mardi 9 janvier 2018

SUPERMAN 3

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dcplanet.fr

de Richard Lester. 1983. U.S.A/Angleterre. 2h05. Avec Christopher Reeve, Richard Pryor, Jackie Cooper, Marc McClure, Annette O'Toole, Paul Kaethler.

Sortie salles France: 10 Août 1983. U.S: 17 Juin 1983

FILMOGRAPHIE: Richard Lester est un cinéaste américain né le 19 janvier 1932 à Philadelphie. 1962 : It's Trad, Dad! 1963 : La Souris sur la Lune. 1964 : Quatre garçons dans le vent. 1965 : Le Knack... et comment l'avoir. 1965 : Au secours! 1966 : Le Forum en folie. 1967 : Comment j'ai gagné la guerre.1968 : Petulia. 1969 : L'ultime garçonnière. 1973 : Les Trois Mousquetaires. 1974 : Terreur sur le Britannic. 1974 : On l'appelait Milady. 1975 : Le Froussard héroïque. 1976 : The Ritz. 1976 : La Rose et la Flèche. 1979 : Cuba. 1979 : Les Joyeux Débuts de Butch Cassidy et le Kid. 1980 : Superman 2. 1983 : Superman 3. 1984 : Cash-Cash. 1989 : Le Retour des Mousquetaires. 1991 : Get Back.


Faute d'un scĂ©nario Ă  la fois bâclĂ© et mal structurĂ© (l'Ă©laboration d'un super ordinateur conçu en un claquement de doigt pour dĂ©truire Superman quand bien mĂŞme ce dernier contaminĂ© par la kryptonite s'efforce de dĂ©jouer son double malĂ©fique, la romance mal ficelĂ©e entre lui et Lana, sa nouvelle compagne au mĂ©pris d'une Lois Lane faisant acte de figuration !?), d'un humour souvent lourdingue que Richard Pryor s'acharne Ă  rendre dĂ©sopilant en dĂ©pit de sa verve impĂ©tueuse et de son caractère bonnard, et de personnages stĂ©rĂ©otypĂ©s s'efforçant de jouer les mĂ©chants avec un racolage grossier  (malgrĂ© son professionnalisme, Robert Vaughn ne convainc pas dans la peau du milliardaire mĂ©galo), Superman 3 sombre dans la platitude. On se rĂ©conforte toutefois sur quelques moments rĂ©ussis, Ă  l'instar de son prologue inventif enchaĂ®nant une foule de gags cocasses que n'auraient pas reniĂ© Laurel et Hardy si bien que sa première partie nous vante une comĂ©die d'action festive, sur d'excellents effets-spĂ©ciaux parfois spectaculaires et originaux, puis enfin sur la prĂ©sence toujours symbolique du gĂ©nial Christopher Reeves en redresseur de tort volant (ses dĂ©placements aĂ©riens nous faisant encore rĂŞver, notamment grâce au charme de ses trucages artisanaux pour peu que l'on ait su prĂ©server son âme d'enfant).


FlinguĂ© par la critique de l'Ă©poque et accusant aujourd'hui le poids des annĂ©es en dĂ©pit des bonnes intentions de l'Ă©quipe du film (la manière leur fait tant dĂ©faut !), Superman 3 est Ă  revoir d'un oeil distrait auprès de la gĂ©nĂ©ration 80, avec peut-ĂŞtre une perle de larme nostalgique eu Ă©gard du sympathique ratage prioritairement rĂ©servĂ© aux enfants. 

* Bruno
3èx

lundi 8 janvier 2018

Never let me go / Auprès de moi toujours.

                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lecoindescritiquescine.com

de Mark Romanek. 2010. U.S.A/Angleterre. 1h44. Avec Keira Knightley, Carey Mulligan, Andrew Garfield, Charlotte Rampling, Isobel Meikle-Small, Charlie Rowe.

Sortie salles France: 2 Mars 2011. U.S: 15 Octobre 2010

FILMOGRAPHIEMark Romanek est un réalisateur américain né le 18 septembre 1959 à Chicago. 1985 : Static. 2002 : Photo Obsession. 2010 : Never Let Me Go. 2011 : Locke & Key (TV).


"Ce que je me demande, c'est si notre vie a été tellement différente de la vie des personnes que nous sauvons, nous terminons tous. Peut-être qu'aucun d'entre nous ne comprends réellement ce qu'il a vécu et que personne n'a eu le sentiment d'avoir eu assez de temps."

Echec commercial Ă  sa sortie, peut-ĂŞtre faute de la langueur de son climat monocorde pour autant terriblement magnĂ©tique, Never let me go est une oeuvre tout simplement magnifique quand on traite avec autant de tact que de pudeur de la fragilitĂ© de l'existence et de la fuite inextinguible du temps s'Ă©tiolant un peu plus chaque jour. 

Le Pitch: Dans un internat privĂ© d'une discipline drastique, la petite Cathy tombe amoureuse de Tommy. Mais jalouse de leur Ă©ventuelle future relation, une de ses amies, Ruth, courtise fissa ce dernier. 10 ans plus tard, ils se retrouvent tous trois aux cottages en attendant leur triste destinĂ©e de donneurs d'organes. 


Drame social nous alertant des dĂ©rives du clonage d'un point de vue prophĂ©tique, mĂ©lo bouleversant d'une pudeur infinie quant Ă  la rĂ©serve sentimentale des personnages, Never let me go empreinte l'anticipation de manière aussi bien rĂ©aliste qu'originale (puisque sans esbroufe) quant au traitement inhumain imparti aux clones humains faisant Ă©cho Ă  la mĂ©lancolie existentielle des RĂ©plicants de Blade Runner. SublimĂ© des prĂ©sences chĂ©tives de Keira Knightley, Carey Mulligan (Meilleure actrice au British Independent Film Awards 2010) et Andrew Garfield (Meilleur acteur au Evening Standard British Film Awards), ceux-ci parviennent avec leur charisme sans fard Ă  imprimer une intensitĂ© dramatique. De par leur flegme oĂą le non-dit en dit long sur leur pessimisme moral, leur espoir Ă  se raccrocher au temps au fil de quelques annĂ©es (le fameux "sursis" Ă©ventuellement offert aux couples amoureux), et par l'Ă©lĂ©gance de sa mise en scène suggĂ©rant plus qu'elle ne montre. Baignant dans un climat bucolique d'un onirisme naturel sous l'impulsion d'une modeste partition au clavecin, Never let me go nous fait partager les Ă©tats d'âme sentencieux de ce triangle amoureux contraint de vivre avec une angoisse toujours plus viscĂ©rale le jour fatal de leur transplantation. A l'instar du condamnĂ© Ă  mort confinĂ© isolĂ©ment dans sa cellule avec l'attente interminable du jour propice de sa mort. Ainsi, Ă  travers leur cheminement d'errance morale oĂą l'amour et la mort font preuve d'inĂ©quitable cruautĂ©, Mark Romanek nous interroge sur la comprĂ©hension, le but de l'existence par le biais d'une temporalitĂ© furtive si bien que la vie pourrait avoir plus de valeur auprès de l'amour de sa vie.


A la fois poignant et bouleversant Ă  travers une Ă©motion dĂ©pouillĂ©e somme toute fragile, de par le talent intègre des jeunes interprètes et l'Ă©pure de sa rĂ©alisation avisĂ©e, Never let me go cultive au final une infinie tristesse auprès de l'exploitation sans vergogne de ces cobayes humains confrontĂ©s au sacrifice d'une bonne cause (celle de sauver d'autres vies qu'ils n'approcheront jamais). Terriblement sensible, dur et douloureux (pour ne pas dire Ă©prouvant lors des chirurgies sobrement concises), Never let me go est un poème existentiel nous conviant Ă  "aimer" et prĂ©server l'ĂŞtre cher condamnĂ© demain Ă  disparaĂ®tre en un battement de cil. L'atavisme de la mort finissant par nous enseigner qu'il est urgent de s'enlacer. 

* Bruno
25.02.25. 3èx. Vost

Récompenses: British Independent Film Awards 2010 : Meilleure actrice pour Carey Mulligan
Evening Standard British Film Awards 2011 : Meilleur acteur pour Andrew Garfield
Saturn Awards 2011 : Meilleur acteur dans un rĂ´le secondaire pour Andrew Garfield

vendredi 5 janvier 2018

La Chambre des Tortures / The Pit and the Pendulum

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fr.wikipedia.org

de Roger Corman. 1961. U.S.A. 1h20. Avec Vincent Price, John Kerr, Barbara Steele, Luana Anders, Antony Carbone.

Sortie salles France: 9 Juin 1965. U.S: 12 Août 1961

FILMOGRAPHIE: Roger Corman est un cinéaste américain, né le 5 avril 1926 à Détroit, Michigan
1955: Day the World Ended. 1956: It's Conquered the World. 1957: Rock all Night. 1957: l'Attaque des Crabes Géants. 1957: Not of this Earth. 1957: Vicking Women. 1957: The Undead. 1958: War of the Satellites. 1958: She-Gods of Shark Reef. 1958: Swamp Women. 1958: Teenage Caveman. 1958: Mitraillette Kelly. 1959: Un Baquet de Sang. 1960: La Petite Boutique des Horreurs. 1960: La Chute de la Maison Usher. 1961: Ski Troop Attack. 1961: La Chambre des Tortures. 1961: Atlas. 1962: The Intruder. 1962: l'Enterré Vivant. 1962: l'Empire de la Terreur. 1962: La Tour de Londres. 1963: Le Corbeau. 1963: La Malédiction d'Arkham. 1963: l'Horrible cas du Dr X. 1963: l'Halluciné. 1964: Le Masque de la Mort Rouge. 1964: l'Invasion Secrète. 1965: La Tombe de Ligeia. 1965: Not of this Earth. 1966: Les Anges Sauvages. 1967: l'Affaire Al Capone. 1967: The Trip. 1970: Bloody Mama. 1971: Gas-s-s-s. 1971: Le Baron Rouge. 1990: La Résurrection de Frankenstein.

 
Seconde adaptation d’un roman de Poe après la splendide Chute de la maison Usher, La Chambre des Tortures se rĂ©vèle moins aboutie que son aĂ®nĂ© et que les futurs classiques immuables que seront Le Masque de la mort rouge et La Tombe de Ligeia. Pourtant, grâce au savoir-faire de Roger Corman, pĂ©tri d’un amour minutieux pour sa scĂ©nographie gothique, La Chambre des Tortures maintient l’intĂ©rĂŞt : intrigue horrifico-policière efficace - malgrĂ© quelques dĂ©tours prĂ©visibles -, dĂ©cors flamboyants, photographie sĂ©pia envoĂ»tante, et distribution prestigieuse au charme noir.

Le pitch : Après avoir appris la mort de sa sĹ“ur, disparue dans d’Ă©tranges circonstances, Francis Barnard se rend chez son beau-frère, Nicolas, propriĂ©taire d’un château dressĂ© face au littoral. Mais au fil des nuits, des phĂ©nomènes inexpliquĂ©s accablent Nicolas, dĂ©jĂ  hantĂ© par la disparition de son Ă©pouse dont il se croit responsable. MĂ©fiant, Francis mène sa propre enquĂŞte pour dĂ©masquer l’auteur de ces manifestations troublant la fragile tranquillitĂ© des lieux.


Jouant la carte de l’investigation teintĂ©e de surnaturel que l’on devine retors, La Chambre des Tortures nous immerge dans un cauchemar gothique sous l’influence du gĂ©nial Vincent Price. Cabotin en diable, il se rĂ©gale Ă  incarner une victime mĂ©lancolique, meurtrie et fragile, Ă©crasĂ©e par l’amour dĂ©vorant qu’il portait Ă  sa femme et par le traumatisme d’enfance d’une mère enterrĂ©e vivante. Mais chut : inutile d’en dire davantage pour savourer ce jeu de sĂ©duction macabre et la prĂ©sence sĂ©pulcrale de l’incroyable Barbara Steele, dont l’apparition scelle un final de 25 minutes haletantes et passionnantes.


Formellement Ă©lĂ©gant, ludique puis insidieusement sarcastique - surtout dans sa dernière partie, aussi cruelle que dĂ©bridĂ©e -, La Chambre des Tortures demeure solidement construit, substantiel dans son suspense et habile dans son inversion des rĂ´les “victimes/coupables”. Une architecture gothique au stylisme onirico-macabre parfois saisissant, comme ce cadavre momifiĂ© Ă  l’expression figĂ©e dans la terreur. Un incontournable, dans l’Ă©vidence noire de Corman.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

08.12.25. 5èx
08.03.24. Vostf

jeudi 4 janvier 2018

LE DINER DE CONS

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Francis Veber. 1998. France. 1h17. Avec Jacques Villeret, Thierry Lhermitte, Francis Huster,
Daniel Prévost, Alexandra Vandernoot, Catherine Frot, Edgar Givry.

Sortie salles France: 15 Avril 1998.

FILMOGRAPHIE: Francis Veber est un réalisateur, scénariste, dialoguiste et producteur français, né le 28 Juillet 1937 à Neuilly sur Seine. 1976: Le Jouet. 1981: La Chèvre. 1983: Les Compères. 1986: Les Fugitifs. 1989: Les 3 Fugitifs. 1992: Sur la corde raide. 1996: Le Jaguar. 1998: Le Dîner de con. 2000: Le Placard. 2002: Tais-toi ! 2006: La Doublure. 2008: L'Emmerdeur.


Vaudeville hilarant menĂ© Ă  un rythme tempĂ©tueux sous l'impulsion d'un Jacques Villeret confondant de naturel dans la peau de l'abruti intarissable, le DĂ®ner de Cons fut Ă  juste titre ovationnĂ© par les cĂ©sars (meilleur scĂ©nario, meilleur acteur pour Villeret, meilleur second rĂ´le pour Daniel PrĂ©vost) et son public (9 247 509 entrĂ©es !) sous la mainmise de l'Ă©minent Francis Veber (le Jouet, La Chèvre, Les Compères, les Fugitifs). TirĂ© d'une pièce de théâtre Ă  succès toujours sous la houlette de celui-ci et Ă  nouveau incarnĂ© par Villeret, le Diner de cons laisse libre court Ă  une accumulation de bĂ©vues autour du personnage de François Pignon dĂ©signĂ© comme invitĂ© surprise Ă  un dĂ®ner amical par l'Ă©diteur Pierre Brochant.


ConviĂ© chez ce dernier pour un prĂ©texte risible (une tour Eiffel conçue Ă  partir de milliers d'allumettes), François Pignon va tenter de lui prĂŞter main forte depuis que sa femme vient de le quitter, faute de son Ă©goĂŻsme et de sa lâchetĂ©. Au fil de leur stratagème tĂ©lĂ©phonique, ceux-ci sont bientĂ´t rejoints par un contrĂ´leur fiscal ainsi que l'ex amant de la femme de Brochant. En dĂ©pit du caractère théâtral des situations comiques tributaires d'unitĂ© de lieu et de temps, Le DĂ®ner de Cons prolifère les Ă©clats de rire grâce au rĂ©parties impayables des acteurs s'en donnant Ă  coeur joie Ă  se disputer les rĂ©solutions conjugales. Outre l'incessante confrontation labiale que s'Ă©changent Villeret et Lhermitte (très en forme en bourreau des coeurs Ă©goĂŻste, rusĂ© et condescendant), et les prĂ©sences secondaires aussi drĂ´les qu'attach(i)antes de Francis Huster (Ă©tonnamment drĂ´le lors de ses rires incontrĂ´lĂ©s Ă  tĂ©moigner du cas "Pignon" !) et Daniel PrĂ©vost (hilarant en contrĂ´leur obsessionnel !),  Catherine Frot participe de près et de loin Ă  leurs malentendus avec une fantaisie irrĂ©sistiblement dĂ©calĂ©e.


Entièrement bâti sur les gags verbaux d'un Villeret joyeusement dĂ©bonnaire mais empotĂ© et terriblement naĂŻf autour des fourberies de lurons communĂ©ment cocus, le DĂ®ner de cons y extrait une satire sur l'infidĂ©litĂ© conjugale sous l'impulsion incontrĂ´lĂ©e de quiproquos en pagaille. Et ce avant que ne perce finalement une Ă©motion poignante pour tenir lieu de la cruautĂ© de la raillerie, de la trahison et du mensonge intentĂ© par un bourgeois dĂ©shumanisĂ© de son confort. Un classique du rire d'une redoutable efficacitĂ© orale !   

* Bruno


Récompenses: César du meilleur scénario original ou adaptation pour Francis Veber
César du meilleur acteur pour Jacques Villeret
César du meilleur acteur dans un second rôle pour Daniel Prévost

mercredi 3 janvier 2018

Super Dark Times

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Kevin Phillips. 2017. U.S.A. 1h43. Avec Owen Campbell, Charlie Tahan, Elizabeth Cappuccino, Max Talisman, Sawyer Barth, Amy Hargreaves, Adea Lennox

Sortie salles U.S: 29 Septembre 2017

FILMOGRAPHIE:  Kevin Phillips est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain.
2017: Super Dark Times.


DistribuĂ© par Netflix, Super Dark Times est la première rĂ©alisation de Kevin Philips. Un talent Ă  surveiller au vu de la qualitĂ© de sa mise en scène aussi bien personnelle qu'inventive (notamment parmi l'accord d'une bande-son dissonante et de l'irruption fortuite de visions macabres d'un rĂ©alisme glaçant) lorgnant sans prĂ©tention du cĂ´tĂ© d'un Stand By me vitriolĂ©. Car imbibĂ© d'une ambiance funèbre (en format scope s'il vous plait) qui ne lâchera pas d'une semelle les ados de l'intrigue, Super Darl Times aborde les thèmes de la mort, de l'amitiĂ©, de la sexualitĂ©, de l'amour et du passage Ă  l'âge adulte de manière jusqu'au boutiste, dans le sens pathologique. 

Le Pitch: A la suite d'un tragique accident ayant coĂ»tĂ© la vie Ă  l'un de leur camarade, Josh, Zach et Charlie dĂ©cident d'un commun accord de masquer la vĂ©ritĂ© en cachant le corps dans les bois. Mais rongĂ© par la culpabilitĂ© et le remord de ne pas assumer sa complicitĂ©, Zach sombre dans une paranoĂŻa dĂ©pressive alors que son acolyte Josh se confine dans le mutisme au sein de sa chambre. 


Drame psychologique Ă©prouvant s'il en est, notamment grâce Ă  l'habiletĂ© du rĂ©alisateur Ă  cultiver une intensitĂ© permanente (puis graduelle) autour du cheminement moral de Zach assailli par la peur de la mort et surtout la culpabilitĂ© du mensonge (alors qu'il n'est point l'auteur de l'incident mortel), Super Dark Times manipule nos nerfs avec une efficacitĂ© Ă©tonnamment vĂ©loce auprès d'un premier mĂ©trage. Notamment par le biais d'une direction d'acteur assez nuancĂ©e (les interprètes juvĂ©niles font Ă©galement preuve d'un charisme innocent Ă  la fois Ă©quivoque et affectĂ©) afin de mieux s'immerger dans leurs Ă©tats dĂ©pressifs puisque sĂ©vèrement dĂ©passĂ©s par un Ă©vènement morbide aussi infortunĂ©e. Davantage inquiĂ©tant et cauchemardesque au grĂ© d'un rebondissement alarmiste impromptu, Super Dark times embraye ensuite vers le thriller estomaquant si bien que sa dernière partie d'une grande violence, car d'un rĂ©alisme Ă©moulu; nous plaque au siège avec une Ă©motion assez nĂ©vralgique. Sans dĂ©voiler les tenants et aboutissants moraux d'un des protagonistes, l'intrigue très sombre, soigneusement structurĂ©e, aborde le traumatisme d'un point de vue assez singulier et frontal si je me remĂ©more les oeuvres ayant traitĂ© de la fragilitĂ© de l'adolescence et de la perte de l'innocence de manière autrement plus posĂ©e et prude. Pour autant,  Kevin Phillips ne manque pas non plus Ă  certains moments d'y distiller un climat onirique assez envoĂ»tant au travers de quelques images Ă©purĂ©es en symbiose avec l'innocence de la nature ou parmi la posture songeuse de certains personnages. 


Cauchemardesque, vénéneux et ombrageux sans céder à la facilité ou à la gratuité, notamment grâce au brio de la réalisation radiographiant l'état d'âme torturé d'un des protagonistes avec un humanisme prédominant; Super Dark Times allie le drame et le thriller avec une densité psychologique aussi bien rigoureuse que poignante. Une excellente surprise donc, d'autant plus radicale et escarpée lors de son dernier acte erratique oscillant avec l'émotion fragile d'une innocence sacrifiée. Tout bien considéré; peut-on en sortir indemne ?

* Bruno
16.03.25. 2èx. Vost

mardi 2 janvier 2018

Blade Runner 2049

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Dennis Villeneuve. 2017. 2h44. Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas, Robin Wright, Sylvia Hoeks, Mackenzie Davis, Carla Juri, Lennie James, David Bautista, Jared Leto.

Sortie salles France: 4 Octobre 2017. U.S: 6 Octobre 2017

FILMOGRAPHIE: Denis Villeneuve est un scénariste et réalisateur québécois, né le 3 octobre 1967 à Trois-Rivières. 1996: Cosmos. 1998: Un 32 Août sur terre. 2000: Maelström. 2009: Polytechnique. 2010: Incendies. 2013: An Enemy. 2013: Prisoners. 2015 : Sicario. 2016 : Premier Contact. 2017: Blade Runner 2049.


Les rĂ©plicants sont des humains issus de la bio-ingĂ©nierie, conçus par la Tyrell Corporation pour servir dans les colonies de l’espace — leur force faisant d’eux des esclaves idĂ©aux.
Après une série de révoltes violentes, leur production fut interdite, et Tyrell Corp fit faillite.
L’effondrement des Ă©cosystèmes, au milieu des annĂ©es 2020, permit l’ascension de l’industriel Niander Wallace. Sa maĂ®trise de l’agriculture de synthèse Ă©vita la famine. Wallace racheta les vestiges de Tyrell et crĂ©a une nouvelle lignĂ©e de rĂ©plicants, obĂ©issants cette fois.
Mais certains anciens modèles, les Nexus 8 sans durée de vie limitée, survécurent. Ils sont désormais traqués et "retirés". Ceux qui les traquent portent toujours le nom de Blade Runner.
K, un nouveau Blade Runner docile, enquĂŞte sur un cheval de bois dĂ©couvert sous un arbre. Cette quĂŞte l’amènera sur les traces de Deckard, l’ancien Blade Runner, pour retrouver l’identitĂ© d’un enfant cachĂ©.


"Sous le silence des machines".
Spectacle dystopique d’une beautĂ© crĂ©pusculaire Ă  damner un saint, Blade Runner 2049 est la suite de tous les risques. Et pourtant, Denis Villeneuve s’impose sans prĂ©tention, sans fioriture ni effets de manche, dans l’acte d’Ă©muler un modèle proverbial. Fort de sa filmographie dĂ©jĂ  dense, il y appose naturellement sa touche personnelle, oĂą l’intelligence des thèmes mĂ©taphysiques et spirituels affleure - sans jamais singer le matĂ©riau d’origine, cette rĂ©fĂ©rence absolue du genre, en dĂ©pit des critiques renfrognĂ©es de l’Ă©poque.

À mes yeux, Blade Runner 2049 est une suite digne, humble, révérencieuse, épurée - presque aussi hypnotique que son aîné dans sa fulgurance formelle, et dans le jeu nuancé, contenu, des comédiens, parfois secoués par des poussées de violence légitime (notamment lors des mano à mano entre réplicants).
FraĂ®chement sorti de ce rĂŞve Ă©veillĂ©, les yeux embuĂ©s d’images tantĂ´t oniriques, tantĂ´t cauchemardesques - atmosphère de claustration parfois irrespirable - il y avait bien longtemps que je n’avais pas participĂ© Ă  une expĂ©rience de cinĂ©ma aussi sensorielle, immersive, palpable, cristalline.
Leçon de mise en scène qu'il rĂ©pètera Ă  nouveau avec Dune: Villeneuve rĂ©invente le cinĂ©ma d’anticipation - adulte, enfin ! Et non, ce n’est pas un blockbuster, n’en dĂ©plaise Ă  certains. Matière vivante imprimĂ©e sur pellicule, Blade Runner 2049 se rĂ©approprie les codes de Scott avec un brio Ă©tourdissant, dans l’architecture d’un climat austère, aphone, languissant, vĂ©nĂ©neux.

Et ce, malgrĂ© sa longue durĂ©e et la parcimonie de ses scènes d’action, d’autant plus percutantes qu’elles sont d’une beautĂ©, d’un rĂ©alisme, d’une intensitĂ© renversants.
Contemplatif et mĂ©lancolique en bonne et due forme, Ă©quilibrĂ© par une Ă©lĂ©gie musicale dĂ©pouillĂ©e, Blade Runner 2049 prend le temps de dĂ©rouler son intrigue policière - K en quĂŞte de sa propre identitĂ©, Ă  travers l’indice du cheval de bois, s’ouvrant peu Ă  peu Ă  la distinction entre Bien et Mal - avec un humanisme dĂ©sespĂ©rĂ©.

MĂŞme si Villeneuve s’Ă©loigne quelque peu du “film noir” cher Ă  l’original, Ryan Gosling impose son jeu nuancĂ© de hĂ©ros placide, avec une force tranquille mâtinĂ©e de fragilitĂ© candide - sa relation avec l’hologramme Joi, sa mĂ©ditation finale sur les marches enneigĂ©es.
Et Harrison Ford, vĂ©tĂ©ran pudique, partage discrètement l’Ă©cran avec une humilitĂ© dense, douloureusement poignante - notamment lors de cette scène oĂą affleure la blessure d’un amour filial perdu.


La nouvelle chair.
Spectacle absolu d’anticipation funèbre et versatile, Blade Runner 2049 poursuit l’exploration des thèmes de son modèle, tout en nous confrontant Ă  notre propre condition morale - tributaire d’une sociĂ©tĂ© en crise, oĂą l’humain se dĂ©shumanise chaque jour davantage, broyĂ© par une directive sociĂ©tale (ultra) codifiĂ©e, conservatrice, matĂ©rialiste, individualiste.
En attendant qu’une nouvelle race (potentiellement) humaine s’Ă©lève dans une insurrection planĂ©taire, je me rĂ©fugierai encore dans ce poème contemplatif - beau, triste, et Ă©trangement charnel - tel un souvenir d’enfance gravĂ© dans le bois d’un cheval fabriquĂ© jadis, en un temps oĂą l’on se croyait encore civilisĂ©.


* Bruno


de Ridley Scott. 1982. U.S.A. 1h57. Avec Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young, Edward James Olmos, M. Emmet Walsh, Daryl Hannah, William Sanderson, Brion James, Joe Turkel, Joanna Cassidy.

Sortie Salles France: 15 Septembre 1982. U.S: 25 Juin 1982

FILMOGRAPHIE: Ridley Scott est un réalisateur et producteur britannique né le 30 Novembre 1937 à South Shields. 1977: Duellistes. 1979: Alien. 1982: Blade Runner. 1985: Legend. 1987: Traquée. 1989: Black Rain. 1991: Thelma et Louise. 1992: 1492: Christophe Colomb. 1995: Lame de fond. 1997: A Armes Egales. 2000: Gladiator. 2001: Hannibal. 2002: La Chute du faucon noir. 2003: Les Associés. 2005: Kingdom of heaven. 2006: Une Grande Année. 2007: American Gangster. 2008: Mensonges d'Etat. 2010: Robin des Bois. 2012: Prometheus.


D'après un célèbre roman de Philip K. Dick écrit en 1966 (les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?), Ridley Scott s'atèle en 1982 d'y retranscrire son univers singulier au coeur d'un Los Angeles dystopique. Quatre ans après son chef-d'oeuvre Alien, ce dernier nous transfigure une clef de voûte de la SF cyber punk conjuguée au film noir afin d'imposer Blade Runner comme l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma. Et ce en dépit d'un sévère échec commercial et critique (l'oeuvre étant avant-gardiste et son rythme languissant) ainsi qu'une multitude de versions remaniées... Novembre 2019, Los Angeles. Quatre réplicants, androïdes confectionnés par l'homme pour devenir esclaves ouvriers, s'échappent de leur planète et reviennent sur terre afin de retrouver leur créateur. Rick Deckard, blade runner renommé, est enrôlé pour retrouver ces fugitifs et les exécuter. Dès les premières images, flamboyantes et crépusculaires, le dépaysement d'un univers futuriste expressif nous est illustré avec une esthétique fulgurante de réalisme ténébreux. A travers la plénitude incandescente d'une cité high-tech de Los Angeles, Blade Runner s'ouvre à nous, tel l'orifice d'un oeil azur transpercé d'un brasier industriel. Ce macrocosme démesuré, aussi opaque que polychrome dans sa palette de néons flashys et affiches publicitaires, s'avère d'autant plus hypnotique qu'il s'affilie à l'univers vétuste du polar noir des années 50. Par son architecture gothique, son design technologique et le style rétro de certains vêtements fagotés par les flics, Ridley Scott combine la modernité futuriste d'un monde en marasme puis celle antique d'une époque révolue. Le design (en demi-teinte) entres les jeux de lumière high-tech et l'obscurité des foyers tamisés instaurant une ambiance ténébreuse alors qu'en externe, sous une pluie battante, ou à la tiédeur d'une nuit récursive, chaque citadin déambule à l'instar de robots impassibles. L'incroyable richesse de ces décors fantasmatiques fignolant le moindre détail architectural, le sentiment tangible de se fondre dans cet univers oppressant culminant à l'oeuvre hybride d'une beauté plastique hallucinée !


A travers cette société aphone en surpopulation incitant les humains à s'exiler vers d'autres planètes, un flic indécis est contraint de traquer quatre réplicants toujours plus conscients de leur condition soumise. Quand bien même dans les résidences feutrées, certains habitants s'affublent d'un robot domestique afin de compenser leur ennui d'une existence dénuée d'émotions. Camouflés parmi la foule en ébullition, les réplicants sont des androïdes plus vrais que nature par leur physionomie humaine condamnés à vivre un court laps de temps (4 à 5 ans) en tant qu'esclave d'une société totalitaire en perte de repères. Soudainement épris de désespoir face à leur existence précaire, nos quatre fuyards se rebellent afin de retrouver leur créateur sur terre et rallonger éventuellement leur vie. Au climat à la fois désenchanté et suffocant, scandé du score élégiaque de Vangelis, Ridley Scott dépeint avec souci formel son univers blafard d'un futur hermétique où le sentiment prégnant de solitude se dévoile sous nos yeux auprès d'une populace atone. A travers le profil d'un flic équivoque prêt à neutraliser des robots nantis d'émotions, son cheminement va peu à peu l'initier à l'empathie des points de vue d'une droïde vertueuse et celui d'un réplicant anarchiste. Au cours de cette traque meurtrière jalonnée de plages de lyrisme funeste (la mort illégitime de Zhora incarnée par l'éminente Joanna Cassidy dans une posture insidieuse ou encore celle, symbolique, de Roy campée par un Rutger Hauer magnétique en ange déchu), le réalisateur traite avec complexité de la dichotomie du Bien et du Mal. De notre amertume et notre désagrément face à l'atavisme de la mort et la peur paranoïaque de l'étranger nous motivant à se protéger d'une éventuelle hostilité. L'oeuvre visionnaire (en quête de rédemption) illustrant donc (sans prétention) un monde moribond où chaque être se déshumanise un peu plus au fil de leur routine, et ce au profit d'une société robotisée. Quand bien même des androïdes avides de dignité sont aptes à nous substituer par leur faculté émotionnelle et sentimentale. Enfin, Ridley Scott nous s'interroge de manière métaphorique sur le sens de l'existence, sur notre condition humaine si fébrile et dépressive au gré des motivations interlopes d'un créateur alchimiste ou divin lui même perfectible.


Sommes nous des réplicants perfectibles conçus par un apprenti sorcier ?
Autour de la prĂ©sence iconique d'Harrison Ford Ă  la fois pugnace et rĂ©flexif, et l'Ă©lĂ©gance chĂ©tive de Sean Young transie de mĂ©lancolie existentielle, Blade Runner constitue une expĂ©rience de cinĂ©ma sensitif, pictural et auteurisant Ă  travers la scĂ©nographie urbaine d'une mĂ©tropole dystopique Ă©trangement fantasmagorique. Sa rĂ©flexion spirituelle sur la foi en un dieu apatride et la dĂ©liquescence morale de l'homme contrĂ´lĂ©e par un système ultra technologique opposant lueur d'espoir et pessimisme bouleversant par le biais d'une traque pour la vĂ©ritĂ© humaine et existentielle. Un authentique chef-d'oeuvre visionnaire d'une grande fragilitĂ© humaine, panthĂ©on de la science-fiction aussi bien mĂ©taphysique qu'alarmiste.  

* Bruno
10.02.12

lundi 1 janvier 2018

LE GENDARME DE SAINT-TROPEZ

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site unifrance.org

de Jean Girault. 1964. France/Italie. 1h30. Avec Louis de Funès, Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin, Guy Grosso, Michel Modo, Geneviève Grad, France Rumilly, Nicole Vervil, Claude Piéplu.

Sortie salles France: 9 Septembre 1964

FILMOGRAPHIE: Jean Girault est un réalisateur et scénariste français, né le 9 mai 1924 à Villenauxe-la-Grande (Aube), décédé le 24 juillet 1982 à Paris. 1960 : Les Pique-assiette. 1961 : Les Moutons de Panurge. 1961 : Les Livreurs. 1963 : Les Veinards (film à sketchs coréalisé). 1963 : Les Bricoleurs. 1963 : Pouic-Pouic. 1963 : Faites sauter la banque ! 1964 : Les Gorilles. 1964 : Le Gendarme de Saint-Tropez. 1965 : Le Gendarme à New York. 1966 : Monsieur le président-directeur général. 1967 : Les Grandes Vacances. 1968 : Le gendarme se marie. 1968 : Un drôle de colonel. 1969 : La Maison de campagne. 1970 : Le Gendarme en balade. 1971 : Jo. 1971 : Le Juge. 1972 : Les Charlots font l'Espagne. 1973 : Le Concierge. 1973 : Le Permis de conduire. 1974 : Deux grandes filles dans un pyjama. 1975 : L'Intrépide. 1976 : Les murs ont des oreilles. 1976 : L'Année sainte. 1977 : Le Mille-pattes fait des claquettes. 1978 : L'Horoscope. 1978 : Sam et Sally , (série TV), 2 épisodes : Le Collier et Isabelita. 1978 : Le Gendarme et les Extra-terrestres. 1979 : L'Avare. 1981 : La Soupe aux choux. 1981 : Ach du lieber Harry. 1982 : Le Gendarme et les Gendarmettes.


Plus grand succès de l'annĂ©e 1964 avec 7 809 334 entrĂ©es, Le gendarme de St-Tropez est la comĂ©die policière qui permit Ă  Louis De Funès d'accĂ©der Ă  la notoriĂ©tĂ©. Divertissement bonnard aussi drĂ´le et cocasse que dĂ©paysant et rafraĂ®chissant (numĂ©ro dansant chansonnĂ© Ă  l'appui !), l'intrigue linĂ©aire ne s'embarrasse pas de subtilitĂ© pour illustrer les aventures rocambolesques du marĂ©chal Cruchot amenĂ© Ă  gouverner sa nouvelle Ă©quipe de gendarmes Ă  la suite de sa mutation Ă  Saint-Tropez. Après une sĂ©rie d'opĂ©rations coup de poing Ă  verbaliser la populace locale, Cruchot et sa troupe finissent par se confronter Ă  une bande de malfrats ayant en leur possession un tableau volĂ©. Mais Ă  la suite d'un concours de circonstances infortunĂ©es, la fille de Cruchot se retrouve elle mĂŞme embarquĂ©e dans l'illĂ©galitĂ© après avoir dĂ©robĂ© la Ferrari des Malfrats. Cruchot tentera par tous les moyens de rĂ©parer les dĂ©gâts et sauver l'honneur de sa fille en se faisant passer pour un milliardaire.


RĂ©alisĂ© par Jean Girault, un des maĂ®tres de la comĂ©die populaire ayant surtout sĂ©vi dans les annĂ©es 60 et 70, Le Gendarme de St-Tropez continue de faire rire et de nous enthousiasmer grâce Ă  la fringance de ces comĂ©diens (Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin, Guy Grosso) se raillant du corps policier sans jamais user de vulgaritĂ©. Et si tous les gags ne sont pas toujours du meilleur goĂ»t, la plupart parviennent haut la main Ă  provoquer les Ă©clats de rires sous l'impulsion de la tornade De Funes comme de coutume très en forme Ă  se glisser dans le corps d'un adjudant intraitable mais pour autant preux et dĂ©bonnaire lorsqu'il s'agit de prĂŞter main forte Ă  sa fille. Je tiens d'ailleurs Ă  souligner Ă  travers ce second-rĂ´le dĂ©nuĂ© de prĂ©tention, le jeu spontanĂ© de la sĂ©millante Geneviève Grad  Ă©tonnamment naturelle et pleine de charme Ă  incarner une ado Ă  la fois naĂŻve et candide, avide de reconnaissance amicale auprès de ses nouveaux camarades persifleurs. C'est en prime Ă  la suite de quiproquos en pagaille que cette dernière parvient Ă  renouveler l'intĂ©rĂŞt de l'intrigue Ă  renfort de pĂ©ripĂ©ties cocasses ou endiablĂ©es (poursuites en voiture en sus !).


Plusieurs dĂ©cennies après sa sortie, le Gendarme de St-Tropez reste Ă©gal Ă  lui mĂŞme pour perdurer son ressort comique grâce Ă  l'intĂ©gritĂ© de Jean Girault et de ses comĂ©diens se prĂŞtant au jeu de la gentille parodie avec une bonhomie aussi bien attachante que cocasse (voir parfois mĂŞme hilarante). Et en dĂ©pit du cĂ´tĂ© bon enfant de la plupart des situations et la manière simpliste de charpenter son intrigue policière, cet excellent divertissement compte notamment sur son dĂ©cor exotique (la station  estivale de Saint-Tropez) pour nous charmer la vue dans le contexte insouciant des annĂ©es 60. 

* Bruno

Récompenses: victoire du cinéma pour Louis de Funès, décernée lors de la 20e Nuit du cinéma au théâtre Marigny, en 1964.

vendredi 29 décembre 2017

Les Aventures de Buckaroo BanzaĂŻ / The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de W. D. Richter. 1984. USA. 1h42. Avec Peter Weller, John Lithgow, Ellen Barkin, Jeff Goldblum, Christopher Lloyd, Lewis Smith, Rosalind Cash.

Sortie salles France: 15 Août 1984. U.S: 10 Août 1984

FILMOGRAPHIEWalter Duch Richter est un scénariste, producteur et réalisateur américain, né le 7 décembre 1945 à New Britain, dans le Connecticut. 1984 : Les Aventures de Buckaroo Banzaï. 1991: Passeport pour le futur (late for dinner).


Echec commercial Ă  sa discrète sortie (notamment une sortie limitĂ©e aux States) si bien que sa suite initialement prĂ©vue fut annulĂ©e, les Aventures de Buckaroo Banzai fait vĂ©ritablement office d'ofni dans le paysage de la science-fiction. On peut d'ailleurs aussi parler de film culte si bien qu'il ne ressemble Ă  aucun autre et que son scĂ©nario dĂ©bridĂ© gĂ©nère quelques sĂ©quences aussi pittoresques que sĂ©rieuses auprès de son aspect scientifique filmĂ© Ă  la manière d'un doc et d'une action dĂ©bridĂ©e en roue libre sans jamais se laisser piĂ©ger par l'esbroufe. RĂ©alisĂ© sans prĂ©tention aucune de façon aussi sobre que dĂ©complexĂ©, les Aventures de Buckaroo Banzai ne cesse d'alterner la stupeur, l'interrogation, le dĂ©concertement, le sentiment de rĂŞve et d'Ă©vasion avec une humeur expansive. De par la complicitĂ© très solidaire des comĂ©diens particulièrement jouasses (on y croise John Lithgow, Ellen Barkin, Jeff Goldblum, Christopher Lloyd) Ă  se laisser gouverner par un Peter Weller taillĂ© sur mesure en hĂ©ros slasheur (il est Ă  la fois neurochirurgien, chanteur de Rock, auteur de BD et aventurier), et l'aspect agrĂ©ablement rĂ©tro de ses effets-spĂ©ciaux artisanaux faisant parfois mouche (Ă  l'instar de son spectaculaire prologue ouvrant le seuil d'une 8è dimension ou de la morphologie loufoque des ET. que l'on croirait issus des annĂ©es 50 !).


Ainsi, Ă  l'aide de son vĂ©hicule supersonique, Buckaroo BanzaĂŻ vient de traverser une montagne au creux de la 8è dimension. PeuplĂ© d'extra-terrestres, il ramène avec lui un spĂ©cimen. Pendant que d'autres extra-terrestres tentent d'entrer en contact avec lui afin de l'avertir du danger planĂ©taire, le Dr Emlilio Lizardo Ă©labore un plan pour dĂ©rober son invention (le sur-propulseur). C'est le dĂ©but d'une guerre entre humains et E.T que Buckaroo affrontera pour l'enjeu d'une otage (sa nouvelle maĂ®tresse dĂ©pressive) et de l'humanitĂ© toute entière. Affichant un esprit cartoonesque de sĂ©rie B dĂ©calĂ©e littĂ©ralement inusitĂ©e, Les Aventures de Buckaroo BanzaĂŻ distille un (dĂ©lirant) climat insolite assez dĂ©routant pour peu que le fan du genre accepte qu'on y bouscule sans cesse ses habitudes. On comprend donc qu'Ă  sa sortie ce divertissement soufflant le chaud et le froid se soit soldĂ© d'un Ă©chec retentissant, quand bien mĂŞme l'action mise en scène s'avère somme toute classique au cours d'un rĂ©cit sciemment confus truffĂ© de pĂ©ripĂ©ties et situations saugrenues (notamment Ă  travers le jeu dĂ©mesurĂ©e de John Lithgow en savant court-circuitĂ© !). Et donc grâce Ă  la bonhomie excentrique des comĂ©diens jouant les redresseurs de tort ou les extra-terrestres patibulaires, l'aventure bigarrĂ©e parvient inĂ©vitablement Ă  sĂ©duire pour nous laisser sur un sentiment final de satisfaction proprement indicible tant le pĂ©riple nous donna le tournis dans la raison et la dĂ©raison. A l'instar de sa conclusion musicale aussi entĂŞtante qu'entraĂ®nante restĂ©e dans toutes les mĂ©moires de la gĂ©nĂ©ration 80. Tout simplement l'un des plus beau gĂ©nĂ©riques de fin de l'histoire du cinĂ©ma.


A la fois amusant, dĂ©lirant et cocasse et Ă©tonnamment sĂ©rieux Ă  travers son esprit 1er degrĂ© que l'on croirait presque extirpĂ© d'un reportage scientifique dĂ©sincarnĂ©, les Aventures de Buckaroo BanzaĂŻ met en Ă©vidence la sincĂ©ritĂ© d'un cinĂ©aste autonome (après cet essai il ne rĂ©alisera qu'un dernier mĂ©trage) assorti d'une Ă©vidente gĂ©nĂ©rositĂ© (en dĂ©pit de son budget low-cost) dans son implication immodĂ©rĂ©e Ă  nous balloter l'encĂ©phale tous azimut. Sympathique, charmant, fascinant, ludique et romantique au sein d'une structure Ă©motionnelle hybride, Buckaroo BanzaĂŻ se redĂ©couvre sans modĂ©ration comme s'il s'agissait de la toute première fois tant le spectacle quasi irracontable, issu d'une dimension stellaire, dĂ©ploie des trouvailles (narratives et visuelles) incongrues Ă  corps perdu. Un expĂ©rience unique au monde que l'on peut compter sur les doigts d'une main. 

* Bruno
01.12.23. 4èx

jeudi 28 décembre 2017

La Fille qui en savait trop / La ragazza che sapeva troppo.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dvdclassik.com

de Mario Bava. 1963. Italie. 1h28. Avec Letícia Román, John Saxon, Valentina Cortese, Titti Tomaino, Luigi Bonos, Milo Quesada.

Sortie salles France: 29 Janvier 1964. Italie: 10 Février 1963

FILMOGRAPHIEMario Bava est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste italien, nĂ© le 31 juillet 1914 Ă  Sanremo, et dĂ©cĂ©dĂ© d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 Ă  Rome (Italie). Il est considĂ©rĂ© comme le maĂ®tre du cinĂ©ma fantastique italien et le crĂ©ateur du genre dit giallo. 1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crĂ©ditĂ©),1956 : Les Vampires (non crĂ©ditĂ©),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crĂ©ditĂ©),1959 : La Bataille de Marathon (non crĂ©ditĂ©),1960 : Le Masque du dĂ©mon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crĂ©ditĂ©),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La RuĂ©e des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cĂ©ditĂ©), 1966 : Duel au couteau,1966 : OpĂ©ration peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelĂ©, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'ĂŽle de l'Ă©pouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire  , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragĂ©s,1977 : Les DĂ©mons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

 
Ĺ’uvre sĂ©minale inaugurant le Giallo avec une Ă©tonnante maĂ®trise et une inventivitĂ© mordante, La Fille qui en savait trop conjugue avec brio l’horreur et le thriller sous l’Ĺ“il baroque de Mario Bava, qui filme statues et ornementations Ă  travers des cadrages alambiquĂ©s, comme un architecte du trouble. Écho fĂ©minin au cĂ©lèbre titre hitchcockien, cette perle rare — aussi paradoxale soit-elle — reste cruellement mĂ©connue, ignorĂ©e Ă  l’Ă©poque, jamais reconnue Ă  sa juste valeur. Ă€ cela s’ajoute le dĂ©sintĂ©rĂŞt croissant pour le roman de gare estampillĂ© “Giallo”, qui n’attirait plus les lecteurs au seuil des annĂ©es 60.

Si Bava, selon la rumeur, fut d’humeur irascible face Ă  un projet qu’il jugeait trop teintĂ© de comĂ©die romantique policière, il y imprima pourtant sa marque. Du moins dans la version italienne, bien plus audacieuse que le remontage Ă©dulcorĂ© et pittoresque destinĂ© au marchĂ© amĂ©ricain. En soignant une atmosphère d’Ă©trangetĂ©, Bava cisèle un suspense affĂ»tĂ©, comme un fil de rasoir entre rĂŞve et rĂ©alitĂ©. 

Pitch: ArrivĂ©e Ă  Rome pour visiter sa tante, la jeune AmĂ©ricaine Nora voit cette dernière succomber Ă  un arrĂŞt cardiaque. Errant dans la ville, hagarde, Nora devient le tĂ©moin d’un meurtre Ă  l’arme blanche... avant de s’Ă©vanouir. Ă€ son rĂ©veil : aucun corps, aucun article dans les journaux. Hallucination ? Cauchemar ? OĂą s’arrĂŞte l’imagination, oĂą commence le rĂ©el ?

 
Thriller horrifique passionnant, son intrigue charpentĂ©e distille maigres indices et faux-semblants autour de figures Ă©quivoques, de rebondissements suspendus. Entièrement centrĂ© sur Nora -fragile, attirĂ©e par l’inconnu, troublĂ©e par la perversitĂ© latente - le film scrute son esprit poreux Ă  la paranoĂŻa, Ă  la psychose. Bava esquisse ce portrait mental avec une prĂ©cision clinique : elle ira jusqu’Ă  tendre un piège domestique avec du talc et du fil de nylon pour piĂ©ger un intrus invisible. Car La Fille qui en savait trop joue de l’ambiguĂŻtĂ© : rĂŞve ou perception extra-lucide ? Hallucination ou prĂ©cognition ? L’enquĂŞte flotte entre rationalitĂ© bancale et menace invisible.

Et lorsque la vĂ©ritĂ© Ă©clot - le portrait du coupable se rĂ©vèle d’une puissance dĂ©rangeante. Glaçant dans sa prĂ©sence fuyante, il suinte la folie d’une pulsion homicide nourrie de .... Bava, fascinĂ©, scrute ce visage avec un fĂ©tichisme fiĂ©vreux. 

 
"La lucidité est une blessure".
Soutenu par une distribution solide - avec un John Saxon juvĂ©nile en contrepoint avenant -, un suspense coupĂ© au cordeau et une imagerie charnelle au raffinement macabre, La Fille qui en savait trop amorce l’ADN du Giallo avec une modernitĂ© stupĂ©fiante. LetĂ­cia Román, littĂ©ralement magnĂ©tique dans la peau d’une investigatrice en Ă©moi, incarne la permĂ©abilitĂ© du regard fĂ©minin Ă  l’irruption du chaos. Une Ĺ“uvre Ă  redĂ©couvrir de toute urgence, Ă  marquer d’une pierre blanche - mĂŞme si, un an plus tard, Bava transcendera l’essai en chef-d’Ĺ“uvre absolu avec Six Femmes pour l’Assassin.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

mercredi 27 décembre 2017

L'île de l'Epouvante / 5 Filles dans une nuit chaude d'été

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site thebloggerscinemaclub.com

"5 bambole per la luna d'agosto" de Mario Bava. 1970. Italie. 1h22. Avec William Berger, Ira von FĂĽrstenberg, Edwige Fenech, Howard Ross, Helena Ronee

Sortie salles France: 22 Novembre 1972. Italie: 14 Février 1970

FILMOGRAPHIEMario Bava est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste italien, nĂ© le 31 juillet 1914 Ă  Sanremo, et dĂ©cĂ©dĂ© d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 Ă  Rome (Italie). Il est considĂ©rĂ© comme le maĂ®tre du cinĂ©ma fantastique italien et le crĂ©ateur du genre dit giallo. 1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crĂ©ditĂ©),1956 : Les Vampires (non crĂ©ditĂ©),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crĂ©ditĂ©),1959 : La Bataille de Marathon (non crĂ©ditĂ©),1960 : Le Masque du dĂ©mon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crĂ©ditĂ©),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La RuĂ©e des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cĂ©ditĂ©), 1966 : Duel au couteau,1966 : OpĂ©ration peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelĂ©, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'ĂŽle de l'Ă©pouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire  , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragĂ©s,1977 : Les DĂ©mons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

"L’ĂŽle aux Silences Mortels".

Ce n’est un secret pour personne : L’ĂŽle de l’Ă©pouvante est souvent relĂ©guĂ© parmi les Ĺ“uvres mineures de Mario Bava. Sorte de prototype encore brouillon de La Baie sanglante, rĂ©alisĂ© un an plus tĂ´t, ce huis clos insulaire s’adonne Ă  un jeu de massacre entre une poignĂ©e de touristes confinĂ©s sur une Ă®le, tous dĂ©sireux de s’emparer de la formule convoitĂ©e de leur camarade, le scientifique Fritz Farrel. Mais un tueur mystĂ©rieux dĂ©cide de semer la pagaille, dĂ©clenchant une sĂ©rie de meurtres implacables. 

Sympathique giallo au suspense soutenu, fertile en disparitions, coups bas et rebondissements parfois retors, L’ĂŽle de l’Ă©pouvante est rehaussĂ© par son cadre exotique, avec, en son Ă©picentre, une villa insolite Ă  la modernitĂ© frappante. TournĂ© en pleine ère psychĂ© des annĂ©es 70, on reste stupĂ©fait devant le design high-tech de cette demeure, dont Bava exploite chaque recoin avec un soin stylistique Ă©vident.

Notamment lors de ce moment suspendu oĂą une poignĂ©e de boules de verre dĂ©valent un escalier pour rĂ©vĂ©ler, dans une vision onirico-macabre, un cadavre alangui dans sa baignoire. ÉmaillĂ© d’un Ă©rotisme soft, portĂ© par des donzelles aussi insidieuses qu’envieuses (la plantureuse Edwige Fenech en tĂŞte !), le film nous livre une galerie peu recommandable de convives cupides, oĂą tous les coups sont permis - avec, pour clore le bal, un final surprenant aux relents de sarcasme noir.

Bava, en filigrane, saupoudre son rĂ©cit de rĂ©pliques sardoniques et de simulacres ingĂ©nieux, comme l’homicide liminaire qu’Edwige Fenech orchestre sans sourciller. Une Ĺ“uvre Ă  dĂ©couvrir, assurĂ©ment - mĂŞme si l’on peut dĂ©plorer le caractère docile de ses meurtres, trop souvent relĂ©guĂ©s hors-champ.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

*Bruno
3èx

mardi 26 décembre 2017

LA SOUPE AUX CHOUX

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jean Girault. 1981. France. 1h42. Avec Louis de Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret, Christine Dejoux, Claude Gensac, Henri Génès, Marco Perrin.

Sortie salles France: 2 Décembre 1981

FILMOGRAPHIE: Jean Girault est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste français, nĂ© le 9 mai 1924 Ă  Villenauxe-la-Grande (Aube), dĂ©cĂ©dĂ© le 24 juillet 1982 Ă  Paris. 1960 : Les Pique-assiette. 1961 : Les Moutons de Panurge. 1961 : Les Livreurs. 1963 : Les Veinards (film Ă  sketchs corĂ©alisĂ©). 1963 : Les Bricoleurs. 1963 : Pouic-Pouic. 1963 : Faites sauter la banque ! 1964 : Les Gorilles. 1964 : Le Gendarme de Saint-Tropez. 1965 : Le Gendarme Ă  New York. 1966 : Monsieur le prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral. 1967 : Les Grandes Vacances. 1968 : Le gendarme se marie. 1968 : Un drĂ´le de colonel. 1969 : La Maison de campagne. 1970 : Le Gendarme en balade. 1971 : Jo. 1971 : Le Juge. 1972 : Les Charlots font l'Espagne. 1973 : Le Concierge. 1973 : Le Permis de conduire. 1974 : Deux grandes filles dans un pyjama. 1975 : L'IntrĂ©pide. 1976 : Les murs ont des oreilles. 1976 : L'AnnĂ©e sainte. 1977 : Le Mille-pattes fait des claquettes. 1978 : L'Horoscope. 1978 : Sam et Sally , (sĂ©rie TV), 2 Ă©pisodes : Le Collier et Isabelita. 1978 : Le Gendarme et les Extra-terrestres. 1979 : L'Avare. 1981 : La Soupe aux choux. 1981 : Ach du lieber Harry. 1982 : Le Gendarme et les Gendarmettes.


VilipendĂ© par la critique Ă  sa sortie et modestement apprĂ©ciĂ© par le public de l'Ă©poque si on en juge ses 3 093 019 entrĂ©es (un score moindre en rapport aux antĂ©cĂ©dents succès de De Funès), la Soupe aux Choux est devenu pour autant un film culte chez une frange du public et certains cinĂ©philes au fil de ses multiples rediffusions tĂ©lĂ©visuelles. IsolĂ©s dans leur ferme afin de fuir l'urbanisation moderne, Le Glaude et le BombĂ© tuent leur ennui Ă  bavasser en se saoulant quotidiennement. Un soir, après un concours de pets Ă  rĂ©veiller les Ă©clairs, un extra-terrestre vient leur rendre visite. C'est le dĂ©but d'une amitiĂ© que le Glaude va partager avec l'Ă©tranger après lui avoir fait goĂ»ter sa fameuse soupe aux choux. 


A la croisĂ©e du nanar cosmique et de la curiositĂ© viticole, La Soupe aux Choux pâti Ă  mon sens d'un rythme mollasson et d'une timide Ă©motion (mĂ©lancolique), faute d'une intrigue futile exploitant maladroitement les thèmes de l'amitiĂ©, de l'amour, de la vieillesse et du passĂ©isme Ă  travers le microcosme paysan dĂ©prĂ©ciĂ© par la civilisation moderne. Si De Funès et Jean Carmet font preuve de beaucoup de dynamisme dans leur fidĂ©litĂ© amicale; et que Jacques Villeret se fond (grotesquement) dans le corps d'un E.T avec une bonhomie digne de Casimir, La Soupe aux Choux piĂ©tine sur un cheminement routinier (toute la partie oĂą Francine revient d'entre les morts du haut de ses 20 ans peine Ă  maintenir l'intĂ©rĂŞt dans sa requĂŞte d'une seconde jeunesse exaltĂ©e). On se console au final sur quelques sourires et Ă©ventuellement de petits Ă©clats de rire (son prologue hilarant pour autant discutable car assez trivial, les mimiques dĂ©lirantes de la denrĂ©e dans sa combinaison fluo comparable Ă  un TĂ©lĂ©tubbies) dĂ©voilĂ©s en intermittence sous l'impulsion d'une mĂ©lodie folklo fichtrement entĂŞtante.


A réserver en priorité aux nostalgiques de l'époque révolue.

* Bruno
3èx

TOP / FLOP 2017

                                 1 / Ex-aequo

      

                               2 /  Ex-aequo
                        
                
             
                                 3 / Ex-aequo

  

                           Dans le dĂ©sordre:


    






                                  BONUS:










                                FLOP 2017: 
1/

2 / 

3 /

                          Dans le dĂ©sordre: