Sortie en salles en France le 29 Mai 1991. U.S: 11 Janvier 1990
FILMOGRAPHIE: Richard Stanley est un réalisateur et scénariste sud-africain né à Fishhook le 22 Novembre 1966. 1990: Hardware. 1992: Le Souffle du Démon. 1996: l'Ile du Dr Moreau (remplacé par John Frankenheimer). 2011: The Theatre Bizarre (segment: The Mother of Toads)
Film culte auprès d'une frange d'amateurs férus d'expérience insolite, Hardware est un incroyable ovni influencé par Blade Runner, Tetsuo, American Way ou encore Terminator. Inspiré de son moyen-métrage Incidents in an expanding universe, Richard Stanley y reprend la trame en incluant le personnage d'un robot criminel perpétrant ses méfaits dans un immeuble en décrépitude. A titre anecdotique apparaissent à l'écran les chanteurs Iggy Pop, Lemmy Kilmister et Carl McCoy du groupe Fields of the Nephilim. Le pitch: Dans un désert aride, un homme collecte quelques carcasses de métal dont une tête de droïde qu'il décide d'offrir à une amie artiste. Dans l'immeuble retranché de celle-ci, la machine profite de sa négligence pour peu à peu se reconstituer et semer le désordre et la mort. Avec un budget low-cost et une interprétation précaire pour autant attachante, Richard Stanley préconise pour son premier long une ambition esthétique hallucinée afin d'y décrire un climat futuriste en dégénérescence. Ainsi, sa tentative scrupuleuse de nous illustrer un univers post-apo régi par la technologie et la pollution est restituée ici avec sens du détail qui laisse pantois. Or, faute d'une trame étique, le réalisateur réussit à transcender ce défaut à travers son parti-pris formel en perpétuel recherche visuelle. Ainsi, à travers une photo sépia teintée de filtres rouges et orangers, l'univers de pollution nous est sobrement présenté pour se focaliser ensuite dans l'intimité retranchée d'un immeuble surveillé par des vigiles versatiles. Alors qu'un couple flâne dans une chambre tamisée, la démographie externe semble indolente à la vue de leur nouvelle existence post-nucléaire. Les bâtiments industriels laissant s'échapper d'étranges nappes de fumée toxiques quand bien même les lacs contaminés y déversent l'écume d'un poison irradié. Quant à la populace atone, elle semble errer sans moralité si bien que certains d'eux se laissent vaporiser par les prises de drogue afin de fuir leur quotidienneté nécrosée.
Métal Hurlant
Expérience cybernétique sublimée par la partition synthétique de Simon Boswel, Hardware se décline en trip expérimental de par son pouvoir de fascination littéralement halluciné. Car en dépit de la maigreur de son budget, d'un scénario superficiel et d'acteurs lunatiques, le réalisateur parvient avec dextérité à nous immerger dans son atmosphère de pollution solaire à l'humidité irrespirable. Ainsi, féru d'astuces afin d'y palier ces défauts précités, ce petit métrage singulier surgit de nulle part parvient sans cesse à nous captiver à travers un vortex de chair insalubre et de métal délétère pour nous hanter à jamais. Une date au demeurant à redécouvrir d'urgence.
*Bruno
12.07.24. 5èx. VF
01.12.11. 235 v








































