lundi 3 juillet 2023

Vendredi 13 VII, Un nouveau défi / Friday the 13th Part VII: The New Blood

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site forum.sanctuary.fr

de  John Carl Buechler. 1988. U.S.A. 1h29. Avec Kane Hodder, Lar Park-Lincoln, Kevin Spirtas, Susan Jennifer Sullivan, Terry Kiser, Susan Blu

Sortie salles France: 20 Juillet 1988. U.S: 13 Mai 1988

FILMOGRAPHIE: John Carl Buechler (né le 18 juin 1952 à Belleville (Illinois) et mort le 18 mars 20191) est un réalisateur, maquilleur et technicien d'effets spéciaux américain. 1984 : Ragewar. 1986 : Troll. 1988 : Cellar Dweller. 1988 : Vendredi 13, chapitre VII : Un nouveau défi. 1991 : Ghoulies 3: Ghoulies Go to College (vidéo). 1998 : Les Proies : La Résurrection (en). 2001 : Péril de glace (Deep Freeze). 2002 : Curse of the Forty-Niner. 2003 : A Light in the Forest. 2004 : Grandpa's Place. 2006 : The Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde. 2011 : Dark Star Hollow.

On prend les mĂŞmes et on recommence. Pour la 7è fois consĂ©cutive Jason nous revient sous les traits d'un mort-vivant du plus bel effet (qu'il soit masquĂ© ou zombifiĂ©, les maquillages sont irrĂ©prochables) pour se mesurer Ă  une rivale douĂ©e de tĂ©lĂ©kinĂ©sie et de prĂ©monition Ă  la suite de la mort (semi-) accidentelle de son père. Et c'est bien lĂ  la seule originalitĂ© du rĂ©cit si bien que la recette payante reste inchangĂ©e avec de son lot de meurtres spectaculaires Ă©talĂ©s toutes les 10 minutes auprès d'ados stupides (et d'un mĂ©decin sournois) qu'on aime dĂ©tester jusqu'Ă  leur cinglant trĂ©pas. Pour les afficionados de la franchise, Vendredi 13 VII reste donc une sympathique distraction que l'on reluque d'un oeil amusĂ© par son lot de clichĂ©s Ă©culĂ©s, persos neuneus, meurtres percutants, ritournelle entĂŞtante et situations Ă  la fois risibles et ubuesques, comme le souligne par ailleurs son final homĂ©rique faisant intervenir un surnaturel punitif. On peut enfin dĂ©plorer autant que s'amuser des pugilats rĂ©barbatifs que s'opposent Tina, sa mère et un psychiatre venu semer la zizanie pour son propre intĂ©rĂŞt. Mais bon comme de coutume c'est Ă©videmment Ă  savourer au second degrĂ©. 


*Bruno
3èx. Vostfr 5.1

vendredi 30 juin 2023

La Malédiction des Whateley / The Shuttered Room

                                        Photo empruntĂ©e sur google, appartenant au site 2.bp.blogspot.com

de David Greene. 1967. Angleterre. 1h39. Avec Gig Young, Carol Lynley, Oliver Reed, Flora Robson, Judith Arthy.

Sortie salles France: 17 janvier 1969. Royaume-Uni : 27 juin 1967

FILMOGRAPHIE: David Greene est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur britannique, nĂ© le 22 fĂ©vrier 1921 Ă  Manchester, Angleterre et mort le 7 avril 2003 Ă  Ojai, Californie, États-Unis. 1967 : La MalĂ©diction des Whateley. 1968 : Les Filles du code secret. 1968 : Chantage Ă  la drogue. 1969 : I Start Counting. 1970 : The People Next Door. 1972 : Madame Sin. 1973 : Godspell (Godspell: A Musical Based on the Gospel According to St. Matthew). 1978 : Sauvez le Neptune. 

Encore une perle maudite, un trĂ©sor de l'horreur gothique oubliĂ© de tous dans le paysage British. Et ce d'après la nouvelle La Chambre condamnĂ©e d'August Derleth et du non moins cĂ©lèbre H.P. Lovecraft. Et c'est dĂ©licieusement atmosphĂ©rique par le biais de sa scĂ©nographie cĂ´tière oĂą s'exhibe sans complexe une poignĂ©e de marginaux ignorants Ă  proximitĂ© d'un moulin abandonnĂ© que le couple Kelton dĂ©cide d'emmĂ©nager après que l'Ă©pouse, ancienne propriĂ©taire des lieux, fut tourmentĂ©e par sa jeunesse amnĂ©sique. On apprendra ensuite au cours des retrouvailles avec sa tante dans quelle circonstance ses parents rendirent l'âme. Ainsi, ce qui frappe irrĂ©mĂ©diablement Ă  la revoyure de ce joyau horrifique Ă©mane d'une direction d'acteur infaillible parmi lesquels on retrouve pour notre plus grand bonheur le monstre sacrĂ© Oliver Reed rĂ©solument spontanĂ©, volcanique en marginal frustrĂ© noyĂ© d'immaturitĂ©. Quand bien mĂŞme l'excellent Gig Young lui partage autrement la vedette en Ă©poux distinguĂ© accompagnĂ© de la splendide blonde Carol Lynley endossant Susan, fille des Whateley avec une douceur et une fragilitĂ© Ă  la fois trouble et sensuelle. Une interprĂ©tation littĂ©ralement hypnotique tant l'actrice s'investit corps et âme en victime partagĂ©e entre ses rĂ©miniscences obscures, son apprĂ©hension rĂ©servĂ©e auprès de ces Ă©trangers machistes et la prĂ©mices de son amour conjugal. 

Le couple aura donc fort affaire aux provocations lubriques d'Ethan (Oliver Reed) et de sa bande irresponsable fuyants leur ennui dans l'alcool, la violence et le sexe eu Ă©gard de la tournure davantage alerte des rebondissements inhospitaliers. Par consĂ©quent, Ă  travers le  portrait rĂ©alistement blafard de cette Ă©quipĂ©e triviale tributaire de leur cadre rural Ă©pargnĂ© d'habitation, on peut sans conteste suspecter Sam Peckinpah de s'y ĂŞtre inspirĂ© afin de parfaire son chef-d'oeuvre du Vigilante Movie: les Chiens de Paille. Notamment auprès des sĂ©quences d'agressions sexuelles lĂ  encore plutĂ´t cruelles et rĂ©alistes par son aspect dĂ©rangeant, presque sordide si j'ose dire. Mais au-delĂ  de ses passionnantes confrontations morales puis physiques entre le couple, les marginaux et une Ă©trange tante autoritaire tentant de maĂ®triser la situation (Flora Robson demeure parfaite d'ambiguĂŻtĂ© en matrone Ă  la fois taiseuse et faussement hospitalière) s'y Ă©clipse une Ă©trange crĂ©ature (potentiellement) diabolique que tout le monde s'efforce d'omettre et d'occulter (comme le souligne d'ailleurs son Ă©trange prologue en mode subjectif). EpaulĂ© d'une partition dissonante renforçant l'aspect tour Ă  tour inquiĂ©tant, dĂ©rangeant et malsain des lieux insalubres du moulin, La MalĂ©diction des Whateley instaure une trouble angoisse palpable avant de culminer auprès d'une dernière partie horrifique chargĂ©e en tension, surprise et violence sanguine. 

Classique de l'horreur British à revoir d'urgence, La Malédiction des Whateley mériterait tant de s'immortaliser sur galette HD tant sa facture formelle (mais aussi technique) nous frappe les mirettes sous l'impulsion d'ardues confrontations psychologiques virant au cauchemar filial (en mode aussi épouvanté qu'étonnamment vériste).

*Bruno
2èx

jeudi 29 juin 2023

Les Petites Victoires. Prix du Public, Prix Spécial du Jury, Alpe d'Huez 2023.

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site  Imdb.com

de Mélanie Auffret. 2023. France. 1h29. Avec Julia Piaton, Michel Blanc, Lionel Abelanski, Marie Bunel, Marie-Pierre Casey, India Hair, Sébastien Chassagne, Bruno Raffaelli.

Sortie salles France: 1er Mars 2023

FILMOGRAPHIEMélanie Auffret est une réalisatrice et scénariste française, née à Plescop (Morbihan) 2019 : Roxane (scénario écrit en collaboration avec Michaël Souhaité). 2023 : Les Petites Victoires.

Un sacerdoce de dĂ©couvrir en 2023 ce genre de comĂ©die sociale dĂ©nuĂ©e de prĂ©tention tant on jurerait presque qu'elle fut rĂ©alisĂ©e dans les annĂ©es 80. Prix spĂ©cial du Jury, Prix du public au Festival international de l'Alpe d'Huez 2023, Les Petites Victoires cumule d'autre part 925 562 entrĂ©es Ă  ce jour (le film Ă©tant toujours Ă  l'affiche ce 29 Juin 2023). Et si Michel Blanc, devenu hĂ©las si rare sur nos Ă©crans, doit une grosse part de responsabilitĂ© pour ce succès inattendu, le talent intègre de la rĂ©alisatrice MĂ©lanie Auffret (dont il s'agit uniquement de son second long) n'est point Ă  nĂ©gliger tant elle parvient Ă  conjuguer sans fard (Ă  un ou 2 couacs près, principalement l'intro un brin caricaturale) humour, tendresse ainsi qu'une pointe de gravitĂ© auprès d'un scĂ©nario engagĂ© (la dĂ©sertification des commerces au sein des villages provinciaux) dĂ©nuĂ© de pathos (suffit de souligner le cĂ´tĂ© bipolaire de son final aigre doux anti larmoyant). Mais outre ce contexte sociĂ©tal en dĂ©crĂ©pitude que beaucoup de rĂ©gions subissent, le pouvoir Ă©motionnel des Petites Victoires rĂ©side dans la complĂ©mentaritĂ© fortuite du couple Julia Piaton / Michel Blanc davantage sĂ©millant/attendrissant/harmonieux au fil de leur Ă©volution amicale d'apprendre Ă  se connaĂ®tre et Ă  s'accepter en s'Ă©paulant mutuellement.  

Celui-ci endossant dans une posture bourrue jamais outrĂ©e (si bien qu'on oublie vite l'acteur) un sexagĂ©naire illettrĂ© dĂ©libĂ©rĂ© Ă  retourner en cours de CP que Julia Piaton lui enseignera avec un naturel altruiste confondant de bienveillance en dĂ©pit de ses soupçons de fermetĂ© autoritaire. Et ce sans se morfondre dans la facilitĂ© de bons sentiments standard dans les reflets de sa sensibilitĂ© dĂ©pouillĂ©e, comme le souligne d'ailleurs l'attitude fringante des enfants scolaires dĂ©nuĂ©s de complexe ou de timiditĂ© Ă  se fondre dans des rĂ´les candides anti-stĂ©rĂ©otypĂ©s. Et si sur le papier le pitch pouvait Ă©videmment paraĂ®tre un brin ridicule, c'Ă©tait sans compter sur le talent de conteur de MĂ©lanie Auffret (puisque Ă©galement scĂ©nariste) que de nous embarquer dans une comĂ©die pittoresque transpirant incessamment la joie de vie, le positivisme (Ă  tous prix si j'ose dire tant la dramaturgie est sobrement suggĂ©rĂ©e, voire mĂŞme Ă©cartĂ©e), l'amour et surtout la tendresse amiteuse au point de bouleverser les us et coutumes de tout un village affable par son Ă©lan de solidaritĂ© hors-pair. 

ComĂ©die roborative pĂ©trie d'humour, de bon sens, de nobles valeurs et de tendresse bonnards, Les Petites Victoires doit son capital hautement sympathique grâce Ă  sa modeste simplicitĂ© bâtie prioritairement sur la bonhomie des villageois usant naturellement de valeurs humaines gratifiantes pour s'extraire de la sinistrose, de l'aigreur et du pessimisme au sein de leur condition prĂ©caire de dernier ressort. Un divertissement salutaire donc d'une Ă©nergie antidĂ©pressive par son peps communicant, avec un coeur gros comme ça. Et puis quel plaisir (Ă©mu) de retrouver Michel Blanc en sexagĂ©naire bedonnant Ă  la sensibilitĂ© refoulĂ©e, la main (finalement) sur le coeur par son Ă©volution responsable.  

Récompenses:

Festival international du film de comédie de l'Alpe d'Huez 2023 :

Prix spécial du Jury

Prix du public

Ce qu'en pense la presse: 

mercredi 28 juin 2023

Les Soucoupes Volantes Attaquent / Earth vs. the Flying Saucers

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Fred F. Sears. 1956. U.S.A. 1h23. Avec Hugh Marlowe, Joan Taylor, Donald Curtis, Morris Ankrum, John Zaremba 

Sortie salles France: 17 AoĂ»t 1956. U.S: Juillet 1956

FILMOGRAPHIE PARTIELLE: Fred F. Sears (nĂ© Frederick Francis Sears Ă  Boston, Massachusetts, le 7 juillet 1913 – mort Ă  Hollywood le 20 novembre 1957) est un acteur et un rĂ©alisateur amĂ©ricain. 1956 : Fury at Gunsight Pass. 1956 : Rock Around the Clock.1956 : Les soucoupes volantes attaquent. 1956 : Meurtres Ă  Miami. 1956 : The Werewolf. 1956 : Cha-Cha-Cha Boom! (en). 1956 : Rumble on the Docks (en). 1956 : Don't Knock the Rock. 1957 : Le Traquenard des Sans-Loi. 1957 : The Night the World Exploded (en). 1957 : The Giant Claw. 1957 : Calypso Heat Wave (en). 1957 : Escape from San Quentin (en). 1958 : The World Was His Jury (en). 1958 : Going Steady. 1958 : Crash Landing. 1958 : Le Pays des sans-loi (Badman's Country (en). 1958 : Ghost of the China Sea.

Une menace interplanĂ©taire de grande ampleur ! 
MĂŞme si on peut dĂ©plorer un scĂ©nario aussi minimaliste qu'Ă©culĂ© (une simple invasion extra-terrestre contraint les humains Ă  riposter en usant de stratagèmes d'armements autrement sophistiquĂ©s), Les Soucoupes Volantes attaquent demeure un sympathique petit classique SCI-FI des annĂ©es 50 eu Ă©gard de la crĂ©dibilitĂ© des FX artisanaux conçus par Ray Harryhausen (excusez du peu). Cette sĂ©rie B agrĂ©ablement troussĂ©e demeurant constamment efficace par son aspect documentĂ© Ă©paulĂ© d'un rĂ©alisme scientifique que les acteurs rehaussent d'après leur caractère attachant (principalement le couple Marvin partagĂ© entre leur sens du devoir d'y protĂ©ger leur patrie et leur relation amoureuse). Fred F. Sears parsemant son rĂ©cit de bavardages jamais ennuyeux entre militaires, politiques et scientifiques afin d'Ă©tudier les rapports de force et intentions perfides de la menace, d'idĂ©es finaudes (le dĂ©tail auditif opposant les 2 clans sans en dĂ©voiler plus) puis de scènes de destruction massive, notamment auprès de son final furibard oĂą humains et E.T se livrent Ă  une guerre sans merci que l'on contemple avec un oeil aussi scrupuleux qu'amusĂ©. 

D'ailleurs, lors d'un rebondissement fallacieux, on Ă©prouvera de prime abord une certaine empathie pour ces derniers Ă  travers leurs intentions pacifiques d'amorcer un dialogue avec nous avant d'y dĂ©voiler leur potentiel belliqueux Ă  nous asservir puis s'emparer de la Terre depuis que leur système solaire s'Ă©teignit.  Le design discoĂŻde des soucoupes ainsi que leur vĂ©locitĂ© aĂ©rienne s'avĂ©rant constamment fascinants grâce aux FX en stop motion si bien que Tim Burton s'en inspirera pour le dĂ©lirant Mars Attacks ! en mode parodique. A revoir donc, notamment pour se rendre compte Ă  quel point les annĂ©es 50 furent capables de nous dĂ©payser de par leur sincĂ©ritĂ© dĂ©pouillĂ©e Ă  Ă©voquer une invasion extra-terrestre Ă  l'aide de gros moyens (pour l'Ă©poque j'entends) et surtout un souci de rĂ©alisme documentĂ© (Des Monstres attaquent la ville, la Guerre des Mondes, La Chose d'un autre Monde pour en citer les plus notoires).

*Bruno
2èx

mercredi 21 juin 2023

Les Pousse au Crime / La Tour des Monstre / Homebodies

                                          
                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site mauvais-genres.com

de Larry Yust. 1974. U.S.A. 1h38. Avec Peter Brocco, Frances Fuller, William Hansen, Ruth McDevitt, Paula Trueman, Ian Wolfe, Douglas Fowley. 

Sortie salles France: 24 Mars 1976. U.S: 13 Septembre 1974

FILMOGRAPHIE: Larry Yust est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 3 novembre 1930 en Pennsylvanie. 1967 : The Secret Sharer. 1972 : Trick Baby. 1974 : La Tour des monstres (Homebodies). 1986 : Say Yes corĂ©alisĂ© avec Peter Ferrara. 


Rare, oubliĂ©, mĂ©connu, introuvable, alors que j'en garde personnellement un souvenir Ă©mu lors de sa diffusion sur TV6 (un Dimanche soir si je ne m'abuse), Les Pousse au crime (ou La Tour des Monstres) est une dinguerie culte Ă  dĂ©couvrir absolument pour qui raffole des dĂ©lires saugrenus ne ressemblant Ă  nul autre dĂ©lire macabre. ComĂ©die noire, satire sociale, horreur, drame se chevauchant tranquillement au rythme d'un jeu de massacre aussi dĂ©tonnant que cruellement inattendu eu Ă©gard de la tournure immorale des Ă©vènements meurtriers qui empiètent la labeur de promoteurs et ouvriers. Ces derniers s'efforçant de chasser d'un immeuble dĂ©cati des vieillards entĂŞtĂ©s fermement dĂ©cidĂ©s Ă  tenir tĂŞte Ă  ces entrepreneurs cupides n'ayant aucune estime pour leurs ancĂŞtres en fin de vie. Fort d'une ambiance sĂ©pia Ă  la fois Ă©trange, inquiĂ©tante et parfois mĂŞme inhospitalière, notamment auprès de ses dĂ©cors Ă  la fois poussiĂ©reux et vermoulus, la Tour des Monstres dĂ©gage une ambiance d'insĂ©curitĂ© inusitĂ©e au point de surfer parfois avec le Fantastique. 


Dans la mesure ou le rĂ©alisateur y dresse de façon alambiquĂ©e et baroque le profil incongru de cette poignĂ©e de vieillards revanchards usant de vice et de roueries Ă  piĂ©ger leurs adversaires dans une cohĂ©sion complice. Tous les acteurs du 3è âge formant de façon charismatique, pour ne pas dire iconique au travers de certains plans chiadĂ©s, une caste sournoise avec une expressivitĂ© davantage inquiĂ©tante si on prend en compte leur Ă©volution morale Ă  s'adonner Ă  l'irrĂ©parable lors de discordes entre eux toujours plus tendues. Et c'est ce qui fait le sel de cette intrigue fĂ©tide Ă  l'humour noir corsetĂ© si bien que l'on se surprend de l'audace du rĂ©alisateur Ă  aller jusqu'au bout de son concept aussi glaçant qu'incommodant. Et ce tout en Ă©prouvant une fascination toujours plus probante Ă  travers ce climat malsain au confins de l'horreur que des criminels sclĂ©rosĂ©s cultivent sur leur chemin en s'efforçant d'y trouver toutefois une issue de secours. Ce qui nous amène Ă  sa conclusion lĂ  encore Ă©tonnamment sardonique avec, en filigrane, un ultime pied de nez aux entrepreneurs snobinards dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  chasser de leur quartier les derniers vieillards rĂ©calcitrants. 


Les rapaces.
Une excellente curiositĂ© donc Ă  l'humour noir vitriolĂ© par son immoralitĂ© assumĂ©e que des vieillards viciĂ©s osent arborer parmi leurs sentiments contradictoires de dĂ©sarroi et d'injustice, de colère, de haine et de folie perverse, puis enfin de prise de remord pour l'un d'entre eux en guise de rĂ©demption. 

P.S: Le film est disponible dans une belle version SD et HD (VF/VOSTFR) sur la plateforme muaddib-sci-fi.blogspot.com (plus connue chez les initiĂ©s par son enseigne: "L'Univers Etrange et Merveilleux du Fantastique et de la Science-Fiction " )

*Bruno
2èx

mardi 20 juin 2023

Matar a Dios / Killing God

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Caye Casas et Albert PintĂł. 2017. Espagne/France. 1h32. Avec Avec Eduardo Antuña, Itziar Castro, Boris Ruiz, Emilio Gavira

Sortie salles France: 9 Décembre 2017 (Paris International Fantastic Film Festival). Espagne: 11 Octobre 2017 (Festival de Sitges)

FILMOGRAPHIE: Caye Casas est un réalisateur et scénariste espagnol. 2022: La mesita del comedor. Asylum: Twisted Horror and Fantasy Tales (2020). Matar a Dios (2017)
Albert PintĂł est nĂ© le 28 octobre 1985 Ă  Barcelone, Catalogne, Espagne. 2022: La mesita del comedor. Asylum: Twisted Horror and Fantasy Tales (2020). Matar a Dios (2017)


Formidable surprise ibĂ©rique hĂ©las passĂ©e inaperçue, Matar a Dios prouve qu'avec un budget rachitique, 5 comĂ©diens mĂ©connus (tout du moins chez nous), un dĂ©cor exigu et surtout une idĂ©e aussi saugrenue qu'allĂ©chante on peut encore surprendre le grand public avec une foi qui fait plaisir Ă  voir. Car outre l'aspect rĂ©jouissant de son concept improbable (se prĂ©tendant Dieu, un nain encapuchonnĂ© s'introduit un soir chez une famille pour leur proposer un dilemme sacrificiel afin de sauver l'humanitĂ© d'un gĂ©nocide planĂ©taire), Matar a dios doit Ă©normĂ©ment de son capital sympathie en la prĂ©sence affable d'une poignĂ©e de comĂ©diens se fondant Ă  coeur joie dans leur rĂ´le sciemment pittoresque eu Ă©gard de la dĂ©rision permanente instaurĂ©e tout le long de leur calvaire. La soirĂ©e familiale fleurtant avec le règlement de compte, notamment depuis que Carlos soupçonne l'infidĂ©litĂ© de son Ă©pouse Anna avec le patron de celle-ci lors d'un dĂ®ner arrosĂ©. Or, depuis l'intrusion inopinĂ©e de cet Ă©tranger de petite taille, ils vont devoir faire face Ă  leur propre morale afin de sauver et d'y sacrifier 2 d'entres eux pour un enjeu humanitaire. Mais vont-ils oser riposter ou se soustraire aux exigences de Dieu en personne ? 


Ainsi donc, avec ses grandes gueules familières d'un naturel striĂ©, nous nous prenons instinctivement d'empathie pour eux de par leur profonde humanitĂ© chargĂ©e de tendresse, d'amitiĂ©, de remord, de tristesse mais aussi de jalousie comme tout citoyen lambda douĂ© de vergogne et de dĂ©fĂ©rence pour son prochain. Nous n'avons donc aucune peine Ă  nous identifier Ă  eux lorsque leurs conversations tournent autour de la dĂ©sillusion conjugale et de la reconnaissance parentale depuis que ce potentiel Dieu leur prĂ©dit l'apocalypse s'ils le considèrent comme charlatan. L'intĂ©rĂŞt de l'intrigue reposant Ă©galement sur le profil Ă©quivoque de cet Ă©tranger semblable au Père-Noel de fortune, et qui ne cessera d'influer sur les croyances religieuses (ou non) de chacun des personnages d'autant plus tĂ©moins malgrĂ© eux de pouvoirs potentiellement divins. Or, après nous avoir amusĂ© et attachĂ©s Ă  ces Ă©picuriens bonnards au caractère bien distinct et plutĂ´t solidaires, on finit par plonger dans la contradiction d'une dramaturgie dĂ©munie eu Ă©gard de son final surprenant en disant long sur le devenir de l'humanitĂ©, Ă  savoir s'il mĂ©rite d'ĂŞtre sauvĂ© des flammes de l'enfer. Un conclusion crĂ©pusculaire splendide qui ne laisse pas indiffĂ©rent. 


Une rĂ©flexion caustique sur la nature humaine quant Ă  ses failles indissociables. 
Huis-clos sarcastique virant par ailleurs au gore lors de son final bipolaire aussi dĂ©jantĂ©e que poignant, Matar a Dios est une excellente surprise hĂ©tĂ©roclite qu'il faut impĂ©rativement dĂ©fendre et saluer, tant pour la maĂ®trise de sa rĂ©alisation studieuse que pour le talent enjouĂ© des interprètes communĂ©ment expansifs, badins, fragiles, colĂ©riques dans leur condition torturĂ©e de croire ou non Ă  une puissance divine apte Ă  les annihiler en un battement de cil. 

*Bruno

jeudi 15 juin 2023

Saint Maud. Grand Prix, Gérardmer 2019.

                                            
                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Rose Glass. 2019. Angleterre. 1h24. Avec Morfydd Clark, Jennifer Ehle, Lily Knight, Lily Frazer, Turlough Convery.

Sortie salles France: 31 Janvier 2020 uniquement Ă  GĂ©rardmer. Angleterre: 1er Mai 2010

FILMOGRAPHIERose Glass, nĂ©e en 1990 Ă  Chelmsford, est une rĂ©alisatrice et scĂ©nariste britannique. 2019: Saint Maud. 


Fort, trouble, intense (Ă  l'instar d'une mĂ©morable sĂ©quence en huis-clos jouant sur l'ambivalence de passer Ă  l'acte), dĂ©rangeant, notamment auprès de son onirisme opaque, Saint-Maud laisse des traces dans l'encĂ©phale sitĂ´t l'ultime image brièvement laissĂ©e en exergue après nous avoir illustrĂ© 1 seconde plus tĂ´t son pendant contradictoire. AurĂ©olĂ© de 4 prix Ă  GĂ©rardmer, dont celui, prestigieux, du Grand Prix, mais hĂ©las privĂ© de salles chez nous (la Covid  Ă©tait passĂ©e par lĂ ), Saint Maud nous relate scrupuleusement dans un format auteurisant de drame psychologique lourd, feutrĂ© la dĂ©rive fanatique d'une religieuse sombrant peu Ă  peu dans la schizophrĂ©nie faute de son existence esseulĂ©e, sa frustration sexuelle, son manque d'assurance, sa culpabilitĂ© (le prologue morbide concis, tacite) et surtout son amour obsessionnel pour Dieu. De par une rĂ©alisation Ă  la fois inspirĂ©e et personnelle cĂ©dant parfois Ă  l'expĂ©rimentation (dĂ©moniale), Saint Maud nous projette dans la psychĂ© tourmentĂ©e de Katie sous l'impulsion d'un climat blafard lestement malaisant. 


La rĂ©alisatrice s'adonnant par ailleurs Ă  une scĂ©nographie quelque peu baroque (les diverses tapisseries de la demeure d'Amanda) ou Ă©touffante (le foyer exigu de Maud Ă  la luminositĂ© sĂ©pia) pour nous inconforter avec autant d'intelligence (refus d'un quelconque racolage de comptoir avec pareil sujet fleurtant avec l'emprise du dĂ©mon) que de sobriĂ©tĂ© si je me rĂ©fère au jeu ombrageux de l'actrice Morfydd Clark se fondant sans ambages dans son esprit torturĂ© par la cause d'une foi religieuse oĂą l'expiation culminera au point de non retour. Et si on songe parfois Ă  RĂ©pulsionsle Locataire ou encore dans une moindre mesure Les diablesSaint-Maid parvient toutefois Ă  exister par lui mĂŞme Ă  travers son rĂ©alisme dĂ©rangeant eu Ă©gard de l'intensitĂ© de certaines situations inhospitalières en autopsiant la dĂ©rive criminelle d'une victime trop fragile, dĂ©connectĂ©e de la rĂ©alitĂ© pour s'extirper de son carcan religieux. A point tel de remettre nous mĂŞme en cause la doctrine de Dieu (si on est fervent catholique) car observant avec ambiguitĂ© la dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale de Maud entre apprĂ©hension empathique et questionnement existentiel sur le sens de la mort et de la souffrance (les Ă©tats d'âme fatalistes d'Amanda ennuyĂ©e par l'attente du trĂ©pas). D'oĂą la dĂ©rive de son intensitĂ© Ă©motionnelle scabreuse dĂ©peinte de manière dĂ©pouillĂ©e auprès d'un drame psychologique pesant aux relents horrifiques (par autosuggestion). 


Film d'auteur intimiste si bien que le genre horrifique s'efface au profit du drame cĂ©rĂ©bral quant aux effets pervers, Ă  double tranchant, d'une solitude confinĂ©e dans la croyance pour se forger une raison existentielle, Saint Maud ne nous laisse pas indemne après nous avoir familiarisĂ© avec cette jeune infirmière en proie Ă  l'irrĂ©pressible besoin d'aimer et d'ĂŞtre aimĂ© (plutĂ´t que de se raccrocher Ă  la vie Ă©ternelle en lieu et place de peur de disparaĂ®tre).

*Bruno
09.02.21
15.06.23
2èx

RĂ©compenses: Grand Prix, Meilleure musique originale, Prix de la critique, Prix du jury jeune de la RĂ©gion Grand Est au Festival de GĂ©rardmer. 

PolĂ©mique sur sa sortie officielle en France (source Wikipedia): La sortie du film en salles en France est initialement prĂ©vue le 24 juin 2020. Suite Ă  la pandĂ©mie de Covid-19, elle est repoussĂ©e au 25 novembre 2020. Mais Ă  cause du reconfinement au mois de novembre, cette date est annulĂ©e. Suite Ă  l'annonce du gouvernement de la date de rĂ©ouverture des salles de cinĂ©ma pour le 15 dĂ©cembre, la date de sortie est fixĂ©e au 30 dĂ©cembre 2020, date une nouvelle fois annulĂ©e Ă  l'annonce de la fermeture des salles de cinĂ©ma pour au moins trois semaines supplĂ©mentaires.

mardi 13 juin 2023

Star Trek 2, la Colère de Khan / Star Trek II: The Wrath of Khan

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Nicholas Meyer. 1982. U.S.A. 1h57 (Director's Cut). Avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, Walter Koenig, George Takei, Nichelle Nichols.

Sortie salles France: 20 Octobre 1982. U.S: 4 Juin 1982

FILMOGRAPHIE: Nicholas Meyer est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain, né le 24 Décembre 1945 à New-York. 1979: C'était demain. 1982: Star Trek 2. 1983: Le Jour d'Après. 1985: Volunteers. 1988: Les Imposteurs. 1991: Company Business. 1991: Star Trek 6. 1999: Vendetta.


Un spectacle adulte, intelligent, maîtrisé, sincère, révérencieux, poignant (sacré final !), parfois épique, sobrement équilibré, notamment par son récit bien conté.
*Bruno

                                       Une chronique de Grand-Alf que j'approuve Ă  95%.

Bataille au-delà des étoiles.

Les fans de l'époque ayant accueilli assez froidement le premier opus cinématographique, il est donc décidé de laisser de côté l'approche mystico-métaphysique pour un spectacle plus simple, plus direct, cette fois sous la direction de Nicholas Meyer, cinéaste nous ayant offert juste avant l'excellent "C'était demain". Considéré par beaucoups de trekkies comme le meilleur de la saga (avec le 6, également réalisé par Meyer), "Star Trek 2" est effectivement supérieur à son modèle (du moins en ce qui me concerne), certes moins ambitieux dans ses thèmes mais mieux rythmé et offrant un divertissement bien plus trépidant et spectaculaire.

Non dénué de défauts (c'est un "Star Trek" quand même), il pose cependant les bases de ce que sera la saga cinématographique, jouant beaucoup sur l'humour ("Glander dans le cosmos, c'est un boulot pour les jeunes.") et sur les interactions des personnages, tous incarnés avec talent. On retiendra également un méchant d'une belle envergure (superbe Ricardo Montalban), quelques séquences délicieusement crasspec et surtout, un sacrifice final inattendu et émouvant, qui provoquera cependant la colère des fans de la première heure.

Gand-Alf (Sens Critique)
8


                                    Une seconde chronique de Docteur Jivago que j'approuve Ă  80% (je ne suis  particulièrement pas d'accord avec lui quand il relève le jeu outrancier de l'acteur Ricardo Montalban)

Khan la fin approche...
Dans cette suite du réussi premier opus, c'est Nicholas Meyer qui prend les commandes derrière la caméra pour nous faire suivre l'USS Entreprise et son équipage qui vont se retrouver face à un ancien ennemi de l'Amiral Kirk qui ne cherche que la vengeance envers ce dernier.

Cette suite prend une direction différente du premier opus et offre notamment plus d'action sans pour autant tomber dans la surenchère, loin de là même. Pari réussi pour cet épisode qui s'avère plaisant à suivre, notamment grâce à ses protagonistes que l'on retrouve, surtout Kirk et Spock ainsi que le méchant, rongé par une haine envers Kirk et qui s'avère aussi diabolique qu'outrancier (en même temps, l'acteur en fait des caisses !). Si les questionnements sur les personnages sont bien écrits, notamment ceux de Kirk sur son avenir puis son passé ainsi que le rapport à la vie et à l'humain de Spock, celle entre les personnages laisse parfois à désirer, notamment entre Kirk et son fils. Efficace et bien foutu, cet opus tient tout le long en haleine. Le côté un peu kitsch et 80's donne un charme plutôt sympathique à un ensemble qui ne manque ni d'humour, ni d'émotion, notamment dans son surprenant final. La richesse de l'univers est toujours l'une des principales réussites, où ici on se retrouve entre divers planètes, vaisseaux, machine (notamment Genesis)..., le tout bénéficiant d'effets spéciaux et maquettes réussis, tout comme la musique de James Horner.

Un second opus franchement réussi qui prend une voie différente de celui de Robert Wise pour offrir un beau spectacle sans temps morts, parfois surprenant et bénéficiant d'un univers et de personnages que l'on prend plaisir à suivre.

Docteur_Jivago (Sens Critique)
7


Récompenses
: Saturn Awards 1983 : meilleur acteur pour William Shatner, meilleur réalisateur pour Nicholas Meyer


samedi 10 juin 2023

Alibi.com 2

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Philippe Lacheau. 2023. France. 1h27. Avec Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Tarek Boudali, Julien Arruti, Nathalie Baye, Didier Bourdon, Arielle Dombasle, Gérard Jugnot, Catherine Benguigui.

Sortie salles France: 8 Février 2023

FILMOGRAPHIE: Philippe Lacheau est un acteur, rĂ©alisateur, scĂ©nariste et animateur français nĂ© le 25 juin 1980 Ă  Fontenay-sous-Bois dans le Val-de-Marne. 2014 : Babysitting - corĂ©alisĂ© avec Nicolas Benamou. 2015 : Babysitting 2 - corĂ©alisĂ© avec Nicolas Benamou. 2017 : Alibi.com. 2018 : Nicky Larson et le Parfum de Cupidon. 2021 : Super-hĂ©ros malgrĂ© lui. 2023 : Alibi.com 2. 


Cocasse, burlesque et (davantage) hilarant de bout en bout, avec une pointe de tendresse étonnamment émotive.
4 267 389 entrĂ©es Ă  ce jour si bien qu'Alibi.com 2 continue de percer au box-office Ă  ce jour du 10 Juin 2023. Or, on peut dĂ©jĂ  confirmer que la dernière comĂ©die de la bande Ă  Fifi est dores et dĂ©jĂ  son plus grand succès commercial amplement mĂ©ritĂ© tant il cumule gags (parfois scatos) et cocasseries Ă  rythme insensĂ© que n'aurait reniĂ© son alter-ego de toujours, les ZAZ. D'ailleurs, les initiĂ©s indĂ©fectibles de Lacheau avouent sans rĂ©serve qu'il s'agit de sa comĂ©die la plus drĂ´le et dĂ©jantĂ©e depuis son 1er nĂ© oh combien dĂ©bridĂ©: Babysitting. Car relever la gageure de surpasser le 1er "Alibi" tient du prodige tant Lacheau et son Ă©quipe dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e ont une fois de plus redoublĂ© d'insolence, de provocations, d'intelligence et d'inventivitĂ© pour combler leur public avide de tartes Ă  la crème, gros mots, quiproquos hyperboliques (euphĂ©misme) et gags cartoonesques, comme le souligne son hallucinant final anthologique digne d'un Tex Avery en mode "Bip Bip le coyote". 


Car si on est en droit de ne pas adhĂ©rer Ă  l'humour tantĂ´t ubuesque, tantĂ´t grossier, sciemment ridicule de la Bande Ă  Fifi, on ne peut nier que nos farceurs se sont dĂ©menĂ©s tels des forcenĂ©s hystĂ©risĂ©s Ă  nous concocter un vrai scĂ©nario en roue libre autour de leurs pitreries puisque incessamment renouvelĂ© Ă  chaque minute eu Ă©gard de l'incroyable Ă©nergie, l'exubĂ©rante moisson d'idĂ©es saugrenues que traversent nos hĂ©ros jamais Ă  court de carburant Ă  travers leurs stratĂ©gies du simulacre hiĂ©rarchisĂ© avec autant de maladresse que d'une pointe de providence. 


Bref, ça déménage à mort, partagé entre le sourire (jamais forcé) et le rire nerveusement vrillé au fil d'une attraction foraine de tous les diables. TOUS les acteurs et seconds-rôles pétulants se prêtant au jeu de la déconnade la plus cintrée avec une ferveur, une spontanéité non simulée sincèrement communicative. Si bien que comme de coutume, on a beau suivre (la mine parfois un tantinet éreintée par son rythme intrépide) les bévues et quiproquos plus grotesques les uns que les autres, on marche à fond tant la bande à Fifi nous transmet sans modération aucune leur générosité et leur sincérité avec une bonhomie terriblement expressive (on sent qu'ils s'amusent autant que nous à l'intérieur de l'écran, notamment auprès de leur amour intègre pour le "cinéma"). A l'instar de son final inscrit dans la tendresse d'une fidélité conjugale se permettant en outre d'émouvoir le spectateur avec une foi inébranlable. Non, décidément, la Bande à Fifi reste à mes yeux, et de loin, les meilleurs comiques de leur génération à travers leur parcours quasi sans faute de cumuler les comédies cintrées de manière hyper inspirée (qui plus est en prime d'une réalisation technique, à l'instar de l'incroyable séquence en split screen) sans s'appesantir de l'ombre d'une quelconque lassitude et encore moins d'une prétention intempestive.

*Bruno

jeudi 8 juin 2023

The Doom Generation

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Greg Arakis. 1995. U.S.A/France. 1h23. Avec James Duval, Rose McGowan, Johnathon Schaech, Cress Williams, Skinny Puppy, Dustin Nguyen, Margaret Cho

Sortie salles France: 15 Novembre 1995 (Int - 16 ans). U.S: 27 Octobre 1995.

FILMOGRAPHIEGregg Araki est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, monteur, producteur de cinĂ©ma et directeur de la photographie amĂ©ricain, nĂ© le 17 dĂ©cembre 1959 Ă  Los Angeles (États-Unis). 1987 : Three Bewildered People in the Night. 1989 : The Long Weekend (O'Despair). 1992 : The Living End. 1993 : Totally F***ed Up. 1995 : The Doom Generation. 1997 : Nowhere. 1999 : Splendeur (Splendor). 2004 : Mysterious Skin. 2007 : Smiley Face. 2010 : Kaboom. 2014 : White Bird. 

Authentique film culte n'ayant pas pris une ride Ă  la (douloureuse) revoyure, The Doom Generation se dĂ©cline en pur film punk sous couvert de cinĂ©ma underground Ă  la libertĂ© de ton explosive. Tant et si bien que Greg Arakis n'a ni froid aux yeux ni aux oreilles pour nous conter dans un esprit BD vitriolĂ© l'Ă©quipĂ©e folingue d'un couple de jeunes paumĂ©s accompagnĂ©s d'un Ă©tranger aussi marginal qu'eux pour y semer durant leur pĂ©riple routier dĂ©sordre, chaos et morts accidentelles. Foncièrement provocateur, vulgaire et cru, tant auprès de ces dialogues acĂ©rĂ©s (bon Dieu que ça pique !) que de ses coĂŻts dĂ©vergondĂ©s avides d'expĂ©rience nouvelle, The Doom Generation est une expĂ©rience de cinĂ©ma difficilement oubliable sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique mĂ©lancolique clos. 

Car cet OFNI a beau conjuguer sans nul complexe malaise, fougue, bonne humeur et rire grinçant (Ă  l'instar de ses sĂ©quences gores Ă  la fois dĂ©calĂ©es, ubuesques que n'aurait reniĂ© Troma), il s'y dĂ©gage derrière ses moults bravades un vent de libertĂ© exaltant auprès de l'Ă©thique dĂ©sabusĂ©e de ses protagonistes en perdition. Un manifeste infiniment tendre et sincère sur une jeunesse dĂ©boussolĂ©e livrĂ©e Ă  elle mĂŞme et donc ivre de sensations pour se raccrocher aux plaisirs de la drogue, de l'alcool, de la chair et de la junk-food afin d'y compenser leur ennui au sein d'une sociĂ©tĂ© intolĂ©rante (notamment au niveau de son cri d'alerte contre l'homophobie) dĂ©nuĂ©e de compassion et de comprĂ©hension. The Doom Generation finissant par provoquer une Ă©motion si fragile après nous avoir dressĂ© aussi crĂ»ment le profil dĂ©gingandĂ© de ces gamins dĂ©lurĂ©s s'efforçant de trouver un sens Ă  l'existence d'une cruautĂ© inextinguible (tant auprès de leur tĂ©moignage morbide avec un chien embouti que de son final traumatique, estampillĂ© "extrĂŞme droite" Ă  la limite du soutenable). 


No Futur.
Oeuvre expĂ©rimentale Ă  la fois grave, dĂ©bridĂ©e, onirique et lumineuse Ă  nous pĂ©nĂ©trer 1h23 durant dans les Ă©tats d'âme fĂ©briles de ces punks hĂ©donistes ivres d'amour et de passion au grand dam de leurs angoisses spirituelles, mĂ©taphysiques, The Doom Generation nous laisse KO d'amertume passĂ©e l'explosion de violence d'une sociĂ©tĂ© arbitraire rĂ©fractaire au politiquement incorrect, Ă  la subversion libertaire. 
Pour Public Averti.

*Bruno
3èx vostfr

mardi 6 juin 2023

Le Poignard Volant / To ching chien ko wu ching chien. Prix spécial 15e cérémonie des Golden Horse Film Festival and Awards.

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dvdfr.com

de Chu Yuan. 1977. Hong-Kong. 1h36. Avec Ti Lung, Ching Li, Derek Yee, Yueh Hua, Candice Yu, Ku Feng 

Sortie salles Hong-Kong: 14 Octobre 1977

FILMOGRAPHIE: Chu Yuan (楚原 en chinois, donnant Chor Yuen dans une transcription du cantonais) est un rĂ©alisateur hongkongais nĂ© le 8 octobre 1934 Ă  Canton, dĂ©cĂ©dĂ© le 21 fĂ©vrier 2022, . 1972 : Intimate Confessions of a Chinese Courtesan. 1972 : Le Tueur de Hong-Kong. 1973 : The House of 72 Tenants. 1973 : Haze in the Sunset. 1974 : Sex, Love and Hate. 1976 : La Guerre des clans. 1976 : Farewell to a Warrior. 1976 : Le Sabre Infernal. 1976 : The Web of Death. 1977 : Le Complot des Clans. 1977 : Le Tigre de Jade. 1977 : Death Duel. 1977 : Le Poignard volant. 1978 : Clan of Amazons. 1978 : L'ĂŽle de la bĂŞte (en) (Legend of the Bat). 1978 : Swordsman and Enchantress. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre 2. 1979 : Full Moon Scimitar. 1980 : Bat Without Wings. 1988 : Diary Of A Big Man. 1990 : The Legend Of Lee Heung Kwan. 1990 : Blood Stained. Tradewinds. 1990 : Sleazy Dizzy. 

Confus par son histoire ramifiĂ©e partant davantage dans tous les sens et sa multitude de personnages perfides ne cessant de s'entrecroiser avec, 2 hĂ©ros Ă  la clef opposĂ©s Ă  2 dĂ©esses ambigues, Le Poignard volant n'en n'est pas moins un spectacle assez fascinant par son ambiance indomptable, Ă©pique par son action en roue libre (mĂŞme si frĂ©quemment concise) et d'un esthĂ©tisme onirique alambiquĂ©. A revoir pour ma part afin de mieux dompter sa topographie narrative et identifier sa foule de persos en proie Ă  la suspicion, la trahison, l'interrogation et la perplexitĂ©. 

*Bruno
2èx

                                         Ci-joint la critique plus dĂ©taillĂ©e de philippequevillart

La mort aux trousses

Une nouvelle adaptation du romancier Gu Long pour Chor Yuen, avec de l'intrique et un foisonnement de personnages hauts en couleur. Le tout est grandement mis en scène et propose une approche esthétique nouvelle, certaines scènes étant tournées dans de superbes décors extérieurs.

L'histoire : Li Hsin-Huan (TI Lung) un Ă©pĂ©iste malade et alcoolique, revient de longues annĂ©es d’exil pour venir en aide Ă  celle qu'il aima jadis. En effet, cette dernière est menacĂ©e par un Ă©trange assassin, malin et particulièrement douĂ© dans l'art du maniement des armes. ArrivĂ© sur place, accompagnĂ© de son fidèle compagnon Chuan-jia (Fan Mei Sheng), il est soupçonnĂ© lui-mĂŞme d'ĂŞtre l'assassin. Pris en dĂ©faut, il tentera lui-mĂŞme de dĂ©nouer les ficelles d'une intrigue bien complexes...

Le concept de base commence Ă  couler de source si l'on veut bien s'intĂ©resser Ă  l’Ĺ“uvre de ce cinĂ©aste trop longtemps mĂ©connu en Occident, mais rĂ©serve encore une fois quelques surprises esthĂ©tiques et une intrigue toujours passionnante. MĂŞme si cette fois l'intrigue a parfois tendance Ă  s'Ă©garer dans tous les sens. de plus, le foisonnement de personnages divers qui viennent et sortent de la scène, peut s'avĂ©rer fatal au spectateur non initiĂ©.

L'intrigue est assez sommaire, puisqu'elle propose de suivre le personnage de Ti Lung dans sa quête de vérité, et de croiser avec lui tout un tas de personnage hauts en couleurs. L'épée est une nouvelle fois au centre de l'intrigue, puisque c'est elle, ou plutôt son maniement qui sert de langage commun entre les différents protagonistes de l'intrigue. Les combats sont une nouvelle fois bien chorégraphiés par le maître Tang Chia, mais ne propose pas de véritables chorégraphies alléchantes, le combat proprement dit n'étant pas l'apanage du maître du thriller médiéval. Il préfère s'attarder sur ses personnages et égarer le spectateur dans des faux-semblants avec tous les artifices et effets habituels.

Esthétiquement, le film innove, proposant les habituels décors kitsch, fleuris où l'ont peut croiser de jolies créatures, là, rien de bien nouveau, mais également de superbes décors extérieurs enneigés. Quelques passages montrant le déplacement de personnages en grand plan dans des décors que la neige magnifient, touchent au suprême. Avec une approche esthétisante proche du grand King Hu. Encore une réussite de la part d'un cinéaste qui a fait du wu xia pian un véritable champ d'expérimentation pour ses recherches picturales et son sens inouï de la composition.

Théâtral et grave, son cinéma donne matière à réflexion, à se malmener les méninges même parfois, mais propose toujours des personnages passionnants et de véritables intrigues.

Le Poignard Volant, même s'il n'est pas le sommet de son art, tellement le foisonnement excessif de personnages égare parfois l'intrigue principale, demeure tout de même un excellent wu xia pian esthétiquement réussi.

7/10

Écrit par philippequevillart (sens critique)

mercredi 31 mai 2023

Un papillon aux ailes ensanglantées / Una farfalla con le ali insanguinate / Cran d'Arrêt

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Ducio Tessari. 1971. Italie. 1h39. Avec Helmut Berger, Giancarlo Sbragia, Evelyn Stewart, Wendy D'Olive, GĂĽnther Stoll, Silvano Tranquilli 

Sortie salles France:  ?  Italie: 10 Septembre 1971

FILMOGRAPHIE: Duccio Tessari, de son vrai nom Amadeo Tessari, nĂ© le 11 octobre 1926 Ă  GĂŞnes et mort d'un cancer le 6 septembre 1994 Ă  Rome, en Italie, est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien. 1962: Les Titans. 1963 : Le Procès des doges ou Le Petit boulanger de Venise. 1964 : La sfinge sorride prima di morire - stop - Londra. 1965 : Una voglia da morire. 1965 : Un pistolet pour Ringo . 1965 : Le Retour de Ringo. 1966 : Très honorable correspondant. 1967 : Per amore... per magia... 1968 : Meglio vedova. 1968 : Le Bâtard. 1968 : Un train pour Durango. 1969 : Mort ou vif... de prĂ©fĂ©rence mort. 1970 : Quella piccola differenza. 1970 : La Mort remonte Ă  hier soir. 1971 : Cran d'arrĂŞt. 1971 : Forza G. 1971 : Et viva la rĂ©volution ! 1973 : Les Grands Fusils. 1973 : Les Enfants de chĹ“ur. 1974 : L'Homme sans mĂ©moire. 1974 : Les Durs. 1975 : Zorro. 1976 : Les Sorciers de l'Ă®le aux singes 1976 : La madama. 1978 : Le CrĂ©puscule des faux dieux. 1981 : Un centesimo di secondo. 1985 : Tex Willer e il signore degli abissi. 1985 : Baciami strega (TV). 1986 : Bitte laĂźt die Blumen leben. 1987 : Una grande storia d'amore (TV). 1990 : Au bonheur des chiens. 1992 : Beyond Justice. 1994 : Le Prince du dĂ©sert.


Relativement de faible rĂ©putation (quand bien mĂŞme il est restĂ© inĂ©dit en salles en France), Un papillon aux ailes ensanglantĂ©es est Ă  mon sens subjectif un Giallo mineur faute de son absence de suspense et d'un rythme dĂ©faillant cumulant sans intensitĂ© enquĂŞte policière (avec la collaboration de la police scientifique nous prĂ©cisera le gĂ©nĂ©rique de fin), scènes de prĂ©toire, Ă©treintes lubriques (parfois dĂ©viantes) et ambiance horrifique timorĂ©e, Ă  l'instar des exactions hors-champs. Et ce en dĂ©pit d'un photo et d'une mise en scène soignĂ©es, d'une sublime partition au clavecin de Gianni Ferrio et d'un bon acting bien connu des amateurs, bien que Helmut Berger semble effacĂ©, peu concernĂ© par ce qui se trame autour de lui. On se console tout de mĂŞme avec son final Ă©lĂ©giaque d'une beautĂ© romantique langoureuse par son onirisme candide (quand bien mĂŞme l'Ă©lĂ©ment du "papillon" se justifie) oĂą l'Ă©motion perce enfin au grĂ© d'un montage scrupuleux autrement plus convaincant que ce qui nous fut prĂ©alablement illustrĂ© sans gĂ©nie ni passion. A voir par curiositĂ© sans laisser de souvenir impĂ©rissable. 


*Bruno