du maĂ®tre Wes Craven exploitant le filon de la sorcellerie avec une efficacitĂ© somme toute relative. Car nanar (ou navet) pour les uns, plaisir innocent pour d'autres, l'EtĂ© de la peur se situe entre ses deux contradictions selon mon jugement de valeur. Wes Craven usant de facilitĂ©s parfois trop triviales pour emporter l'adhĂ©sion Ă  nous convaincre de l'hostilitĂ© de cette jeune cousine que la famille Bryant accueille Ă  bras ouverts après que ses parents se soient tuĂ©s lors d'un mystĂ©rieux accident de voiture. Dès lors, une inimitiĂ© va rapidement s'installer entre les cousines Julia et Rachel que Linda Blair endosse avec une expressivitĂ© aussi attachante que naĂŻve. Cette dernière dĂ©couvrant beaucoup trop facilement les preuves et indices que Julia dissĂ©mine distraitement dans les chambres du cocon familial, sans compter ses crises colĂ©riques ou Ă©plorĂ©es un brin surjouĂ©es lors des moments les plus dramatiques. Quand bien mĂŞme on peut Ă©galement sourire de l'artifice grossier comme quoi une sorcière ne puisse apparaĂ®tre sur un clichĂ© après y avoir Ă©tĂ© photographiĂ©e, faute de son identitĂ© malĂ©fique. La rĂ©sultante de ce rebondissement prĂ©visible provoquant un non effet de surprise par son absence de crĂ©dibilitĂ©, voir par le produit de son humour involontaire. 


Pour autant, et assez curieusement, l'EtĂ© de la peur se suit sans trop d'ennui grâce aux caractères assez attachants des personnages inscrits dans l'unitĂ© familiale, Ă  son cadre bucolique solaire que l'on aimerait frĂ©quenter et Ă  quelques sĂ©quences-chocs assez rĂ©ussies. A l'instar de l'agression sauvage du cheval contre Julia recluse au bout du compte dans une voiture pour s'y protĂ©ger. Son intensitĂ© dramatique demeurant rĂ©aliste sous l'impulsion d'un habile montage assez dynamique. On peut Ă  nouveau souligner une autre sĂ©quence autrement grave lorsque Rachel trĂ©buchera de son cheval rendu erratique Ă  la suite d'une course hippique. Enfin, son final inopinĂ©ment spectaculaire s'alloue d'un parti-pris grand-guignol plutĂ´t rĂ©jouissant lorsque Julia, les yeux azur fluos soudainement mĂ©tamorphosĂ©s; dĂ©ploie ses talents destructeurs contre Rachel Ă  travers la chambre, la cuisine et la cave. Et ce avant d'amorcer une course-poursuite en voiture impeccablement menĂ©e pour tenter de sauver la mère de Rachel sillonnant une route nationale. On peut Ă©galement souligner la prĂ©sence assez crĂ©dible de Lee Purcell endossant la sorcière juvĂ©nile avec un charme insidieux sensiblement trouble et inquiĂ©tant. Ses crĂŞpages de chignon compromis avec Rachel demeurant gentiment amusants et ludiques Ă  travers leur permanent conflit d'autoritĂ© Ă  couteau tirĂ©. 


En dĂ©pit d'une intrigue prĂ©visible ultra simpliste parfois rehaussĂ©e d'une touche provocatrice (le thème de l'inceste) et de scènes chocs susnommĂ©es, l'EtĂ© de la Peur joue la carte de la sĂ©rie B tĂ©lĂ©visuelle avec une efficacitĂ© bonnard. Les interprĂ©tations enjouĂ©es de Linda Blair et de Lee Purcell permettant au fil du rĂ©cit d'entretenir un certain magnĂ©tisme moral Ă  travers leur confrontation pugnace faisant intervenir l'occulte de la sorcellerie.

Eric Binford
31.07.17
26.08.21. 4èx

mercredi 25 août 2021

The Brother from another planet

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site 

de John Sayles. 1984. U.S.A. 1h48. Avec Joe Morton, Daryl Edwards, Steve James, Leonard Jackson, Bill Cobbs, Maggie Renzi

Sortie salles France: 7 Septembre 1984

FILMOGRAPHIE: John Sayles est un rĂ©alisateur amĂ©ricain de films indĂ©pendants, nĂ© le 28 septembre 1950 Ă  Schenectady, New York (États-Unis). Il est Ă©galement scĂ©nariste, acteur, monteur et producteur. 1980 : Return of the Secaucus. 1983 : Lianna. 1983 : Baby It's You. 1984 : The Brother from Another Planet. 1987 : Matewan. 1988 : Les Coulisses de l'exploit. 1991 : City of Hope. 1992 : Passion Fish. 1994 : Le Secret de Roan Inish. 1996 : Lone Star. 1997 : Men with Guns. 1999 : Limbo. 2002 : Sunshine State. 2003 : Casa de los babys. 2004 : Silver City. 2007 : Honeydripper. 2010 : Amigo. 

Ofni oubliĂ© de tous si bien qu'il fait office d'arlĂ©sienne juste avant qu'il ne soit (très discrètement) Ă©ditĂ© chez nous en Dvd dans la collection "exploitation cinema", The Brother from another Planet est une oeuvre indĂ©pendante aussi intĂ©ressante qu'Ă©quivoque. Dans le mesure oĂą dĂ©nuĂ© d'intrigue, ce tĂ©moignage sociĂ©tal sur la communautĂ© noire du point de vue des minoritĂ©s nous dĂ©peint les dĂ©ambulations d'un extra-terrestre de couleur noir (avec des pieds aux ongles crochus !) tentant de se sociabiliser auprès des exclus, des marginaux et des tauliers dans la ville de Harlem. PortĂ© Ă  bout de bras par le jeu innĂ© de Joe Morton criant de vĂ©ritĂ© infantile par ses expressions infiniment candides, The Brother from another planet se suit comme un documentaire timidement cocasse, bizarroĂŻde (les mens in black tentant de le rapatrier sur leur planète !) et surtout singulier. Tant et si bien que l'on se demande quel est le vĂ©ritable message du film Ă  travers ce portrait fantaisiste d'un E.T black parvenant peu Ă  peu Ă  s'acclimater Ă  notre sociĂ©tĂ© contemporaine en dĂ©pit de la corruption, de la dĂ©linquance, de la prostitution et de la drogue qui empiètent son cheminement moral et initiatique. Oeuvre culte ne ressemblant Ă  nul autre mĂ©trage, The Brother from another planet a au moins le mĂ©rite de proposer au spectateur un divertissement mineur jamais conçu pour nous caresser et plaire au plus grand nombre mais plutĂ´t pensĂ© pour nous concocter une expĂ©rience humaine introspective par son vĂ©risme documentĂ©. A dĂ©couvrir Ă  condition d'y ĂŞtre bien prĂ©parĂ© et de le visionner en VOSTF...


*Eric Binford

mardi 24 août 2021

Le Voyage Fantastique de Sinbad

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

"The Golden Voyage of Sinbad" de Gordon Hessler. 1973. U.S.A/Angleterre. 1h45. Avec John Phillip Law, Caroline Munro, Tom Baker, Douglas Wilmer, Martin Shaw, GrĂ©goire Aslan. 

Sortie salles France: 25 Juin 1975. U.S: 5 Avril 1974. Angleterre: 20 DĂ©cembre 1973

FILMOGRAPHIE: Gordon Hessler est un rĂ©alisateur amĂ©ricain d'origine allemande nĂ© le 12 dĂ©cembre 1930 Ă  Berlin et mort le 19 janvier 2014 Ă  Londres. 1965 : Catacombs. 1969 : The Last Shot You Hear. 1969 : Le Cercueil vivant. 1969 : De Sade. 1970 : Lâchez les monstres. 1970 : Les Crocs de Satan (en). 1971 : Murders in the Rue Morgue. 1972 : Du rififi Ă  l'ambassade. 1973 : Medusa. 1973 : Scream, Pretty Peggy (en) (TV). 1974 : Panique dans le tĂ©lĂ©phĂ©rique (TV). 1974 : Hitchhike! (TV). 1974 : A Cry in the Wilderness (TV). 1974 : Le Voyage fantastique de Sinbad. 1974 : Betrayal (TV). 1976 : Atraco en la jungla. 1977 : The Strange Possession of Mrs. Oliver (TV). 1978 : Puzzle (TV). 1978 : Secrets of Three Hungry Wives (TV). 1978 : KISS Meets the Phantom of the Park (TV). 1979 : Tales of the Unexpected (TV). 1979 : Little Women (sĂ©rie TV). 1980 : The Secret War of Jackie's Girls (TV). 1981 : Evil Stalks This House (TV). 1984 : Escape from El Diablo. 1985 : Prière pour un tueur. 1987 : Rage of Honor. 1987 : The Misfit Brigade. 1988 : The Girl in a Swing. 1989 : Out on Bail. 1992 : Kabuto. 


2è opus de la trilogie Sinbad, le Voyage Fantastique de Sinbad demeure un bon spectacle d'aventures mythologiques grâce aux sensationnelles crĂ©atures de Ray Harryhausen efficacement exploitĂ©es durant tout le rĂ©cit. Et ce mĂŞme si certains effets cheap ternissent parfois le rĂ©alisme des confrontations hostiles entre monstres et humains, faute d'un montage pas toujours adroit et d'une volontĂ© maladroite de moderniser son contexte exotique au travers de grossiers dĂ©cors parfois mal assortis (notamment ses couleurs criardes trop fluos dans la grotte). On aurait par ailleurs optĂ© pour une intrigue plus riche et substantielle Ă  travers la simplicitĂ© du jeu de piste que s'opposent Sinbad et le sorcier Koura afin de rassembler trois amulettes pour acquĂ©rir pouvoir et richesse. Mais ne faisons pas toutefois la fine bouche puisque les monstres hĂ©tĂ©roclites qui se mĂŞlent au rĂ©cit sont efficacement exploitĂ©s en intermittence avec un pouvoir de fascination toujours aussi attractif ! Rien que pour leurs prĂ©sences Ă  la fois fĂ©eriques et cauchemardesques, le Voyage Fantastique de Sinbad vaut assurĂ©ment le dĂ©tour de par son acuitĂ© visuelle somme toute artisanale. Avec une prĂ©fĂ©rence pour la toute première crĂ©ature qui apparait dès le prologue, et fort louablement Ă  d'autres moments fructueux du rĂ©cit, le fameux "homunculus".


Petit monstre humain ailĂ© affublĂ© d'une queue de lĂ©zard et d'une tĂŞte dĂ©moniale oĂą l'on reste bluffĂ© par sa fluiditĂ© corporelle ! Niveau cast, on ne se plaindra pas de la conviction naturelle de John Phillip Law se fondant dans le corps du hĂ©ros vaillant avec une loyautĂ© honorable. Notamment de par sa noble valeur d'y respecter l'esclave fĂ©minine qu'endosse avec un Ă©rotisme timorĂ© l'inoubliable Caroline Munroe. Un personnage secondaire gentiment charmant car souvent inexpressif dans sa fonction subsidiaire de faire-valoir peu encline Ă  imposer ses opinions en dĂ©pit de la sagesse d'esprit de Sinbad. Des rapports hĂ©las mal dĂ©veloppĂ©s ou tout du moins pas assez aboutis afin de s'attacher Ă  leur liaison timidement sentimentale. Quant au rĂ´le du mĂ©chant, Tom Baker demeure assez confiant, dĂ©terminĂ© et dĂ©lĂ©tère Ă  arborer ses pouvoirs Ă  ses rivaux Ă  l'aide de sortilèges gĂ©nialement inventifs (icones de la mythologie Hindoue) sous la supervision du prodige Ray Harryhausen. Avec une prĂ©fĂ©rence pour la sĂ©quence finale binaire faisant intervenir un cyclope hybride mi-homme, mi-cheval, lors de la 1ère attaque contre l'esclave Margiana portĂ©e en sacrifice, quand bien mĂŞme une seconde crĂ©ature interviendra (furtivement) lors d'une nouvelle altercation que Sinbad s'empressera cette fois-ci de repousser Ă  l'Ă©pĂ©e.


Relativement ludique sans jamais atteindre le niveau de ses précédents classiques (Jason et les Argonautes, le 7è Voyage de Sinbad, Jack, le tueur de géants), Le Voyage Fantastique de Sinbad parvient toutefois fréquemment à fasciner (et donc à retenir l'attention) grâce au bestiaire animalier confectionné avec toujours autant d'amour et de souci du détail par Ray Harryhausen

*Eric Binford
4èx

lundi 23 août 2021

11:14

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Greg Marcks. 2003. U.S.A. 1h26. Avec Henry Thomas, Barbara Hershey, Clark Gregg, Shawn Hatosy, Hilary Swank, Patrick Swayze, Rachael Leigh Cook, Stark Sands, Colin Hanks, Ben Foster.

Sortie salles France: 1er DĂ©cembre 2004 (Int - 12 ans)

FILMOGRAPHIE: Greg Marcks est un acteur, scénariste et réalisateur américain né le 12 Août 1976 à Concord, Massachusetts, USA. 2009: Conspiration. 2003: Onze heures quatorze.

Avant-propos (wikipedia): Le terme mindfuck est un mot d'argot en langue anglaise pouvant Ă  la fois signifier, en tant que verbe, « induire quelqu'un en erreur », ou, en tant que nom commun, dĂ©signer quelque chose de dĂ©routant, qui suscite la confusion

Excellent film choral scindĂ© en 5 parties de façon dĂ©chronologique, 11:14 dĂ©bute par la virĂ©e nocturne de Jack Ă  bord de sa voiture alors qu'un cadavre s'Ă©crase soudainement sur son pare-brise après avoir Ă©tĂ© Ă©jectĂ© du haut d'un pont. Mais de manière inexpliquĂ©e, il dĂ©cide de se dĂ©barrasser du corps en le planquant dans son coffre. Or, la police Ă  proximitĂ© des lieux l'arrĂŞte pour un contrĂ´le de routine. Ainsi, 11:14 nous fera partager 1h20 durant le point de vue de divers personnages noctambules après que cet Ă©vènement dramatique s'y soit improvisĂ© de façon intempestive. Si bien qu'Ă  l'instar d'un Tarantino  rĂ©putĂ© pour sa mĂ©chancetĂ© corrosive, l'intrigue ne cesse de surprendre Ă  travers ses faux semblants après nous avoir interrogĂ© sur les tenants et aboutissants des personnages Ă©quivoques. Greg Marcks nous dressant une galerie de personnages inconsĂ©quents dans leur dĂ©marche criminelle ou dĂ©linquante qu'ils provoquent de manière irrĂ©flĂ©chie pour le compte de Cheri. 

Jeune aguicheuse du quartier que l'on abordera sous des angles plus limpides au fil des sketchs caustiques s'enchainant lors d'un concours de circonstances infortunĂ©es. 11:14 Ă©pousant la carte du divertissement sardonique au grĂ© d'une dramaturgie autrement plombante dans l'art et la manière de susciter l'empathie pour l'hĂ©roĂŻne frontalement culbutĂ©e par un van. Une intensitĂ© dramatique fructueuse instaurant une plus-value Ă  l'ensemble auprès de la caractĂ©risation psychologique des nombreux coupables. Ceux-ci, dĂ©loyaux, pleutres, sournois ou revanchards tentant de s'extirper de leur situation catastrophiste en ne comptant que sur leur indĂ©pendance chargĂ©e en risques de prĂ©judices. Les Ă©vènements abrupts et insolents se dĂ©roulant entre 10h54 et 11h14 en reconsidĂ©rant Ă  chaque fois l'action entrevue du point de vue d'un autre personnage que le cinĂ©aste aborde sous un angle plus explicatif quant Ă  ses vĂ©ritables motivations destinĂ©es Ă  contenter Cheri. Quand bien mĂŞme le père de celle-ci (incarnĂ© avec sobriĂ©tĂ© par Patrick Swayze) se la jouera dĂ©bonnaire en se chargeant de se dĂ©barrasser d'un autre cadavre pour la protĂ©ger. 


C'est toujours au mauvais moment... Que ça dérape...
Avec son Ă©patant casting Ă  la fois disparate et inattendue (Henry Thomas, Barbara Hershey, Clark Gregg, Shawn Hatosy, Hilary Swank, Patrick Swayze s'affrontant communĂ©ment dans l'apprĂ©hension et la contrariĂ©tĂ© instables), 11:14 ne nous laisse nul rĂ©pit Ă  travers cette escapade nocturne de tous les dangers oĂą l'Ă©quitĂ© et la morale mises Ă  mal y seront dĂ©dommagĂ©es par le Karma. Jouissif par son rythme endiablĂ© semĂ© de quiproquos, malentendus et bĂ©vues, 11:14 divertit sans rougir Ă  travers son insolent sarcasme en roue libre que l'intrigue amorce sans effets de manche.

*Eric Binford
2èx

vendredi 20 août 2021

Massacre Hospital

                                            
                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"X Ray / Hospital Massacre" de Boaz Davidson. 1982. U.S.A. 1h29. Avec Barbi Benton, Chip Lucia, Jon Van Ness, John Warner Williams, Den Suries.

Sortie U.S: 16 Juillet 1982

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Boaz Davidson est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur israĂ©lien nĂ© le 8 Novembre 1943. 1976: Lupo B'New York. 1978: Juke Box. 1979: La Boum AmĂ©ricaine. 1980: Graine d'Amour. 1981: Le Tombeur, le Frimeur et l'Emmerdeuse. 1981: Massacre Hospital. 1982: The Last American Virgin. 1983: Le Tombeur, le Frimeur et l'Allumeuse. 1986: Alex Holeh Ahavah. 1987: Dutch Treat. 1987: Mon Aventure Africaine. 1988: Salsa. 1988: Lool. 1990: Ochlim Lokshim. 1993: American Cyborg: Steel Warrior. 1994: Le Corps du DĂ©lit (tĂ©lĂ©-film). 1995: Lunarcop. 1997: Looking for Lola.


"Dans cet hôpital, votre prochaine visite pourrait être la dernière en camisole de force !"
Psycho-killer symptomatique des Eighties surfant sur l'unitĂ© de lieu d'Halloween 2 et de Terreur Ă  l'HĂ´pital central, successivement sortis un an au prĂ©alable, Massacre Hospital rĂ©exploite le concept du huis-clos hospitalier lorsqu'une jeune patiente s'y retrouve piĂ©gĂ©e parmi l'intrusion d'un dangereux maniaque. Et pour nous suggĂ©rer l'identitĂ© du prĂ©sumĂ© coupable, le prologue nous eut signalĂ© que 19 ans plus tĂ´t, Susan alors enfant, repoussa les avances d'un de ses camarades Harold face au tĂ©moignage de son petit ami de l'Ă©poque. Fou de jalousie, Harold assassina donc celui-ci par pendaison le jour de la saint-valentin ! (une scène-choc un tantinet audacieuse de par la finalitĂ© visuelle du meurtre infantile !). Aujourd'hui divorcĂ©e et mère d'une fille, elle part se rendre Ă  l'hĂ´pital pour y solliciter ses examens, quand bien mĂŞme un psychopathe est entrain d'empiler les exactions morbides. DĂ©munie et contrainte de rester cloĂ®trer dans sa chambre après l'inquiĂ©tant rĂ©sultat de ses analyses, elle tentera par tous les moyens de lui Ă©chapper au grand dam de la nĂ©gligence du corps mĂ©dical. Ainsi, jouant incessamment avec outrance dĂ©complexĂ©e sur le profil des faux suspects et situations d'angoisse en trompe-l'oeil, Boaz Davidson, rĂ©alisateur rĂ©putĂ© de Teen movies grivois (Juke Box, La Boum AmĂ©ricaine, le Tombeur, le frimeur et l'Emmerdeuse, le Tombeur, le frimeur et l'Allumeuse, c'Ă©tait lui !), manipule avec dĂ©rision le spectateur emportĂ© dans un vortex de situations toutes plus improbables les unes que les autres auprès de clichĂ©s dĂ©tournĂ©s en parodie. Tant et si bien que le spectacle borderline, dĂ©calĂ©, sciemment grotesque, vaut son pesant de cacahuète lorsque l'hĂ©roĂŻne (sublime topless plantureuse aux yeux verts infiniment ensorcelants !) s'efforce de convaincre soignants, mĂ©decins et malades qu'un dangereux psychopathe est entrain de dĂ©cimer un Ă  un les occupants en blouse blanche ! 


Or, l'hĂ©roĂŻne a un mal fou Ă  se faire entendre lorsque les mĂ©decins dĂ©cèlent sur ses radios une Ă©trange maladie potentiellement mortelle dont nous ne connaĂ®trons ni l'origine, ni la dĂ©nomination ! Le rĂ©alisateur s'Ă©ternisant Ă  suspecter les rĂ©sultats de ses radios d'après les tĂ©moignages de mĂ©decins aussi dubitatifs que perplexes ! D'oĂą le ressort comique qui en Ă©mane ! Quand bien mĂŞme malades et praticiens se comportement de manière Ă  la fois douteuse et suspicieuse Ă  reluquer sans complexe notre hĂ©roĂŻne ultra sexy dĂ©voilant par l'occasion son anatomie lors d'une sĂ©quence anthologique d'auscultation ! Ainsi donc, de par son rythme fertile ne laissant que peu de place aux temps morts, Massacre Hospital divertit en diable, entre sourire et rire aux lèvres de par l'extravagance des seconds-rĂ´les gĂ©nialement cabotins se raillant de la pauvre Susan avec perversitĂ© ou jalousie, et du tueur psychopathe dĂ©ployant une posture emphatique Ă  chacune de ses apparitions outrĂ©es (rehaussĂ©es d'un souffle haletant derrière son masque chirurgical). Etonnamment rĂ©alisĂ© avec un certain professionnalisme, Massacre Hospital n'est nullement la sĂ©rie Z que certains se sont empressĂ©s de cataloguer lors de sa discrète exploitation en Vhs (bien que largement dĂ©fendu dans la revue Mad Movies qui avaient tout pigĂ© Ă  son potentiel parodique). Si bien que l'on est d'autant plus surpris du jeu convaincant des acteurs, aussi ridicules ou dĂ©libĂ©rĂ©ment grotesques soient-ils dans leur fonction bĂŞta. Barbi Benton (mannequin, actrice, compositrice, personnalitĂ© de la tĂ©lĂ©vision et chanteuse amĂ©ricaine !!!) irradiant l'Ă©cran Ă  chacune de ses apparitions affolĂ©es en victime dĂ©munie suppliant vainement son entourage de lui venir en aide. Une actrice franchement Ă  l'aise dans son rĂ´le de rutilante potiche exploitant Ă  merveille son physique mannequin Ă  travers un naturel aguicheur dĂ©nuĂ© de provocation. Enfin, sa photo soigneusement saturĂ©e se prĂŞte Ă©lĂ©gamment Ă  l'ambiance hospitalière Ă  la fois lugubre et dĂ©jantĂ©e, qui plus est parfois exacerbĂ© d'un inexplicable climat ouatĂ© lors de corridors enfumĂ©s laissant peu Ă  peu transparaĂ®tre notre tueur irascible incapable de contenir ses pulsions meurtrières. Ce dernier redoublant de maladresse et d'insouciance Ă  planquer ses victimes ensanglantĂ©es dans des endroits souvent alĂ©atoires.  


Doctor in Love. 
Fans de psycho-killer pour rire, Massacre Hospital risque donc de vous amuser sans peine Ă  travers son melting-pot de poncifs et persos vrillĂ©s sciemment exploitĂ©s pour les singer en dĂ©rision sardonique. Complètement oubliĂ© et plutĂ´t mĂ©sestimĂ©, cette sĂ©rie B horrifique se permet Ă©galement de ponctuer son intrigue fantasque de meurtres parfois gores assez bonnards. Et rien que pour la prĂ©sence torride de Barbi Benton (elle aurait très bien pu postuler pour Looker de Michael Crichton !) le spectacle dĂ©cĂ©rĂ©brĂ© en vaut la chandelle ! 

P.S: la version Uncut est un simple rajout de scènes de dialogues.

Eric Binford
20.08.21. 4èx
25.02.15. 127 v