mercredi 11 septembre 2019

Rose Bonbon

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Pretty in pink" de Howard Deutch. 1986. U.S.A. 1h36. Avec  Molly Ringwald, Harry Dean Stanton, Jon Cryer, Annie Potts, James Spader, Andrew McCarthy

Sortie salles France: 4 Juin 1986

FILMOGRAPHIEHoward Deutch est un rĂ©alisateur et producteur de cinĂ©ma amĂ©ricain nĂ© le 14 septembre 1950 Ă  New-York. 1986 : Rose bonbon. 1987 : L'Amour Ă  l'envers. 1988 : The Great Outdoors. 1992 : Article 99. 1994 : Rends la monnaie, papa. 1995 : Les Grincheux 2. 1998 : DrĂ´le de couple 2. 2000 : Les Remplaçants. 2004 : Mon voisin le tueur 2. 2009 : La Copine de mon meilleur ami.


Ecrit et produit par John Hughes, maĂ®tre du Teen movie durant la sacro-sainte dĂ©cennie 80, Rose Bonbon aborde la comĂ©die romantique sous la houlette de Howard Deutch, cinĂ©aste ayant officiĂ© dans le registre du divertissement populaire plutĂ´t mainstream (si on en juge les Grincheux 2, DrĂ´le de couple 2, Mon voisin le tueur 2). Ainsi donc, sans jamais rivaliser avec les classiques natifs des annĂ©es 80 que John Hughes marqua de sa leste empreinte (la Folle journĂ©e de Ferris Bueller, Une CrĂ©ature de RĂŞve et surtout Breakfast Club), Rose Bonbon dĂ©gage un charme et une innocence tout Ă  fait rafraĂ®chissant au sein d'un genre mineur trop frĂ©quemment exposĂ© Ă  la trivialitĂ© ou aux convenances. Car prenant pour thème central la dĂ©ception amoureuse du point de vue d'une ado en Ă©moi sentimental et de son paternel incapable d'assumer son deuil conjugal, Rose Bonbon touche plutĂ´t juste Ă  travers les sentiments fragiles de ces protagonistes assaillis par la remise en question, le doute, la dĂ©sillusion mais aussi l'espoir et le pardon.


Car c'est Ă  travers la posture sentencieuse de son père, incapable de tirer un trait sur son Ă©chec marital, qu'Andre Walsh va pouvoir voler de ses propres ailes afin de transcender sa cruelle dĂ©ception amoureuse qu'elle venait d'amorcer avec un bourgeois influencĂ© par une mauvaise frĂ©quentation (un comparse suffisant campĂ© par un James Spader juvĂ©nile au charisme saillant). Ainsi, grâce Ă  la force de caractère progressive de l'hĂ©roĂŻne et Ă  son entourage amical et familial studieusement dĂ©veloppĂ© au grĂ© de traits de caractères envieux (le meilleur ami d'AndrĂ© Ă©perdument amoureux d'elle), dĂ©pitĂ©s (le père d'AndrĂ© plongĂ© dans la chimère et le mensonge) ou contradictoires (le nouvel ami d'AndrĂ© Ă  tendance bipolaire), Rose Bonbon existe par lui mĂŞme pour se forger une personnalitĂ© propre. Et si on aurait prĂ©fĂ©rĂ© une rĂ©alisation un peu mieux maĂ®trisĂ©e ainsi qu'un rythme un peu plus tonifiant (personnellement il m'a fallu un temps d'adaptation durant la première demi-heure), Rose Bonbon parvient Ă  faire vibrer l'empathie sans une once d'Ă©motion programmĂ©e. Notamment en comptant sur le charme tĂ©nu, tout en discrĂ©tion de la jeune Molly Ringwald davantage touchante, puisque toujours plus expressive Ă  travers son Ă©preuve Ă©motionnelle de se confronter Ă  la complexitĂ© de l'amour lorsque la confiance est rompue.


SaturĂ© d'une BO pop / new-wave symptomatique des annĂ©es 80 autour de tenues vestimentaires aussi rĂ©tros que gĂ©nialement extravagantes (notamment auprès de quelques postiches hirsutes !), Rose Bonbon parviendra Ă  Ă©mouvoir sans fard le public rĂ©ceptif Ă  l'humanisme torturĂ© de ces personnages en requĂŞte d'amour passionnel. Une tendre comĂ©die romantique donc bâtie sur la capacitĂ© Ă  s'exprimer ouvertement afin de braver la dĂ©sillusion amoureuse, quelque soit l'âge endossĂ©. 

Dédicace à Thierry Alex Rogan
*Bruno

mardi 10 septembre 2019

Guet-Apens

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"The Getaway" de Sam Peckinpah. 1972. U.S.A. 2h03. Avec Steve McQueen, Ali MacGraw, Al Lettieri, Sally Struthers, Ben Johnson, Slim Pickens, Richard Bright.

Sortie salle France: 25 Janvier 1973

FILMOGRAPHIE: Sam Peckinpah est un scénariste et réalisateur américain, né le 21 Février 1925, décédé le 28 Décembre 1984. 1961: New Mexico, 1962: Coups de feu dans la Sierra. 1965: Major Dundee. 1969: La Horde Sauvage. 1970: Un Nommé Cable Hogue. 1971: Les Chiens de Paille. 1972: Junior Bonner. Guet Apens. 1973: Pat Garrett et Billy le Kid. 1974: Apportez moi la tête d'Alfredo Garcia. 1975: Tueur d'Elite. 1977: Croix de Fer. 1978: Le Convoi. 1983: Osterman Week-end.


Parangon du film d'action novateur au sein des Seventies, de par ses Ă©clairs de violence sanguine chorĂ©graphiĂ©s au ralenti, Guet-apens exploite le western urbain avec une efficacitĂ© optimale. Tant et si bien que, grâce Ă  la mise en scène irrĂ©prochable de Peckinpah (qui plus est renforcĂ© d'un montage Ă  couper au rasoir faisant intervenir dans un mĂŞme temps diverses actions simultanĂ©es) et Ă  sa charpente narrative particulièrement musclĂ©e (signĂ©e Walter Hill svp !), Guet-apens scande le jeu de massacre sous l'impulsion du duo mythique McQueen / MacGraw. Un couple de gangsters en pleine crise conjugale mais sur le qui vive depuis que la police et la pègre auront dĂ©cidĂ© de les alpaguer Ă  la suite d'un hold-up meurtrier dĂ©nuĂ© de loyautĂ©. Survival intense donc menĂ© sur un rythme trĂ©pidant, de par ses rebondissements en pagaille (le vol du sac et la poursuite qui s'ensuit dans le train, la planque dans la benne Ă  ordure, le règlement de compte final paroxystique, son Ă©pilogue inopinĂ©ment cordial auprès d'un complice mĂ©tayer - Ă  connotation d'inĂ©galitĂ© sociale -) et son humour sardonique parfois hilarant (le malfrat Rudy Butler et sa godiche dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e batifolant les amoureux avec une provocation puĂ©rile face Ă  l'Ă©poux de cette dernière !), Guet-apens ne nous laisse aucun rĂ©pit au grĂ© des gunfights que s'Ă©changent flics et voyous.


Mais au-delĂ  de l'aspect jouissif de sa violence frĂ©nĂ©tique anticipĂ©e par la force tranquille de McQueen, Sam Peckinpah ne manque pas d'empathie auprès de ses anti-hĂ©ros en plein doute amoureux. Alors mĂŞme que leur parcours chaotique leur permettra de renouer les liens sentimentaux grâce au compromis du pardon. Ali MacGraw jouant la concubine Ă  la fois empotĂ©e et distraite avec autant de sensibilitĂ© que de constance morale Ă  tenir tĂŞte Ă  son partenaire machiste et Ă  rĂ©pliquer en flingueuse justicière. Si bien que Steve McQueen joue le repris de justice aguerri avec un charisme viril proĂ©minent dans son costard noir taillĂ© sur mesure. De par leur jeu naturel innĂ© (si bien qu'ils furent couples Ă  la ville juste après le tournage !), on s'Ă©tonne d'ailleurs de prendre autant de plaisir Ă  observer leurs chamailleries sobrement expressives, notamment auprès des moments d'intimitĂ© placides oĂą planent les Ă©changes de regards affectĂ©s. Peckinpah accompagnant ses moments de pudeur d'une partition musicale aussi chĂ©tive que subtilement envoĂ»tante. Alors que quelques instants plus tard, celui-ci ne manquera pas de transgresser les règles de la moralitĂ© lorsque Doc dĂ©cidera de corriger physiquement sa femme Ă  la suite d'un Ă©cart extraconjugal.


Chef-d'oeuvre du western urbain Ă  la mise en scène Ă©tonnamment moderne, Guet-apens resplendit de 1000 feux sous l'impulsion du duo incandescent Steve McQueen / Ali MacGraw jouant les "Bonnie and Clyde" avec une classe et un humanisme naturellement attachants. Alors qu'en guise de cerise sarcastique, on apprĂ©cie autant le charisme bourru d'Al Lettieri en truand ventripotent gĂ©nialement  prĂ©somptueux et condescendant, jusqu'aux Ă©clats de rire nerveux ! 

*Bruno
4èx

lundi 9 septembre 2019

Babycall. Grand Prix, Prix de la Critique, Gérardmer 2012.


de Pal Sletaune. Norvège. 2011. 1h36. Avec Noomi Rapace, Kristoffer Joner, Henrik Rafaelsen, Vetle Qvenild Werring, Bjorn Moan, Torkil Johannes, Swensen Hoeg.

Sortie salles France: 2 Mai 2012. U.S: non datĂ©

FILMOGRAPHIEPal Sletaune est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur, nĂ© le 4 Mars 1960 en Norvège. 1994: Eating Out. 1997: Junk Mail. 2001: Amatorene. 2005: Next door. 2011: Babycall


Six ans après l'excellent thriller fĂ©ministe Next Door, le norvĂ©gien Pal Sletaune renoue avec les ambiances lourdes et contractĂ©es afin d'y dĂ©crire Spoil !!! la dĂ©gĂ©nĂ©rescence mentale d'une mère de famille traumatisĂ©e par un deuil familial fin du Spoil. A la lisière de RĂ©pulsions de PolanskiBabycall a tellement convaincu les membres du jury de GĂ©rardmer qu'il repart avec les honneurs du Grand Prix et celui de la critique ! Anna et son jeune fils de 8 ans quittent leur foyer conjugal depuis la cause de maltraitances infligĂ©es par un mari abusif. Après avoir emmĂ©nagĂ© dans un appartement, cette dernière dĂ©cide d'acheter un babyphone afin de surveiller le sommeil perturbĂ© de son fils. Une nuit, elle entend Ă  travers l'appareil les cris d'un enfant molestĂ© venant de l'appartement voisin.  Drame psychologique, suspense lattent, thriller parano et fantastique diaphane se tĂ©lescopent afin de jongler avec une intrigue ombrageuse. Car Ă  travers une ambiance anxiogène renforcĂ©e par l'aigreur d'une photo dĂ©saturĂ©e, Babycall nous illustre la douloureuse introspection d'une mère de famille dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  protĂ©ger son fils d'un ex-mari tyrannique. Ainsi, en jouant la carte du suspense et du mystère interlope planant sur les frĂŞles Ă©paules de l'hĂ©roĂŻne, Babycall nous confronte Ă  son dĂ©sarroi hantĂ© d'incertitude, faute de son esprit torturĂ©, mais pour autant bien consciente de souffrir d'hallucinations incontrĂ´lĂ©es.
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RĂ©fugiĂ©e dans la solitude d'un appartement restreint pour mieux prĂ©server la fragilitĂ© de son fils, Anna va peu Ă  peu se confronter Ă  une sĂ©rie d'Ă©vènements inexpliquĂ©s et perdre pied avec la rĂ©alitĂ© ! C'est d'abord le babyphone prĂ©alablement achetĂ© chez un commerçant qui Ă©met en intermittence de violents cris d'enfant et de femme brutalisĂ©e ! C'est ensuite la visite impromptue dans l'appartement d'un garçonnet Ă©trange et taciturne, camarade influent de son fils. Il y a aussi le conducteur d'un camion rĂ©fugiĂ© sous le parking du HLM, car transportant dans son coffre ce qui s'apparente Ă  un cadavre empaquetĂ©. Enfin, un assistant social un peu trop envahissant estime suspecter la jeune mère de manquer Ă  sa responsabilitĂ© parentale pour interdire son bambin de rejoindre les classes de cours. Malaise sous-jacent, lourd et diffus, ambiance schizo dĂ©coulant de facteurs contradictoires sont habilement distillĂ©s pour nous entraĂ®ner vers un drame funèbre profondĂ©ment intime. Reposant sur les Ă©paules chĂ©tives de Noomi Rapace portant le film Ă  bout de bras, celle-ci dĂ©ploie une sobre intensitĂ© dramatique Ă  illustrer le profil versatile d'une mère dĂ©semparĂ©e, obstinĂ©e Ă  sauvegarder l'existence de son enfant, auparavant victime d'un traumatisme. Son comportement terriblement introverti et refoulĂ©, son regard craintif empli d'angoisse et sa perplexitĂ© Ă  ne plus savoir dissocier la rĂ©alitĂ© du fantasme nous dĂ©sarme de sa solitude meurtrie.


Baignant dans un climat d'angoisse cĂ©rĂ©bral Ă©manant de l'esprit tourmentĂ© d'une jeune femme en dĂ©tresse maternelle, Babycall se dĂ©cline en drame susceptible, transcendĂ© du talent Ă©purĂ© de Noomi Rapace en mère nĂ©vrosĂ©e aussi attentionnĂ©e qu'Ă©peurĂ©e. Retranscrit avec sensibilitĂ© Ă  travers une narration nĂ©buleuse faisant habilement intervenir en second acte un argument fantastique (dont je tairais le thème), cette oeuvre modeste amorce son impact Ă©motionnel auprès d'un Ă©pilogue aussi bouleversant que rĂ©dempteur.

*Bruno
09.09.19
21.03.12. 151v

RĂ©compenseGrand Prix et Prix de la critique Ă  GĂ©rardmer, 2012. 

dimanche 8 septembre 2019

Nous finirons ensemble

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Guillaume Canet. 2019. France. 2h08. Avec François Cluzet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Benoît Magimel, Laurent Lafitte, Pascale Arbillot, Clémentine Baert, Valérie Bonneton, José Garcia,
Joël Dupuch.

Sortie salles France: 1er Mai 2019

FILMOGRAPHIE: Guillaume Canet, nĂ© le 10 avril 1973 Ă  Boulogne-Billancourt en France, est un acteur, rĂ©alisateur, producteur associĂ©, scĂ©nariste, dialoguiste et adaptateur français. 2002: Mon Idole. 2006: Ne le dis Ă  Personne. 2010: Les Petits mouchoirs. 2013 : Blood Ties. 2017 : Rock’n’Roll. 2019: Nous finirons ensemble.


9 ans après son joli succès public les Petits Mouchoirs, Guillaume Canet rempile pour une suite avec Nous finirons ensemble, hommage selon ses dires Ă  Maurice Pialat Ă  travers Nous ne vieillirons pas ensemble sorti en 1972. Et on peut dire que Canet, complètement transi par ce qu'il filme puisque  infiniment inspirĂ© et perfectionniste, parvient haut la main Ă  surpasser son modèle. Notamment en bouclant son intrigue avec une Ă©motion tellement plus sobre et naturelle si on la compare au final sirupeux des Petits Mouchoirs maladroitement trivial. Hymne Ă  la vie, Ă  la fiesta, Ă  l'amour et surtout Ă  l'amitiĂ©, Nous finirons ensemble est un pur concentrĂ© de bonheur expansif comme on en voit trop peu dans le paysage français. Si bien que selon mon jugement de valeur, j'ai vĂ©cu un moment de cinĂ©ma en apesanteur de par son semblant de fĂ©erie ainsi que sa puissance d'Ă©vocation Ă  travers moult situations que j'ai dĂ©jĂ  personnellement vĂ©cu de manière aussi juste qu'authentique ! Il va d'ailleurs sans dire que Canet s'avère l'un des meilleurs cinĂ©astes de sa gĂ©nĂ©ration Ă  savoir diriger ses acteurs au sein de la comĂ©die française, tant et si bien que chaque sĂ©quence semble avoir Ă©tĂ© quasi improvisĂ©e avec souci documentaire. C'est dire si l'immersion du spectateur fonctionne Ă  plein rĂ©gime Ă  travers ses tranches de vie purement amicales oĂą se tĂ©lescopent prises de bec, Ă©clats de rire, Ă©briĂ©tĂ©s et rĂ©conciliations autour d'une crise identitaire d'un sexagĂ©naire plongĂ© dans une lourde dĂ©pression.


Tant auprès de sa situation Ă©conomique, de son ancienne relation conjugale (il est sur le point de divorcer) que de sa nouvelle Ă©preuve  existentielle Ă  devoir franchir le cap de la soixantaine. Faut t'il prĂ©ciser que l'immense François Cluzet accomplit une fois encore une performance viscĂ©rale de par sa vigueur d'expression nĂ©vralgique Ă  nous insuffler ses sautes d'humeur cyclothymiques ! Outre la posture si justement expressive de ce dernier portant le film sur ses Ă©paules avec autant de fragilitĂ© que de rĂ©silience dans sa requĂŞte du dĂ©passement de soi et du dĂ©sir de renouer avec la gagne, les autres acteurs qui l'accompagnent, frĂ©tillants, communicatifs, fripons, tendres et/ou Ă©corchĂ©s, sont Ă  la fĂŞte Ă  travers leurs traits de caractère hĂ©tĂ©roclites oĂą priment les valeurs de l'amour, de la fidĂ©litĂ© et de la cohĂ©sion amicale. A l'instar de leurs houleuses relations conjugales ou de leur nouvelle accointance sentimentale (les rapports nouvellement intimes entre Gilles Lellouche et la sĂ©millante Marion Cotillard dans un rĂ´le Ă  contre-emploi de chieuse frondeuse). A la fois drĂ´le, exaltant, lyrique et Ă©mouvant parmi la juste mesure de sobriĂ©tĂ© (aucun acteur ne cède Ă  la caricature ou Ă  l'outrance verbale ou gestuelle), Nous finirons ensemble nous communique un arc en ciel d'Ă©motions bipolaires si bien que le spectateur s'identifie auprès de ces personnages, notamment en se remĂ©morant ses propres rĂ©miniscences personnelles que Guillaume Canet parvient Ă  rĂ©animer sur pellicule grâce au vĂ©risme plus vrai que nature de sa mise en scène chiadĂ©e et Ă  la ferveur des comĂ©diens constamment en roue libre de par leur force tranquille confondante de naturel !


La fureur de vivre. 
ComĂ©die chorale festoyant autour des thèmes de l'amitiĂ©, de la vieillesse et de l'amour sous l'impulsion d'une communion de comĂ©diens transpirant la bonhomie tintĂ©e de tendresse, Nous finirons ensemble redore ses lettres de noblesse au "film de potes" avec une intensitĂ© Ă©motionnelle infiniment fructueuse dans sa capacitĂ© Ă  remettre en question l'Ă©thique du spectateur lui permettant de renouer avec une seconde jeunesse ! 1000 mercis Guillaume pour ce prĂ©cieux Ă©crin ! 

*Bruno

Box Office: 2 759 831 entrées

vendredi 6 septembre 2019

Amityville 2, "le possédé" / "Amityville 2: The Possession"

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

de Damiano Damiani. 1982. U.S.A. 1h44. Avec James Olson, Burt Young, Rytanya Alda, Jack Magner, Andrew Prine, Diane Franklin, Moses Gunn, Ted Ross, Erika Katz, Brent Katz, Leonardo Cimino.

Sortie en salles en France le 5 Janvier 1983. U.S: 24 Septembre 1982

FILMOGRAPHIE: Damiano Damiani (23 Juillet 1922 Ă  Pasiano di Pordenone) est un Ă©crivain, scĂ©nariste, acteur et rĂ©alisateur de cinĂ©ma italien. 1960: Jeux PrĂ©coces, 1961: Il Sicario, 1962: L'Isola Di Arturo, 1963: La RepatriĂ©e, l'Ennui et sa Diversion, 1966: La Strega in Amore, El Chuncho, 1968: Una ragazza piuttosto complicata, La Mafia fait la loi, 1970: Seule contre la Mafia, 1971: Confession d'un commissaire de police au procureur de la RĂ©publique, Nous Sommes tous en LibertĂ© Provisoire, 1972: Girolimoni, il mostro di Roma, 1974: Il sorriso del grande tentatore, 1975: Un GĂ©nie, deux AssociĂ©s, une Cloche, 1976: PerchĂ© si uccide un magistrato, 1977: Un Juge en Danger, 1980: Goodbye e amen, Un uomo in Ginocchio, 1981: L'avvertimento, 1982: Amityville 2, le possĂ©dĂ©, 1985: Pizza Connection, 1986: La Gran Incognita, l'Inchiesta, 1989: Gioco al Massacro, 1990: Il sole Buio, 1992: l'Angelo con la Pistola, 2000: Alex l'ariete, 2002: Assassini dei giorni di Festa.

 
"Amityville 2 : la maison dĂ©vore ses enfants".
Trois ans après le triomphe d’Amityville, classique de la hantise encore trop mĂ©sestimĂ©, le producteur Dino De Laurentiis confie Ă  l’Italien Damiano Damiani la rĂ©alisation d’une prĂ©quelle. Oscillant entre film de maison maudite et possession satanique, Amityville 2 amortit son budget pour gagner, au fil des dĂ©cennies, une aura de culte : pour beaucoup, il est aujourd’hui le meilleur volet de la saga.

La famille Montelli emmĂ©nage Ă  Long Island, dans leur nouvelle demeure d’Amityville. Dès leur arrivĂ©e, d’Ă©tranges signes s’Ă©veillent — et le fils aĂ®nĂ© se laisse happer par le souffle Ă©thĂ©rĂ© de la maison. Peu Ă  peu, une force diabolique s’infiltre en lui, le ronge et l’incite au carnage.


D’après le scĂ©nario Ă©pineux de Tommy Lee Wallace, librement inspirĂ© du massacre DeFeo, la fascination vĂ©nĂ©neuse de cet opus tient au portrait d’une famille rongĂ©e de l’intĂ©rieur. Le père, mĂ©crĂ©ant et irascible, impose ses brutalitĂ©s et ses chantages charnels ; la mère, catholique pratiquante, endure en silence ; leurs enfants, eux, subissent ces querelles qui pourrissent jusqu’au repas. PassĂ© un premier quart d’heure Ă©grainant des manifestations spectaculaires, l’ambiance s’Ă©paissit — pour se lover dans l’esprit viciĂ© du fils aĂ®nĂ©.
Nul n’oublie la scène incestueuse oĂą Johnny, malin comme un serpent, envoĂ»te sa sĹ“ur compatissante — jusqu’au remords muet qui la dĂ©vore. Instant d’intimitĂ© sourdement glauque, nourri de regards troubles et d’une sĂ©duction diaphane. Bien avant cette dĂ©rive, un autre sommet s’impose : Johnny, possĂ©dĂ©, traquĂ© par une camĂ©ra subjective virevoltante, fuit Ă  travers la maison avant de s’Ă©crouler, torse nu, implorant l’entitĂ© de ne pas le violer. Une scène terrifiante, filmĂ©e comme un cauchemar fiĂ©vreux.


Tout du long, Damiani radiographie, au compte-gouttes, la contamination dĂ©moniaque de Johnny dans une atmosphère fuligineuse, sournoisement insidieuse. Il surpasse mĂŞme son modèle : plus rĂ©aliste, plus poisseux, jonglant entre angoisse, impuissance et horreur. Les comĂ©diens, eux, livrent une partition habitĂ©e : nĂ©vrose, honte et perversion infusent chaque geste. Diane Franklin, en jeune sĹ“ur rattrapĂ©e par la culpabilitĂ© d’ĂŞtre devenue l’objet d’un tabou, fend le cĹ“ur. Jack Magner, lui, incarne l’hĂ©ritier du Mal — isolĂ©, vicieux, profanateur de chair et de foi.
Et si le dernier acte, flirtant avec L’Exorciste, flĂ©chit dans un air de dĂ©jĂ -vu, il conserve un pouvoir d’inquiĂ©tude grâce Ă  la figure pathĂ©tique du tueur juvĂ©nile et l’ultime sursaut rĂ©dempteur du prĂŞtre. Sans sombrer dans le grand-guignol, l’exorcisme final reste concis et d’une laideur jouissive : la chair du possĂ©dĂ© se fend sous nos yeux en lambeaux purulents.


"Le PossĂ©dĂ© : confession d’une demeure impure".
PortĂ© par le score entĂŞtant de Lalo Schifrin, Amityville 2 : Le PossĂ©dĂ© fait partie de ces rares suites qui surpassent l’original. Subversif, poisseux, anxiogène jusqu’Ă  l’os : la perversion suinte, l’angoisse Ă©touffe, et le massacre, filmĂ© avec une cruautĂ© implacable, vous arrache un frisson qui persiste.

Quant Ă  Jack Magner, il glace, magnĂ©tique, jusqu’Ă  l’ultime regard — Ă  redĂ©couvrir, d’urgence.

Note : Le film ne fut pas tourné dans la véritable maison, mais dans une autre bâtisse recréée en fac-similé.

* Bruno
06.09.19. 4èx
11.08.11. 162 v

jeudi 5 septembre 2019

Frère de sang 2

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Basket Case 2" de Frank Henenlotter. 1990. U.S.A. 1h30. Avec Kevin Van Hentenryck , Judy Grafe, Annie Ross , Heather Rattray , Chad Brown , Beverly Bonner , Alexandra Auder

Sortie salles U.S: 5 Octobre 1990

FILMOGRAPHIEFrank Henenlotter est un rĂ©alisateur amĂ©ricain de films d'horreur nĂ© le 29 aoĂ»t 1950 Ă  New-York. 1982: Frères de sang. 1988: Elmer, le remue-mĂ©ninges. 1990: Frères de sang 2. 1990: Frankenhooker. 1992: Frères de Sang 3. 2008: Sex Addict.


8 ans après avoir Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© auprès des amateurs de dĂ©viance horrifique avec le ravageur Frère de sangFrank Henenlotter s'impose une modeste sĂ©quelle avec Frère de sang 2. Du B movie trash underground que ce dernier continue d'assumer dans son refus du conformisme si bien que seul compte pour lui dĂ©viance, vulgaritĂ© et provocation Ă  travers le schĂ©ma d'un cartoon live bĂŞte et mĂ©chant. Ainsi, après leur dĂ©fenestration; Duane et son frère Belial sont transportĂ©s Ă  l'hĂ´pital pour y ĂŞtre soignĂ©s. Mais après avoir tuĂ© un des infirmiers et pris la fuite, ils sont aimablement hĂ©bergĂ©s par la tante de Duane qui accueille en secret une Ă©trange communautĂ© de marginaux. Des laissĂ©s pour compte d'apparence monstrueuse que la sociĂ©tĂ© policĂ©e refuse d'insĂ©rer. Duane et son frère tentent alors de cohabiter au sein de cette communautĂ© au moment mĂŞme oĂą un trio de journalistes cupides s'efforcent d'y opĂ©rer un juteux scoop.


Sans jamais rivaliser avec la qualitĂ© de son modèle, authentique film-culte Ă©tonnamment percutant et couillu dans sa disparitĂ© des genres; Frère de sang 2 rĂ©fute la redite pour nous proposer un Ă©crin autrement singulier qu'Henenlotter ose transgresser, entre grotesque et mauvais goĂ»t dĂ©bridĂ©. Soufflant cependant le chaud et le froid, de par le cĂ´tĂ© routinier des mises Ă  mort rehaussĂ© pour autant d'une inquiĂ©tante scĂ©nographie d'un stylisme baroque (le colloque entre Duane et le journaliste dans la pĂ©nombre d'un bar dĂ©gage une ambiance de film noir Ă©tonnamment hybride !); Frère de sang 2 ne manque pas d'idĂ©es vrillĂ©es (notamment la pathologie d'un certain protagoniste !) pour surprendre le spectateur embarquĂ© dans une monstrueuse parade aussi dĂ©concertante que facĂ©tieuse. Quand bien mĂŞme Henenlotter continue de dĂ©velopper les profils des frères siamois, particulièrement Duane toujours aussi avide d'indĂ©pendance et d'aspiration conjugale auprès de la fille de sa tante. Quant Ă  son petit frère impotent (au maquillage de latex un peu plus Ă©laborĂ© !), il poursuit ici son pĂ©riple meurtrier en guise de vengeance. A savoir, supprimer les journalistes dĂ©lateurs avant d'y fricoter Ă©galement l'amour auprès d'un binĂ´me fĂ©minin. Henenlotter y injectant par cette occasion inusitĂ© une dĂ©rision salace effrontĂ©e par le biais d'un coĂŻt aussi graphique que dĂ©rangeant !


Ainsi donc, avec une modeste efficacitĂ©, Frank Henenlotter parvient Ă  rendre gentiment ludique cette sĂ©quelle folingue en tablant surtout sur la hiĂ©rarchie carnavalesque des monstres de foire tentant de cohabiter avec les frères siamois avec une dĂ©contraction (dĂ©libĂ©rĂ©ment) grotesque. Et ce avant qu'Henenlotter n'opère un virage Ă  180° pour Ă©branler leur sĂ©rĂ©nitĂ© en optant un retour Ă  la case dĂ©part pour la condition uniforme de Duane / Belial ! Une sĂ©quence finale caustique aussi hallucinante que profondĂ©ment dĂ©rangeante, assurĂ©ment le moment le plus marquant de cette sympathique rĂ©crĂ©ation potache. A rĂ©server toutefois aux aficionados de curiositĂ© barrĂ©e !

*Bruno
05.09.19. 3èx
12/09/16. 113 v

mercredi 4 septembre 2019

La Fièvre au corps

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Body Heat" de Lawrence Kasdan. 1981. U.S.A. 1h53. Avec William Hurt, Kathleen Turner, Richard Crenna, Ted Danson, J.A. Preston, Mickey Rourke.

Sortie salles France: 24 Février 1982. U.S: 28 Août 1981

FILMOGRAPHIELawrence Kasdan est un producteur, scénariste, réalisateur et acteur américain né le 14 janvier 1949 à Miami Beach, Floride (États-Unis). 1981 : La Fièvre au corps. 1983 : Les Copains d'abord. 1985 : Silverado. 1988 : Voyageur malgré lui. 1990 : Je t'aime à te tuer. 1991 : Grand Canyon. 1994 : Wyatt Earp .1995 : French Kiss. 1999 : Mumford. 2003 : Dreamcatcher. 2012 : Freeway et nous.


Thriller torride autour d'un duo d'amants fébriles emportés par la vague du crime passionnel, La Fièvre au Corps rend hommage au film noir des années 50 avec une efficacité certaine à défaut de
révolutionner le genre. Car si le classicisme de sa première partie opte le déjà vu (il s'agit du même schéma meurtrier que le Facteur sonne toujours 2 fois), la maîtrise de la mise en scène posée et surtout le jeu assez magnétique du duo lubrique William Hurt (en avocat véreux coureur de jupon) / Kathleen Turner (en vamp perfide atteinte de nymphomanie) parviennent pour autant à instaurer un suspense latent prenant toute son intensité lors de sa vénéneuse seconde partie. Si bien que Lawrence Kasdan s'alloue d'un scénario solide pour nous surprendre au gré rebondissements imprévisibles d'une diabolique habileté, à l'instar de son étonnant dénouement plutôt immoral.


Outre l'aspect ludique de son intrigue criminelle soigneusement narrĂ©e et d'un Ă©rotisme ardent lors de son 1er acte rĂ©gi en vase-clos Ă©touffant, La Fièvre au corps s'avère davantage captivant auprès du tĂ©moignage de l'avocat insidieux pris dans les mailles du soupçon et de la culpabilitĂ© eu Ă©gard de ses adjoints Ă  l'affĂ»t du moindre indice. D'une cruautĂ© inouĂŻe quant aux vĂ©ritables propos pernicieux de sa maĂ®tresse vĂ©nale, La Fièvre au corps ne cessera donc lors de sa seconde partie Ă  dĂ©crĂ©dibiliser la parole de l'avocat emportĂ© dans la tourmente de la duperie et du simulacre. Si bien qu'Ă  ce jeu de pouvoir entre amants corrompus y Ă©mane le portrait d'une veuve noire impitoyable quant Ă  ses ambitions cupides dĂ©nuĂ©es d'une once de compassion.


Baignant dans un climat solaire rubigineux Ă  travers les Ă©bats impudents du duo en rut, la Fièvre au Corps affiche un climat d'Ă©rotisme sulfureux derrière l'hommage sincère au film noir. Quand bien mĂŞme William Hurt et Kathleen Turner envoĂ»tent sans fard l'Ă©cran avec une complicitĂ© amoureuse terriblement mielleuse. A (re)dĂ©couvrir. 

*Bruno
3èx

mardi 3 septembre 2019

Série noire pour une nuit Blanche. Prix spécial du jury, Cognac 85.

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Into the Night" de John Landis. 1985. U.S.A. 1h48. Avec Jeff Goldblum, Michelle Pfeiffer, Stacey Pickren, Carmen Argenziano, Dan Aykroyd, Bruce McGill, Dedee Pfeiffer, Richard Farnswort.

Sortie salles France: 22 Mai 1985

FILMOGRAPHIEJohn Landisest un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain, né le 3 Août 1950 à Chicago (Illinois, Etats-Unis). 1973: Schlock. 1977: Hamburger Film Sandwich. 1978: American College. 1980: The Blues Brothers. 1981: Le Loup-garou de Londres. 1983: Un Fauteuil pour deux. 1983: La Quatrième Dimension. 1985: Série noire pour une nuit blanche. 1985: Drôles d'espions. 1986: Trois amigos ! 1986: Cheeseburger film sandwich. 1988: Un Prince à New-York. 1991: l'Embrouille est dans le sac. 1992: Innocent Blood. 1994: Le Flic de Beverly Hills 3. 1996: Les Stupides. 1998: Blues Brothers 2000. 1998: Susan a un plan. 2010: Cadavres à la pelle.


Une merveilleuse comédie policière à travers une balade stellaire jonchée de rencontres patibulaires, de cadavres, de majordomes et de villas huppées.
RĂ©alisateur reconnu comme un maĂ®tre de la comĂ©die dĂ©calĂ©e tout en ayant percĂ© dans le cinĂ©ma d'horreur, le film musical et le polar avec un mutuel brio, John Landis ne perd rien de son savoir-faire avec SĂ©rie noire pour une nuit Blanche rĂ©compensĂ©e du Prix SpĂ©cial du Jury Ă  Cognac. Car maĂ®trisant Ă  nouveau les ruptures de ton comme personne, John Landis nous rĂ©gale d'une dĂ©licieuse intrigue criminelle truffĂ©e d'Ă©clairs de violence, de fantasmagorie et de cocasserie Ă  travers le cocktail d'un survival Ă  perdre haleine. Qui plus est, magnifiquement filmĂ© de nuit au coeur d'une citĂ© urbaine bon chic bon genre, ce dernier y transcende la forme Ă  travers ses villas et hĂ´tels luxueux que Jeff Goldblum et Michelle Pfeiffer arpentent afin de dĂ©jouer les menaces tous azimuts. Dans la mesure oĂą un quatuor de tueurs israĂ©liens et d'autres clans mafieux sont Ă  leur trousse afin d'empocher 6 Ă©meraudes que Diana passa en fraude avec la complicitĂ© de son amant. Au mĂŞme moment, dans un concours de circonstances alĂ©atoires, Ed Okin se rĂ©fugia Ă  l'aĂ©roport depuis ses problèmes d'insomnie, faute d'avoir tĂ©moignĂ© de l'adultère de son Ă©pouse. Mais c'est lors d'une tentative de kidnapping que nos deux hĂ©ros vont se rencontrer et se prĂŞter main forte pour un mutuel enjeu de survie. Pour ce faire, ils mettront en oeuvre leur cohĂ©sion amicale le temps restreint de deux nuits blanches. 


Ainsi donc, Ă  travers sa moisson de pĂ©ripĂ©ties et rebondissements en pagaille, ses gags hilarants et ses instants de cocasserie Ă©maillĂ©s de plages de tendresse, Serie noire pour une nuit blanche est d'autant mieux illuminĂ© de la complĂ©mentaritĂ© sentimentale de Jeff Goldblum / Michelle Pfeiffer en voie d'Ă©treinte amoureuse. Celui-ci endossant avec une sobriĂ©tĂ© nuancĂ©e le rĂ´le d'un cadre Ă  la fois introverti et taiseux auprès de son Ă©pouse infidèle, quand bien mĂŞme son parcours tumultueux avec sa nouvelle compagne lui permettra de braver les dangers en faisant preuve de bagout audacieux et d'hĂ©roĂŻsme toujours placide. JuvĂ©nile, sĂ©millante et sexy, Michelle Pfeiffer se fond dans le corps d'une escort girl pour autant Ă©tonnamment loyale, solidaire et indulgente quant aux rapports prĂ©caires avec son partenaire timorĂ© plongĂ© dans l'univers insoupçonnĂ© de la pègre meurtrière. Si bien qu'il est Ă©tonnant de constater combien John Landis s'affranchit des interdits en injectant par intermittence Ă  son intrigue pittoresque des scènes de violence tranchĂ©es en totale contradiction avec son climat dĂ©calĂ© de douce folie. A l'instar de la vigoureuse panique finale dans l'aĂ©roport, pur moment d'anthologie de par son action erratique oĂą se disputent dans la cacophonie, flics, malfrats et hĂ©ros Ă  nouveau pris en otage.


Série noire pour deux nuits blanches
C'est donc une nouvelle fois un incroyable divertissement hybride que nous offre gĂ©nĂ©reusement John Landis Ă  travers cette comĂ©die policière effrontĂ©e dĂ©ployant une plĂ©thore de situations dĂ©bridĂ©es sous l'impulsion d'antagonistes extravagants en proie aux diamants verts d'un couple emportĂ© par la fougue d'un conte de fĂ©e aussi bien pailletĂ© que macabre. Un rĂ©gal Ă  revoir sans se lasser. 

10/10

*Bruno
3èx

lundi 2 septembre 2019

Puppet Master, The Littlest Reich. Grand Prix Gérardmer, 2019

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Sonny Laguna et Tommy Wiklund. 2018. U.S.A. 1h29. Avec Thomas Lennon, Jenny Pellicer, Nelson Franklin, Charlyne Yi, Michael Pare

Sortie en VOD, U.S: 17 Août 2018

FILMOGRAPHIE: Sonny Laguna est un réalisateur et scénariste américain. 2018: Puppet Master: The Littlest Reich. 2015 We Are Monsters. 2012 Cabin of the Death. 2011 Blood Runs Cold. 2010 Madness (Video). Tommy Wiklund est un réalisateur, scénariste et producteur américain. 2018: Puppet Master: The Littlest Reich. 2015 We Are Monsters. 2012 Cabin of the Death. 2010 Madness (Video). 2006 Jag såg min bäste vän dö (Video).


12 è volet de la franchise créé par Full Moon, Puppet Master the littlest Reich s'apparente Ă  un Ă©pisode lambda de la saga Vendredi 13 de par l'ossature de son pitch sans surprise, dĂ©nuĂ© d'enjeux dramatiques, ses situations aussi routinières qu'Ă©culĂ©es et ses meurtres mĂ©tronomes que le duo Sonny Laguna / Tommy Wiklund met en exergue sans passion. Et ce en dĂ©pit d'un cast convaincant d'autant bien dirigĂ© et de la qualitĂ© des FX nanti de maquillages ultra gores. Seul vĂ©ritable intĂ©rĂŞt de cette franchise (ultra) mineure puisqu'elle ne se contente de nous divertir qu'Ă  travers ses scènes chocs sardoniques souvent percutantes et inventives Ă  dĂ©faut de nous immerger dans un huis-clos de tous les dangers dĂ©nuĂ© d'intensitĂ© dramatique et de rebondissements (en dĂ©pit de son Ă©pilogue bizarroĂŻde avec l'intervention de Toulon). Quant Ă  son inexplicable Grand Prix dĂ©cernĂ© Ă  GĂ©rardmer, il restera pour moi aussi injustifiĂ© que les surfaits Dream Lover, Patrick et Darkside, les contes de la nuit noir primĂ©s Ă  Avoriaz, quand bien mĂŞme sa facture tĂ©lĂ©filmesque (Ă©paulĂ© d'un scope inutile !) renforce un peu plus le cĂ´tĂ© aseptique de l'entreprise.

*Bruno

vendredi 30 août 2019

Insomnia

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Christopher Nolan. 2002. U.S.A. 1h58. Avec Al Pacino, Robin Williams, Hilary Swank, Maura Tierney, Martin Donovan, Paul Dooley, Nicky Katt.

Sortie salles France: 6 Novembre 2002. U.S: 24 Mai 2002

FILMOGRAPHIE: Christopher Nolan est un réalisateur, scénariste et producteur anglais, né le 30 Juillet 1970 à Londres en Angleterre. 1998: Following. 2000: Memento. 2002: Insomnia. 2005: Batman Begins. 2006: Le Prestige. 2008: The Dark Knight. 2010: Inception. 2012: The Dark Knight Rises. 2014: Interstellar.


Thriller implacable d'une intensitĂ© dramatique Ă  la fois vertigineuse et bouleversante, Insomnia est le genre d'Ă©preuve cinĂ©matographique Ă  marquer d'une pierre blanche, Ă  l'instar de ces modèles Seven et le Silence des Agneaux qu'on ne prĂ©sente plus. Car nanti d'un scĂ©nario en bĂ©ton explorant une confrontation cĂ©rĂ©brale en acmĂ© entre Al Pacino, en flic vĂ©reux dĂ©semparĂ© (magnifique jeu d'acteur tout en sobriĂ©tĂ© viscĂ©rale !), et Robin Williams, en tueur perfide tirant les ficelles d'un odieux compromis criminel (un rĂ´le Ă  contre-emploi parvenant dès sa 1ère apparition Ă  nous faire oublier  ses traditionnelles mimiques fringantes), Insomnia ne nous laisse aucun rĂ©pit de par le magnĂ©tisme de son intrigue sournoise fertile en rebondissements. Tant et si bien que Christopher Nolan parvient Ă  nous hypnotiser de la manière la plus vĂ©riste et immersive lorsqu'un flic et un tueur sont contraints de collaborer Ă  la suite de leurs bĂ©vues criminelles oĂą l'innocence en paya le lourd tribus. Ainsi, Ă  travers les thèmes du simulacre et de la corruption, de la culpabilitĂ© et du remord, ce dernier dresse le douloureux portrait d'un flic dĂ©sabusĂ©, faute de ses actions prĂ©judiciables d'avoir oser falsifier des preuves afin de faire condamner les pires criminels aux tendances pĂ©dophiles.


Tout le récit savamment structuré titillant au compte goutte les états d'âme de l'inspecteur Will Dormer en proie à une imparable insomnie depuis sa culpabilité d'avoir accidentellement causé la mort de son confrère lors d'une course-poursuite avec le tueur en plein brouillard. D'ailleurs, de par son climat à la fois hivernal et montagneux, Insomnia s'avère également un film d'ambiance crépusculaire comme on en voit trop peu dans le paysage du thriller hollywoodien. Si bien que Christopher Nolan maîtrise à la perfection ses cadres naturels (comme l'incroyable poursuite sur les rondins de bois !) auquel évolue ces protagonistes hantés par la disparition d'une adolescente battue à mort pour un mobile sentimental. Et si Insomnia s'avère aussi intense et psychologiquement éprouvant, il le doit autant à l'ampleur de sa progression narrative davantage substantielle que du témoignage avisé de la jeune inspectrice Ellie Burr fascinée par la notoriété exemplaire de Dormer mais davantage suspicieuse, et donc sur le qui-vive, quant à son éventuelle complicité meurtrière. La présence rassurante d'Hilary Swank en inspectrice novice cultivant peu à peu un climat d'amertume épris de gravité lors de son investigation personnelle à reconsidérer les faits relatés.


Une tragédie humaine
Grand moment de cinĂ©ma au sein du thriller noir d'une rigueur psychologique Ă  la fois Ă©touffante,  escarpĂ©e et bouleversante, Insomnia ne nous laisse pas indemne Ă  travers sa vibrante rĂ©flexion sur la corruption humaine si bien que l'intĂ©gritĂ© d'un homme se juge ici Ă  la manière dont il dĂ©fiera sa propre lâchetĂ©. Un drame humain en somme, profond, puissant et inoubliable que le score fragile de David Julyan gradue avec une infinie mĂ©lancolie.

*Bruno
2èx

Récompense: London Film Critics Circle Awards 2003 : Réalisateur britannique de l'année pour Christopher Nolan

jeudi 29 août 2019

Witness

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Peter Weir. 1985. U.S.A. 1h52. Avec Harrison Ford, Kelly McGillis, Lukas Haas, Josef Sommer, Jan Rubes, Alexander Godunov, Danny Glover.

Sortie salles France: 22 Mai 1985. U.S: 8 Février 1985

FILMOGRAPHIE: Peter Weir est un réalisateur australien, né le 21 Août 1944, à Sydney, Australie.
1974: Les Voitures qui ont mangé Paris. 1975: Pique-nique à Hanging Rock. 1977: La Dernière Vague. 1981: Gallipoli. 1982: l'Année de tous les Dangers. 1985: Witness. 1986: Mosquito Coast. 1989: Le Cercle des Poètes Disparus. 1990: Green Card. 1993: Etat Second. 1998: The Truman Show. 2003: Master and Commander. 2011: Les Chemins de la Liberté.


"Un flic qui en sait trop. Sa seule chance: un témoin de 8 ans qui en a vu trop."
Immense auteur d'origine australienne Ă  la filmo irrĂ©prochable, Peter Weir surprend avec Witness si bien qu'il s'essaie au film de commande hollywoodien que David Cronenberg et John Badham refusèrent initialement. Et si on est loin de la qualitĂ© formelle et narrative de ses chefs-d'oeuvre naturalistes (les auteurisants La Dernière Vague / Picnic Ă  Hanging Rock), Witness ne manque pas de densitĂ© Ă  travers les composants de la romance et du thriller que le duo incandescent Harrison Ford / Kelly McGillis anime avec passion. Pour ce faire, Peter Weir leur fait confronter le choc des cultures Ă  travers la communautĂ© rigoriste des Amish qu'un flic est contraint de frĂ©quenter depuis sa faction auprès d'un bambin malencontreusement tĂ©moin d'un meurtre crapuleux. Ainsi, alors qu'il se retrouve grièvement blessĂ© lors d'une balle perdue, il est aimablement soignĂ© et accueilli par l'hospitalitĂ© de Rachel, la mère du bambin, et le père de celle-ci, prĂ©cisĂ©ment psycho-rigide lorsqu'il s'agit d'honorer ses directives religieuses.


Au-delĂ  de l'intensitĂ© de quelques scènes d'action remarquablement montĂ©es; principalement lors de son point d'orgue aussi tendu qu'haletant; Witness privilĂ©gie l'essence romantique d'une liaison impossible, faute d'une culture religieuse ultra conservatrice et de l'Ă©preuve du deuil Ă  considĂ©rer (l'Ă©poux de Rachel venant de trĂ©passer en ouverture du rĂ©cit). ImprĂ©gnĂ© de douce tendresse et d'ambiguĂŻtĂ© Ă  travers les non-dits et les regards fĂ©briles dĂ©sireux d'y croquer la pomme, Witness dĂ©gage un climat semi Ă©lĂ©giaque autour du couple en Ă©moi, et ce sous l'impulsion du score Ă©purĂ© de Maurice Jarre. Harrison Ford et Kally Mc Gillis insufflant une fragile expression humaine Ă  travers leur complicitĂ© amoureuse si bien que l'on peut d'ailleurs Ă©voquer le "coup de foudre" lorsqu'ils cèdent finalement Ă  leurs Ă©treintes frĂ©nĂ©tiques que Peter Weir filme toutefois avec beaucoup de pudeur et de mutisme dans les Ă©changes de regard. Et donc, en y opposant la violence urbaine d'une sociĂ©tĂ© incivique avec la violence puritaine d'une secte religieuse, Peter Weir y façonne un mur entre ces 2 microcosmes, de par leur Ă©thique infiniment contradictoire et leur refus de moindre concession si bien que l'amour n'aura pas lieu d'ĂŞtre. 


Bien que perfectible, moins rĂ©aliste que prĂ©vu (notamment auprès du meurtre dans les toilettes) et parfois un brin caricatural (la posture altière de certains tueurs ou celle autrement rigide de certains Amish), Witness explore le thriller romantique avec assez d'efficacitĂ©, d'intensitĂ© et d'intelligence pour y dĂ©noncer les dommages collatĂ©raux de la violence.

*Bruno
3èx

mercredi 28 août 2019

La Fiancée du Vampire

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cine-songes.com

"House of dark Shadows" de Dan Curtis. 1970. U.S.A. 1h37. Avec Jonathan Frid, Grayson Hall, Kathryn Leigh Scott, Roger Davis, Nancy Barrett, John Karlen.

Sortie salles France: 11 Août 1971

FILMOGRAPHIE: Dan Curtis est un producteur, scénariste et réalisateur américain, né le 12 Août 1927 à Bridgeport, Connecticut (Etats-Unis), décédé le 27 mars 2006 à Brentwood (Californie). 1966: Dark Shadows (série TV). 1970: La Fiancée du Vampire. 1971: Night of dark shadows. 1973: Dracula. 1973: The Night Strangler (télé-film). 1975: La Poupée de la Terreur. 1976: Trauma. 1977: Dead of Night. 1977: La Malédiction de la veuve noire (télé-film). 1992: Intruders (télé-film). 1996: La Poupée de la terreur 2 (télé-film).


EstampillĂ©e Dan Curtis, une perle oubliĂ©e transpirant Ă  chaque plan de son amour pour le Fantastique nĂ©o-gothique. 
Adaptation cinĂ© de sa cĂ©lèbre sĂ©rie TV Dark Shadows comprenant plus de 1000 Ă©pisodes de 1966 Ă  1971 (un record pour une sĂ©rie fantastique alors qu'elle reste inĂ©dite dans l'hexagone !), La FiancĂ©e du Vampire demeure une excellente variation du mythe Ă  travers un scĂ©nario aussi bien prosaĂŻque que novateur, eu Ă©gard de la condition Ă  contre-emploi du vampire dandy lassĂ© de son existence Ă©ternelle. Ainsi, en y tĂ©lescopant un gothisme archaĂŻque avec un style contrairement moderne, de par le rĂ©alisme des sĂ©quences chocs parfois gores (signĂ©s Dick Smith, excusez du peu !), de sa direction narrative inopinĂ©ment scientifique et de la posture contrariĂ©e des personnages beaucoup moins altiers que dans une prod Hammer, Dan Curtis, maĂ®tre mĂ©sestimĂ© du Fantastique (on lui doit tout de mĂŞme le chef-d'oeuvre Trauma), redouble d'ambition formelle et d'idĂ©es retorses pour rendre grisante son rĂ©cit de vampires transcendĂ©e du charisme striĂ© des comĂ©diens bourrus.


Tant et si bien que Dan Curtis ne laisse nulle rĂ©pit au spectateur pour le divertir intelligemment sous le pilier de pĂ©ripĂ©ties Ă  rĂ©pĂ©tition et de rebondissements inopinĂ©s (notamment auprès du sort de certaines victimes sacrifiĂ©es instaurĂ© lors de sa dernière partie rocambolesque). Ainsi, de par son ambiance flamboyante d'Ă©trangetĂ© gothique (Ă©paulĂ©e, en bonne et due forme, d'une splendide photo rutilante) s'y extrait frĂ©quemment des sĂ©quences de pure poĂ©sie. A l'instar de l'apparition d'une victime fĂ©minine affublĂ©e d'une robe blanche pour mieux aguicher son ancien amant ou faire perdre le contrĂ´le de deux policiers en voiture. Et si l'Ă©picentre narratif rĂ©exploite le concept acadĂ©mique du vampire fĂ©ru d'amour pour sa future dulcinĂ©e (sosie de son ancĂŞtre Ă©pouse), Dan Curtis s'avère constamment inspirĂ©, inventif (notamment auprès de petits dĂ©tails dĂ©poussiĂ©rant les codes du genre, tel l'arme d'une arbalète ou encore la dĂ©ambulation du garçonnet dans la piscine dĂ©saffectĂ©e et sa manière crĂ©dible de s'insurger contre le trĂ©pas) et maĂ®tre des situations pour dĂ©passer les convenances. D'ailleurs, dans le rĂ´le du vampire insidieux en quĂŞte de rĂ©demption et accompagnĂ© d'un pleutre domestique sentencieux, Jonathan Frid s'avère gĂ©nialement magnĂ©tique Ă  travers ses yeux noirs d'une posture patibulaire Ă  contre-emploi du vampire snobinard.


Beaucoup trop mĂ©connu et occultĂ©, mĂŞme auprès des fans du genre selon mon analyse personnelle, La FiancĂ©e du Vampire rĂ©actualise efficacement le mythe du vampire gothique Ă  travers une dĂ©marche moderne Ă©tonnamment payante quant Ă  la vigueur de ces images d'une poĂ©sie baroque et la sobriĂ©tĂ© de son casting aux p'tits oignons constituĂ© (pour la plupart) des mĂŞmes acteurs de la cĂ©lèbre sĂ©rie des annĂ©es 60. Un excellent divertissement donc que le mĂ©sestimĂ© (j'insiste !) Dan Curtis essuiera Ă  nouveau dans une certaine indiffĂ©rence publique et critique. 

*Bruno2èx

mardi 27 août 2019

Nimitz, retour vers l'Enfer

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"The Final Countdown" de Don Taylor. 1980. U.S.A. 1h43. Avec Kirk Douglas, Martin Sheen, Katharine Ross, James Farentino, Ron O'Neal, Charles Durning, Soon-Tek Oh.

Sortie salles France: 9 Juillet 1980

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Don Taylor est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain, né le 13 Décembre 1920 à Freeport, Pennsylvanie (Etats-Unis), décédé le 29 Décembre 1998 à Los Angeles (Californie). 1969: 5 hommes armés. 1971: Les Evadés de la Planète des Singes. 1973: Tom Sawyer. 1977: L'île du Docteur Moreau. 1978: Damien: la malédiction 2. 1980: Nimitz, retour vers l'enfer.


"DĂ©cembre 1980, le porte avions nuclĂ©aire Nimitz disparait dans le pacifique avec ses 6000 hommes pour rĂ©aparraitre en 1941 !" 

MĂŞme si j'avoue avoir une prĂ©fĂ©rence pour son binĂ´me Philadelphia Experiment (car beaucoup mieux rythmĂ©, intense et surprenant Ă  travers ses pĂ©ripĂ©ties Ă  rĂ©pĂ©tition), Nimitz, retour vers l'enfer reste un bon divertissement en prime d'avoir Ă©tĂ© un beau souvenir d'ado grâce Ă  son matraquage publicitaire juste avant sa sortie officielle. Tant et si bien qu'au-delĂ  de m'avoir fait bougrement fantasmĂ© Ă  la radio lors d'une villĂ©giature parentale, il cumule chez nous un joli succès commercial avec 1 026 152 entrĂ©es. Modeste sĂ©rie B d'anticipation prenant pour thème le voyage temporel, Nimitz relate l'Ă©trange odyssĂ©e du porte-avion nuclĂ©aire USS Nimitz subitement transportĂ© en 1941, la veille de l'attaque du Pearl Harbor par les japonais. Ainsi, après avoir repĂŞchĂ© en mer un sĂ©nateur et sa secrĂ©taire, puis kidnappĂ© l'aviateur japonais responsable de leur naufrage, ils vont tenter d'empĂŞcher l'attaque du Pearl Harbor en dĂ©pit de certaines voix discordantes.


Aussi minimaliste soit l'intrigue, car d'autant plus dĂ©nuĂ©e d'intensitĂ© et de suspense Ă  travers ses enjeux humains, politiques et bellicistes, Nimitz, retour vers l'Enfer se suit sans ennui grâce au savoir-faire de l'habile artisan Don Taylor (on lui doit tout de mĂŞme Les EvadĂ©s de la Planète des Singes, L'Ile du Dr Moreau et Damien, la MalĂ©diction) prenant son temps Ă  narrer son histoire sous le pilier d'un attachant casting (Kirk Douglas, Martin Sheen, Katharine Ross, James Farentino et Charles Durning s'avĂ©rant communĂ©ment irrĂ©prochables Ă  travers leur perplexitĂ© interrogative). Don Taylor s'efforçant de rendre le plus crĂ©dible possible son contexte improbable de par l'aspect documentĂ© de sa rĂ©alisation au grand dam des effets-spĂ©ciaux clairsemĂ©s (un simple trou noir lors de 2 sĂ©quences crĂ©pusculaires). Ainsi, si la gĂ©nĂ©ration actuelle aura bien du mal Ă  se passionner pour ce paradoxe temporel chiche en rebondissements cinglants (si on Ă©lude son empathique effet de surprise final), celle des annĂ©es 80 s'y contentera Ă  nouveau sans rĂ©serve avec une pointe de mĂ©lancolie.

*Bruno
3èx