lundi 10 novembre 2025
Le Sang des Innocents / Sleepless / Non ho sonno (je n'ai pas sommeil) de Dario Argento. 2001. 1h57. Italie.
vendredi 7 novembre 2025
Annihilation de Alex Garland. 2018. U.S.A/Angleterre. 1h55.
Le réalisateur Alex Garland distille, au compte-gouttes, un climat d’étrangeté qui s’immisce dans la douceur feutrée d’une nature d’apparence édénique. Ce sentiment d’évasion contraste violemment avec l’insécurité rampante de cette forêt faussement paisible, où surgissent les attaques d’un alligator et d’un ours monstrueux par exemple - séquences d’un réalisme cru, presque insoutenable, tranchant avec la pureté du décor et les codes classiques de la science-fiction, une fois n'est pas coutume.
Garland explore ici l’idée vertigineuse d’une vie extraterrestre non pas venue conquérir, mais fusionner : créer avec l’humain et la nature une nouvelle forme d’existence. De cette symbiose naît un univers irréel, à la fois déroutant et dérangeant, peuplé de visions morbides - cadavres décharnés, corps momifiés - qui nourrissent le malaise. Le final, d’une intensité presque métaphysique, reste aussi trouble qu’impressionnant : Natalie Portman y affronte un double alien, entité muette désireuse de lui dérober son corps, rappelant L’Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel. Le jeu de Portman, fragile et déterminé, porte le film à bout de bras, habitée par une foi poignante en l’amour et en l’espoir pour l'homme qu'elle chérit avec culpabilité.
En définitive, Annihilation est une oeuvre lestement trouble, baroque et fascinante, pas aussi accessible qu’il n’y paraît, mais dont l’expérience laisse une empreinte durable - un trouble émotif, beau et dérangeant, gravé dans l’encéphale. Je l'ai d'ailleurs préféré qu'au premier visionnage.
— le cinéphile du cœur noir
2èx. Vost. 4K
mercredi 5 novembre 2025
L'Aigle de la 9è légion / The Eagle de Kevin Macdonald. 2011. U.S.A. 1h54.
mardi 4 novembre 2025
Reflet dans un diamant mort de Hélène Cattet et Bruno Forzani. 2025. Belgique/Luxembourg/France/Italie. 1h27
lundi 3 novembre 2025
La Belle et la Bête de Christophe Gans. 2014. France/Allemagne/Espagne. 1h53.
lundi 27 octobre 2025
Golem: le tueur de Londres / The Limehouse Golem de Juan Carlos Medina. 2016.
Dans le brouillard jaune de Londres, la peur s’infiltre dans les ruelles comme une vapeur acide. Le sang, les cris, la scène et la potence.
Formidable thriller horrifique au suspense exponentiel, Golem: le tueur de Londres s’annonce d’abord comme une simple enquête victorienne, mais rapidement s'élève, se déploie, s'y tord une véritable tragédie humaine que nul ne pouvait prédire.
Au cœur de cette mécanique parfaitement huilée : Lizzie Cree, interprétée avec une intensité naturelle par Olivia Cooke (Bates Motel). Elle prend vie dans une douce affirmation. Elle magnétise délicatement. Or, derrière ses yeux, un abîme - celui d’une femme broyée par le mépris des hommes, par la faim de reconnaissance, par l’illusion de la célébrité. On éprouve pour elle une empathie profonde, dérangeante : enfant maltraitée, femme humiliée, marionnette du patriarcat victorien. Une longue asphyxie sociale et intime où moult suspects nous interrogent par leurs actions déplacées.
Le film se nourrit de cette tension psychologique, fiévreuse, entre Lizzie et l’inspecteur Kildare (un Bill Nighy d’une retenue poignante comme le souligne l'incroyable final dramatique). Deux âmes solitaires : lui cherche la vérité comme on cherche Dieu en guise de justice et de loyauté, elle cherche l’amour comme on mendie la lumière. Chacun est hanté par son propre masque. L’enquête devient alors un duel silencieux, un ballet d’ombres et de regards où les confessions se font par ricochet au fil d'un suspense toujours plus délétère.
Juan Carlos Medina filme ce labyrinthe mental avec une élégance froide, théâtrale - les rideaux rouges du music-hall deviennent le rideau de scène du crime passés les numéros comiques. Le théâtre, la presse, la morale : tout se confond dans un carnaval de faux-semblants où la société elle-même devient coupable, victime et ignorante de ce qui se trame.
Et quand vient la révélation, c’est un vertige émotionnel qui affecte la gravité. Non pas le triomphe d’un twist, mais l’effondrement d’une âme, faute d'un dilemme moral terriblement ambigu.
Le Golem n’est plus un tueur dans la nuit - c’est la créature que le monde narcissique fabrique lors de mises en scène ludiques. Une mise en abyme aussi fantasque que dramatique.
Visuellement somptueux, étonnamment cruel, tant d'un point de vue graphique que psychologique, Golem le tueur de Londres est d’une intelligence émotionnelle dans sa disparité des genres qu'unissent le drame, la romance, le policier et l'horreur mutuellement confinés dans une tragédie humaine. Le cœur y bat davantage sous le vernis des costumes, dans la solitude, dans ce besoin désespéré d’être regardée - même pour ses crimes.
Or, à travers cette vendetta victorienne impeccablement reconstituée, rien ne laissait présager la valeur des sentiments qui se détache de ce conte macabre, aussi stylisé que psychologiquement éprouvant. Si bien que l'on en sort taiseux, amer et démuni.
Tron: Ares de Joachim Rønning. 2025. U.S.A. 1h59.
Tron: Ares n’est pas qu’une suite tardive ou un reboot conçu pour plaire à la nouvelle génération : c’est un rite de passage, une immersion totale dans le cœur vibrant d’un univers où la lumière épouse la chair. Joachim Ronning signe un film d’une pure beauté visuelle, un trip électro aux pulsations presque mystiques, où chaque plan fusionne avec la musique pour former un gigantesque clip cosmique - une messe dédiée à l’image et au son j'vous dis.
Et sous son apparente simplicité, le scénario cache en filigrane une réflexion mélancolique - à juste dose épurée - sur la fatalité et l’acceptation de la mort, sur la fragilité de l’humain face à ses créations faute de sa mégalomanie, sa soif d'autorité intolérante. Ici, l’intelligence artificielle n’est pas un monstre apocalyptique mais un nouveau-né, un miroir, une éventuelle promesse : celle d’un outil capable de sauver, de nourrir, de guérir - à condition qu’on lui insuffle une conscience de bon sens et qu'on l'utilise à bon escient.
Chaque séquence d’action, lisible, chorégraphiée avec une élégance stylée, sert le récit et non l’inverse. La photographie, rutilante comme une armure de verre, capte la lumière des pixels et la transforme en émotion pure. Les acteurs familiers, formidablement impliqués, donnent chair à leurs caractères et à leur programmes en éveil existentiel. Leur empathie, palpable, irrigue le film d’une tendresse inattendue : la relation entre Ares et Eve par exemple devient le coeur battant du récit, un lien amical fragile et humain, promesse de paix intérieure et d’avenir possible entre deux voix humanoïdes.
Un coup de cœur ? Disons plutôt une onde de choc thermique, brève mais persistante, dans la mémoire du rêve. Mais rêver, c’est aussi croire que le cinéma peut sauver le monde.
Le Règne animal de Thomas Calley. 2023. France. 2h07.
mercredi 22 octobre 2025
Dead of Winter de Brian Kirk. 2025. U.S.A. 1h38 (1h33).
mardi 21 octobre 2025
Marche ou crève / The Long Walk de Francis Lauwrence. 2025. U.S.A. 1h48 (1h42).
lundi 20 octobre 2025
Le Pacte des Loups de Christophe Gans. 2001. France. 2h30.
3èx
Dracula de Tod Browning. 1931. U.S.A. 1h14.
Chef-d’œuvre absolu âgé de quatre-vingt-quatorze printemps, Dracula de Tod Browning prouve, à chaque nouvelle vision, que la magie de la première fois se régénère indéfiniment. Le film lui-même, vampirisé par l’entreprise de son auteur et de la présence archétypale de son acteur, accède ainsi à l’immortalité après s’être nourri du roman de Bram Stoker. Cette fraîcheur originelle, gravée sur pellicule monochrome, confère à l’histoire - pourtant mille fois revisitée - une singularité intacte, que Browning cisèle avec un soin formel hallucinatoire.
Tout concourt à cette envoûtante perfection : la nature environnante imprégnée d’un onirisme crépusculaire, les intérieurs du château drapés d’immenses toiles d’araignées, son escalier en colimaçon s’étirant jusqu’au vertige, les extérieurs noyés de brume, ou encore la demeure familiale où les héros cherchent refuge. Et comment oublier les apparitions spectrales et sensuelles du trio de femmes vampires, voilées de soie, déambulant au seuil du désir et de la mort dans les sous-sols décrépis.
Tout, dans Dracula, transpire un gothisme charnel et sépulcral, un sang du rêve, sublimé par un noir et blanc granuleux à damner un saint. Et Bela Lugosi, de sa prestance hiératique, snobée, maléfique, hante chaque plan, agrippe le regard, fige le temps - jusqu’à devenir, à lui seul, la pulsation nocturne du mythe.
jeudi 16 octobre 2025
The Slumber party massacre de Amy Holden Jones. 1982. U.S.A. 1h17.
Fleurant bon le parfum des années 80 - alors qu’à l’époque je le tenais pour un semi-nanar, semi-navet - The Slumber Party Massacre se révèle aujourd’hui un sympathique psycho-killer, agréable à suivre, ludique et même rigolo, grâce à sa facture semi-parodique que la réalisatrice Amy Holden Jones exploite avec sobriété, sans jamais se railler du genre.
Réservé sans doute aux inconditionnels, ce massacre diurne met davantage en valeur la gente féminine que masculine : ici, point de potiches décervelées aux seins siliconés. Les filles conversent plus que les mecs, se défendent à plusieurs lors du final musclé avec un certain acharnement, parlent sans complexe de sexe, de drogue, d’alcool… et s’accordent même quelques traits d’humour macabre - il fallait oser la dégustation de pizza sur un cadavre encore tiède. Le rythme s’emballe peu à peu, les meurtres s’enchaînent à renfort de gore rutilant jusqu’au carnage final sans final girl éprouvé, étonnamment bien maîtrisé par une mise en scène soignée, soutenue par une splendide photographie contrastée (à redécouvrir absolument dans son incroyable écrin 4K).
Quant au tueur sans masque, au visage banal - évoquant celui de Blood Feast de Herschell Gordon Lewis - il dégage une inquiétante étrangeté : même regard demeuré, même aura malsaine, amplifiée par une partition d’orgue délicieusement anachronique. Sa présence inspire tout à la fois la crainte, une légère appréhension, et un sourire complice devant son ustensile aussi phallique qu’incongru, brandi comme une déclaration d’amour tordue aux femmes.
Jouant avec les clichés du psycho-killer avec malice et une certaine habileté, The Slumber Party Massacre séduit par son esprit parodique discret, son ton badin et sa sincérité d’époque. Une série B bonnard, baignée dans la sainte lumière des années 80, que la réalisatrice ausculte avec un sens esthétique inattendu.
1982 : The slumber party massacre. 1984 : Love Letters. 1988 : Mystic Pizza. 1987 : L'apprentie domestique. 1991 : Saturday's (téléfilm). 1992 : Beethoven. 1992 : Indecency (téléfilm). 1993 : Proposition indécente. 1993 : Beethoven 2. 1994 : Guet-apens. 1996 : Sombres Soupçons. 1997 : Relic. 2000 : Beethoven 3. 2001 : Beethoven 4. 2003 : Beethoven et le Trésor perdu. 2007 : Indecent Proposal (court-métrage). 2010 : H.M.S.: White Coat (téléfilm). 2011 : Beethoven sauve Noël. 2014 : Black Box. 2014 : Beethoven et le Trésor des pirates. 2018 - 2023 : The Resident.
lundi 13 octobre 2025
Good Boy de Ben Leonberg. 2025. U.S.A. 1h13.
samedi 11 octobre 2025
Shiva Baby
jeudi 9 octobre 2025
En première ligne / Heldin de Petra Biondina Volpe. 2025. Suisse/Allemagne. 1h33.
























