Photo empruntée sur Google, appartenant au site avoir-alire.com
de James Mangold. 1997. U.S.A. 1h45. Avec Sylvester Stallone, Harvey Keitel, Ray Liotta, Robert De Niro, Peter Berg, Janeane Garofalo, Robert Patrick.
Sortie salles États-Unis : 15 août 1997. France : 29 octobre 1997
FILMOGRAPHIE: James Mangold, de son vrai nom James Allen Mangold, est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain né le 16 décembre 1963 à New York. 1995 : Heavy. 1997 : Copland. 1999 : Une vie volée. 2001 : Kate et Léopold. 2003 : Identity. 2005 : Walk the Line. 2007 : 3 h 10 pour Yuma. 2010 : Night and Day. 2013 : Wolverine : Le Combat de l'immortel. 2017 : Logan. 2019 : Le Mans 66. 2023 : Indiana Jones et le Cadran de la Destinée.
"Nul n’est au-dessus de la loi"Ce film est une claque. Autant je l’avais apprĂ©ciĂ© sans ambages Ă l’Ă©poque de sa VHS, autant je le considère aujourd’hui, sans l’ombre d’un doute, comme l’un des meilleurs films policiers des annĂ©es 90. Dommage qu’il ait freinĂ© la carrière de
Sylvester Stallone pendant huit ans (selon ses dires, malgré un succès public honorable). Car
Copland dresse un portrait splendide de loser en rĂ©demption, un homme qui finit par s’armer de courage pour affronter des flics ripoux de connivence avec la Mafia de leur bourgade assoupie.
Et s’il Ă©voque par Ă©clats le
Serpico de
Sidney Lumet, Copland existe pleinement par lui-mĂŞme :
Mangold, loin d’ĂŞtre un manchot (jetez un Ĺ“il Ă sa filmo), cisèle un script et une mise en scène d’une maturitĂ© dĂ©pouillĂ©e. Les sĂ©quences s’enchaĂ®nent avec une brutalitĂ© mĂ©tronomique, et le spectateur s’y retrouve ballottĂ©, privĂ© de tout contrĂ´le face Ă une trajectoire dramatique sans concessions.

Le magnifique score grave d’Howard Shore pèse comme un linceul moral sur ces personnages non manichĂ©ens, tel un chemin de croix funĂ©raire. Quant aux acteurs, disputant l’autoritĂ© dans leurs confrontations Ă©pineuses, ils rĂ©ussissent Ă gommer leur charisme usĂ© grâce Ă une caractĂ©risation prĂ©cise qui va droit Ă l’essentiel, donnant au rĂ©cit une crĂ©dibilitĂ© jamais outrĂ©e et une carrure Ă la fois solide et faillible.
Copland distille une intensitĂ© de plus en plus rigoureuse, presque vertigineuse, tandis que Stallone se rĂ©vèle comme rarement : policier taiseux, reclus depuis une dĂ©ception amoureuse et un handicap (la surditĂ© d’une oreille) qui l’empĂŞche d’exercer pleinement sa fonction de shĂ©rif. InitiĂ© Ă la transgression de sa propre peur après avoir Ă©tĂ© mĂ©prisĂ© comme un vaurien par ses pairs et une partie de son entourage, il se redresse, tĂŞte haute, muscles sans esbroufe, pour un final aussi Ă©prouvant que bouleversant, traversĂ© d’Ă©clairs de violence sèchement chorĂ©graphiĂ©s.

Ă€ rĂ©habiliter d’urgence : Copland est un grand film, un vrai, soutenu par une plĂ©thore d’acteurs pulsatiles qui parviennent, lĂ©gitimement, Ă Ă©clipser leur notoriĂ©tĂ© bankable.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
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