lundi 15 juillet 2024

Terrified / Aterrados.

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de Demián Rugna. 2017. Argentine. 1h28. Avec Maximiliano Ghione, Norberto Gonzalo, Elvira Onetto, 
George L. Lewis, Julieta Vallina, Demián Salomón.

Sortie salles Argentine: 3 Mai 2018

FILMOGRAPHIE: Demián Rugna est un réalisateur et scénariste argentin né le 13 septembre 1979. Il est scénariste et monteur. Il est connu pour Terrified (2017), (2016). No sabés con quién estás hablando. The Last Gateway (2007) et When evil lurcks (2023).


Une excellente surprise que ce film d'horreur argentin rĂ©alisĂ© par Demian Rugna, nouveau spĂ©cialiste du genre bien avant qu'il ne conçoit le phĂ©nomène When Evil Lurcks. Ainsi, en se rĂ©appropriant des codes de la demeure hantĂ©e, de l'esprit dĂ©monial et de la possession, celui-ci s'y entend pour nous amener Ă  le suivre sur les pentes d'une bien Ă©trange descente aux enfers dĂ©nuĂ©e d'outrance et de complaisance. Car en dĂ©pit de son affiche racoleuse, Terrified n'est nullement un avatar d'Evil-dead ou d'un quelconque ersatz gorasse conçu pour nous en foutre plein la vue. Que nenni, Demian Rugna privilĂ©giant constamment la suggestion et le hors-champs sonore pour instiller une angoisse palpable traversĂ©e de quelques moments de frayeurs du plus bel effet de surprise. Avec notamment des apparitions morbides ou dĂ©charnĂ©es redoutablement pernicieuses surtout lorsqu'on ose illustrer un bambin putrescent extirpĂ© de sa tombe. 


De par le soin imparti Ă  la construction de son rĂ©cit en suspens misant le plus souvent sur l'expectative, Terrified captive sans faillir lorsqu'une poignĂ©e de protagonistes se retrouve plongĂ©s dans le dĂ©sarroi d'une situation inexpliquĂ©e avant qu'ils ne recrutent des spĂ©cialistes du paranormal rĂ©signĂ©s Ă  dĂ©manteler la vĂ©ritĂ©. EmaillĂ© de sĂ©quences chocs souvent concises afin de ne pas s'appuyer sur la facilitĂ© du grand-guignol, Terrified renoue donc avec une horreur adulte auprès de sa facultĂ© Ă  divertir sans relâche en misant sur le suspense, l'angoisse, le mystère et la terreur sous l'impulsion d'acteurs mĂ©connus sobrement contrariĂ©s, pour ne pas dire apeurĂ©s auprès des plus prĂ©caires (le commissaire en tĂŞte). Et si le final irrĂ©solu nous laisse sur notre faim au point de dĂ©cevoir une frange de spectateurs, le mystère insondable qui enveloppe cette vague de crimes surnaturels ne fait que renforcer l'opacitĂ© du rĂ©cit quant aux vĂ©ritables mobiles de ses dĂ©mons punitifs. Un excellent huis-clos domestique donc exploitant habilement avec parcimonie l'apparition de ses dĂ©mons issus d'une dimension parallèle en se focalisant surtout sur la tension, l'attente et le suspense face aux actions dĂ©sespĂ©rĂ©es des personnages partagĂ©s entre rĂ©alitĂ© et hallucinations de menaces Ă  la fois mutiques et assourdissantes.  

*Bruno


Récompenses:
Fantastic Fest 2018 : meilleur film d'horreur1
Fangoria Chainsaw Awards 2019 : meilleur film en langue étrangère

samedi 13 juillet 2024

Timescape : le passager du futur

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de David Twohy. 1992. U.S.A. 1h39. Avec Jeff Daniels, Ariana Richards, Marilyn Lightstone, George Murdock, Robert Colbert

Sortie Salles Avoriaz: 11 Janvier 1992. U.S: 9 Mai 1992

FILMOGRAPHIE: David Twohy est un réalisateur et scénariste américain, né le 18 octobre 1955 à Los Angeles (États-Unis). 1992 : Timescape. 1996 : The Arrival. 2000 : Pitch Black. 2002 : Abîmes.
2004 : Les Chroniques de Riddick. 2009 : Escapade fatale. 2013 : Riddick.

Sympathique révision en dépit de son aspect un tantinet télévisuel.

mercredi 10 juillet 2024

Endless Night / La Nuit qui ne finit pas

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de Sidney Gilliat. 1972. Angleterre. 1h39. Avec Hayley Mills, Hywel Bennett, Britt Ekland, Per Oscarsson, George Sanders, Aubrey Richards

Sortie salles France: 7 Décembre 1973. Angleterre: 5 Octobre 1972

FILMOGRAPHIESidney Gilliat, nĂ© le 15 fĂ©vrier 1908 Ă  Stockport et mort le 31 mai 1994 dans le Wiltshire, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, et producteur britannique. 1943 : Ceux de chez nous. 1945 : Un soir de rixe. 1945 : L'Honorable Monsieur Sans-GĂŞne. 1946 : La Couleur qui tue. 1948 : London Belongs to Me. 1950 :Secret d'État. 1953 : Gilbert et Sullivan. 1955 : Un mari presque fidèle. 1957 : Le Manoir du mystère. 1959 : Left Right and Centre (en). 1962 : On n'y joue qu'Ă  deux. 1966 : The Great St. Trinian's Train Robbery (en). 1971 : La Nuit qui ne finit pas. 

Une très étrange curiosité Hitchcockienne au dénouement à rebondissements surprenant mais trop déroutant, baroque et déconcertant pour emporter pleinement l'adhésion par rapport à tout ce qui nous fut conté au préalable pour les rapports houleux du couple amoureux assez versatile. Dommage que le personnage principal soit si antipathique, agaçant, détestable en mari égoïste et dédaigneux. Un loser raté en rébellion contre la bourgeoisie faute de son enfance galvaudée dysfonctionnelle.

*Bruno


mardi 9 juillet 2024

La Planète des Singes: le nouveau Royaume / Kingdom of the Planet of the Apes

                                             
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de Wes Ball. 2024. U.S.A/Australie. 2h26. Avec Owen Teague, Freya Allan, Kevin Durand, Peter Macon, William H. Macy, Eka Darville, Travis Jeffery.

Sortie salles France: 8 Mai 2024

FILMOGRAPHIEWes Ball est un réalisateur, superviseur des effets spéciaux et producteur américain né le 28 octobre 1980. 2014 : Le Labyrinthe (The Maze Runner). 2015 : Le Labyrinthe : La Terre brûlée (Maze Runner: The Scorch Trials). 2018 : Le Labyrinthe : Le Remède mortel (Maze Runner: The Death Cure). 2024 : La Planète des singes : Le Nouveau Royaume (Kingdom of the Planet of the Apes). Prochainement : The Legend of Zelda.


Une formidable rĂ©ussite que cet excellent divertissement adulte faisant honneur aux personnages anti manichĂ©ens (avec, par exemple, une belle audace morale pour le rĂ´le imparti Ă  l'hĂ©roĂŻne juvĂ©nile), si bien que La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume ne déçoit nullement pour qui reste fan indĂ©fectible des 2 sagas (68 / 2011) de par sa facultĂ© d'y cristalliser une dystopie plus vraie que nature. Wes Ball (rĂ©alisateur de la trilogie du Labyrinthe que je n'apprĂ©cie guère personnellement) soignant au possible son univers post-apo en prenant soin de nous dĂ©peindre avant tout l'Ă©volution de ses personnages avec une attention humaine Ă  la fois fragile, timorĂ©e, fureteuse puis rebelle. Le rĂ©cit aux thĂ©matiques toujours aussi passionnantes et capitales (racisme; esclavagisme, dictature, religion rigoriste, intolĂ©rance, asservissement, cause animale, pĂ©ril nuclĂ©aire) relançant la franchise avec un rĂ©alisme trouble quant Ă  la perfection des effets spĂ©ciaux en images de synthèse. 


LĂ  encore, et par le truchement de l'Ă©lĂ©ment naturel que symbolise l'eau, les singes terriblement humains, attachants, disparates et expressifs explosent littĂ©ralement l'Ă©cran de cet opus initiatique faisant la part belle aux valeur de la tolĂ©rance, de la comprĂ©hension, de la communication entre ethnies en dĂ©pit de l'ambiguĂŻtĂ© de son final en suspens pour les destins indĂ©cis entre Mae et Noa. Mais pas que, si bien que la Planète des singes le nouveau royaume observe l'interaction de ses personnages (humains, chimpanzĂ©s, gorilles, orang outang) en militant pour l'enseignement, la connaissance et la culture afin d'Ă©voluer vers un avenir plus sĂ»r, plus fertile et serein en dĂ©pit de la sempiternelle lutte des classes sociales gĂ©nĂ©rĂ©es par des dictateurs mĂ©galos utilisant la religion (CĂ©sar est devenu un messie) Ă  leur profit afin de la dĂ©voyer. Tout cela Ă©tant traitĂ© avec une surprenante sobriĂ©tĂ©, notamment auprès des sĂ©quences d'action dissĂ©minĂ©es en intermittence alors que les personnages d'une belle densitĂ© humaine et cĂ©rĂ©brale (Mae est plus rusĂ©e qu'elle n'y parait alors que Noa a bien du mal Ă  se dĂ©fendre, physiquement parlant tout en s'enrichissant) Ă©meuvent, surprennent Ă  travers leur volontĂ© commune d'y bâtir un monde meilleur en dĂ©pit de leurs dissensions morales imparties Ă  la mĂ©fiance, au sens du sacrifice et Ă  la nĂ©cessitĂ© d'exercer la violence en cas de conflits belliqueux de grande ampleur. 


EmaillĂ© d'habile clins d'oeil Ă  son modèle de 68 sans cĂ©der Ă  la gratuitĂ© puisqu'ils s'incèrent au rĂ©cit de manière justifiĂ©e, La Planète des Singes: le nouveau Royaume suscite donc une belle Ă©motion prude Ă  travers son nouveau rĂ©cit Ă  la fois aventureux et Ă©pique que monopolisent Mae et Noa avec un humanisme aussi noble qu'indĂ©cis et torturĂ©. Et c'est ce qui rend si digne et beau Ă  la fois cette nouvelle initiation Ă  la communication que nous transmettent singes et humains avec un rĂ©alisme significatif jamais vu au prĂ©alable. Quant Ă  la rĂ©vĂ©lation juvĂ©nile Freya Allan (Mae), elle illumine avec un naturel diaphane l'Ă©cran auprès de sa beautĂ© candide Ă©trangement farouche, fĂ©brile, fragile et rĂ©confortante. 

*Bruno

lundi 8 juillet 2024

Lorenzo / Lorenzo's Oil

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de George Miller. 1992. U.S.A. 2h15. Avec Nick Nolte, Susan Sarandon, Zack O'Malley Greenburg, Peter Ustinov, Kathleen Wilhoite, Gerry Bamman, Margo Martindale, James Rebhorn, Ann Hearn.

Sortie salles France: 10 Mars 1993. U.S: 15 Janvier 1993

FILMOGRAPHIE: George Miller est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur australien, nĂ© le 3 Mars 1945 Ă  Chinchilla (Queensland). 1979: Mad-Max. 1981: Mad-Max 2. 1983: La 4è Dimension (dernier segment). 1985: Mad-Max : Au-delĂ  du dĂ´me du Tonnerre. 1987: Les Sorcières d'Eastwick. 1992: Lorenzo. 1997: 40 000 ans de rĂŞve (documentaire). 1998: Babe 2. 2006: Happy Feet. 2011: Happy Feet 2. 2014: Mad Max: Fury Road. 2022 : Trois mille ans Ă  t'attendre (Three Thousand Years of Longing). 2024 : Furiosa : Une saga Mad Max (Furiosa: A Mad Max Saga). 

Tsunami d'Ă©motions bruts de dĂ©coffrage dont on sort Ă  la fois lessivĂ© et soulagĂ©, Lorenzo relate avec une admirable sobriĂ©tĂ© l'Ă©preuve de force de parents dĂ©sorientĂ©s Ă  l'idĂ©e de voir trĂ©passer leur fils victime de l'adrĂ©noleucodystrophie (ALD). Une maladie dĂ©gĂ©nĂ©rative du système nerveux dont l'espĂ©rance de vie ne dĂ©passe pas 24 mois. Or, du fait du jeune âge du malade du haut de ses 5 ans, "Lorenzo" demeure inĂ©vitablement Ă©prouvant lorsque les parents s'acharnent Ă  trouver un traitement miracle qu'aucun mĂ©decin ni scientifique n'est parvenu Ă  prodiguer face au tĂ©moignage de leur rejeton rĂ©duit Ă  l'Ă©tat de lĂ©gume moribond. Certaines sĂ©quences franchement intolĂ©rables provoquant autant la gĂŞne pour ses douleurs physiques occasionnĂ©es dans sa posture handicapĂ©e (ses membres se raidissent au fil du temps, sa facultĂ© de communiquer est rapidement rĂ©duite au mutisme, sa respiration devient stertoreuse) qu'une dĂ©sarmante impuissance morale d'y subir un calvaire aussi insurmontable face Ă  l'extrĂŞme dignitĂ© des parents d'une rĂ©silience et d'une patience Ă  couper au rasoir. 


Inutile de prĂ©ciser que Nick Nolte et Susan Sarandon demeurent Ă©poustouflants d'humanisme prude Ă  travers leur fonction parentale attentionnĂ©e afin de ne faire sombrer le rĂ©cit vers un pathos plombant face Ă  pareil sujet lacrymal souvent gĂ©nĂ©rateur d'Ă©motions Ă  gros bouillon. Et justement, Lorenzo puise sa force et sa densitĂ© narrative auprès de ses parents jouant les apprentis sorciers avec une surprenante luciditĂ© d'esprit eu Ă©gard de leur dĂ©sir, de leur acharnement Ă  se documenter auprès de la science par le truchement d'une culture plĂ©thorique. Si bien que si la globalitĂ© du mĂ©trage demeure d'une rĂ©alisme clinique aussi effroyable qu'intransigeant en insistant incessamment sur la rĂ©silience stoĂŻque des parents plongĂ©s dans les bouquins scientifiques des quatre coins du monde, son final, manifeste bouleversant sur l'espoir, l'amour, la rĂ©silience et la pĂ©dagogie, explose d'intensitĂ© fructueuse quant au destin inusitĂ© de Lorenzo cĂ©lĂ©brĂ© dans le monde entier. Il y Ă©mane un moment d'Ă©motions Ă©purĂ©es d'une dignitĂ© humaine universelle quant aux ultimes images d'archive s'incrustant davantage dans l'Ă©cran pour tenir lieu de l'attrait exceptionnel d'un rĂ©cit aussi rĂ©volutionnaire. 

P.S: A réserver toutefois à un public préparé pour la rigueur de certaines séquences insoutenables car d'une intensité dramatique aussi frontale qu'escarpée. George Miller se refusant le hors-champs afin d'y militer un réalisme naturaliste pour sa descente aux enfers moins funeste qu'escomptée.

*Bruno

Merci Ă  Jean-Marc Micciche

jeudi 4 juillet 2024

Le Flic de Beverly Hills : Axel F. / Beverly Hills Cop: Axel F

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de Mark Molloy. 2024. 1h58. Avec Avec Eddie Murphy, Joseph Gordon-Levitt, Taylour Paige, Judge Reinhold, John Ashton, Paul Reiser,

Diffusé sur Netflix le 3 Juillet 2024

FILMOGRAPHIE: Mark Molloy est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain. 
2024: Le Flic de Beverly Hills : Axel F.


Il faut parfois croire au miracle et se faire sa propre opinion pour tĂ©moigner d'un effet de surprise profitable. La preuve avec ce 4è opus d'une gĂ©nĂ©rositĂ© et d'une intĂ©gritĂ© indiscutables alors qu'il s'agit de la première rĂ©alisation du nĂ©ophyte Mark Molloy Ă©tonnamment Ă  l'aise afin de ne point duper son public hybride (celui nostalgique ainsi que la gĂ©nĂ©ration actuelle) renouant avec le souvenir sans se morfondre dans le regret du temps rĂ©volu. Si bien que tout y est soigneusement dosĂ© dans cette suite rĂ©solument bonnard, les ingrĂ©dients des 2 premiers opus (comĂ©die/action/pointe de tendresse/ dĂ©paysement exotique) Ă©tant respectĂ©s Ă  la règle autour d'une intrigue policière constamment captivante. Entre efficacitĂ© soutenue, accalmie cocasse et structure narrative ramifiĂ©e au sein d'une mĂ©tropole soigneusement exploitĂ©e d'après ses couleurs chic et bon genre. Avec Ă©videmment le retour en fanfare des acolytes (sclĂ©rosĂ©s) de Foley: William « Billy » Rosewood, John Taggart, Jeffrey Friedman et mĂŞme Serge (Bronson Pinchot) qu'on a franchement plaisir Ă  retrouver comme de bons vieux camarades de classe perdus de vue il y a des dĂ©cennies. Quant Ă  Eddie Murphy, il demeure Ă©tonnamment frais, rarement Ă  court de carburant pour susciter sourire, Ă©motion et Ă©clats de rire Ă  travers sa verve impayable faisant encore aujourd'hui mouche.  


Si bien que l'acteur dĂ©gage une bonne humeur assez frĂ©tillante, exaltante mĂŞme auprès de sa cool attitude afin de nous faire omettre son âge (avancĂ© ?) tant il semble Ă  nouveau aimablement s'esbaudir Ă  se fondre dans sa fonction de flic dĂ©complexĂ© accoutrĂ© de sa fille avocate Jane Saunders (Taylour Paige sobrement bourrue pour Ă©viter la caricature et les clichĂ©s de crĂŞpages de chignon) avec qui il tente de renouer pour le meilleur et pour le pire. Mais pas que, si bien qu'Axel s'alloue Ă©galement d'un nouveau comparse afin de relancer l'action Ă  mi-parcours, le lieutenant Bobby Abbott (Joseph Gordon-Levitt, sobrement attachant en faire-valoir hĂ©roĂŻque). Or, Mark Molloy exploite parfaitement ses attachants personnages dans la juste mesure d'une sincĂ©ritĂ© Ă  la fois jamais outrĂ©e, fallacieuse et encore moins sirupeuse. Tous ces protagonistes parvenant Ă  imprimer leur personnalitĂ© amiteuse avec une dĂ©contraction Ă  la fois modĂ©rĂ©ment sĂ©millante et bon enfant pour croire en eux comme au temps des premières fois homĂ©riques. Car l'action, modestement dosĂ©e, Ă©tant aussi spectaculaire qu'inventive (la poursuite en hĂ©lico) comme le furent autrefois les 2 antĂ©cĂ©dents opus au sein d'une recette humour/action jamais abrutissante. 


Une formidable réussite donc aussi inattendue que florissante auprès de son esprit bon enfant dénué d'une once de prétention. On ne peut donc que remercier toute cette équipe (moralement juvénile) renouant avec le bonheur d'antan avec une fantaisie ludique jamais complaisante.

*Bruno

lundi 1 juillet 2024

Sans jamais nous connaître / All of Us Strangers

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de Andrew Haigh. 2023. Angleterre. 1h45. Avec Andrew Scott, Carter John Grout, Paul Mescal, Jamie Bell, Claire Foy.

Sortie salles France: 14 Février 2024. U.S: 22 Décembre 2023.

FILMOGRAPHIE: Andrew Haigh est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et monteur britannique nĂ© le 7 mars 1973 Ă  Harrogate, Angleterre. 2009 : Greek Pete. 2011 : Week-end (Weekend). 2015 : 45 ans (45 Years). 2017 : La Route sauvage (Lean on Pete). 2023 : Sans jamais nous connaĂ®tre. 


Mourir d'aimer. 

Trouble, envoĂ»tant, fragile et sensible, une rĂ©miniscence intimiste sur le difficile cap de l'acceptation du deuil lorsque l'ĂŞtre cher nous quitte de plein fouet. 

Exploitant avec beaucoup d'intelligence et de subtilitĂ© l'argument fantastique sous l'impulsion de l'autosuggestion, "Sans jamais nous connaĂ®tre" est Ă©galement un vibrant hommage Ă  la communautĂ© gay anglaise bercĂ©e par The Smith et Franky Goes To Hollywood. 

A cet égard musical, le final, sublime, demeure sans doute l'une des plus belles étreintes spirituelles de l'histoire du cinéma.

*Bruno


samedi 29 juin 2024

Le dernier jour de la Colère / I giorni dell'ira / Day of Anger

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de Tonino Valerii. 1967. Italie/Allemagne. 1h52. avec Lee Van Cleef, Giuliano Gemma, Walter Rilla, Christa Linder, Yvonne Sanson, Lukas Ammann, Andrea Bosic 

Sortie salles France: 14 Décembre 1967. Italie: 21 Décembre 1967

FILMOGRAPHIETonino Valerii, nĂ© le 20 mai 1934 Ă  Montorio al Vomano dans la province de Teramo (Abruzzes) et mort le 13 octobre 2016 Ă  Rome (Latium). 1966 : Lanky, l'homme Ă  la carabine. 1968 : Le Dernier Jour de la colère. 1969 : Texas. 1970 : Une jeune fille nommĂ©e Julien. 1972 : Folie meurtrière. 1972 : La Horde des salopards. 1973 : Mon nom est Personne. 1975 : Profession garde du corps. 1977 : Les Requins du dĂ©sert. 1985 : Sans scrupule. 1986 : Blood Commando. 1987 : Sicilian Connection. 1992 : Seulement par amour : Francesca. 1997 : Una vacanza all'inferno. 1997 : Un bel dì vedremo. 


Western Italo-germanique rĂ©alisĂ© par Tonino Valerii (Texas, Mon Nom est personne, Folie Meurtrière, La Horde des Salopards), le dernier jour de la colère est une rĂ©fĂ©rence du genre illuminĂ©e des prĂ©sences de Lee Van Cleef / Giuliano Gemma rĂ©solument impliquĂ©s Ă  travers leur amitiĂ© fallacieuse qui aboutira Ă  une dernière partie que l'on ne voit pas arriver (ou alors si peu). Le cinĂ©aste nous relatant parmi l'efficacitĂ© d'un rythme très nerveux (duel, règlements de compte en règle Ă  n'en plus finir) l'Ă©volution morale d'un jeune souffre-douleur (Giuliano Gemma) Ă©duquĂ© Ă  devenir meurtrier sous l'influence d'un marginal dĂ©libĂ©rĂ© Ă  rĂ©cupĂ©rer 50 000 dollars auprès de ses anciens acolytes fĂ©lons. Avec son visage Ă©maciĂ©, ses petits yeux rapaces qui n'appartiennent qu'Ă  sa morphologie animale et sa dĂ©gaine longiligne incroyablement classieuse, Lee Van Cleef explose l'Ă©cran Ă  chacune de ses apparitions avec charisme retors eu Ă©gard de ses motivations finales Ă  diriger toute une ville au mĂ©pris de la morale. Et si au dĂ©part on ne peut que s'attacher Ă  lui après avoir deĂ©ssoudĂ© un homme en cas de lĂ©gitime dĂ©fense et pris sous aile un bouc Ă©missaire pussillanime, les 45 ultimes minutes font chavirer le rĂ©cit vers une dimension morale Ă  la fois passionnante, obscure, indĂ©cise quant Ă  la remise en question de Scott toujours plus partagĂ© entre doute et confiance auprès de son maĂ®tre Ă  tuer. 


Le tout Ă©tant irriguĂ© de sĂ©quences d'action percutantes rĂ©glĂ©es au millimètre Ă  travers leur chorĂ©graphie infaillible si bien que ce flamboyant western Ă©maillĂ© de gueules insalubres expressives nous laisse admiratif face Ă  son action calibrĂ©e inextinguible. C'est dire si Tonino Valerii ne lĂ©sine pas sur la violence quasi permanente au service d'un rĂ©cit hĂ©roĂŻque faisant la part belle Ă  la dichotomie du bien et du mal auprès d'une dĂ©chĂ©ance morale influençable oĂą manipulation et trahison s'y confirment un peu plus. Giuliano Gemma demeurant très attachant auprès de sa naĂ®vetĂ© bon enfant et sa transformation Ă  la fois physique (il se perfectionne au tir et bondit sur ses adversaires de manière intrĂ©pide) et morale Ă  se laisser diriger par cette frĂ©quentation sournoise d'autant plus magnĂ©tique, totalitaire, intransigeante. Un incontournable du genre donc d'autant plus formellement splendide que rien n'est laisser au hasard pour nous Ă©blouir les mirettes Ă  travers ses panoramas dĂ©sertiques ou vallonĂ©es, ses saloons baroques, son show de music-hall particulièrement sexy, ses chambres gothiques typiquement transalpines.  


Pour la p'tite anecdote, Quentin Tarantino l'a classé 7e dans sa liste des 20 meilleurs westerns spaghettis.

*Bruno
2èx. Vistfr

jeudi 27 juin 2024

Le Corrupteur / The Nightcomers

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de Michael Winner. 1971. Angleterre. 1h38. Avec Marlon Brando, Stephanie Beacham, Thora Hird, Harry Andrews, Verna Harvey

Sortie salles France: 16 Mars 1973. U.S: 18 FĂ©vrier 1972 (Int - 18 ans). Angleterre: 6 Juillet 1972

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Michael Winner est un réalisateur britannique, né le 30 Octobre 1935 à Londres, décédé le 21 Janvier 2013. 1964: Dans les mailles du filet. 1967: Qu'arrivera-t-il après ? 1971: Les Collines de la Terreur. 1971: l'Homme de la Loi. 1971: Le Corrupteur. 1972: Le Flingueur. 1973: Le Cercle Noir. 1973: Scorpio. 1974: Un Justicier dans la Ville. 1976: Won Ton Ton, le chien qui sauva Hollywood. 1977: La Sentinelle des Maudits. 1978: Le Grand Sommeil. 1979: l'Arme au Poing. 1982: Un Justicier dans la Ville 2. 1983: La Dépravée. 1985: Le Justicier de New-York. 1988: Rendez vous avec la mort. 1990: Double Arnaque. 1993: Dirty Week-end.

Quelle bien Ă©trange curiositĂ© que cette oeuvre extrĂŞmement rare (rimant souvent avec "oubli") rĂ©alisĂ© par l'auteur des Justicier dans la ville, Mr Michael Winner ! Il fallait dĂ©jĂ  oser entreprendre un prĂ©quelle Ă  un monument du fantastique (pour ne pas dire l'un des plus beaux films du monde en jouant la dithyrambe): le bien nommĂ© Les Innocents de Jack Clayton. Avec ici en tĂŞte d'affiche le monstre sacrĂ© Marlon Brandon (excusez du peu). Celui-ci endossant le diabolique Peter Quint avec une apathie quelque peu dĂ©concertante quant Ă  ses postures dĂ©tachĂ©es, son idĂ©ologie dĂ©faitiste fondĂ©e sur la thĂ©orie du "nĂ©ant" comme il l'enseigne aux enfants Miles et Flora peu Ă  peu influencĂ©s par sa doctrine Ă  la fois subversive, dĂ©clinante, destructrice. Or, Ă  travers son climat trouble / malsain parfois provocateur (les jeux SM de Jessel et Quint ne font pas dans la subtilitĂ© Ă  travers l'imagerie des corps nus molestĂ©s) instaurĂ© au sein d'un film en costume on reste autant fascinĂ© qu'interloquĂ© par ses postures interlopes sĂ©vèrement influencĂ©es par la dĂ©sinhibition du Mal. D'ailleurs, au grĂ© de ses jeux Ă©rotiques aussi sulfureux perpĂ©trĂ©s dans cette sociĂ©tĂ© altière et rigoriste, Michael Winner nous questionne sur l'acceptation ou non des loisirs lubriques les plus hard afin d'y contenter l'ĂŞtre aimĂ©, et quelles sont les limites Ă  ne pas franchir au risque d'y Ă©garer son âme. 

Il y a aussi la thĂ©matique de l'athĂ©isme qui y est abordĂ©e sans ambages auquel les ĂŞtres les plus fragiles pourraient toutefois basculer vers le Mal faute d'absence d'Ă©quilibre moral, d'appui parental, voir mĂŞme de refus de discernement auprès des esprits les plus dĂ©viants. Mais la thĂ©matique essentielle de ce Corrupteur demeure indubitablement "l'innocence bafouĂ©e" du point de vue de ces enfants Ă©duquĂ©s par un adulte infrĂ©quentable broyĂ© par ses excès (pour ne pas dire ses exactions sexuelles) et l'aigreur de son existence esseulĂ©e en dĂ©pit de certains sentiments qu'il Ă©prouve pour Mme Jessel. C'est ce que le final, assez glaçant, perturbant et choquant (superbe vision d'effroi aqueuse !), nous rĂ©vèle avant que les enfants ne se substituent vĂ©ritablement Ă  la figure du Mal le plus couard et insidieux auprès de leur conscience souillĂ©e. Quant Ă  sa facture formelle dĂ©licieusement gothique, les fans ont de quoi se rĂ©jouir (tout du moins en HD) auprès de cette vaste bâtisse jonchĂ©e de chambres, escaliers, candĂ©labres et corridors ainsi que ses extĂ©rieurs naturels magnifiquement Ă©clairĂ©s (notamment auprès d'angles nocturnes atmosphĂ©rique en diable) par Robert Paynter qu'il transfigure avec un art consommĂ© de l'esthĂ©tisme pictural. 

Trouble d'une façon indicible, le Corrupteur est donc une Ă©trangetĂ© scabreuse dĂ©routante et ombrageuse,  auprès de son climat austère qui ne plaira pas Ă  tous (et toutes) sans toutefois nous laisser indiffĂ©rent. A revoir plusieurs fois pour en saisir sa vĂ©ritable essence pour ma part subjective. 

*Bruno

mercredi 26 juin 2024

Un été en louisiane / The man in the Moon

                                            
                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Robert Mulligan. 1991. U.S.A. 1h40. Avec Reese Witherspoon, Sam Waterston, Tess Harper, Gail Strickland, Jason London

Sortie salles France: 24 Décembre 1991. U.S: 4 Octobre 1991

FILMOGRAPHIE: Robert Mulligan est un réalisateur américain, né le 23 Août 1925 à New-York, décédé le 20 Décembre 2008 à Lyme, Connecticut. 1957: Prisonnier de la peur. 1960: Les pièges de Broadway. 1961: Le Rendez-vous de Septembre. 1961: Le Roi des Imposteurs. 1962: l'Homme de Bornéo. 1962: Du Silence et des Ombres. 1963: Une Certaine Rencontre. 1964: Le Sillage de la Violence. 1965: Daisy Clover. 1967: Escalier Interdit. 1969: l'Homme Sauvage. 1971: Un Eté 42. 1971: The Pursuit of Happiness. 1972: l'Autre. 1974: Nickel Ride. 1978: Les Chaines du sang. 1978: Même heure l'année prochaine. 1982: Kiss me Goodbye. 1988: Le Secret de Clara. 1991: Un Eté en Louisiane.


Robert Mulligan
, auteur du chef-d'oeuvre l'Autre et des illustres Du Silence et des OmbresUn EtĂ© 42 nous remĂ©more ici une superbe chronique adolescente auprès de l'irrĂ©sistible prĂ©sence de Reese Witherspoon, son tout premier rĂ´le Ă  l'Ă©cran du haut de ses 14 ans. Ainsi, il y a des films mĂ©connus dont on attend pas grand chose (notamment faute de notre ignorance) mais qui, Ă  la suite d'un bouche Ă  oreille quasi surnaturel (si j'ose dire) emportent tout Ă  travers leur effet de surprise Ă©motionnel que l'on ne voit pas arriver. Si bien qu'avec une simplicitĂ© dĂ©sarmante, Robert Mulligan parvient Ă  nous captiver pour nous dresser un magnifique portrait de famille aimante auquel la fille cadette va peu Ă  peu dĂ©couvrir ses premiers Ă©mois amoureux auprès d'un garçon plus âgĂ© en dĂ©pit de l'intrusion fortuite de sa soeur aĂ®nĂ©e Ă©galement Ă©prise de sentiments pour lui. 


DĂ©bordante de charme, de curiositĂ© et d'aplomb en ado pubère d'une Ă©tonnante capacitĂ© de rĂ©flexion auprès de sa sagesse Ă©purĂ©e, Reese Witherspoon crève l'Ă©cran avec un naturel dĂ©jĂ  instinctif tant elle nous communique son pleen, ses dĂ©ceptions, ses fougues sentimentales avec une expressivitĂ© Ă  la fois sĂ©millante, tendre, bouleversante. Ce petit bout'chou gentiment dĂ©gourdi nous entrainant dans ses joies et peines morales, entre non-dit, larmes contenues, colère dĂ©pouillĂ©e. Robert Mulligan faisant planer durant son Ă©volution perplexe l'ombre de la mort auprès d'un revirement dramatique plutĂ´t dĂ©chirant auprès des plus fragiles d'entre nous. C'est dire si Un EtĂ© en Louisiane touche au coeur en faisant appel Ă  la noblesse des sentiments Ă  la fois troubles et contrariĂ©s au sein d'un cadre solaire illuminĂ© de la photographie du grand Freddie Francis (dĂ©paysement assurĂ© en pĂ©riode estivale). L'oeuvre davantage sensible et fragile faisant notamment appel Ă  la valeur du conte initiatique auprès d'une rĂ©flexion existentielle symptomatique des angoisses innĂ©es de l'adolescence en proie Ă  l'incomprĂ©hension de la perte de l'ĂŞtre cher assortis de questionnements spirituels. 


Chronique ado pleine de charme auprès de sa tendresse candide et de son lyrisme aussi innocent, Un EtĂ© en Louisiane insuffle une Ă©motion davantage tangible, fougueuse, capiteuse pour tenir lieu finalement de la cruautĂ© de l'existence qui entoure notre vie passionnelle avec ici un sens du discernement familial forçant le respect. C'est donc Ă  voir absolument, quelques mouchoirs Ă  portĂ©e de main auprès des belles âmes fragiles. 

*Bruno

mardi 25 juin 2024

Furiosa : une saga Mad-Max / Furiosa: A Mad Max Saga

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de George Miller. 2024. U.S.A/Australie. 2h28. Avec Anya Taylor-Joy, Alyla Browne, Chris Hemsworth, Tom Burke, Lachy Hulme, George Shevtsov, John Howard, Angus Sampson, Nathan Jones, Josh Helman.

Sortie salles France: 22 Mai 2024 (Int - 12 ans). U.S: 24 Mai 2024 (Int - 17 ans).

FILMOGRAPHIE: George Miller est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur australien, nĂ© le 3 Mars 1945 Ă  Chinchilla (Queensland). 1979: Mad-Max. 1981: Mad-Max 2. 1983: La 4è Dimension (dernier segment). 1985: Mad-Max : Au-delĂ  du dĂ´me du Tonnerre. 1987: Les Sorcières d'Eastwick. 1992: Lorenzo. 1997: 40 000 ans de rĂŞve (documentaire). 1998: Babe 2. 2006: Happy Feet. 2011: Happy Feet 2. 2014: Mad Max: Fury Road. 2022 : Trois mille ans Ă  t'attendre (Three Thousand Years of Longing). 2024 : Furiosa : Une saga Mad Max (Furiosa: A Mad Max Saga). 


Le fruit de l'assurance.
Monstrueux Ă  part entière. Comme un air de dĂ©jĂ -lu, me direz-vous ! Pourtant, rien ne prĂ©tend mieux que Furiosa est bel et bien un objet de dĂ©cadence Ă  la beautĂ© raffinĂ©e, transcendant une fois encore l’outil cinĂ©matographique pour façonner une nouvelle rĂ©alitĂ© alternative. EuphĂ©misme donc, si Furiosa demeure un spectacle gargantuesque (2h18 sans jamais cligner d’un cil !) : viscĂ©ral, sensoriel, immersif au possible, vertigineux, diaphane — surtout pour sa capacitĂ© Ă  nous faire oublier que nous faisons face Ă  une chimère.

Un seul visionnage ne suffit pas Ă  en Ă©puiser les richesses insatiables. Tout vacille, secoue, dĂ©borde dans toutes les directions, avec une fascination presque charnelle. Chaque dĂ©tail inscrit dans le cadre nous aimante le regard, de gauche Ă  droite, de bas en haut, dans un mouvement perpĂ©tuel, jusqu’Ă  nous clouer Ă  l’Ă©cran — comme un rĂŞve de gosse retrouvĂ©. C’est prĂ©cisĂ©ment ce que j’avais ressenti devant Mad Max 2, dĂ©couvert sur grand Ă©cran Ă  deux reprises : une euphorie de tous les diables, une excitation capiteuse, sans cesse renouvelĂ©e.

Car si Fury Road demeure l’un des plus grands films d’action jamais rĂ©alisĂ©s, Furiosa le supplante Ă  bien des Ă©gards : narration plus dense, antagonistes lunaires plus hauts en couleur, Ă©motion plus poignante, climat post-apocalyptique plus sombre, violence plus animale, scènes d’action encore plus jouissives, cintrĂ©es, inventives ; univers plus vaste, plus expressif, plus ramifiĂ©, malgrĂ© certains arrière-plans rocailleux en CGI.

Un (authentique) prĂ©quel truffĂ© de clins d’Ĺ“il astucieux Ă  la saga motorisĂ©e « cinq Ă©toiles », prioritairement Mad Max 2 et Fury Road (notamment via une inversion des rĂ´les impartis), Furiosa dĂ©ploie des ambitions autrement dĂ©mesurĂ©es. Une jeune fille — faut-il prĂ©ciser qu’Anya Taylor-Joy s’approprie le rĂ´le par le non-dit, la seule acuitĂ© de son regard de braise impassible ? — arrachĂ©e Ă  sa mère, est ballottĂ©e entre deux autocrates mĂ©galos en guerre pour un dĂ©sert livrĂ© Ă  l’agonie.

George Miller se rĂ©approprie les codes de Mad Max (les cascades automobiles s’insèrent dans la narration avec une fluiditĂ© Ă  couper au rasoir), et renouvelle son sempiternel discours sur la vengeance avec une intelligence sacrĂ©ment burnĂ©e, jusqu’Ă  un dĂ©nouement gigogne, remarquablement imprĂ©visible, au risque de dĂ©router les spectateurs peu habituĂ©s Ă  des divertissements aussi autonomes que rĂ©tifs aux conventions.

Et si Fury Road nous laissait sans voix par son imagerie furibarde, Furiosa double la mise — psychologiquement — en Ă©rigeant le superbe portrait d’une femme Ă©corchĂ©e vive en voie d’hĂ©roĂŻsme mythologique. Jamais avare de crĂ©ativitĂ© — comme toujours depuis des dĂ©cennies — George Miller relance les dĂ©s avec une maĂ®trise, un aplomb, une aisance dĂ©concertants pour ses 79 printemps (!).

Quant Ă  la figure du mĂ©chant, tant iconisĂ©e au cinĂ©ma, c’est bien connu : « plus il est rĂ©ussi, meilleur le film sera ». Ici, on nous en offre deux pour le prix d’un. Chris Hemsworth, lui aussi, explose l’Ă©cran avec une force tranquille, une assurance sardonique, dĂ©testable, jubilatoire — fanfaron fourbe de tous les diables.


Le 5è cavalier de l'apocalypse.
Ultime chef-d’Ĺ“uvre du cinĂ©ma d’action dans ce qu’il a de plus Ă©purĂ©, galvanisant et personnel, Furiosa s’impose comme une nouvelle rĂ©fĂ©rence, plus substantielle encore que son prĂ©dĂ©cesseur. Un rĂ©alisme cinĂ©gĂ©nique vibrant d’amour, de gĂ©nĂ©rositĂ©, de dignitĂ© — pour ce qu’il raconte et imprime en image. Peut-ĂŞtre l’opus le plus fulgurant, le plus efficient, le plus Ă©lectrisant de toute la saga, rĂ©affirmant avec fracas sa flamme pour une cause fĂ©ministe, Ă©pique et rĂ©siliente, au cĹ“ur d’une terre aride rĂ©duite Ă  l’ignominie. Un cirque infernal d’une beautĂ© fĂ©roce, Ă©minemment ensorcelante.

*Bruno

lundi 24 juin 2024

The Offence

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Sidney Lumet. 1972. U.S.A/Angleterre. 1h52. Avec Sean Connery, Trevor Howard, Ian Bannen, Vivien Merchant, Peter Bowles.

Sortie salles France: 12 Septembre 2007. Angleterre: 11 Janvier 1972

FILMOGRAPHIE: Sidney Lumet est un réalisateur américain, né le 25 Juin 1924 à Philadelphie, décédé le 9 avril 2011 à New-York. 1957: 12 Hommes en colère. 1958: Les Feux du Théâtre. 1959: Une Espèce de Garce. 1959: l'Homme à la peau de serpent. 1961: Vu du pont. 1962: Long voyage vers la nuit. 1964: Le Prêteur sur gages. 1964: Point Limite. 1965: La Colline des Hommes perdus. 1966: Le Groupe. 1966: MI5 demande protection. 1968: Bye bye Braverman. 1968: La Mouette. 1969: Le Rendez-vous. 1970: Last of the mobile hot shots. 1970: King: A filmed record... Montgomery to Memphis. 1971: Le Dossier Anderson. 1972: The Offence. 1972: Les Yeux de Satan. 1973: Serpico. 1974: Lovin' Molly. 1974: Le Crime de l'Orient Express. 1975: Un Après-midi de chien. 1976: Network, main basse sur la TV. 1977: Equus. 1978: The Wiz. 1980: Just tell me what you want. 1981: Le Prince de New-York. 1982: Piège Mortel. 1982: Le Verdict. 1983: Daniel. 1984: A la recherche de Garbo. 1986: Les Coulisses du Pouvoir. 1986: Le Lendemain du Crime. 1988: A bout de course. 1989: Family Business. 1990: Contre Enquête. 1992: Une Etrangère parmi nous. 1993: l'Avocat du Diable. 1997: Dans l'ombre de Manhattan. 1997: Critical Care. 1999: Gloria. 2006: Jugez moi coupable. 2007: 7h58 ce samedi-là.

35 ans il eut fallu que pour que The Offence soit enfin visible chez nous en salles, prĂ©cisĂ©ment en 2007, faute de la sociĂ©tĂ© de distribution United Artists terrifiĂ©e par le rĂ©sultat final. Et effectivement The Offence fait office de pavĂ© dans la mare pour son climat blafard quasi irrespirable, pour sa violence verbale et physique en roue libre lorsqu'un flic Ă  bout de nerf (pour ne pas dire en dĂ©pression nerveuse) se confronte au coupable prĂ©sumĂ© d'un violeur de fillette. Ainsi donc, en abordant le thème de la pĂ©dophilie avec un rĂ©alisme glaçant n'appartenant qu'au cinĂ©ma des Seventies, Sidney Lumet y extrait une rĂ©flexion sur le Mal et le refoulement auprès d'un affrontement psychologique d'une intensitĂ© davantage nĂ©vralgique. Tant et si bien que passĂ© le dĂ©nouement inqualifiable il demeure difficile de sortir indemne auprès de ce profil fragilisĂ© par une horrible vĂ©ritĂ©. 

Sean Connery, Ă  contre-emploi drastique (euphĂ©misme j'vous dit), incarnant un flic antipathique, violent, condescendant, discourtois avec une force expressive acharnĂ©e. Pour ne pas dire aux cimes de la folie. Comme s'il Ă©tait contraint de supporter du poids de ses Ă©paules tous les malheurs du monde. Tout du moins les exactions impardonnables d'un pĂ©dophile aussi rusĂ© que gouailleur. Visuellement grisonnant, voir dĂ©primant au sein de cette banlieue british afin de renforcer la noirceur opiniâtre du rĂ©cit cauchemardesque chargĂ© de dialogues difficiles, The Offence demeure d'autant plus singulier qu'il fait appel Ă  une narration Ă©clatĂ©e. Entre flash-back, visions d'effroi et instant prĂ©sent au coeur d'un huis-clos toujours plus tendu et escarpĂ©. A dĂ©couvrir absolument donc avec l'Ă©vident avertissement que ce drame psychologique incroyablement rigoureux est Ă  privilĂ©gier Ă  un public prĂ©parĂ© tant il dilacère les codes avec une franchise Ă©peurante.  


*Bruno

Merci à Jean-Marc Micciche et Jérôme André-Tranchant

vendredi 21 juin 2024

Le Château des Amants maudits / Beatrice Cenci

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site unifrance.org

de Riccardo Freda. 1956. Italie/France. 1h33. Avec Micheline Presle, Gino Cervi, Mireille Granelli, Fausto Tozzi, Frank Villard, Claudine Dupuis.

Sortie salles France: 3 Avril 1957. Italie: 6 Avril 1956

FILMOGRAPHIE: Riccardo Freda (24.02.1909 - 20/12/1999) est un réalisateur, scénariste et acteur italien à l'origine de 27 longs-métrages réalisés entre 1942 et 1989. Il sera surtout reconnu auprès des amateurs de cinéma fantastique avec Les Vampires, Caltiki, le monstre immortel, Maciste en Enfer ainsi que ses fausses suites l'Effroyable secret du Dr Hichcock, le Spectre du professeur Hichcock.


MĂŞme si l’on peut prĂ©fĂ©rer la version autrement malsaine, glaciale et rĂ©aliste de Fulci (Liens d’amour et de sang), rĂ©alisĂ©e plus tard, Le Château des amants maudits est loin, très loin de laisser indiffĂ©rent, tant son esthĂ©tisme flamboyant renverse Ă  chaque instant. Dario Argento s’en inspira d’ailleurs clairement pour le prĂ©lude de Suspiria, dans cette course effrĂ©nĂ©e d’une jeune fille s’enfonçant dans la nuit, au cĹ“ur des bois baignĂ©s d’une lumière bleutĂ©e.

Magnifique adaptation, le film oscille entre classicisme - par son traitement dĂ©pouillĂ© d’une horrible histoire familiale - et baroque, par sa mise en scène avisĂ©e, magnifiant chaque plan tel un tableau transalpin. Son climat historique, parfois au bord de l’onirisme surrĂ©aliste, demeure prĂ©gnant, hantant les allĂ©es et venues de personnages odieux, prĂŞts Ă  toutes les trahisons pour survivre après avoir renversĂ© un patriarche tyrannique - Ă©tonnamment incarnĂ© par un Gino Cervi dĂ©testable, Ă  contre-emploi de son Ă©ternel rĂ´le bougon dans la comĂ©die notoire Don Camillo


Quant Ă  Mireille Granelli (coproduction oblige, le film rĂ©unit la France et l’Italie), elle insuffle Ă  son personnage proscrit une chair douloureuse, habitĂ©e d’une sobriĂ©tĂ© contrariĂ©e qui contraste avec sa beautĂ© discrète, veloutĂ©e et Ă©purĂ©e. Une Ă©trange beautĂ© candide, traversĂ©e de fragilitĂ© torturĂ©e, fruit d’une condition soumise Ă  l’emprise d’un père abusif et sans vergogne.

Perle rare, mĂ©connue et oubliĂ©e, Le Château des amants maudits resplendit aujourd’hui de mille feux grâce Ă  son Ă©dition Blu-ray chez Gaumont, qui lui offre une seconde jeunesse Ă  l’orĂ©e de ses soixante-huit printemps, tandis que j’imprime ici mes impressions brĂ»lantes. Chaudement recommandĂ©, pour ne pas dire indispensable.

*Bruno
23.08.25. 3èx. VO
2è x vu en VF. 

mercredi 19 juin 2024

Exposé / The House on Straw Hill / Trauma

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de James Kenelm Clarke. 1976. 1h24. Angleterre. Avec Udo Kier, Linda Hayden, Fiona Richmond, Patsy Smart, Karl Howman, Vic Armstrong

Sortie salles Angleterre: Mai 76 (ClassĂ© X + Video Nasties).

FILMOGRAPHIE: James Kenelm Clarke est nĂ© le 5 fĂ©vrier 1941 Ă  Gloucestershire, Angleterre, Royaume-Uni. Il Ă©tait rĂ©alisateur et producteur. 1974: Got it Made. 1976: ExposĂ©. 1977: Hardcore. 1978: Let's get laid. 1983: Funny Money. 1985: Yellow Pages. 

A rĂ©server prioritairement aux bissophiles amateurs de curiositĂ©s oubliĂ©es (et introuvables), ExposĂ© est une sympathique sĂ©rie B Ă©rotico-horrifique, aussi rachitique soit son contenu narratif. En gros, une jeune  dactylographe est recrutĂ©e par un Ă©crivain misanthrope au sein de sa demeure champĂŞtre confinĂ©e Ă  proximitĂ© d'un champs de paille afin d'y clĂ´turer son dernier roman. BientĂ´t, des meurtres sauvages vont intenter Ă  leur tranquillitĂ©. ClassĂ© X lors de sa sortie Outre-manche et estampillĂ© "Video Nasties" (ces Vhs interdites de location), ExposĂ© a de quoi faire sourire de nos jours pour sa violence sanguine peu crĂ©dible car dĂ©nuĂ©e d'effets spĂ©ciaux et ses sĂ©quences Ă©rotiques un tantinet effrontĂ©es qui ne choquera plus personne. 

L'intĂ©rĂŞt rĂ©sidant dans la formalitĂ© de son atmosphère d'Ă©trangetĂ© assez immersive pour qui raffole des films d'ambiance aujourd'hui rĂ©volus (Ă  quelques exceptions). Et si l'intrigue parfois bizarre (le sort des 2 violeurs, les hallucinations prĂ©monitoires de Paul Watel dĂ©nuĂ©es de sens) a tendance Ă  se rĂ©pĂ©ter, faute d'une ossature linĂ©aire dĂ©nuĂ©e de surprises (si bien que l'on voit venir Ă  des kilomètres son twist escomptĂ©), ExposĂ© est heureusement renforcĂ© de sa rĂ©alisation assez personnelle et parfois expĂ©rimentale et du jeu inquiĂ©tant d'Udo Kier en Ă©crivain chafouin accompagnĂ© de deux charmantes anglaises souvent dĂ©vĂŞtues et aussi dĂ©tachĂ©es que lui dans leur posture d'aguicheuse dĂ©complexĂ©e au caractère pour autant expressif. 

ExposĂ© est donc Ă  dĂ©couvrir d'un oeil amusĂ© bien qu'il reste bizarrement en mĂ©moire sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique clos de par le vĂ©risme de son atmosphère british assez indicible.

P.S: CommercialisĂ© chez Bach Films dans une mĂ©diocre Ă©dition Dvd,  la copie est hĂ©las d'autant plus censurĂ©e de 2 minutes (le viol et le meurtre dans la salle de bain).

*Bruno
19.06.24. 3èx. Vostf. Uncut. 

lundi 17 juin 2024

I saw the TV Glow

                                             
                                                                 Photo empruntĂ©e sur Facebook

de Jane Schoenbrun. 2024. U.S.A. 1h41. Avec Justice Smith, Brigette Lundy-Paine, Helena Howard, Lindsey Jordan, Conner O'Malley, Emma Portner

Sortie salles U.S: 3 mai 2024

FILMOGRAPHIEJane Flannery Schoenbrun est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© en 1987. 2018: A Self-Induced Hallucination. 2021: We're All Going to the World's Fair. 2024: I saw the Glow TV.


                              « Parfois, The Pink Opaque semble plus rĂ©el que ma propre vie. »

Souvenez-vous : il n’est pas nĂ©cessaire de tout comprendre pour aimer — l’essentiel est de rĂŞver.
Il y a des films, et puis il y a des expĂ©riences. I Saw the TV Glow appartient Ă  cette seconde catĂ©gorie, plus autonome, plus crĂ©ative, plus personnelle, plus singulière. Ă€ mi-chemin entre Lynch et Cronenberg (VidĂ©odrome en Ă©tendard), I Saw the TV Glow explore le mal-ĂŞtre existentiel depuis la fissure adolescente, avec une sensibilitĂ© marginale, sans une once de moralisme. Si bien qu’au fil du cheminement tortueux, fragile, de deux adolescents taiseux, timorĂ©s, engloutis dans leur sĂ©rie fĂ©tiche — quasi fĂ©tichiste — le spectateur dĂ©rive, hypnotisĂ©, dans leur bad trip hallucinatoire, impuissant Ă  dĂ©tourner le regard.

C’est dire si I Saw the TV Glow ensorcelle. Hypnotique, envoĂ»tant, aussi beau que malaisant, terriblement Ă©mouvant dans sa mĂ©taphore universelle : ce besoin irrĂ©pressible de fuir la rĂ©alitĂ© d’un quotidien mĂ©lancolique pour s’engloutir dans l’illusion tĂ©lĂ©visuelle, addictive, dĂ©lĂ©tère, fallacieuse. Par l’entremise de ce refuge cathodique, Ă  la fois enivrant et troublant, se dĂ©ploie un discours sur le pouvoir de l’image, la nostalgie du souvenir et son emprise sur une psychĂ© dĂ©pressive, esseulĂ©e, suicidaire mĂŞme — que Jane Schoenbrun, cinĂ©aste transgenre, transfigure en un fantastique d’une imagerie onirique Ă  damner un saint. Entre la quotidiennetĂ© rose fluo de ce duo zombifiĂ© errant dans une banlieue tranquille, et les bribes VHS qu’ils ressassent sur leur Ă©cran, règne The Pink Opaque.

Et si son final, sciemment ambigu, voire absurde (mais l’on se console dans la mĂ©taphore mĂ©taphysique), nous laisse autant subjuguĂ© que dĂ©sarmĂ©, I Saw the TV Glow brĂ»le l’encĂ©phale au fer rouge — qu’on adhère ou non.

"L’opaque rose brĂ»le encore".
En tout Ă©tat de cause, cet OFNI dĂ©jĂ  culte fera date — Ă  l’instar du bouche-Ă -oreille qui fit naĂ®tre Donnie Darko — et dĂ©chaĂ®nera passions et interrogations autour de cette Ă©tude cĂ©rĂ©brale, bouleversante, sur notre quĂŞte identitaire, ligotĂ©e Ă  l’Ă©vasion hypnotique du petit (et grand) Ă©cran, au mĂ©pris d’une rĂ©alitĂ© imberbe, dĂ©shumanisante. Avec, en guise d’Ă©crin, un hommage nostalgique aux annĂ©es 90, transfigurĂ© en banlieue rĂ©tro baignĂ©e de nuances roses, bleues, violettes — du plus bel effet, et terriblement insolite.

*Bruno

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Ci-joint un p'tit mot du devoir:
Le film, dont le message n’est pas Ă©vident au premier visionnement, est une expĂ©rience avant tout sensorielle, qui prend aux tripes, bouscule et force le cerveau Ă  s’extraire de ses propres nĂ©vroses et fictions pour constater leurs dangers comme les limites de leur pouvoir. On sort de la salle la tĂŞte remplie de questions, mais certain d’avoir vĂ©cu quelque chose d’absolument unique.
Le Devoir.