jeudi 20 avril 2023

Copland. Prix du meilleur acteur, Sylvester Stallone au Festival du Film de Stockholm.

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site avoir-alire.com

de James Mangold. 1997. U.S.A. 1h45. Avec Sylvester Stallone, Harvey Keitel, Ray Liotta, Robert De Niro, Peter Berg, Janeane Garofalo, Robert Patrick.

Sortie salles États-Unis : 15 août 1997. France : 29 octobre 1997

FILMOGRAPHIE: James Mangold, de son vrai nom James Allen Mangold, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur amĂ©ricain nĂ© le 16 dĂ©cembre 1963 Ă  New York. 1995 : Heavy. 1997 : Copland. 1999 : Une vie volĂ©e. 2001 : Kate et LĂ©opold. 2003 : Identity. 2005 : Walk the Line. 2007 : 3 h 10 pour Yuma. 2010 : Night and Day. 2013 : Wolverine : Le Combat de l'immortel. 2017 : Logan. 2019 : Le Mans 66. 2023 : Indiana Jones et le Cadran de la DestinĂ©e. 


"Nul n’est au-dessus de la loi"

Ce film est une claque. Autant je l’avais apprĂ©ciĂ© sans ambages Ă  l’Ă©poque de sa VHS, autant je le considère aujourd’hui, sans l’ombre d’un doute, comme l’un des meilleurs films policiers des annĂ©es 90. Dommage qu’il ait freinĂ© la carrière de Sylvester Stallone pendant huit ans (selon ses dires, malgrĂ© un succès public honorable). Car Copland dresse un portrait splendide de loser en rĂ©demption, un homme qui finit par s’armer de courage pour affronter des flics ripoux de connivence avec la Mafia de leur bourgade assoupie.

Et s’il Ă©voque par Ă©clats le Serpico de Sidney Lumet, Copland existe pleinement par lui-mĂŞme : Mangold, loin d’ĂŞtre un manchot (jetez un Ĺ“il Ă  sa filmo), cisèle un script et une mise en scène d’une maturitĂ© dĂ©pouillĂ©e. Les sĂ©quences s’enchaĂ®nent avec une brutalitĂ© mĂ©tronomique, et le spectateur s’y retrouve ballottĂ©, privĂ© de tout contrĂ´le face Ă  une trajectoire dramatique sans concessions.

Le magnifique score grave d’Howard Shore pèse comme un linceul moral sur ces personnages non manichĂ©ens, tel un chemin de croix funĂ©raire. Quant aux acteurs, disputant l’autoritĂ© dans leurs confrontations Ă©pineuses, ils rĂ©ussissent Ă  gommer leur charisme usĂ© grâce Ă  une caractĂ©risation prĂ©cise qui va droit Ă  l’essentiel, donnant au rĂ©cit une crĂ©dibilitĂ© jamais outrĂ©e et une carrure Ă  la fois solide et faillible.

Copland distille une intensitĂ© de plus en plus rigoureuse, presque vertigineuse, tandis que Stallone se rĂ©vèle comme rarement : policier taiseux, reclus depuis une dĂ©ception amoureuse et un handicap (la surditĂ© d’une oreille) qui l’empĂŞche d’exercer pleinement sa fonction de shĂ©rif. InitiĂ© Ă  la transgression de sa propre peur après avoir Ă©tĂ© mĂ©prisĂ© comme un vaurien par ses pairs et une partie de son entourage, il se redresse, tĂŞte haute, muscles sans esbroufe, pour un final aussi Ă©prouvant que bouleversant, traversĂ© d’Ă©clairs de violence sèchement chorĂ©graphiĂ©s.

Ă€ rĂ©habiliter d’urgence : Copland est un grand film, un vrai, soutenu par une plĂ©thore d’acteurs pulsatiles qui parviennent, lĂ©gitimement, Ă  Ă©clipser leur notoriĂ©tĂ© bankable.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

2èx

Box Office France: 553 463 entrées

mercredi 19 avril 2023

Flesh and Bone / De chair et d'os

                                              
                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Steve Cloves. U.S.A. 2h06. Avec Dennis Quaid, James Caan, Meg Ryan, Gwyneth Paltrow, Scott Wilson, Christopher Rydell, Julia McNeal, Ron Kuhlman, Jerry Swindall, Ryan Bohls.

Sortie en France le 4 Janvier 1995, U.S.A le  5 Novembre 1993

FILMOGRAPHIE: Steven Kloves est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain nĂ© le 18 Mars 1960 Ă  Austin (Etats-Unis). Il est surtout connu pour avoir Ă©tĂ© le scĂ©nariste de six des sept volets cinĂ©matographiques d'Harry Potter. 1989: Susie et les Baker Boys. 1993: Flesh and bone.

Metteur en scène peu prolifique, si bien qu'il réalisa à ce jour deux uniques longs-métrages (et pas des moindres), Steven Kloves rend hommage au film noir à travers une intrigue tortueuse, tendance hitchcockienne, sous le vernis d'un intense drame psychologique, poignant, profond, douloureux, sans échappatoire.

Le pitch : Durant son enfance, Arlis fut témoin du massacre d'une famille de fermiers par son père, une nuit où il dut lui servir d'appât afin de tendre un piège à ces occupants pour les cambrioler. Les années ont passé, Arlis, aujourd'hui adulte, est resté à jamais marqué par cette sanglante nuit de culpabilité. Versatile et solitaire, il arpente les régions adjacentes en tant que livreur, en accumulant les rencontres féminines d'un soir. Jusqu'au jour où il fait la connaissance de Kay Davies, une séduisante jeune femme instable, battue par son mari mécréant mais déterminée à changer d'horizon.

Admirablement filmé au sein de paysages naturels déployant une tranquille plénitude, Flesh and Bone est le genre de métrage franc-tireur où il s'avère difficile d'y décrire précisément ce qui en découle, tant son atmosphère solaire, hermétique, magnétise le spectateur par son aura plutôt feutrée. Si bien que l'œuvre, étrange et envoûtante, privilégie les non-dits, les ellipses, les mutismes auprès de personnages énigmatiques déambulant dans une campagne à l'onirisme trouble.

                                       

Ainsi, à travers une réalisation autonome sans fioritures, Flesh and Bone nous illustre de manière latente la rencontre impromptue entre deux êtres esseulés. Un couple d'amants désabusés d'une quotidienneté éculée. Jusqu'au jour où le père, responsable du triple homicide, revient remémorer leur obscur passé. Mais c'est avant tout à travers le portrait d'une photo de famille qu'un fantôme revient hanter les lieux d'une vétuste demeure pour s'en extraire ensuite dans la réalité de leur terne existence. Car ce huis clos funeste, décharné, fut autrefois le théâtre d'homicides perpétrés avec une froideur implacable.

Avec une sobriété nuancée, l'excellent Dennis Quaid diffuse une grave dimension psychologique à travers son personnage ombrageux de cow-boy solitaire, profondément traumatisé par un massacre familial, au point de se vouer à la damnation, dans sa condition sinistrée, en sacrifiant l'amour. De par le charisme de son masochisme narquois, l'impressionnant James Caan lui dispute la vedette en tueur sans vergogne, affublé d'un rictus particulièrement mesquin. Entre cet affrontement davantage tendu et dramatique, Meg Ryan insuffle un jeu à contre-emploi de jeune orpheline lascive et empathique dans sa psyché refoulée, faisant écho au malaise cérébral de son amant en perdition. Enfin, la néophyte Gwyneth Paltrow cultive un troublant charisme chafouin mêlé d'ambiguïté, en maîtresse placide, taciturne, insidieuse, complaisamment entourée de son meurtrier sournois pour d'obscurs motifs.

                                    

Soigneusement filmé dans les superbes décors d'une contrée clairsemée, Flesh and Bone demeure un grand film noir à l'ambiance vénéneuse subtilement distillée. Une sombre histoire d'amour torturée par le poids du passé et d'une culpabilité meurtrie, un chassé-croisé d'individus suspects étroitement liés à un odieux secret. De par son climat élégiaque d'une saisissante beauté funèbre, Flesh and Bone laisse une marque indélébile dans notre esprit. À l'instar du protagoniste refoulé condamné à la solitude, nous nous immergeons dans son amère contrariété de renoncer à une romance compromise par le remords, la culpabilité, la vengeance et la rédemption. Du grand cinéma indépendant, inexplicablement méprisé par l'infortune d'une faible reconnaissance.

*Bruno
20.06.11. 126 v
19.04.23. 3èx

mardi 18 avril 2023

Fight Club

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de David Fincher. 1999. U.S.A/Allemagne. 2h19. Avec Brad Pitt, Edward Norton, Helena Bonham Carter, Meat Loaf, Zach Grenier, Jared Leto 

Sortie salles France: 10 Novembre 1999. U.S: 15 Octobre 1999

FILMOGRAPHIE: David Fincher est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 28 AoĂ»t 1962 Ă  Denver (Colorado). 1992: Alien 3. 1995: Seven. 1997: The Game. 1999: Fight Club. 2002: Panic Room. 2007: Zodiac. 2008: L'Etrange histoire de Benjamin Button. 2010: The Social Network. 2011: MillĂ©nium. 2014: Gone Girl. 2020 : Mank. 2023 : The Killer. 


"Vous ĂŞtes la merde de ce monde prĂŞt Ă  servir Ă  tout"
Tout a Ă©tĂ© dit sur ce film malade, ce film monstre en mutabilitĂ© sinueuse, ce film culte que toutes les critiques, ou presque, ont incendiĂ© Ă  l'Ă©poque de sa sortie (TĂ©lĂ©rama, les Inrocks, les Cahiers du cinĂ©ma, pour citer les plus snobinards.), et ce avant qu'un bouche Ă  oreille ne vienne tout remettre en question Ă  l'international et lors de son exploitation Dvd. Objet filmique de toutes les controverses donc qui ne pouvait que scandaliser ou Ă©branler de plein fouet (euphĂ©misme), Fight Club est un uppercut jusqu'au-boutiste qu'il est impossible d'omettre sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique bouclĂ©. Une (ultra) violente charge contre le consumĂ©risme et le capitalisme qu'Edward Norton / Brad Pitt (ces 2 lĂ  sont ici habitĂ©s par leur idĂ©ologie -auto- destructrice) tentent de nous inculquer dans leur esprit dĂ©rangĂ© d'un mal-ĂŞtre existentiel on ne peut plus actuel. Car 25 ans après sa sortie, Fight Club semble rajeunir de tous ses pores (j'en suis au 3è visionnage avec un oeil mature autrement dĂ©concertĂ© et dĂ©muni) pour devenir Ă  nouveau encore plus percutant, plus dĂ©rangeant, malsain, malaisant, brutal (quelle cruditĂ© bon Dieu ces corps Ă  corps insalubres usant de leurs poings pour renaĂ®tre de plus bel) nausĂ©eux, anarchiste au possible que lorsqu'il fut conçu lors de son Ă©chec critique / commercial. 


"Schizo dream"
Une pellicule reptilienne sĂ©pia s'immisçant lentement au sein mĂŞme de notre encĂ©phale pour ne plus nous lâcher jusqu'Ă  la rĂ©vĂ©lation finale inĂ©vitablement dĂ©stabilisante, crĂ©pusculaire, en roue libre totale au point d'y perdre nos repères. David Fincher jouant avec nos nerfs, triturant nos Ă©motions troublĂ©es 2h19 durant sous l'impulsion d'un humour caustique Ă  la fois frĂ©tillant et dĂ©complexĂ©, comme le souligne cette plĂ©thore de dialogues corrosifs que se partagent nos marginaux (de la gĂ©nĂ©ration Z) usant de coups et blessures pour se sentir en vie afin de retrouver leur libertĂ© Ă©pargnĂ© de matĂ©rialisme et d'attache fĂ©minine (certains/certaines n'hĂ©siteront pas Ă  qualifier aujourd'hui le film de misogyne, wokisme oblige). Sado-maso en diable au point parfois d'y provoquer la gĂŞne, le dĂ©sordre moral (les esprits fragiles feraient mieux de s'abstenir afin de ne pas reproduire ce sectarisme terroriste (apologie du terrorisme diront certains Ă  l'Ă©poque) que David Fincher ne se prive pas de dĂ©montrer avec force, fracas, ambiguĂŻtĂ©  bipolaire et une sacrĂ© dose d'humour vitriolĂ© Ă  faire vomir les pisses-froids et bien-pensants. Car si Fight Club demeure aujourd'hui aussi extraordinairement moderne, il le doit notamment Ă  la maĂ®trise technique / formelle de son auteur livrant une oeuvre subversive littĂ©ralement expĂ©rimentale (les acteurs s'adressant parfois directement Ă  nous) au point de se perdre dans ce labyrinthe mental aussi fascinant et capiteux que rĂ©pugnant. Un pur film d'ambiance (hybride) Ă©galement afin de mieux s'immerger dans cet univers rubigineux rempli de mâles testostĂ©ronĂ©s tentant de retrouver un sens Ă  leur ornière quotidienne dĂ©nuĂ©e d'Ă©quilibre.


"Tout ce que tu possèdes finit par te posséder"
ExpĂ©rience Ă©prouvante avec soi-mĂŞme au sein de notre condition d'oppression dans le cadre d'une immense farce vitriolĂ©e, Fight Club nous tire les vers du nez, rappelle nos instincts primitifs pour reconsidĂ©rer notre existence aliĂ©nante privĂ©e de toutes libertĂ©s (contrairement aux apparences fallacieuses de nos sociĂ©tĂ©s - davantage - totalitaires). Peut-ĂŞtre la plus (ultra) violente diatribe contre le système opĂ©rĂ©e au cinĂ©ma si bien que de nos jours ultra conservateurs un projet aussi hĂ©tĂ©rodoxe, anti-social et insurrectionnel serait inĂ©vitablement banni de nos Ă©crans. KO debout.

*Bruno
3èx

lundi 17 avril 2023

Les Prédateurs de la Nuit / Faceless / Los Depredadores de la noche

                                             
                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site scifi-movies.com 

de Jess Franco. 1988. France/Espagne. 1h39. Avec Helmut Berger, Brigitte Lahaie, Telly Savalas, Chris Mitchum, Stéphane Audran, Caroline Munro, Christiane Jean, Anton Diffring.

Sortie salles France: 22 Juin 1988

FILMOGRAPHIEJess Franco (Jesus Franco Manera) est un rĂ©alisateur espagnol, nĂ© le 12 Mai 1930 Ă  Madrid, dĂ©cĂ©dĂ© le 2 Avril 2013. 1962: L'Horrible Dr orlof.  1962: Le Sadique Baron Von Klaus. 1964: Les MaĂ®tresses du Dr Jekyll. 1966: Le Diabolique Dr Zimmer. 1969: L'Amour dans les prisons des femmes. 1969: Justine ou les infortunes de la vertu. 1970: Les Nuits de Dracula. 1970: Le TrĂ´ne de Feu. 1971: Vampyros Lesbos. 1972: Les ExpĂ©riences Erotiques de Frankenstein. 1972: Dracula prisonnier de Frankenstein. 1972: La Fille de Dracula. 1973: Quartier des Femmes. 1973: Christina chez les Morts-Vivants. 1974: La Comtesse Noire. 1974: EugĂ©nie de Sade. 1976: Jack l'Eventreur. 1980: Terreur Cannibale. 1980: Mondo Cannibale. 1981: Sadomania. 1981: Le Lac des Morts-Vivants (co-rĂ©al). 1982: L'AbĂ®me des Morts-Vivants. 1982: La Chute de la maison Usher. 1988: Les PrĂ©dateurs de la Nuit. 2002: Killer Barbys.


Production Franco-espagnole rĂ©alisĂ©e par l'incorrigible Jess FrancoLes PrĂ©dateurs de la nuit fit les beaux des vidĂ©os-clubs des annĂ©es 80 sous l'Ă©tendard de RenĂ© Chateau (lui mĂŞme crĂ©ditĂ© au poste de scĂ©nariste). Interdit aux - de 18 ans Ă  l'Ă©poque, ce pur produit d'exploitation risque aujourd'hui de faire sourire les jeunes nĂ©ophytes auprès de ses effets spĂ©ciaux cheap pour autant efficacement montĂ©s. Et si le gore et le hors-champ pallient un peu leur carence rĂ©aliste, les maquillages de latex impartis aux opĂ©rations chirurgicales sont autrement plus convaincants si bien qu'une certaine fascination morbide y dĂ©coule, Ă  2/3 plans anĂ©miĂ©s (les yeux et la mâchoire manquent de fluiditĂ© par leur animation mĂ©canique). Le pitchPour remĂ©dier au fardeau de sa soeur dĂ©figurĂ©e, un mĂ©decin et sa maĂ®tresse kidnappent des jeunes filles afin de leur prĂ©lever la peau du visage. Pour parfaire l'opĂ©ration, ils font appel Ă  un chirurgien nazi quand bien mĂŞme un dĂ©tective privĂ© tente de retrouver les traces d'une disparue, Barbara, fille d'un riche entrepreneur. Reprenant la mĂŞme trame que l'Horrible Dr Orloff, lui mĂŞme autrefois inspirĂ© du classique Les Yeux sans VisageLes PrĂ©dateurs de la nuit tente de renouveler son concept en version colorisĂ©e et dans un contexte contemporain bon chic bon genre.


Son aspect tĂ©lĂ©-film et la chanson pop agrĂ©ablement ringarde se combinant au climat Ă©rotique, tant par les Ă©treintes effrontĂ©es que la tenue lascive des actrices de seconde zone, Brigitte Lahaie et Caroline Munro en tĂŞte de gondole. On sera Ă©galement surpris de voir rĂ©uni Ă  l'Ă©cran une distribution internationale aussi Ă©clectique ! Des rĂ´les secondaires improbables auquel y participent aimablement  Telly Savallas, Helmut Berger, Chris Mitchum, StĂ©phane Audran, Christiane Jean, Howard Vernon  et Anton Diffring. SĂ©rie B Ă©rotico-horrifique menĂ© tambour battant, les PrĂ©dateurs de la Nuit attise promptement la sympathie chez l'amateur de zèderies de par son brassage de situations tantĂ´t horrifiques, tantĂ´t polissonnes confinĂ©es au sein d'une clinique de l'horreur. Notre trio d'amants s'efforçant d'optimiser le visage idĂ©al auprès de jeunes noctambules influençables. Et en dĂ©pit de l'itĂ©ration des sĂ©quences de rapt, certaines situations potaches Ă  l'accent grotesque (chacune des interventions du directeur gay de l'agence de mannequin) et le cabotinage outrĂ© des comĂ©diens de seconde zone cultivent un charme timorĂ© par leur affable implication. Mal dirigĂ©s dans une caricature souvent grossière, ces derniers insufflent nĂ©anmoins suffisamment de charisme pour se fondre dans une carrure hostile ou hĂ©roĂŻque, Ă  l'instar de l'inexpressif mais patibulaire GĂ©rard Zalcberg en supplĂ©ant dĂ©ficient, ou encore de l'illustre Anton Diffring dans celui du chirurgien SS.


Plaisamment attachant chez l'aficionado de pur divertissement bonnard dĂ©nuĂ© de prĂ©tention, Les PrĂ©dateurs de la Nuit perdure sa sympathie pittoresque pour l'insolence des quiproquos et rebondissements oĂą l'enquĂŞte policière, les Ă©treintes sexuelles, la chirurgie esthĂ©tique, son gore un tantinet cradingue et les rapts de lorettes se tĂ©lescopent Ă  rythme mĂ©tronome. 

*Bruno
15.02.16. 132 v
17.04.23. 4èx

vendredi 7 avril 2023

Pearl

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Ti West. 2022. U.S.A. 1h43. Avec Mia Goth, David Corenswet, Tandi Wright, Matthew Sunderland, Emma Jenkins-Purro, Alistair Sewell.

Sortie salles France: ?. U.S: 16 Septembre 2022

FILMOGRAPHIE: Ti West (nĂ© le 5 octobre 1980 Ă  Wilmington, Delaware) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain surtout connu pour ses films d'horreur. 2005: The Roost. 2007: Trigger Man. 2009: Cabin Fever 2. 2009: The House of the Devil. 2011: The Innkeepers. 2012: The ABCs of Death (segment M Is for Miscarriage). 2012 : V/H/S (segment Second Honeymoon). 2013: The Sacrament. 2022: X. 2022: Pearl. 


A peine X rĂ©concilia les fans d'horreur vintage Ă  travers son hommage respectueux Ă  Massacre Ă  la Tronçonneuse et au cinĂ©ma porno des Seventies que Ti West enchaina la mĂŞme annĂ©e avec Pearl sans jamais se rĂ©pĂ©ter dans la facilitĂ© de la redite. Si bien qu'ici nous avions d'abord affaire Ă  un vĂ©ritable drame psychologique transplantĂ© dans le cadre d'une horreur caustique accouplĂ©e aux comĂ©dies musicales et au cinĂ©ma muet dont Pearl, l'antagoniste fĂ©minine, s'efforce de conquĂ©rir du haut d'un podium dĂ©nuĂ© d'empathie. SĂ©vère diatribe donc contre le showbiz Ă  la fois cupide, Ă©litiste et corrupteur, Pearl demeure un Ă©trange OVNI inquiĂ©tant, charmant, douloureux, cruel, sans concession d'y dresser le portrait pathĂ©tique d'une jeune mĂ©tayère en dĂ©rĂ©liction depuis une dĂ©mission parentale engluĂ©e dans le rigorisme d'une existence autiste. Outre le stylisme de sa mise en scène constamment inventive oĂą rien n'est laissĂ© au hasard, Pearl puise sa force et son intĂ©rĂŞt auprès de l'incroyable Mia Goth incarnant une psychotique en herbe avec une vĂ©ritĂ© humaine mise Ă  nu. 


A ce titre corrosif aussi bien poignant, son monologue final s'Ă©tirant sur plus d'une dizaine de minutes demeure un morceau d'anthologie csrupuleux que de nous dĂ©livrer face Ă©cran, plan serrĂ©, ses Ă©tats d'âme meurtris, sa confession en berne, son cri d'alarme contre une sociĂ©tĂ© sournoise et des parents rĂ©trogrades  Ă  oser s'intĂ©resser Ă  sa personnalitĂ© fragile militante pour ses talents de danseuse prometteuse au coeur des annĂ©es 20. D'ailleurs, Ti West n'as pas de peine Ă  reconstituer sa scĂ©nographie rĂ©tro, rappelant parfois les classiques immuables des annĂ©es 50 parmi lequel Le Magicien d'Oz pointe parfois le bout de son nez; aussi minimaliste soit son budget de sĂ©rie B. Bref, tout ça pour dire que l'on croit Ă  cette Ă©tonnante féérie esthĂ©tisante qui plus est saturĂ©e d'une photo rutilante nous illuminant la vue sous l'impulsion d'une ange meurtrière avide d'amour, de reconnaissance, de main secourable qu'elle ne parviendra jamais Ă  approcher dans sa condition davantage fielleuse Ă  se compromettre Ă  une vendetta aveugle. L'incroyable image finale, silencieusement hystĂ©risante, nous laissant sur le carreau de s'attarder sur le rictus (oh combien) malaisant de Mia Goth littĂ©ralement habitĂ© par la folie alors que le gĂ©nĂ©rique dĂ©file sans remarquer cette imagerie mobile de plus en plus malsaine par sa temporalitĂ© extĂ©nuante. 


Etonnant divertissement macabre entièrement soumis Ă  son interprète marginale se livrant corps et âme comme nulle autre criminelle emblĂ©matique; Pearl ne peut laisser indiffĂ©rent les fans d'horreur adulte adepte des profils psychologiques finement Ă©tudiĂ©s sous un vernis polychrome incessamment renouvelĂ©. En attendant un 3è opus probablement aussi personnel et inspirĂ© que prometteur et flamboyant. 

*Bruno

jeudi 6 avril 2023

Silent Night. Grand Prix du Public, Sitges 2021

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Camille Griffin. 2021. Angleterre. 1h33. Avec Keira Knightley, Matthew Goode, Annabelle Wallis, Lucy Punch, Kirby Howell-Baptiste, Lily-Rose Depp, Roman Griffin Davis.

Sortie France, Dvd: 23 Septembre 2022. Angleterre: 3 Décembre 2021

FILMOGRAPHIE: Camille Griffin est une rĂ©alisatrice et scĂ©nariste anglaise. 
2021: Silent Night. 


Portrait craché d'une famille modèle (actuelle).
Ma chronique sera sciemment courte, la plus concise possible afin de prĂ©server tout effet de surprise que ce divertissement hybride nous rĂ©serve selon l'autoritĂ© d'un humour british (traditionnellement) corrosif. Je vous conseille d'ailleurs d'Ă©viter de reluquer tous trailers et autre pitch trop explicatif (j'ai par ailleurs censurĂ© le titre français, ces gĂ©nies). Sachez simplement qu'on nous relate en l'occurrence dans un cadre festoyant saturĂ© d'une photo lĂ©chĂ©e une rĂ©union de famille le soir de noĂ«l. Point. Et si au premier abord j'avoue avoir Ă©tĂ© peu captivĂ©, dubitatif, voir mĂŞme parfois irritĂ© par ces insolents profils de protagonistes huppĂ©s tous plus mĂ©diocres et superficiels les uns que les autres (en dĂ©pit de certains enfants autrement responsables dans leur Ă©thique Ă©colo), le tour de force est de parvenir Ă  nous les rendre finalement attachants au bout de 45 minutes de bavardages et crĂ©pages de chignon passĂ©e la rupture de ton de la seconde partie. 


Si bien que c'est Ă  partir de cet instant propice que l'oeuvre Ă  part prend toute son ampleur morale pour ne plus lâcher notre attention jusqu'Ă  l'ultime image (caustique ou pas) se permettant in extremis de remettre en question ce que nous venions de voir et de subir. Ainsi, d'une puissance Ă©motionnelle (Ă  mon sens subjectif) davantage insoutenable, Silent Night est le genre de pĂ©loche pernicieuse faussement standard et conventionnelle eu Ă©gard de sa capacitĂ© radicale Ă  nous entraĂ®ner dans un vortex d'Ă©motions bruts de dĂ©coffrage, pour ne pas dire traumatiques auprès des plus sensibles dont je fais parti. Si bien que j'en reste profondĂ©ment marquĂ©, Ă©branlĂ©, Ă  l'heure oĂą j'Ă©cris ces lignes. Sans ambages, la vague Ă  l'âme. C'est donc pour ma part Ă©motive une oeuvre audacieuse (si) fragile que je ne suis pas prĂŞt d'oublier, sachant qu'elle traite de manière aussi frontale et singulière des thèmes universels nous concernant tous afin de nous rappeler qu'au sein de notre condition existentielle, seul le profit du temps prĂ©sent compte en chĂ©rissant au possible tout notre entourage. 


Et comme le dit si bien l'adage d'après l'ultime rĂ©flexion du rĂ©cit, la souffrance fait murir car grâce Ă  la souffrance on comprends mieux la mort. Bouleversant, dĂ©pressifs, s'abstenir. 

Merci à Roman Soni pour la découverte.

*Bruno 

Récompenses
Grand Prix du Public, Sitges 2021
Prix du Meilleur Scénario, Sitges 2021
Prix du Meilleur Film, Shadow Festival EuropĂ©en du Film Fantastique de Murcie 2022
Prix du Meilleur Scénario, Shadow Festival Européen du Film Fantastique de Murcie 2022

mercredi 5 avril 2023

Traqué / The Hunted

                                         
                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site streaming-french-dvdrip.com

de William Friedkin. 2003. U.S.A. 1h34. Avec Tommy Lee Jones, Benicio Del Toro, Connie Nielsen, Leslie Stefanson, John Flinn.

Sortie salles France: 26 Mars 2003. U.S: 14 Mars 2003

FILMOGRAPHIEWilliam Friedkin est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur de film amĂ©ricain, nĂ© le 29 aoĂ»t 1935 Ă  Chicago (Illinois, États-Unis). Il dĂ©bute sa carrière en 1967 avec une comĂ©die musicale, Good Times. C'est en 1971 et 1973 qu'il connaĂ®tra la consĂ©cration du public et de la critique avec French Connection et L'Exorciste. 1967: Good Times. 1968: l'Anniversaire. 1968: The Night they Raided Minsky's. 1970: Les Garçons de la bande. 1971: French Connection. 1973: l'Exorciste. 1977: Le Convoi de la peur. 1978: TĂŞtes vides cherchent coffres pleins. 1980: The Cruising. 1983: Le Coup du Siècle. 1985: Police FĂ©dĂ©rale Los Angeles. 1988: Le Sang du Châtiment. 1990: La Nurse. 1994: Blue Chips. 1995: Jade. 2000: l'Enfer du Devoir. 2003: TraquĂ©. 2006: Bug. 2012: Killer Joe.


Avec TraquĂ©, l'annĂ©e 2003 sonne comme le vrai retour de William Friedkin. Si bien qu'avec un rĂ©alisme rĂ©solument âpre, il nous propose aujourd'hui sa version hardcore de Rambo lorsqu'un vĂ©tĂ©ran renoue avec ses pulsions meurtrières et son instinct de survie pour dĂ©jouer son ancien enseignant lors d'une rigoureuse traque compromise avec les forces de l'ordre. Survival redoutablement intense, de par l'efficacitĂ© optimale des poursuites Ă©chevelĂ©es Ă  travers une nature hostile puis au coeur d'une mĂ©tropole magnifiquement filmĂ©e (Ă  l'instar de la sĂ©quence du mĂ©tro aussi palpitante que vertigineuse) et la prestance virile de deux monstres sacrĂ©s, (Tommy Lee Jone et Benicio Del Toro affichant communĂ©ment une posture stoĂŻque dans leur incessant jeu de cache-cache avec la mort), TraquĂ© laisse les mains moites avec un arrière goĂ»t de souffre labial. Comme le souligne par exemple ce corps Ă  corps viscĂ©ral perpĂ©trĂ© Ă  l'arme blanche entre nos deux antagonistes, l'un des combats les plus sauvages que l'on ait vu au sein de l'industrie du cinĂ©ma d'action. Ainsi donc, exploitant le divertissement homĂ©rique au sein d'un cadre urbain au rĂ©alisme documentĂ©, William Friedkin y apporte sa touche dĂ©rangeante par son ambiance malsaine tacite et sa rĂ©flexion imposĂ©e Ă  l'animositĂ© de l'homme. Si bien que pour ces thèmes impartis au traumatisme de la guerre et au bellicisme meurtrier d'une machine (conditionnĂ©e) Ă  tuer, le film conjugue en filigrane un parallèle avec notre incivisme Ă  exploiter sans morale la cause animale. 


A l'instar de notre instinct prĂ©dateur Ă  daigner le traquer pour le plaisir de la chasse ou pour notre attrait culinaire ("six milliards de poulets vont ĂŞtre massacrĂ©s dans les abattoirs cette annĂ©e, que se passerait-il si une espèce prĂ©datrice n'avait plus de respect pour nous et commençait Ă  nous massacrer les uns les autres" Ă©voquera Hallam !). Par consĂ©quent, Ă  travers ce vĂ©tĂ©ran abdiquĂ© par sa nation, les thèmes de l'impossible rĂ©insertion sociale et de la dĂ©mission paternelle sont mis en Ă©vidence lorsque son entraĂ®neur des forces spĂ©ciales a tout simplement omis de lui apporter soutien, rĂ©vĂ©rence et compassion après l'avoir endoctrinĂ© Ă  transcender son instinct de survie. Exploitant habilement la variĂ©tĂ© des dĂ©cors oscillant l'environnement naturel et les infrastructures (urbaines et industrielles) de notre civilisation moderne, William Friedkin transfigure au possible une chasse Ă  l'homme aussi intrĂ©pide qu'haletante. Un parti-pris insidieux afin de nous converger Ă  la confrontation au sommet de deux baroudeurs contraints de renouer avec leur sauvagerie primitive au prix de leur survie. La figure du père Ă©tant ici acculĂ©e Ă  sacrifier son fils, Ă  l'instar de la citation empruntĂ©e Ă  l'Ă©preuve d'Abraham lors du monologue liminaire puis en Ă©pilogue.  


MenĂ© de main de maĂ®tre par la gĂ©omĂ©trie de sa mise en scène oĂą le sens du montage et du cadrage exacerbe l'efficacitĂ© des Ă©vènements Ă©piques au point d'en avoir le souffle coupĂ©, TraquĂ©e fait preuve d'un rĂ©alisme dĂ©coiffant pour mettre en exergue l'instinct sanguinaire de l'homme confrontĂ© Ă  son pire ennemi, lui mĂŞme ! Le duel opiniâtre Tommy Lee Jone / Benicio Del Toro faisant des Ă©tincelles dans leurs stratagèmes de survie littĂ©ralement bestiale ! InquiĂ©tant, malaisant (la filature au domicile de la compagne du traquĂ© dĂ©gageant une atmosphère feutrĂ©e d'insĂ©curitĂ© palpable), angoissant, forcenĂ©, en mode vitriolĂ©.

*Bruno
05.04.23. 2èx
02.04.15. 568 v

vendredi 31 mars 2023

"What the peeper saw" / La tua presenza nuda! / L'Enfant de la Nuit

                                        Photo empruntĂ©e sur google, appartenant au site stalkerjany.blogspot.com

de James Kelley et Andrea Bianchi. 1972. Royaume-Uni/Espagne/Italie/États-Unis/Allemagne de l'Ouest. 1h36 (version intĂ©grale). Avec Mark Lester, Britt Ekland, Hardy Kruger, Lilli Palmer, Harry Andrews, Conchita Montes.

Sortie salles France: 1973 (Ă  confirmer). Italie: 14 Octobre 1972

FILMOGRAPHIE: James Kelley est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste nĂ© en 1931 Ă  Angleterre, Royaume-Uni, dĂ©cĂ©dĂ© en 1978 Ă  Londres. 1971: Le Monstre des Oubliettes. 1972: What the peeper saw. 
Andrea Bianchi est né le 31 mars 1925 en Italie. Il était réalisateur et scénariste. Il est mort le 14 novembre 2013 à Nice, France. 1972: Diabolica Malicia. 1972: L'Île au trésor. 1972: What the peeper saw. 1974: Quelli che Contano. 1974: Basta con la guerra... facciamo l'amore. 1975: Nu pour l'assassin. 1976: La Moglie di mio padre. 1977: Cara dolce nipote. 1978: La moglie siciliana. 1979: Malabimba. 1981: Le Manoir de la Terreur. 1983: Altri desideri particolari. 1983: Morbosamente vostra. 1986: Dolce Pelle di Angela. 1987: Maniac Killer. 1987: l'Ange de la Mort. 1988: Incontri in case private. 1988: Racconti di donne. 1989: Massacre. 1989: Io Gilda. 1990: Qualcosa in più. 1990: Gioco di seduzione. 1991: Bambola di carne. 1993: Formula 3 - 1 ragazzi dell'autodromo.


Quelle bien Ă©trange curiositĂ© que cette sĂ©rie B ultra rare portant la signature du British James Kelley (Le Monstre des Oubliettes) et du transalpin AndrĂ© Bianchi (?), rĂ©alisateur du fameux Manoir de la Terreur que tous les fans de Bis connaissent sur le bout des ongles. "What the peeper saw" relatant avec sincĂ©ritĂ© et attention l'Ă©trange relation filiale entre un père en berne et son fils que sa nouvelle maĂ®tresse tente d'apprivoiser, entre maladresse, tendresse, apprĂ©hension, interrogation. Ainsi, au fil de leur discorde davantage orageuse (avec parfois de dĂ©rangeantes connotations sexuelles subtilement exposĂ©es, en naviguant entre champs et hors-champs), les rĂ©alisateurs effleurent puis abordent (par le biais d'hallucination ou de rĂ©els souvenirs ?!) les thèmes sulfureux de l'inceste et de la pĂ©dophilie sans l'ombre d'une vulgaritĂ©. Et ce mĂŞme si son final Ă  la fois surprenant et dĂ©routant brouille subitement les pistes tout en rĂ©solvant en dernier recourt les liens dĂ©lĂ©tères de cette famille dysfonctionnelle habitĂ©e par l'Ă©preuve du deuil, la paranoĂŻa, la suspicion meurtrière.


Dommageable toutefois que le rĂ©cit latent, puisque prenant son temps Ă  exposer la caractĂ©risation Ă©quivoque des personnages, fasse preuve d'un rythme ni captivant ni passionnant, mĂŞme si on reste sur le qui-vive, plus ou moins attentif Ă  l'Ă©volution vĂ©reuse de ce trio maudit Ă  moult niveaux de lecture si on fait fi de son Ă©pilogue brusquement rĂ©vĂ©lateur quant Ă  cet odieux jeu de manipulation que les acteurs endossent sobrement. A dĂ©couvrir donc, l'oeuvre esthĂ©tiquement "azurĂ©e" Ă©tant disponible en version HD 720 P chez le bloggeur Warning Zone. Avec mes remerciements pour leur gĂ©nĂ©reuse offrande d'avoir exhumĂ© de nulle part cette dĂ©couverte indĂ©pendante que l'on ne peut omettre de sa mĂ©moire sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique clĂ´t. A rĂ©server toutefois Ă  un public averti fan de mĂ©trage aussi bien sulfureux qu'audacieux. 


Dédicace à Bertrand ^^

*Bruno

vendredi 24 mars 2023

Le Manoir des Fantasmes / Dark Places

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site notrecinema.com

de Don Sharp. 1974. Angleterre. 1h33. Avec Christopher Lee, Joan Collins, Herbert Lom, Robert Hardy, Jane Birkin, Jean Marsh.

Sortie salles France: 31 Octobre 1979. Angleterre: Mai 1975. U.S: Mais 1974

FILMOGRAPHIE SELECTIVEDon Sharp est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur et producteur anglais d'origine australienne, nĂ© le 19 Avril 1922 Ă  Hobart (Australie), dĂ©cĂ©dĂ© le 18 DĂ©cembre 2011.
1963: Le Baiser du Vampire. 1964: Les Pirates du Diable. 1965: La MalĂ©diction de la Mouche. 1965: Le Masque de Fu-Manchu. 1966: Raspoutine, le moine fou. 1966: OpĂ©ration Marrakech. 1966: Les 13 FiancĂ©es de Fu Manchu. 1967: Le Grand DĂ©part vers la lune. 1968: Les Champions. 1973: Le Manoir des Fantasmes. 1978: Les 39 marches. 1979: Le Secret de la banquise.

 
Excellente production british, sortie tardivement chez nous (1979 contre 1974) et depuis occultĂ©e, hormis une miraculeuse parution DVD/Blu-ray chez ESC, Le Manoir des Fantasmes est une sĂ©rie B d’Ă©pouvante Ă  l’aura gothique, imprĂ©gnĂ©e par l’atmosphère d’une bâtisse jadis théâtre d’un massacre familial sur fond d’adultère.

Le Pitch Dans un asile, Andrew Marr lègue son manoir Ă  son ami Edward Foster. Juste avant de rendre l’âme, il lui avoue qu’une somme d’argent dort derrière ses murs. Le lendemain, Edward s’empresse d’investir les lieux… mais un notaire et un mĂ©decin, flanquĂ© de sa sĹ“ur, convoitent eux aussi le magot.

Avec sa trame habile, entre intrigue criminelle et Ă©pouvante spectrale, Le Manoir des Fantasmes distille un suspense rampant sur le sort d’une poignĂ©e d’ĂŞtres sans scrupules. Car empĂŞtrĂ© dans les manigances de rivaux cupides, Edward devra affronter leurs subterfuges - faussement surnaturels - tout en se heurtant aux fantĂ´mes rancuniers d’un passĂ© souillĂ©.


Avec ironie, Don Sharp entremĂŞle machination criminelle et apparitions, sous l’ombre du dĂ©funt Andrew Marr. Ă€ mesure qu’il gratte les parois du manoir pour exhumer le trĂ©sor, Edward, lui aussi, perd pied, jusqu’Ă  Ă©pouser la folie de son prĂ©dĂ©cesseur. Impossible de ne pas songer Ă  Shining pour cette dĂ©rive d’un homme, en proie Ă  ses dĂ©mons et au surnaturel qui suinte des murs. Par touches de flash-back, Don Sharp dĂ©voile l’adultère d’Andrew avec sa gouvernante (Jane Birkin, frĂ©missante de charme) et la cruautĂ© d’enfants ricaneurs, tourmenteurs infatigables. Soutenu par un casting royal, le film s’appuie sur le trio Christopher Lee, Joan Collins et Herbert Lom, dĂ©licieux d’arrogance et de perfidie. Et si l’intrigue prend son temps pour poser son climat vĂ©nĂ©neux, c’est pour mieux assĂ©ner un Ă©pilogue acide, dramatique, rĂ©vĂ©lant la vraie nature des tĂ©moins du massacre et le sort fatal rĂ©servĂ© aux nouveaux hĂ´tes.

 
"Le Manoir des Fantasmes - Spectres cupides et démence anglaise".
RĂ©alisĂ© avec soin, baignĂ© d’une atmosphère gothique et d’une campagne anglaise d’un envoĂ»tement pictural, magnifiquement cadrĂ©e, Le Manoir des Fantasmes se distingue par un scĂ©nario Ă©quivoque oĂą se mĂŞlent faux-semblants, spectres, possession et dĂ©mence - tout droit sortis de l’âme damnĂ©e (ou infortunĂ©e) de son anti-hĂ©ros. Formidable divertissement, Ă  l'artisanal. 

*Bruno
27.01.25. 5èx. Vost
24.03.23. 
19.01.14. 



mercredi 22 mars 2023

Amityville 3-D

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Richard Fleischer. 1983. U.S.A. 1h33. Avec Tony Roberts, Tess Harper, Candy Clark, Robert Joy, Lori Loughlin, Meg Ryan.

Sortie France en video: 1985. Salles U.S: : 18 Novembre 1983

FILMOGRAPHIE: Richard Fleischer est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 8 dĂ©cembre 1916 Ă  Brooklyn,  et dĂ©cĂ©dĂ© le 25 Mars 2006 de causes naturelles. 1952: l'Enigme du Chicago Express, 1954: 20 000 lieues sous les mers, 1955: les Inconnus dans la ville, 1958: les Vikings, 1962: Barabbas, 1966: le Voyage Fantastique, 1967: l'Extravagant Dr Dolittle, 1968: l'Etrangleur de Boston, 1970: Tora, tora, tora, 1971: l'Etrangleur de Rillington Place, 1972: Terreur Aveugle, les Flics ne dorment pas la nuit, 1973: Soleil Vert, 1974: Mr Majestyk, Du sang dans la Poussière, 1975: Mandingo, 1979: Ashanti, 1983: Amityville 3D, 1984: Conan le destructeur, 1985: Kalidor, la lĂ©gende du talisman, 1989: Call from Space.

Avertissement: il s'agit de la version 2D chroniquée ici, la 3D n'étant qu'un simple outil à gadgets inutiles.

DĂ©moli par la critique et le public dès sa sortie, Amityville 3D ne mĂ©ritait pas Ă  mon sens tant de haine, aussi mineur soit le produit d'exploitation correctement emballĂ© par l'immense Richard Fleischer. Car si ce dernier ne semble pas vraiment inspirĂ© Ă  donner chair Ă  la franchise lucrative, il parvient nĂ©anmoins avec une modeste efficacitĂ© Ă  exploiter les clichĂ©s du film de hantise au grĂ© de petites scènes-chocs faisant leur petit effet de fascination (notamment celui, cruel, de l'incendie dans l'habitacle d'une voiture). Qui plus est tournĂ© en scope dans une photo soignĂ©e et correctement interprĂ©tĂ© par d'aimables seconds-couteaux (on reconnaitra d'ailleurs la nĂ©ophyte Meg Ryan pour sa 2è apparition Ă  l'Ă©cran), Amityville 3 inspire la sympathie au sein d'une ambiance fantastique parfois mĂŞme poĂ©tique quant Ă  la disparition d'une victime juvĂ©nile s'efforçant de communiquer avec ses parents sous l'apparence d'un ectoplasme de couleur mauve. 

Tant et si bien qu'Ă  la revoyure, avec le recul et en faisant preuve d'indulgence, ce petit divertissement sans prĂ©tention dĂ©gage mĂŞme un charme tangible constant auprès de son ambiance horrifique Ă©paulĂ©e qui plus est de quelques effets-spĂ©ciaux artisanaux attachants par leur cĂ´tĂ© perfectible faisant toutefois mouche la plupart du temps. Il s'agit donc selon mon jugement de valeur du dernier film honorable de la saga, et bien qu'il ne puisse jamais rivaliser avec les 2 premiers opus dans toutes nos mĂ©moires, Amityville 3 dĂ©gage une simplicitĂ© point disgracieuse Ă  travers son intrigue rachitique jamais ennuyeuse, notamment de par la complĂ©mentaritĂ© des interprètes se prĂŞtant sans outrance au jeu du "ouh, fais moi peur" avec parfois mĂŞme une expressivitĂ© dramatique rĂ©solument probante (le deuil familial qui entoure le rĂ©cit lors de sa dernière partie particulièrement Ă©pique). 

P.S: Dans l'un des Bonus de cette galette issue du coffret Bach Films, les cinĂ©astes acolytes Maury / Bustillo dĂ©fendent sans ambages ce 3è opus sans faire preuve d'ironie mal placĂ©e (quand bien mĂŞme la plateforme Psychovision dispo sur le net est Ă©galement de la partie pour dĂ©noter une suite toute Ă  fait honorable). Enfin, le film est ici prĂ©sentĂ© dans sa version intĂ©grale inĂ©dite en France (Tant Dvd que BR). 

*Bruno
11.03.19
22.03.23. 3èx

lundi 20 mars 2023

Le cerveau d'Acier / Colossus: The Forbin Project

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Joseph Sargent. 1970. U.S.A. 1h40. Avec Eric Braeden, Susan Clark, Gordon Pinsent, William Schallert, Leonid Rostoff, Georg Stanford Brown.

Sortie Salles: 8 avril 1970 (États-Unis), 11 juin 1971 (France). Diffusion TV: 26 janvier 1976 (L'Avenir du Futur)

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Joseph Sargent (Giuseppe Danielle Sorgente) est un réalisateur, acteur et producteur américain, né le 22 juillet 1925 à Jersey City, New Jersey (États-Unis), décédé le 22 décembre 2014 à Malibu (Californie). 1959: Street-Fighter. 1966: L'Espion au chapeau vert. 1970: Le Cerveau d'Acier. 1974: Les Pirates du Métro. 1975: La Nuit qui terrifia l'Amérique (télé-film). 1979: De l'or au bout de la piste. 1983: En plein Cauchemar. 1987: Les Dents de la Mer 4. 2008: Un coeur à l'écoute (télé-film).

Relativement rare Ă  la TV et plutĂ´t oubliĂ© mais heureusement Ă©ditĂ© en Dvd puis Blu-ray chez Movinside, Le Cerveau d'Acier est un excellent suspense d'anticipation comme les Seventies Ă©taient aptes Ă  nous concocter, entre sincĂ©ritĂ© et amour du genre. Et ce sans cĂ©der aux sirènes d'une action ostentatoire ici inexistante, tant et si bien que ce qui intĂ©resse Joseph Sargent est de nous narrer avec soin, intelligence et attention une fascinante intrigue (visionnaire) entre 2 super ordinateurs capables de provoquer une catastrophe nuclĂ©aire entre les Etats-Unis et l'URSS durant la guerre froide. Sorte de prĂ©curseur de Skynet vu dans Terminator. Et si on reste constamment captivĂ© par cette guerre des cerveaux lestement posĂ©e et inquiĂ©tante, on reste stupĂ©fiais par l'audace de sa conclusion au risque de laisser sur le carreau une partie des spectateurs qui n'en demandait pas tant pour son effet de surprise antinomique. Outre la soliditĂ© de la rĂ©alisation (peut-ĂŞtre la plus scrupuleuse de la carrière de Sargent), on est Ă©galement captivĂ© par le jeu dĂ©pouillĂ© du trop rare Eric Braeden endossant le crĂ©ateur de gĂ©nie avec un humanisme fĂ©brile toujours plus contrariĂ© en dĂ©pit de son assurance d'y gĂ©rer toutefois la situation hormis ses interrogations internes les plus alarmistes. Un formidable divertissement donc, adulte et cĂ©rĂ©bral car au plus près de la psychologie torturĂ©e de ses scientifiques et politiciens sur le qui-vive d'un danger pernicieux Ă©chappant Ă  leur contrĂ´le, Ă  leurs armes et Ă  leur intelligence. 


*Bruno
2èx

mardi 14 mars 2023

Bienvenue, Mr Chance / Being There

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

de Hal Ashby. 1979. U.S.A. 2h10. Avec Peter Sellers, Shirley MacLaine, Melvyn Douglas, Jack Warden, Richard A. Dysart, David Clennon.

Sortie salles France: 13 Août 1980. U.S: 19 décembre 1979

FILMOGRAPHIEHal Ashby (nĂ© William Hal Ashby) est un rĂ©alisateur, monteur, acteur et producteur amĂ©ricain nĂ© le 2 septembre 1929 Ă  Ogden, Utah (États-Unis), mort le 27 dĂ©cembre 1988 Ă  Malibu (Californie). 1970 : Le PropriĂ©taire. 1971 : Harold et Maude. 1973 : La Dernière CorvĂ©e. 1975 : Shampoo. 1976 : En route pour la gloire. 1978 : Le Retour. 1979 : Bienvenue, Mister Chance. 1981 : CĹ“urs d'occasion. 1982 : Lookin' to Get Out. 1983 : Let's Spend the Night Together. 1984 : Solo Trans (vidĂ©o). 1985 : Match Ă  deux. 1986 : Huit millions de façons de mourir. 1988 : Jake's Journey (en) (TV). 


"Un grand moment de cinéma en apesanteur transcendé par l'interprétation transie de quiétude: Mr Peter Sellers."
Attention OFNI, Ă  l'instar de l'hallucinante performance du gĂ©nie Peter Sellers (sans doute LE rĂ´le de sa vie !), Bienvenue Mister Chance ne ressemble Ă  rien de connu. Tout du moins lors de l'annĂ©e oĂą il fut conçu car on peut prĂ©tendre que Robert Zemeckis s'en soit tout de mĂŞme inspirĂ© avec Forrest Gump  quelques dĂ©cennies plus tard dans une version beaucoup plus commerciale, tous publics, Ă  la tendresse autrement dĂ©monstrative (mĂŞme s'il s'agit Ă©galement Ă  mon sens d'un grand divertissement vibrant d'humanitĂ©). Or, ici le rĂ©alisateur Hal Ashby ne s'embarrasse ni de fioritures ni de bons sentiments tant sa mise en scène personnelle adopte le parti-pris d'une oeuvre indĂ©pendante au service de ces personnages huppĂ©s gravitant auprès d'un Ă©nigmatique Ă©tranger apatride. Ainsi, c'est Ă  travers le portrait improbable de Mr Chance, jardinier tout juste sĂ©parĂ© de son dĂ©funt propriĂ©taire, que le rĂ©cit nous ait traitĂ© avec force et humour, entre lĂ©gèretĂ© et Ă©motion somme toute contenue pour y dresser son Ă©trange personnalitĂ© tributaire d'une nouvelle demeure que le couple Rand dĂ©cide de recueillir Ă  la suite d'un accident de voiture. Par consĂ©quent, 2h10 durant, nous allons partagĂ©s l'exclusive intimitĂ© de Monsieur Chance dans son nouveau foyer peuplĂ© de domestiques et d'invitĂ©s notoires. Un homme solitaire fĂ©ru de jardinage et de tĂ©lĂ©vision car terriblement introverti, indicible mais nĂ©anmoins infiniment attachant auprès d'un entourage davantage fascinĂ© par l'acuitĂ© de son innocence sans Ă©gale.

Et ce, mĂŞme si le FBI ou la CIA finiront par enquĂŞter sur son passĂ© lors de soupçons d'espionnage alors que les mĂ©dias y feront leur nouvelle coqueluche, tel un monstre de foire. Toute cette mise en scène au plus près des rĂ©actions perplexes des protagonistes Ă©tant subtilement traitĂ©e avec Ă©normĂ©ment de pudeur, de drĂ´lerie (jamais gouailleuse) et de profondeur psychologique. A l'instar de son hallucinant Ă©pilogue mystique impossible Ă  anticiper, mĂ©ditation pour la sagesse d'esprit. Hal Hashby nous dĂ©montrant avec une jubilatoire dĂ©rision qu'un homme sans personnalitĂ© ni ambition peut un jour accĂ©der sans le vouloir Ă  la consĂ©cration et la cĂ©lĂ©britĂ© grâce Ă  ses improvisations philosophiques communiquĂ©es par ses valeurs humaines dĂ©nuĂ©es d'orgueil, de jalousie, de vice et encore moins de colère. Peter Sellers crevant l'Ă©cran par son omniprĂ©sence timidement dĂ©calĂ©e, entre paix interne et calme tranquille dans une posture laconique jubilatoire, notamment eu Ă©gard de son regard enfantin inscrit dans le vide permettant du coup aux autres de se remettre en question afin de se donner un nouveau sens existentiel (notamment pour notre rapport anxiogène avec la mort qui se rapproche peu Ă  peu de nous). Quant Ă  Shirley MacLaine renouant avec ses sentiments d'adolescente dans une fureur de vie soudainement expansive, elle crève elle aussi l'Ă©cran par sa fragilitĂ© humaine, sa beautĂ© rĂ©confortante, sa fascination Ă©baubie de contempler Mr Chance dans un dĂ©sir sexuel irrĂ©pressible (la scène de masturbation est Ă  ce titre anthologique). 


« La vie est un Ă©tat d'esprit »
En dĂ©pit de 2/3 longueurs vite pardonnables durant la 1ère partie du rĂ©cit (les premiers rapports  de Chance amorcĂ©s avec Mr Rand et le prĂ©sident), Bienvenue Mister Chance est un grand moment de cinĂ©ma oĂą la comĂ©die politico-sociĂ©tale s'Ă©lève ici Ă  un niveau spirituel insoupçonnĂ©e. Et puis rien que pour la performance insensĂ©ment naturelle de Peters Sellers (accompagnĂ© d'une tendre Shirley MacLaine toute en douceur de miel), cet incroyable portrait d'un homme (extra)ordinaire (certains et certaines s'y reconnaĂ®tront) demeure profondĂ©ment Ă©vocateur, discursif pour son rapport innĂ©, candide Ă  la vie et celle de son entourage ayant Ă©garĂ© leur âme d'enfant. 

*Bruno

Récompenses
Los Angeles Film Critics Association Awards 1979 : Meilleur acteur dans un second rĂ´le pour Melvyn Douglas
Oscars 1980 : Oscar du meilleur acteur dans un second rĂ´le pour Melvyn Douglas
Golden Globes 1980 :
Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie pour Peter Sellers
Golden Globe du meilleur acteur dans un second rĂ´le pour Melvyn Douglas
BAFTA Awards 1981 : BAFTA du meilleur scénario pour Jerzy Kosinski
London Film Critics Circle 1981 : Prix spécial à Peter Sellers pour sa carrière

lundi 13 mars 2023

La Petite Boutique des Horreurs / The Little Shop of Horrors

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Roger Corman. 1960. U.S.A. 1h12. Avec Jonathan Haze, Jackie Joseph, Mel Welles, Dick Miller, Myrtle Vail

Sortie salles France: 1er juillet 1970. U.S: 5 Août 1960.

FILMOGRAPHIE: Roger Corman est un cinéaste américain, né le 5 avril 1926 à Détroit, Michigan. 1955: Day the World Ended. 1956: It's Conquered the World. 1957: Rock all Night. 1957: l'Attaque des Crabes Géants. 1957: Not of this Earth. 1957: Vicking Women. 1957: The Undead. 1958: War of the Satellites. 1958: She-Gods of Shark Reef. 1958: Swamp Women. 1958: Teenage Caveman. 1958: Mitraillette Kelly. 1959: Un Baquet de Sang. 1960: La Petite Boutique des Horreurs. 1960: La Chute de la Maison Usher. 1961: Ski Troop Attack. 1961: La Chambre des Tortures. 1961: Atlas. 1962: The Intruder. 1962: l'Enterré Vivant. 1962: l'Empire de la Terreur. 1962: La Tour de Londres. 1963: Le Corbeau. 1963: La Malédiction d'Arkham. 1963: l'Horrible cas du Dr X. 1963: l'Halluciné. 1964: Le Masque de la Mort Rouge. 1964: l'Invasion Secrète. 1965: Le Tombe de Ligeia. 1965: Not of this Earth. 1966: Les Anges Sauvages. 1967: l'Affaire Al Capone. 1967: The Trip. 1970: Bloody Mama. 1971: Gas-s-s-s. 1971: Le Baron Rouge. 1990: La Résurrection de Frankenstein.

Authentique film culte qui doit principalement sa rĂ©putation Ă  ses 2 jours de tournages que Roger Corman accepta Ă  la suite d'un pari avec son frère, La Petite Boutique des Horreurs est un rĂ©gal de comĂ©die noire horrifique. Tant et si bien qu'Ă  la revoyure, j'ai Ă©tĂ© surpris par le rythme effrĂ©nĂ© du rĂ©cit faisant la part belle Ă  l'excentricitĂ© des personnages communĂ©ment folingues ou borderline. Chacun des comĂ©diens très Ă  l'aise dans leur fonction un poil théâtrale suscitant un rĂ©el attachement tant ils parviennent Ă  nous communiquer leur fougue sĂ©millante face Ă  la curiositĂ© d'une plante carnivore grandissant de manière disproportionnĂ©e après avoir ingurgitĂ© des cadavres fraĂ®chement trĂ©passĂ©s. Qui plus est, elle est douĂ©e de parole au grĂ© d'un franc-parler colĂ©rique. 

BourrĂ© de sĂ©quences cocasses oĂą le sarcasme ne cesse de s'imposer Ă  travers le parti-pris de Corman  totalement dĂ©complexĂ© Ă  enchaĂ®ner les situations dĂ©bridĂ©es (Ă  l'instar de la cĂ©lèbre sĂ©quence de torture que le nĂ©ophyte Jack Nicholson accepte de s'infliger chez le dentiste en patient SM), la Petite Boutique des Horreurs se dĂ©marque de la routine de par l'originalitĂ© de son concept, son ambiance quasi surrĂ©aliste et la caractĂ©risation lunaire des personnages d'une spontanĂ©itĂ© rĂ©solument communicative. Et c'est ce qui fait le charme de cet adorable dĂ©lire macabre tournĂ© en noir et blanc avec des moyens limitĂ©s. Pour autant, Corman reste suffisamment retors pour emballer correctement son mĂ©trage 1h12 durant en dĂ©pit de l'Ă©troitesse des dĂ©cors se rĂ©duisant souvent Ă  un foyer domestique et au commerce du fleuriste. 

Rafraichissant en diable donc, La Petite boutique des Horreurs perdure son pouvoir inaltĂ©rable grâce Ă  la symbiose de sa folie macabre tributaire d'un humour noir dĂ©jantĂ© couramment payant. 

*Bruno
2èx