mercredi 26 juin 2024
Un été en louisiane / The man in the Moon
mardi 25 juin 2024
Furiosa : une saga Mad-Max / Furiosa: A Mad Max Saga
Sortie salles France: 22 Mai 2024 (Int - 12 ans). U.S: 24 Mai 2024 (Int - 17 ans).
FILMOGRAPHIE: George Miller est un réalisateur, scénariste et producteur australien, né le 3 Mars 1945 à Chinchilla (Queensland). 1979: Mad-Max. 1981: Mad-Max 2. 1983: La 4è Dimension (dernier segment). 1985: Mad-Max : Au-delà du dôme du Tonnerre. 1987: Les Sorcières d'Eastwick. 1992: Lorenzo. 1997: 40 000 ans de rêve (documentaire). 1998: Babe 2. 2006: Happy Feet. 2011: Happy Feet 2. 2014: Mad Max: Fury Road. 2022 : Trois mille ans à t'attendre (Three Thousand Years of Longing). 2024 : Furiosa : Une saga Mad Max (Furiosa: A Mad Max Saga).
Un seul visionnage ne suffit pas Ă en Ă©puiser les richesses insatiables. Tout vacille, secoue, dĂ©borde dans toutes les directions, avec une fascination presque charnelle. Chaque dĂ©tail inscrit dans le cadre nous aimante le regard, de gauche Ă droite, de bas en haut, dans un mouvement perpĂ©tuel, jusqu’Ă nous clouer Ă l’Ă©cran — comme un rĂŞve de gosse retrouvĂ©. C’est prĂ©cisĂ©ment ce que j’avais ressenti devant Mad Max 2, dĂ©couvert sur grand Ă©cran Ă deux reprises : une euphorie de tous les diables, une excitation capiteuse, sans cesse renouvelĂ©e.
Car si Fury Road demeure l’un des plus grands films d’action jamais rĂ©alisĂ©s, Furiosa le supplante Ă bien des Ă©gards : narration plus dense, antagonistes lunaires plus hauts en couleur, Ă©motion plus poignante, climat post-apocalyptique plus sombre, violence plus animale, scènes d’action encore plus jouissives, cintrĂ©es, inventives ; univers plus vaste, plus expressif, plus ramifiĂ©, malgrĂ© certains arrière-plans rocailleux en CGI.
Un (authentique) prĂ©quel truffĂ© de clins d’Ĺ“il astucieux Ă la saga motorisĂ©e « cinq Ă©toiles », prioritairement Mad Max 2 et Fury Road (notamment via une inversion des rĂ´les impartis), Furiosa dĂ©ploie des ambitions autrement dĂ©mesurĂ©es. Une jeune fille — faut-il prĂ©ciser qu’Anya Taylor-Joy s’approprie le rĂ´le par le non-dit, la seule acuitĂ© de son regard de braise impassible ? — arrachĂ©e Ă sa mère, est ballottĂ©e entre deux autocrates mĂ©galos en guerre pour un dĂ©sert livrĂ© Ă l’agonie.
George Miller se rĂ©approprie les codes de Mad Max (les cascades automobiles s’insèrent dans la narration avec une fluiditĂ© Ă couper au rasoir), et renouvelle son sempiternel discours sur la vengeance avec une intelligence sacrĂ©ment burnĂ©e, jusqu’Ă un dĂ©nouement gigogne, remarquablement imprĂ©visible, au risque de dĂ©router les spectateurs peu habituĂ©s Ă des divertissements aussi autonomes que rĂ©tifs aux conventions.
Et si Fury Road nous laissait sans voix par son imagerie furibarde, Furiosa double la mise — psychologiquement — en Ă©rigeant le superbe portrait d’une femme Ă©corchĂ©e vive en voie d’hĂ©roĂŻsme mythologique. Jamais avare de crĂ©ativitĂ© — comme toujours depuis des dĂ©cennies — George Miller relance les dĂ©s avec une maĂ®trise, un aplomb, une aisance dĂ©concertants pour ses 79 printemps (!).
Quant Ă la figure du mĂ©chant, tant iconisĂ©e au cinĂ©ma, c’est bien connu : « plus il est rĂ©ussi, meilleur le film sera ». Ici, on nous en offre deux pour le prix d’un. Chris Hemsworth, lui aussi, explose l’Ă©cran avec une force tranquille, une assurance sardonique, dĂ©testable, jubilatoire — fanfaron fourbe de tous les diables.
*Bruno
lundi 24 juin 2024
The Offence
Sortie salles France: 12 Septembre 2007. Angleterre: 11 Janvier 1972
FILMOGRAPHIE: Sidney Lumet est un réalisateur américain, né le 25 Juin 1924 à Philadelphie, décédé le 9 avril 2011 à New-York. 1957: 12 Hommes en colère. 1958: Les Feux du Théâtre. 1959: Une Espèce de Garce. 1959: l'Homme à la peau de serpent. 1961: Vu du pont. 1962: Long voyage vers la nuit. 1964: Le Prêteur sur gages. 1964: Point Limite. 1965: La Colline des Hommes perdus. 1966: Le Groupe. 1966: MI5 demande protection. 1968: Bye bye Braverman. 1968: La Mouette. 1969: Le Rendez-vous. 1970: Last of the mobile hot shots. 1970: King: A filmed record... Montgomery to Memphis. 1971: Le Dossier Anderson. 1972: The Offence. 1972: Les Yeux de Satan. 1973: Serpico. 1974: Lovin' Molly. 1974: Le Crime de l'Orient Express. 1975: Un Après-midi de chien. 1976: Network, main basse sur la TV. 1977: Equus. 1978: The Wiz. 1980: Just tell me what you want. 1981: Le Prince de New-York. 1982: Piège Mortel. 1982: Le Verdict. 1983: Daniel. 1984: A la recherche de Garbo. 1986: Les Coulisses du Pouvoir. 1986: Le Lendemain du Crime. 1988: A bout de course. 1989: Family Business. 1990: Contre Enquête. 1992: Une Etrangère parmi nous. 1993: l'Avocat du Diable. 1997: Dans l'ombre de Manhattan. 1997: Critical Care. 1999: Gloria. 2006: Jugez moi coupable. 2007: 7h58 ce samedi-là .
35 ans il eut fallu que pour que The Offence soit enfin visible chez nous en salles, précisément en 2007, faute de la société de distribution United Artists terrifiée par le résultat final. Et effectivement The Offence fait office de pavé dans la mare pour son climat blafard quasi irrespirable, pour sa violence verbale et physique en roue libre lorsqu'un flic à bout de nerf (pour ne pas dire en dépression nerveuse) se confronte au coupable présumé d'un violeur de fillette. Ainsi donc, en abordant le thème de la pédophilie avec un réalisme glaçant n'appartenant qu'au cinéma des Seventies, Sidney Lumet y extrait une réflexion sur le Mal et le refoulement auprès d'un affrontement psychologique d'une intensité davantage névralgique. Tant et si bien que passé le dénouement inqualifiable il demeure difficile de sortir indemne auprès de ce profil fragilisé par une horrible vérité.
Sean Connery, à contre-emploi drastique (euphémisme j'vous dit), incarnant un flic antipathique, violent, condescendant, discourtois avec une force expressive acharnée. Pour ne pas dire aux cimes de la folie. Comme s'il était contraint de supporter du poids de ses épaules tous les malheurs du monde. Tout du moins les exactions impardonnables d'un pédophile aussi rusé que gouailleur. Visuellement grisonnant, voir déprimant au sein de cette banlieue british afin de renforcer la noirceur opiniâtre du récit cauchemardesque chargé de dialogues difficiles, The Offence demeure d'autant plus singulier qu'il fait appel à une narration éclatée. Entre flash-back, visions d'effroi et instant présent au coeur d'un huis-clos toujours plus tendu et escarpé. A découvrir absolument donc avec l'évident avertissement que ce drame psychologique incroyablement rigoureux est à privilégier à un public préparé tant il dilacère les codes avec une franchise épeurante.
*BrunoMerci à Jean-Marc Micciche et Jérôme André-Tranchant
vendredi 21 juin 2024
Le Château des Amants maudits / Beatrice Cenci
Magnifique adaptation, le film oscille entre classicisme - par son traitement dĂ©pouillĂ© d’une horrible histoire familiale - et baroque, par sa mise en scène avisĂ©e, magnifiant chaque plan tel un tableau transalpin. Son climat historique, parfois au bord de l’onirisme surrĂ©aliste, demeure prĂ©gnant, hantant les allĂ©es et venues de personnages odieux, prĂŞts Ă toutes les trahisons pour survivre après avoir renversĂ© un patriarche tyrannique - Ă©tonnamment incarnĂ© par un Gino Cervi dĂ©testable, Ă contre-emploi de son Ă©ternel rĂ´le bougon dans la comĂ©die notoire Don Camillo.
Quant Ă Mireille Granelli (coproduction oblige, le film rĂ©unit la France et l’Italie), elle insuffle Ă son personnage proscrit une chair douloureuse, habitĂ©e d’une sobriĂ©tĂ© contrariĂ©e qui contraste avec sa beautĂ© discrète, veloutĂ©e et Ă©purĂ©e. Une Ă©trange beautĂ© candide, traversĂ©e de fragilitĂ© torturĂ©e, fruit d’une condition soumise Ă l’emprise d’un père abusif et sans vergogne.
Perle rare, mĂ©connue et oubliĂ©e, Le Château des amants maudits resplendit aujourd’hui de mille feux grâce Ă son Ă©dition Blu-ray chez Gaumont, qui lui offre une seconde jeunesse Ă l’orĂ©e de ses soixante-huit printemps, tandis que j’imprime ici mes impressions brĂ»lantes. Chaudement recommandĂ©, pour ne pas dire indispensable.
mercredi 19 juin 2024
Exposé / The House on Straw Hill / Trauma
Sortie salles Angleterre: Mai 76 (Classé X + Video Nasties).
FILMOGRAPHIE: James Kenelm Clarke est né le 5 février 1941 à Gloucestershire, Angleterre, Royaume-Uni. Il était réalisateur et producteur. 1974: Got it Made. 1976: Exposé. 1977: Hardcore. 1978: Let's get laid. 1983: Funny Money. 1985: Yellow Pages.
A réserver prioritairement aux bissophiles amateurs de curiosités oubliées (et introuvables), Exposé est une sympathique série B érotico-horrifique, aussi rachitique soit son contenu narratif. En gros, une jeune dactylographe est recrutée par un écrivain misanthrope au sein de sa demeure champêtre confinée à proximité d'un champs de paille afin d'y clôturer son dernier roman. Bientôt, des meurtres sauvages vont intenter à leur tranquillité. Classé X lors de sa sortie Outre-manche et estampillé "Video Nasties" (ces Vhs interdites de location), Exposé a de quoi faire sourire de nos jours pour sa violence sanguine peu crédible car dénuée d'effets spéciaux et ses séquences érotiques un tantinet effrontées qui ne choquera plus personne.
L'intérêt résidant dans la formalité de son atmosphère d'étrangeté assez immersive pour qui raffole des films d'ambiance aujourd'hui révolus (à quelques exceptions). Et si l'intrigue parfois bizarre (le sort des 2 violeurs, les hallucinations prémonitoires de Paul Watel dénuées de sens) a tendance à se répéter, faute d'une ossature linéaire dénuée de surprises (si bien que l'on voit venir à des kilomètres son twist escompté), Exposé est heureusement renforcé de sa réalisation assez personnelle et parfois expérimentale et du jeu inquiétant d'Udo Kier en écrivain chafouin accompagné de deux charmantes anglaises souvent dévêtues et aussi détachées que lui dans leur posture d'aguicheuse décomplexée au caractère pour autant expressif.
Exposé est donc à découvrir d'un oeil amusé bien qu'il reste bizarrement en mémoire sitôt le générique clos de par le vérisme de son atmosphère british assez indicible.
P.S: Commercialisé chez Bach Films dans une médiocre édition Dvd, la copie est hélas d'autant plus censurée de 2 minutes (le viol et le meurtre dans la salle de bain).
*Bruno19.06.24. 3èx. Vostf. Uncut.
lundi 17 juin 2024
I saw the TV Glow
Il y a des films, et puis il y a des expĂ©riences. I Saw the TV Glow appartient Ă cette seconde catĂ©gorie, plus autonome, plus crĂ©ative, plus personnelle, plus singulière. Ă€ mi-chemin entre Lynch et Cronenberg (VidĂ©odrome en Ă©tendard), I Saw the TV Glow explore le mal-ĂŞtre existentiel depuis la fissure adolescente, avec une sensibilitĂ© marginale, sans une once de moralisme. Si bien qu’au fil du cheminement tortueux, fragile, de deux adolescents taiseux, timorĂ©s, engloutis dans leur sĂ©rie fĂ©tiche — quasi fĂ©tichiste — le spectateur dĂ©rive, hypnotisĂ©, dans leur bad trip hallucinatoire, impuissant Ă dĂ©tourner le regard.
C’est dire si I Saw the TV Glow ensorcelle. Hypnotique, envoĂ»tant, aussi beau que malaisant, terriblement Ă©mouvant dans sa mĂ©taphore universelle : ce besoin irrĂ©pressible de fuir la rĂ©alitĂ© d’un quotidien mĂ©lancolique pour s’engloutir dans l’illusion tĂ©lĂ©visuelle, addictive, dĂ©lĂ©tère, fallacieuse. Par l’entremise de ce refuge cathodique, Ă la fois enivrant et troublant, se dĂ©ploie un discours sur le pouvoir de l’image, la nostalgie du souvenir et son emprise sur une psychĂ© dĂ©pressive, esseulĂ©e, suicidaire mĂŞme — que Jane Schoenbrun, cinĂ©aste transgenre, transfigure en un fantastique d’une imagerie onirique Ă damner un saint. Entre la quotidiennetĂ© rose fluo de ce duo zombifiĂ© errant dans une banlieue tranquille, et les bribes VHS qu’ils ressassent sur leur Ă©cran, règne The Pink Opaque.
Et si son final, sciemment ambigu, voire absurde (mais l’on se console dans la mĂ©taphore mĂ©taphysique), nous laisse autant subjuguĂ© que dĂ©sarmĂ©, I Saw the TV Glow brĂ»le l’encĂ©phale au fer rouge — qu’on adhère ou non.
*Bruno
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Le Devoir.
vendredi 14 juin 2024
Toutes les couleurs du vice / L'Alliance Invisible / Tutti i colori del buio
Sortie salles France: 3 Janvier 1974. Italie: 28 Février 1972.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sergio Martino est un réalisateur, producteur et scénariste italien né le 19 Juillet 1938 à Rome (Italie). 1970: l'Amérique à nu. Arizona se déchaîne. 1971: l'Etrange vice de Mme Wardh. La Queue du Scorpion. 1972: Toutes les couleurs du vice. 1973: Mademoiselle Cuisses longues. 1973: Torso. 1975: Le Parfum du Diable. 1977: Mannaja, l'homme à la hache. 1978: La Montagne du Dieu Cannibale. 1979: Le Continent des Hommes poissons. Le Grand Alligator. 1982: Crimes au cimetière étrusque. 1983:2019, Après la Chute de New-York. 1986: Atomic Cyborg. 1989: Casablanca Express. 1990: Mal d'Africa. Sulle tracce del condor.
"Ces jeunes qui flottent sont des proies parfaites pour les sectes et les mouvements extrĂ©mistes. Quand on ne sait pas qui on est, on est ravi qu’une dictature vous prenne en charge et, dès l’instant oĂą l’on se soumet Ă un maĂ®tre, Ă un texte unique, on devient fanatique." Boris Cyrulnik.
Tourné un an après l'Etrange vice de Mme Wardh, Toutes les couleurs du vice change de registre pour s'aventurer dans le thriller ésotérique eu égard de l'épreuve de force morale que Jane doit endurer afin de ne pas sombrer dans la folie. Car depuis la mort de sa mère et de son propre enfant, elle souffre d'hallucinations intermittentes où s'y conjuguent une communauté sectaire adepte du sacrifice ainsi que la filature d'un étranger patibulaire aux yeux bleus perçants (le grand - par la taille - Ivan Rassimov toujours intrigant à souhait à travers la force d'expression de son regard reptilien). Ainsi, en s'écartant du Giallo qui lui valu un joli succès, Sergio Martino nous structure ici une intrigue vénéneuse où cauchemar et réalité se télescopent sous le témoignage d'une victime en berne en paranoïa progressive. Fort de son climat de mystère constamment inquiétant et de cette foule de personnages équivoques que l'héroïne fréquente avec toujours plus de méfiance, Toutes les couleurs du vice nous immerge dans un cauchemar cérébral vertigineux si bien que le spectateur, pleinement identifié à son désarroi, ne parvient lui non plus à distinguer la chimère de la réalité.
C'est dire si la réalisation solide, d'autant plus émaillée de plages d'onirisme macabre saillantes, parvient à nous faire douter de ce que nous découvrons à travers le regard épeuré de Jane ne sachant plus vraiment vers quel soutien se vouer. Portant le film sur ses épaules charnues, Edwige Fenech, omniprésente, insuffle une solide expression fragile sous l'impulsion de sa psychose exponentielle d'être persécutée par son entourage et la secte marquée d'un oeil divin sur la peau en guise de tatoo emblématique. Quand bien même nous nous interrogeons notamment sur l'éventuelle complicité de l'époux de Jane souvent absent du cocon familial et possédant un étrange recueil de magie. Un personnage bicéphale, une part de mystère irrésolu que Sergio Martino se réserve de nous divulguer ouvertement jusqu'au générique de fin. Ainsi donc, sa scénographie sensiblement envoûtante et schizophrène nous expose nombre d'images patibulaires où horreur malsaine et suspense vertigineux se chevauchant avec une égale efficacité. Même si hélas la répétition des agressions et filatures auprès d'un personnage patibulaire s'y fait ressentir 1 heure durant.
Excellent thriller horrifico-cérébral soutenu du splendide thème solennel de Bruno Nicolai, Toutes les couleurs du vice traite des thèmes de l'emprise sectaire, de la cupidité et de la paranoïa à travers une narration labyrinthique jouant habilement de notre perception de la réalité. Si bien que nous nous interrogeons avec empathie sur la santé mentale de Jane péniblement ébranlée par le deuil et les conséquences pécuniaires qui en émanent.
*Bruno
31.08.22.
jeudi 13 juin 2024
Sous la Seine
Au vu des critiques assassines que j'ai pu lire et écouter, tant sur Youtube que sur Facebook, me suis décidé à le voir ce matin car à la base je n'étais pas vraiment emballé par ce projet improbable j'avoue alors que j'apprécie le cinéma de Xavier (et l'humain en tant que personnalité humble qu'il représente pour moi).
Et bien j'ai trouvé cela super sympa, sans provocation aucune.
Alors oui le schéma narratif est cousu de fil blanc indubitablement, on peut reprocher le côté caricatural de certains personnages (surtout les gentils militants écolos), l'absence d'intensité et de terreur, son montage maladroit pour les scènes d'action (alors que j'ai vu bien pire chez Fast and Furious par ex ou d'autres produits bourrins opportunistes). Mais pour moi l'intérêt est ailleurs car il s'agit d'un pur divertissement du samedi soir (comme il en pullulait lors des années VHS 80), dégingandé sans doute, certes, mais dénué d'aucune prétention, fun, ludique, voir même parfois jubilatoire. Tant pour le côté débridé, cocasse du génial concept "zinzin" que de certains personnages sciemment parodiés (la maire de Paris apparentée à Valérie Pécresse, ah c'te blague de Carambar).
J'ai lu aussi que l'image était dégueulasse, que Paris était mochement filmé. Ah bon ? On n'a pas du tout vu la même scénographie tant Xavier soigne cette imagerie urbaine ET sous-marine, tant il table sur son savoir-faire technique afin de rendre constamment efficace également sa narration éculée. Et puis j'ai lu aussi que les FX étaient désastreux ! ? Là encore je ne suis pas d'accord car les rares agressions d'attaques du squale (justement dosées puisque l'on mise d'abord sur l'attente, à l'instar du cinéma de Spielberg) m'ont réellement amusé, impressionné, voires même fasciné. Surtout auprès de son final catastrophiste génialement bordélique, tous azimuts. Même si j'aurai toutefois préféré des séquences chocs un peu plus longues, nombreuses et gorasses pour les arrachages de membres en bonne et due forme.
Et puis je reviens encore sur le concept d'y confiner un requin sous la seine (non mais allo quoi ! ah ah !). Rien que pour cela je trouve le film fréquemment fun, délirant et c'est justement cette idée saugrenue qui a fait que je suis resté constamment amusé, décomplexé par ce que je voyais sans jamais me prendre la tête comme beaucoup d'autres spectateurs ont pu le faire (à tort ou à raison). Et puis il ne faut pas oublier non plus que quand on aime réellement un film on voit les belles choses (plutôt que les mauvaises), en déposant parfois (sciemment ou non) son cerveau au vestiaire.
Au final donc il s'agit selon moi d'un bon divertissement du samedi soir que je reverrai d'ailleurs avec plaisir (innocent) en dépit de sa réputation railleuse pour moi injustifiée (ou si peu).
mercredi 12 juin 2024
Possession Meurtrière / The Possession of Joel Delaney
Sortie salles France: 23 Octobre 1974 (sortie limitée). U.S: 24 Mai 1972.
vendredi 31 mai 2024
The King Tide. Meilleur Film au Festival de l'Atlantique, 2023.
mardi 28 mai 2024
La Malédiction, l'Origine / The First Omen
Révision de La Malédiction : l'Origine, formidable surprise comme tout bon film d'horreur adulte qui se respecte, sous la forme d'une préquelle à la fois intelligente, humble et respectueuse de son matériau d'origine. Avec, en filigrane, une audacieuse et originale réflexion sur le fanatisme religieux à travers cette volonté délibérée de la parole divine de reconquérir son pouvoir auprès d'une populace inflexible ne croyant plus en l'avenir (tristement actuel, donc). Pour ce faire, elle brandit le spectre de l'Antéchrist, prêt à débarquer sur Terre dans une société à la morale cynique, afin que le Bien reprenne ses droits sur le Mal.
On peut d'autre part relever le soin apporté à sa réalisation appliquée, épaulée d'une photographie fastueuse et portée par quelques plans stylisés d'une élégance picturale à tomber à la renverse. Mais ce qui frappe finalement après révision de cette véritable préquelle (rien à voir, par exemple, avec le mensonger Massacre à la tronçonneuse : le commencement ou encore The Thing), c'est qu'elle respecte avec une rare honnêteté tout ce qui fut imprimé dans la trilogie initiale, tout en lui offrant un second souffle dans sa manière de traiter du satanisme à travers une imagerie sensuelle, parfois brutale et glaçante, sans jamais se livrer à la complaisance ni à la gratuité d'effets chocs éculés.
Ainsi, la réalisatrice Arkasha Stevenson s'autorise à nous forger quelques séquences chocs particulièrement couillues et détonantes, d'un réalisme dérangeant tel que l'on croit sans douter à l'impensable. Un climat d'autant plus malfaisant et déstabilisant, cultivant habilement l'inconfort sans céder à la facilité du grand-guignol, au gré d'un onirisme morbide particulièrement léché.
Porté à bout de bras par le talent naturel, si pur et candide, de Nell Tiger Free, toujours plus encline au doute et à la psychose face à ces événements improbables, La Malédiction : l'Origine réanime avec une efficacité inattendue nos peurs innées les plus profondes grâce à un esthétisme extrêmement ambitieux. Tout en nous alertant intelligemment sur les dérives d'un pouvoir religieux imposant son emprise sectaire par la terreur la plus couarde et irresponsable.
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vendredi 24 mai 2024
Civil War
Sortie salles France: 17 Avril 2024 (Int - 12 ans avec avertissement)
jeudi 23 mai 2024
Pauvres Créatures / Poor Things. Lion d'Or, Venise 2023.
Récompenses
Mostra de Venise 2023 : Lion d'Or29,30
BAFTA 2024 :
Meilleure actrice pour Emma Stone
Meilleurs décors
Meilleurs costumes
Meilleurs maquillages et coiffures
Meilleurs effets visuels
Golden Globes 2024 :
Meilleur film musical ou comédie
Meilleure actrice dans un film musical ou comédie pour Emma Stone
Oscars 2024 :
Meilleure actrice pour Emma Stone
Meilleurs décors et direction artistique
Meilleurs costumes
Meilleurs maquillages et coiffures

















