vendredi 10 mars 2023

Le Sadique / The Sadist

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de James Landis. 1963. U.S.A. 1h32. Avec Arch Hall jr., Richard Alden, Helen Hovey

Sortie salles U.S: Avril 1963

FILMOGRAPHIEJames Landis est nĂ© le 10 juin 1926 dans le Dakota du Sud, États-Unis. Il Ă©tait scĂ©nariste et rĂ©alisateur. Il est dĂ©cĂ©dĂ© le 17 dĂ©cembre 1991 en Californie, États-Unis. 1968: Jennie: Wife/Child. Gunsmoke (1955). Rat Fink (1965). Arch Hall Jr. in Deadwood '76 (1965). The Nasty Rabbit (1964). Le sadique (1963). Bing Russell in Stakeout! (1962). Carolyn Byrd and Bobby Diamond in Airborne (1962). 

ExtrĂŞmement rare et peu diffusĂ© Ă  la TV alors que Le chat qui Fume est parvenu Ă  l'exhumer de l'oubli grâce Ă  leur Ă©dition Dvd (pas très top hĂ©las en terme de qualitĂ© formelle mĂŞme s'il y a pire ailleurs), le Sadique est une excellente curiositĂ© parvenant Ă  maintenir l'intĂ©rĂŞt 1h30 durant en jouant efficacement sur l'unitĂ© de lieu et de temps qu'un serial-killer et sa donzelle monopolisent en molestant un trio d'Ă©trangers Ă©garĂ©s dans une casse de voiture fantomatique. FilmĂ© dans un noir et blanc plutĂ´t soignĂ©e (j'aurai tant aimĂ© le dĂ©couvrir en version HD), ce survival constamment intense surprend par la science de son suspense mĂ©tronome et de ses quelques Ă©clairs de violence Ă©tonnamment rĂ©alistes pour l'Ă©poque, quand bien mĂŞme il dĂ» influencer probablement une plĂ©thore de cinĂ©astes (on peut citer par exemple Kalifornia de Dominic Sena Ă  travers ce jeu de rĂ©volte et de soumission entre un couple de tueurs marginaux et ses victimes confinĂ©es en plein dĂ©sert). Si bien qu'il eut des problèmes avec la censure de l'Ă©poque tant le rĂ©alisateur mĂ©connu James Landis s'efforce de provoquer malaise et provocations triviales sous l'impulsion de 2 dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s infiniment dĂ©cervelĂ©s. 

Et si le jeune acteur Arch Hall Jr. peut parfois irriter Ă  travers ses yeux Ă©baubis saturĂ©s de rictus beaucoup trop outranciers dans la permanence, il reste pour autant Ă©tonnamment convaincant, intrigant en psychopathe pervers s'Ă©vertuant Ă  jouer gratuitement le tortionnaire primaire dans son instinct de rĂ©bellion et de supĂ©rioritĂ© dĂ©mesurĂ©s. Quant Ă  sa partenaire Judy endossĂ©e par Marilyn Manning, elle reste gentiment en arrière plan voyeuriste afin d'observer le spectacle de dĂ©cadence que son partenaire provoque avec appĂ©tence insatiable tout en participant de temps Ă  autre Ă  ces jeux de soumission. Enfin, les autres seconds-rĂ´les se fondent dans le corps de victimes dĂ©munies avec un dĂ©sarroi sobrement anxiogène tout en cultivant peu Ă  peu leur montĂ©e d'angoisse exponentielle quant Ă  la crainte de leur propre trĂ©pas. Le rĂ©cit âpre et rubigineux ne leur accordant aucune concession si bien que ceux-ci sont contraints de compter sur leur stratĂ©gie de dĂ©fense et d'instinct de survie parfois couillu afin de dĂ©jouer leurs oppresseurs.  

A dĂ©couvrir donc avec un vif intĂ©rĂŞt pour tous les amateurs de pĂ©pites infortunĂ©es. 

*Bruno
2èx

jeudi 9 mars 2023

Le Retour de Kriminal / Il marchio di Kriminal

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Fernando Cerchio. 1967. Italie/Espagne. 1h28. Avec Glenn Saxson, Helga LinĂ©, Andrea Bosic, Armando Francioli, Tomas Pico, Anna Zinnemann, Mirella Pamphili. 

Sortie salles France: 14 Mai 1969.

FILMOGRAPHIE: Fernando Cerchio, nĂ© le 7 aoĂ»t 1914 Ă  Luserna San Giovanni (Italie) et mort le 19 aoĂ»t 1974 Ă  Mentana (Italie), est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et monteur italien. 1944 : La buona fortuna. 1945 : Porte chiuse (it), corĂ©alisĂ© avec Carlo Borghesio. 1945 : Aldo dice 26x1, corĂ©alisĂ© avec Carlo Borghesio. 1948 : Cenerentola (it). 1949 : Gian le contrebandier . 1951 : Brigade volante . 1952 : Le Fils de Lagardère. 1952 : Il bandolero stanco . 1953 : LulĂą. 1954 : Addio mia bella signora . 1954 : Le Vicomte de Bragelonne. 1955 : quattro del getto tonante . 1956 : Le Fils du cheik . 1957 : Les Mystères de Paris . 1958 : Aphrodite, dĂ©esse de l'amour . 1959 : Judith et Holopherne . 1960 : La VallĂ©e des pharaons . 1961 : NĂ©fertiti, reine du Nil . 1962 : Totò contre Maciste. 1962 : Le Cheik rouge. 1962 : Par le fer et par le feu. 1963 : Totò et ClĂ©opâtre. 1964 : Totò contre le pirate noir. 1966 : Pour un dollar de gloire. 1967 : Le requin est au parfum. 1967 : Le Retour de Kriminal. 1969 : Les Pistolets de l'Ouest. 


C'est bien connu, rares sont les suites qui ont approchĂ© le niveau des films qui les ont inspirĂ©s. Et si Umberto Lenzi cède un an plus tard sa place, Fernando Cerchio relève brillamment le dĂ©fi pour nous concocter une sĂ©quelle bougrement ludique, drĂ´le, enlevĂ©e, dĂ©complexĂ©e, eu Ă©gard de la charpente de son intrigue Ă©rigĂ©e autour d'une chasse au trĂ©sor sous l'impulsion d'un rythme trĂ©pidant (parfois mĂŞme trop rapide). Toujours endossĂ© par Glenn Saxson, celui-ci demeure toujours aussi tranquille, sĂ»r de lui, charmeur, sournois, perfide, diaboliquement immoral dans la peau du squelette Kriminal dĂ©sireux d'agencer 4  bouddhas afin de reconstituer le parchemin d'un trĂ©sor enfoui au Moyen-Orient. Or, durant sa quĂŞte mĂ©ticuleuse, la police et d'autres personnages peu recommandables se mĂŞlent Ă  ses pĂ©rĂ©grinations exotiques afin de pimenter l'intrigue enrichie par moments de rebondissements fortuits. 


A l'instar de son surprenant final Ă  contre-emploi de tout ce que nous venions d'assister en terme de politiquement incorrect et de coups bas dĂ©nuĂ©s de scrupule. Or, pour en revenir Ă  sa libertĂ© de ton gĂ©nialement sarcastique, son prologue macabre ne manquait ni d'audaces, ni de dĂ©rision pour son refus de concession imparti au 3è âge. Film d'aventures exotiques donc au sein d'un genre policier marginal inspirĂ© des bandes-dessinĂ©es italiennes, les Fumetti, le Retour de Kriminal demeure une excellente surprise, un classique incontournable que les fans de la saga (et de Fantomas !) n'auront peine Ă  adopter. Si bien que dès le gĂ©nĂ©rique de fin gĂ©nialement sardonique par son esprit BD ouvertement prononcĂ©, nous n'avions qu'un dĂ©sir, revoir le 1er opus aussi jubilatoire que facĂ©tieux. 


*Bruno

Ci-joint chronique de Kriminal: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/06/kriminal.html

mercredi 8 mars 2023

Destination Planète Hydra / 2+5 missione Hydra

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Pietro Francisci. 1966. Italie. 1h32. Avec Leonora Ruffo, Mario Novelli, Roland Lesaffre, Leontine May, Kirk Morris, Alfio Caltabiano, Nando Angelini. 

Sortie salles France: 23 Janvier 1974. Italie: 2 Octobre 1966

FILMOGRAPHIEPietro Francisci est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et monteur italien nĂ© le 9 septembre 1906 Ă  Rome, dĂ©cĂ©dĂ© le 1er mars 1977. 1934: Rapsodia in Roma. 1934 : La mia vita sei tu. 1941 : Edizione straordinaria. 1945 : Il cinema delle meraviglie. 1946 : Io t'ho incontrata a Napoli. 1948 : NoĂ«l au camp 119. 1949 : Saint Antoine de Padoue. 1950 : Le Prince pirate. 1952 : Le Prince esclave. 1952 : La Reine de Saba. 1954 : Attila, flĂ©au de Dieu. 1956 : Roland, prince vaillant. 1958 : Les Travaux d'Hercule. 1959 : Hercule et la Reine de Lydie. 1960 : Sapho, VĂ©nus de Lesbos. 1960 : La Charge de Syracuse. 1963 : Hercule, Samson et Ulysse. 1966 : Destination : planète Hydra. 1973 : Simbad le calife de Bagdad. 


Une aberration filmique hors du commun, hors du temps et de l'espace, si bien qu'il faut le voir pour le croire tant cette production transalpine nous laisse pantois d'effarement tĂ©lescopĂ© de stupeur. EditĂ© par Artus Films dans une copie Dvd relativement convenable, Destination Planète Hydra exploite la science-fiction en vogue au coeur des annĂ©es 60 avec une Ă©conomie de moyens dignes d'Ed Wood. Ainsi, 1h26 durant, nous assistions Ă  un scĂ©nario fourre-tout si improbable que l'on se perd parfois, notamment Ă  travers sa plĂ©thore de rĂ©pliques bonnards que des acteurs inexpressifs amorcent avec une fougue dĂ©complexĂ©e. Tant et si bien que la comĂ©die (de marivaudage) s'invite entre autre sans complexe dans l'aventure spatiale en dĂ©pit de la tournure dramatique de l'intrigue culminant vers une diatribe anti-nuclĂ©aire. Et si cette sĂ©rie Z ne s'avère guère passionnante, elle parvient sans rĂ©serve Ă  maintenir notre intĂ©rĂŞt de par notre curiositĂ© expansive d'y reluquer la prochaine sĂ©quence saugrenue afin de savoir jusqu'oĂą iront les crĂ©ateurs de cette immense farce transalpine dĂ©nuĂ©e de prĂ©tention. 


Les décors de carton-pâte, les détails électroniques du vaisseau (semblable à une boite de conserve vierge) et les costumes de carnaval de nos E.T ont beau tenté de simuler leur scénographie stellaire; il est inconcevable de s'immerger dans l'univers de pacotille en dépit de notre amusement permanent à observer leurs pugilats (étonnamment spectaculaires pour le coup !) et règlements de compte verbaux parfois même hilarants par tant de maladresse irraisonnée. Enfin, et pour parachever, on reste paradoxalement stupéfiais par la beauté lyrique de ses 2 ultimes plans romantiques sur fond d'horizon optimiste. A découvrir absolument donc (tout du moins 1 fois, de préférence entre cinéphiles éclairés), quand bien même cette curiosité un tantinet polissonne (l'actrice aux yeux azur arborant ouvertement ses formes charnues vaut son pesant de cacahuètes) s'avère rarement diffusée à la TV, alors que la génération 80 se remémora non sans nostalgie la projo du "Cinéma de Quartier" sélectionnée par Jean-pierre Dionnet


*Bruno
2èx

mardi 7 mars 2023

Dracula et ses Femmes Vampires

                                          
                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ecranlarge.com

de Dan Curtis. 1973. Angleterre. 1h38. Avec Jack Palance, Simon Ward, Nigel Davenport, Pamela Brown, Fiona Lewis, Penelope Horner, Murray Brown.

Diffusion France TV: 12 Mai 1976. U.S: 8 FĂ©vrier 1974.

FILMOGRAPHIE: Dan Curtis est un producteur, scénariste et réalisateur américain, né le 12 Août 1927 à Bridgeport, Connecticut (Etats-Unis), décédé le 27 mars 2006 à Brentwood (Californie). 1966: Dark Shadows (série TV). 1970: La Fiancée du Vampire. 1971: Night of dark shadows. 1973: Dracula. 1973: The Night Strangler (télé-film). 1975: La Poupée de la Terreur. 1976: Trauma. 1977: Dead of Night. 1977: La Malédiction de la veuve noire (télé-film). 1992: Intruders (télé-film). 1996: La Poupée de la terreur 2 (télé-film).


RĂ©alisĂ© par Dan Curtis, un des maĂ®tres du Fantastique jamais reconnu Ă  mes yeux (on lui doit quand mĂŞme le chef-d'oeuvre Trauma et bien d'autres pĂ©pites parmi lesquelles The Night Strangler, La FiancĂ©e du Vampire, la PoupĂ©e de la Terreur et le fameux La MalĂ©diction de la Veuve noire); Dracula demeure une superbe adaptation tĂ©lĂ©visuelle du roman Ă©ponyme de Stoker. Si bien qu'il eut mĂŞme droit Ă  une sortie salles dans plusieurs pays tant le mĂ©trage cinĂ©gĂ©nique demeure techniquement soignĂ© qui plus est saturĂ© de rutilants dĂ©cors domestiques, alors que la nuit et ses alentours s'avèrent superbement Ă©clairĂ©s. Ainsi, sans rĂ©volutionner le mythe sĂ©culaire, Dan Curtis possède suffisamment de savoir-faire, d'affection et d'inspiration pour le mythe afin de rendre captivant un cheminement narratif que l'on connait par coeur. Et la preuve c'est qu'on marche Ă  nouveau sans sourciller 1h38 durant. Car Ă©maillĂ© de sĂ©quences atmosphĂ©riques immersives, tant auprès de sa scĂ©nographie gothique susnommĂ©e, de ses cryptes bleutĂ©es que de sa nature crĂ©pusculaire tantĂ´t onirique (notamment Ă  travers l'allure spectrale du vampire aussi mutique qu'impĂ©rial), Dracula parvient efficacement Ă  se renouveler sous l'impulsion d'un Jack Palance Ă©tonnamment inquiĂ©tant (pour ne pas dire idoine). 


Naturellement patibulaire Ă  travers sa mâchoire carrĂ©e et ses petits yeux viciĂ©s, ce dernier magnĂ©tise l'Ă©cran avec une sobre conviction si bien que l'on reste rĂ©gulièrement fascinĂ© par ses factions sournoises et son comportement parfois mĂŞme Ă©tonnamment singulier. De par ses exactions musclĂ©es que de ses mimiques contractĂ©es jamais ridicules. Quant aux seconds-rĂ´les assez investis dans leur posture hĂ©roĂŻque (la fraternitĂ© d'Arthur et de Van Helsing) ou dĂ©munie (les victimes fĂ©minines en proie Ă  l'hypnose puis Ă  la contamination) on parvient Ă  s'y identifier grâce Ă  leur jeu modĂ©rĂ© dĂ©nuĂ© d'emphase. Et pour parachever dans l'horreur ensorcelante, on apprĂ©cie Ă©galement les quelques apparitions pernicieuses des femmes vampires dissĂ©minĂ©es Ă  travers l'intrigue pour s'y insurger alors que son final en bonne et due forme demeure une fois de plus assez intense, Ă©trange et impressionnant quant Ă  la mort du Comte en proie une agonie solaire que Dan Curtis filme avec un brio Ă  la fois couillu et circonspect. 


Produit pour la TV dans une facture formellement splendide, ce Dracula 73 parvient donc Ă  s'extirper du carcan tĂ©lĂ©visuel grâce aux talents communs de Dan Curtis, du directeur photo, des seconds-rĂ´les et de Jack Palance mutuellement complices pour plonger le spectateur dans un rĂ©vĂ©rencieux cauchemar gothique ponctuĂ© de cadrages obliques du plus bel effet. 

* Bruno
15.03.13. 47 v
06.12.18. 
07.03.23. 3èx

lundi 6 mars 2023

Apocalypse dans l'océan rouge / Shark - Rosso nell'oceano

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Lamberto Bava. 1984. 1h36. Italie/France. Avec Michael Sopkiw, Valentine Monnier, Gianni Garko, William Berger, Iris Peynado

Sortie salles France: 23 Janvier 1985. Italie: 7 Septembre 1984

FILMOGRAPHIE: Lamberto Bava est un réalisateur et un scénariste italien né le 3 avril 1944 à Rome. Il est le fils de Mario Bava. 1980 : Baiser macabre (+ scénariste) , 1983 : La Maison de la terreur, 1984 : Apocalypse dans l'océan rouge, 1985 : Demons (+ scénariste),1986 : Demons 2 (+ scénariste),1991 : Body puzzle, 1991 : La Caverne de la Rose d'Or : La Princesse Rebelle, 1992 : La Caverne de la Rose d'Or : La Sorcière Noire, 1993 : La Caverne de la Rose d'Or : La Reine des Ténèbres, 1994 : La Caverne de la Rose d'Or : L'Empereur du Mal, 1994 : Desideria et le prince rebelle, 1996 : La Caverne de la Rose d'Or : Le Retour de Fantaghirò, 1996 : La Légende d'Alisea. 1997: La Princesse et le Pauvre, 1998 : Caraibi, 2001 : L'impero, 2006 : Ghost son.


Pour les amateurs de série Z involontairement drôles, Apocalypse dans l'océan rouge demeure un incontournable du genre que Lamberto Bava gère avec autant de maladresse que de motivation sincère à emballer non sans une certaine attention son produit d'exploitation en dépit de ses moyens techniques limités. Outre l'attrait ludique de son scénario capillotracté surfant sur les plate-bandes des Dents de la Mer et de The Thing (ici une pieuvre mutante apte à régénérer ses cellules pour se multiplier à l'infini au coeur de l'océan) et de son action bricolée souvent facétieuse par tant de balourdises, on apprécie surtout le surjeu des acteurs de seconde zone au charisme si inexpressif qu'ils invoquent une irrésistible sympathie à s'efforcer de se prendre au sérieux au gré de situations alarmistes toujours cocasses, pour ne pas dire parfois hilarantes. D'autre part, à la revoyure, j'ai été particulièrement surpris par l'efficacité du rythme que Bava parvient à maintenir sous l'impulsion de clichés éculés ne laissant jamais place à l'ennui. Tant et si bien qu'Apocalypse dans l'océan rouge fleure bon le produit transalpin des années 80 comme seule cette décennie était apte à nous concocter auprès de nos chers italiens pillant sans vergogne les classiques Outre-Atlantique avec toutefois une attention et une sincérité somme toute artisanales. Et même si on aurait souhaité un final plus original et spectaculaire, le charme permanent qui émane de ce succédané est encore plus tangible en notre époque révolue


*Bruno 
2èx

jeudi 2 mars 2023

Tuez-les tous... et revenez seuls ! / Ammazzali tutti e torna solo

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Enzo G. Castellari. 1968. Italie/Espagne. 1h40. Avec Chuck Connors, Frank Wolff, Franco Citti, Leo AnchĂłriz, Giovanni Cianfriglia, Alberto Dell'Acqua

Sortie salles France: 15 Juillet 1970. Italie: 31 DĂ©cembre 1968

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Enzo G. Castellari est un réalisateur, scénariste, acteur, monteur et producteur italien, né le 29 Juillet 1938 à Rome (Italie). 1967: Je vais, je tire et je reviens. 1968: Django porte sa croix. 1968: 7 Winchester pour un massacre. 1968: Tuez les tous... et revenez seul ! 1973: Le Témoin à abattre. 1976: Keoma. 1977: Une Poignée de salopards. 1977: Action Immédiate. 1979: La Diablesse. 1979: Les Chasseurs de Monstres. 1981: La Mort au Large. 1982: Les Nouveaux Barbares. 1982: Les Guerriers du Bronx. 1983: Les Guerriers du Bronx 2. 1987: Striker. 1987: Hammerhead. 1997: Le Désert de Feu.


On ne peut que remercier Jean-Baptiste Thoret de nous avoir inclus au sein de sa prestigieuse collection "make my day" Tuez les tous et revenez seuls, en double programme de 4 de l'Apocalypse, qui plus est comme de coutume en Dvd et Blu-ray afin de contenter les chalands. Car si on peut avouer sans rĂ©serve qu'il s'agit probablement d'un western mineur dans le paysage du western italien, Enzo G. Castellari possède suffisamment de mĂ©tier, de savoir-faire, d'habiletĂ© pour nous livrer un pur divertissement oĂą l'action, quasi omniprĂ©sente, demeure le maĂ®tre mot de ce spectacle efficace surfant sur le succès des 12 Salopards (Jean-Baptiste Ă©voquera par ailleurs en prĂ©face d'y citer la rĂ©fĂ©rence Le Bon, la Brute et le Truand de Leone). Et si sa trajectoire narrative semble tracĂ©e d'avance Ă  travers cette mission d'ex taulards recrutĂ©s pour dĂ©rober de l'or planquĂ©e dans des caisses de dynamite, quand bien mĂŞme leur leader, Clyde Mc Kay, aura l'obligeance de les occire au moment de prendre la fuite, Tuez les tous et revenez seuls s'avère moins conventionnel que prĂ©vu de par ses rebondissements impromptus renforcĂ©s d'un final sans moral qui risque de faire grincer quelques dents. 


Ainsi, au grĂ© de son action plutĂ´t inventive et soigneusement chorĂ©graphiĂ©e, saturĂ©e d'autre part de cadrages parfois alambiquĂ©s, elle ne s'avère Ă©tonnamment jamais gratuite puisque tributaire d'un cheminement Ă©pique redoublant explosions, bastonnades et fusillades lors des confrontations entre bons et mĂ©chants qu'on ne se lasse de suivre. Nos anti-hĂ©ros ruisselants de sueurs dans leur visage insalubre filmĂ© en plan serrĂ©, quand bien mĂŞme on s'extasie de contempler autour de leurs dĂ©placements ses splendides panoramiques que symbolisent d'immenses plaines dĂ©sertes brĂ»lĂ©es par le soleil. Des mercenaires pugnaces donc quelque peu attachants auprès de leur sens de bravoure et du courage, et ce en dĂ©pit de leur rĂ©flexion faillible Ă  suspecter quel traitre pourrait s'emparer du trĂ©sor avant de jouer l'esprit d'individualitĂ© pour mieux sauver leur peau et ainsi emporter la mise. Les comĂ©diens communĂ©ment bonnards insufflant un charisme de seconde zone qui ravira les amateurs de cinĂ© Bis, Ă  l'instar de la prĂ©sence autoritaire de Chuck Connors endossant un personnage anti-manichĂ©en assez imprĂ©visible dans son profil Ă  la fois sournois et ambivalent. 


Un bon p'tit western donc Ă  voir ou Ă  revoir si bien que l'on reste concentrĂ© durant toute l'aventure de par sa mise en scène chiadĂ©e au service d'une forme inventive si on est observateur mĂ©ticuleux. Avec en sus 2 sĂ©quences sous-marines plutĂ´t singulières pour le genre ! 

*Bruno

lundi 27 février 2023

Le Visiteur / The Caller

                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lantreauxintrouvables.blogspot.com

de Arthur Allan Seidelman. 1987. U.S.A. 1h37. Avec Malcom McDowell, Madolin Smith

Sortie salles France: 13 Septembre 1989 (video). U.S: 27 Décembre 1989 (video)

FILMOGRAPHIE: Arthur Allan Seidelman est un rĂ©alisateur de tĂ©lĂ©vision , de cinĂ©ma et de théâtre amĂ©ricain et un Ă©crivain, producteur et acteur occasionnel. 2022: Delfino's Journey. (2014) Six Dance Lessons in Six Weeks. Quattrocento (2012). 2009 Where Muscles Were Born. 2009 The Venice Beach Hostel. The Awakening of Spring (2008). Two Spirits, One Journey (2007). Une preuve de trop (2007). The Sisters (2005). A Christmas Carol (2004) Traque Ă  Puerto Vallarta (2004).  Liens de sang (2001). Les grandes retrouvailles (2001). Le prix du courage (2000). L'art de sĂ©duire (2000). Walking Across Egypt (1999). Grace & Glorie (1998). L'Enfant perdu (1997). Secrets de famille (1997). The Summer of Ben Tyler (1996). Harvest of Fire (1996). Amazing Grace (1995). Trapped in Space (1994).  La loi de la Nouvelle-OrlĂ©ans (1994). Heaven Help Us (1994). Dying to Remember (1993). Les secrets de Lake Success (1993). FBI: The Untold Stories (1991). L'Ă©quipĂ©e infernale (1992). Body Language (1992). Un papa pour NoĂ«l (1990). Yulin in WIOU (1990). Capital News (1990). La loi de Los Angeles (1986). Double tranchant (1989). Nightingales (1989). Les disparus du lac (1988). A Friendship in Vienna (1988). Addicted to His Love (1988). A Place at the Table (1988). Glory Years (1987).  A Year in the Life (1987).  Des voix dans la nuit (1987). CBS Schoolbreak Special (1984).  Le Visiteur (1987). Poker Alice (1987). Tout pour ĂŞtre heureuse (1986). Bridges to Cross (1986). Angela Lansbury in Arabesque (1984). Sin of Innocence (1986). The Best Times (1985).  Trapper John, M.D. (1979).  Half Nelson (1985). Detective in the House (1985). City Blues (1983). La chasse aux diplĂ´mes (1973). Echoes (1982). Romance Theatre (1982). Macbeth (1981). Children of Rage (1975). Hercule Ă  New York (1970)


Il faut du talent pour relever la gageure de maintenir l'attention 1h37 durant Ă  se focaliser sur la dualitĂ© psychologique de 2 uniques personnages confinĂ©s au sein d'une cabane feutrĂ©e. C'est ce que Arthur Allan Seidelman est parvenu très efficacement Ă  concrĂ©tiser Ă  l'aide d'une Ă©conomie de moyens pour tenir un discours initiatique Ă  la maĂ®trise de soi et Ă  la responsabilitĂ©. Tant et si bien qu'Ă  la revoyure, et bien que j'apprĂ©hendais un peu de le revoir Ă  cause de son hallucinant final Ă  twist Ă©ventĂ©, Le Visiteur demeure une excellente surprise oubliĂ©e de tous depuis sa location Vhs. Et c'est fort dommage tant le rĂ©alisateur s'y entend pour entretenir mystère et suspense autour de la trouble confrontation d'un Ă©tranger (surgi de nulle part) et d'une dĂ©funte Ă©pouse se combattant cĂ©rĂ©bralement parlant en s'inversant tour Ă  tour les rĂ´les au grĂ© d'un jeu de dĂ©fi et de confrontation relativement tendus. Le rĂ©alisateur parvenant intelligemment Ă  casser les codes du thriller et du psycho-killer en laissant planer le doute sur ses 2 personnages mutuellement interlopes, notamment auprès de leur passĂ© obscur qu'on nous dĂ©veloppe peu Ă  peu avec un art consommĂ© de l'ambiguĂŻtĂ© et de la perplexitĂ©. 

D'ailleurs, si une majoritĂ© du public applaudira l'audace de son cliffhanger, d'autres n'hĂ©siteront pas Ă  le juger risible ou bien discutable. En tout Ă©tat de cause, et quelque soit les conclusions que l'on peut en tirer, on salue l'audace d'un pitch aussi retors que lunaire que les comĂ©diens excellent dans leur inimitiĂ© bipolaire. Ainsi, il faut louer la prĂ©sence de la mĂ©connue Madolin Smith rigoureusement convaincante en veuve Ă©plorĂ©e partagĂ©e entre l'angoisse, la rĂ©bellion, le goĂ»t du risque et la provocation Ă  dĂ©fier son adversaire afin de mieux dompter la situation. Son regard subtilement Ă©trange car parfois effacĂ©, impassible, demeurant particulièrement intense, diaphane au point d'Ă©ventuellement douter sur sa santĂ© mentale. Quant Ă  l'illustre Malcom McDowell, il s'avère toujours aussi gĂ©nialement magnĂ©tique, bicĂ©phale, indicible Ă  travers son jeu sournois de psychologue impromptu cumulant les bravades pour extirper de son confort moral et du mensonge sa partenaire aussi obtuse, mutine, sarcastique et rivale que lui. 


VĂ©nĂ©neux suspense Ă  la fois tendu, anxiogène, indĂ©cis et intrigant autour d'un règlement de compte moral oĂą les rĂ©pliques ciselĂ©es monopolisent le huis-clos dĂ©lĂ©tère sans une once d'essoufflement, Le Visiteur demeure une vraie pĂ©pite de l'Ă©trange sous l'impulsion d'un fulgurant coup de théâtre remettant en question tout ce que nous venions de voir. 

*Bruno
2èx. Vostfr. 

samedi 25 février 2023

Candyman 2 / Candyman: Farewell to the Flesh

                                              
                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site alamy.com

de Bill Condon. 1995. 1h35. Avec Kelly Rowan, Tony Todd, Veronica Cartwright, Bill Nunn, William O'Leary, Timothy Carhart

Sortie salles France: 9 AoĂ»t 1995. U.S: 17 Mars 1995

FILMOGRAPHIE: Bill Condon est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 22 octobre 1955 Ă  New York, aux États-Unis. 1987 : Sister, Sister. 1995 : Candyman 2. 1998 : Ni dieux ni dĂ©mons. 2004 : Kinsey. 2005 : Dreamgirls. 2011 : Twilight, Chapitre IV : RĂ©vĂ©lation - 1re Partie. 2012 : Twilight, Chapitre V : RĂ©vĂ©lation - 2e Partie. 2013 : Le Cinquième Pouvoir. 2015 : Mr. Holmes. 2017 : La Belle et BĂŞte.


BoudĂ© Ă  sa sortie mais rĂ©habilitĂ© depuis par certains critiques Ă  l'occasion de sa commercialisation Blu-ray (suffit de surfer sur certaines plateformes de tests Blu-ray et blogs spĂ©cialisĂ©s), Candyman 2 ne mĂ©ritait pas tant de discrĂ©dit. Car si on reste Ă  100 lieux de son modèle, authentique classique horrifico-sociologique Ă  travers son pamphlet anti-raciste Ă  la fois poignant et terrifiant, cette sĂ©quelle demeure tout Ă  fait frĂ©quentable sous la houlette de Bill Condon Ă  qui l'on doit dĂ©jĂ  Sister, Sister et surtout Ni Dieux ni DĂ©mons. Car soigneusement photographiĂ© sous un Ă©clairage sĂ©pia et richement dĂ©corĂ©, notamment Ă  travers le carnaval du mardi gras de la nouvelle OrĂ©lans, Candyman 2 sĂ©duit les mirettes en prime d'entretenir notre attention cĂ©rĂ©brale sous l'impulsion d'un pitch, certes simpliste et pafois maladroit, mais bĂ©nĂ©ficiant de 2 idĂ©es fructueuses (un miroir / une filiation) pour maintenir notre attention jusqu'au gĂ©nĂ©rique Ă©paulĂ© qui plus est d'une conclusion retorse par son ironie tacite dĂ©nuĂ©e d'effets de manche. On peut d'ailleurs en dire autant auprès du prologue sardonique (au grĂ© d'un jumscare tĂ©tanisant Ă  contrario d'autres aussi vains qu'infructueux !) lorsqu'un enseignant renseigne ses Ă©lèves sur la lĂ©gende urbaine de Candyman avant de trĂ©passer dans les toilettes d'un bar (tous les effets gores mĂ©caniques s'avĂ©rant d'ailleurs crĂ©dibles au fil du rĂ©cit). 


Niveau cast, si on s'agace facilement du duo de flics caricaturaux dans leurs mimiques aussi agaçantes qu'outrancières, la blonde Kelly Rowan parvient modestement Ă  donner chair Ă  son personnage hĂ©roĂŻque partagĂ©e entre scepticisme,  fragilitĂ© dĂ©pouillĂ©e et dĂ©passement de soi d'oser affronter son dĂ©mon que le charismatique Tony Todd endosse avec un sĂ©rieux toujours imperturbable. Et s'il demeure moins effrayant qu'au prĂ©alable, sa première apparition lorsqu'il s'adresse Ă  l'hĂ©roĂŻne en la nommant par son prĂ©nom renoue avec l'angoisse tangible du 1er opus. Quant aux meurtres qui empiètent le rĂ©cit, ils demeurent assez efficaces puisque justifiĂ©s par le traitement narratif n'en faisant jamais trop (en dĂ©pit de jump-scares foireux susnommĂ©s) quant au sort des personnages impliquĂ©s dans un conflit familial. Enfin, il faut Ă©galement souligner qu'outre le caractère ludique de cette suite agrĂ©ablement menĂ©e puisque dĂ©nuĂ©e de temps mort, Candyman 2 dĂ©gage un charme probant Ă  travers sa chaude ambiance horrifique soigneusement esthĂ©tisĂ©e auprès de dĂ©cors tantĂ´t lugubres (le final dans la bicoque humectĂ©e), tantĂ´t baroques (le repère de Candyman avec ces immenses tags polychromĂ©s) ou solaire (l'anthologique flash-back retraçant avec beaucoup de cruautĂ© le lynchage suppliciĂ© de Daniel Robitaille). Quant au score lancinant toujours composĂ©e par Philip Glass, il imprègne tout naturellement l'oeuvre par ses tonalitĂ©s sĂ©pulcrales Ă  l'Ă©lĂ©gie saillante. 


Si on a donc affaire Ă  une sĂ©quelle imparfaite parfois maladroite (notamment l'intrusion qui fait tâche de ce duo de flics sorti d'une mauvaise sĂ©rie TV) et dĂ©nuĂ©e d'ambition (l'aspect sĂ©rie B est beaucoup plus prononcĂ©), Candyman 2 demeure toutefois attachant, formellemment soignĂ©, assez captivant et sincère dans sa dĂ©marche d'y respecter la mythologie pour se laisser Ă  nouveau sĂ©duire en toute modestie. 

*Bruno
24.02.23. 3èx
15.03.17. 2èx. 724 v

Ci-joint les chroniques du modèle et de l'excellent remake: 

jeudi 23 février 2023

Orgie Satanique / Devils of Darkness

                                              
                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site pinterest.fr

"Devils of Darkness" de Lance Comfort. 1965. Angleterre. 1h28. Avec William Sylvester, Hubert NoĂ«l, Carole Gray, Tracy Reed, Diana Decker, Rona Anderson.

Sortie salles France: 2 DĂ©cembre 1970. Angleterre: Septembre 1965

FILMOGRAPHIELance Comfort est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste anglais. nĂ© le 11 AoĂ»t 1908 Ă  Harrow, Londres, dĂ©cĂ©dĂ© le 25 AoĂ»t 1966 Ă  Sussex. 1965 Orgie satanique. 1965 Be My Guest. 1964 Blind Corner. 1963 Live It Up! 1963 Tomorrow at Ten. 1962 The Break. 1962 The Painted  smile. 1961 The Breaking Point. 1961 Touch of Death. 1961 Pit of Darkness. 1961 Rag Doll. 1959 The Ugly Duckling. 1959 Make Mine a Million. 1957 Man from Tangier. 1957 At the Stroke of Nine. 1957 Face in the Night. 1956 The Man in the Road. 1956 Faccia da mascalzone. 1954 The Last Moment. 1954 Bang! You're Dead. 1954 Eight O'Clock Walk. 1953 The Girl on the Pier. 1953 The Triangle (sement "American Duel"). 1953 The Genie (segments "The Heel", "The Genie"). 1950 Portrait of Clare. 1949 L'homme Ă  la cicatrice. 1948 Daughter of Darkness. 1947 Le port de la tentation. 1946 La perle noire. 1945 Great Day. 1944 Hotel Reserve. 1943 Escape to Danger. 1943 Old Mother Riley Detective. 1943 When We Are Married. 1943 Squadron Leader X. 1942 Those Kids from Town. 1942 Le chapelier et son château. 1942 Penn of Pennsylvania.


ExhumĂ© de l'oubli par le gĂ©nial Ă©diteur Artus Film, mĂŞme si uniquement dispo en Dvd (copie tout Ă  fait correcte), VostfrOrgie Satanique (titre français un brin outrancier) est une charmante curiositĂ© qui doit son capital sympathie de par la modestie de l'entreprise surfant sur le gothisme de la Hammer Film dans un contexte un peu plus contemporain. Car exploitant Ă  nouveau le vampirisme sous couvert de magie noire et d'occultisme sans que n'y pointe de quelconques canines incisives, Orgie Satanique dĂ©gage un charme rĂ©tro constamment probant eu Ă©gard de l'application de sa rĂ©alisation "bricolĂ©e", de la beautĂ© de ses dĂ©cors domestiques un tantinet gothiques et de l'attrait attachant des interprètes sobrement convaincants Ă  dĂ©faut de se transcender. L'intrigue demeurant qui plus est relativement efficace lorsque Paul Baxter se substitue en investigateur depuis la disparition de son amie Anne. 


Ce qui l'entraĂ®nera Ă  frĂ©quenter le comte Sinistre (Hubert NoĂ«l s'avère magnĂ©tique par son petit regard azur reptilien Ă©paulĂ© d'une posture longiligne discrètement snobĂ©e) accompagnĂ© de son Ă©pouse Tania, couple dĂ©lĂ©tère instigateur d'une secte afin d'y vouer une victime fĂ©minine (Karen Steele) Ă  l'immortalitĂ©. Or, le prĂ©cieux talisman indispensable au rituel sanglant est depuis passĂ© entre les mains de Paul Baxter qu'il repĂŞcha sur les lieux du crime d'Anne. Ainsi, avec son ambiance occulte fleurant bon le Fantastique vintage, Orgie Satanique sĂ©duira les afficionados du genre, Ă  dĂ©faut d'y conquĂ©rir la nouvelle gĂ©nĂ©ration, et ce avec une probitĂ© qui fait plaisir Ă  voir de nos jours rĂ©volus. Une raretĂ© dĂ©nuĂ©e de prĂ©tention, Ă  dĂ©couvrir donc, alors qu'il s'afficha sur nos Ă©crans hexagonaux 5 ans après sa sortie British. 


* Bruno
07.06.18
23.02.23

mercredi 22 février 2023

The Whale

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Darren Aronofski. 2022. U.S.A. 1h57. Avec Brendan Fraser, Samantha Morton, Ty Simpkins, Sadie Sink, Hong Chau

Sortie salles France: 8 Mars 2023.  U.S: 9 DĂ©cembre 2022

FILMOGRAPHIE: Darren Aronofski est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 12 fĂ©vrier 1969 Ă  Brooklyn (New York). Il travaille aussi en tant que scĂ©nariste et producteur. 1998 : Ď€, 2000 : Requiem for a dream, 2006 : The Fountain, 2009 : The Wrestler, 2010 : Black Swan. 2014: NoĂ©. 2017: Mother ! 2022: The Whale. 

Dans un climat fĂ©tide irrespirable Ă©paulĂ© d'une photo grisonnante cadrĂ©e en 4/3 (parti-pris du cadre restreint), Darren Aronofski nous relate la quotidiennetĂ© (quasi) esseulĂ©e d'un père ventripotent (il pèse plus de 270 kilos) tentant de renouer avec sa fille de 16 ans qu'il n'a pas revu depuis 8 ans. Drame psychologique intimiste d'une redoutable cruautĂ© Ă  travers le calvaire d'une obĂ©sitĂ© disproportionnĂ©e que les sermons d'une ado ne cesse d'appuyer Ă  travers sa haine Ă  la fois parentale et misanthrope, The Whale ne laisse nullement indiffĂ©rent Ă  observer sans voyeurisme ni complaisance cet homosexuel en berne dĂ©libĂ©rĂ© Ă  en finir après avoir tentĂ© de rĂ©parer ses fautes auprès de sa fille mutine incapable de lui pardonner sa dĂ©mission familiale. Ainsi, Ă  travers les thĂ©matiques de la foi religieuse (en dichotomie avec l'athĂ©isme), l'homosexualitĂ© (s'opposant Ă  l'homophobie d'une main trompeuse), la solitude (tristement actuelle) impartie au cĂ©libat et la cellule familiale en marasme, The Whale dĂ©gage une trouble aura de malaise mĂŞlĂ©e d'espoir et d'optimisme auprès de l'Ă©thique de cet homme rongĂ© de remord mais dĂ©libĂ©rĂ© Ă  prĂ´ner autour de lui la force de la passion que symbolisent les valeurs humaines que tout un chacun renferme en son intĂ©rieur. 

Et s'il ne s'agit pas Ă  mon sens d'un grand film ni d'un chef-d'oeuvre, c'est que The Whale ne le cherche pas Ă  l'ĂŞtre en oscillant modestie, pudeur et dignitĂ©. Un huis-clos confidentiel Ă©touffant nous laissant de redoutables traces (/sĂ©quelles) dans l'encĂ©phale sous l'impulsion du jeu lestement tendre et dĂ©sespĂ©rĂ© de Brendan Fraser se livrant Ă  nu face camĂ©ra avec une intensitĂ© expressive parfois mĂŞme insupportable (jusqu'au malaise viscĂ©ral). Quand bien mĂŞme les seconds-rĂ´les qui l'entourent demeurent communĂ©ment expansifs, pour ne pas dire fulgurants Ă  lui infliger leur rage de vivre (et de survie) depuis sa condition recluse irrĂ©vocable. Bouleversant et malaisant, The Whale l'est en intermittence assurĂ©ment (quand bien mĂŞme son ultime demi-heure demeure magistralement Ă©prouvante auprès de sa profondeur cĂ©rĂ©brale) sans s'apitoyer sur le sort prĂ©caire de ses personnages torturĂ©s. Puisque rongĂ©s par le mal-ĂŞtre existentiel, l'incommunicabilitĂ©, la remise en question rĂ©demptrice, la quĂŞte du pardon, la peur de l'Ă©chec et l'hĂ©sitation de l'Ă©treinte. 

Une oeuvre forte donc, cruelle et désespérée, mais aussi luminescente (ultime image évocatrice) car pleine d'espoir et d'optimisme à travers son message spirituel du pardon et de l'incitation à l'affirmation afin d'accéder à l'amour.

*Bruno

jeudi 9 février 2023

Le Village / The Village

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Night. M. Shyamalan. 2004. U.S.A. 1h43. Avec Bryce Dallas Howard, Joaquin Phoenix, Adrien Brody, William Hurt, Sigourney Weaver, Brendan Gleeson, Cherry Jones, Celia Weston.

Sortie salles France: 18 Août 2004. U.S: 30 Juillet 2004

FILMOGRAPHIE: M. Night Shyamalan est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur amĂ©ricain, d'origine indienne, nĂ© le 6 AoĂ»t 1970 Ă  PondichĂ©ry. 1992: Praying with Angers. 1998: Eveil Ă  la vie. 1999: Sixième Sens. 2000: Incassable. 2002: Signs. 2004: Le Village. 2006: La Jeune fille de l'eau. 2008: Phenomènes. 2010: Le Dernier maĂ®tre de l'air. 2013: After Earth. 2015: The Visit. 2017: Split. 2019: Glass. 2021: Old. 2023: Knock at the Cabin. 


Après avoir Ă©tĂ© profondĂ©ment déçu lors de sa sortie en salles, faute d'avoir Ă©tĂ© vendu Ă  tort comme un film d'Ă©pouvante en bonne et due forme, et bien qu'il m'eut fallu ce soir une grosse demi-heure d'adaptation Ă  m'immerger dans cet univers hermĂ©tique (en espĂ©rant que ce soit un problème de fatigue et qu'au 3è visionnage j'y sois plus attentif et investi au vu de sa progression dramatique loin de laisser indiffĂ©rent), Le Village m'est apparu autrement substantiel, profond, fragile, intimiste, Ă©mouvant Ă  travers la thĂ©matique de l'obscurantisme que Night. M. Shyamalan traite de manière Ă©tonnamment prude et personnelle. Or, il s'agit toutefois d'une oeuvre dĂ©licate un brin difficile d'accès si j'en juge ma difficultĂ© Ă  m'ĂŞtre familiarisĂ© auprès des personnages introvertis et de leur environnement paisible puisque vivants en autarcie dans une campagne loin de toute urbanisation. Et si le rĂ©cit languissant peine Ă  captiver au 1er abord, dès qu'intervient le 1er incident (sans dĂ©voiler d'autre dĂ©tail), le Village demeure davantage captivant, envoĂ»tant, Ă©trange, ombrageux, alerte lors de l'initiation d'une jeune aveugle collapsĂ©e, dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  sauver de l'agonie son prince charmant. Un modeste paysan gagnĂ© lui aussi par la curiositĂ© de dĂ©couvrir ce qui se tapi dans les bois et au-delĂ , si bien que selon la lĂ©gende locale une crĂ©ature est aux aguets si un des mĂ©tayers ose s'y aventurer pour regagner la ville. 


Franchement poignant et Ă©mouvant Ă  travers son discours pacifiste militant pour la non-violence et la tranquillitĂ© d'une existence sectaire impartie au non-dit, Ă  la feinte, au simulacre, le Village nous dĂ©montre avec pudeur et retenue que la violence reste pour autant une menace environnementale oĂą que nous nous implantions et quelque soit nos moyens mis Ă  disposition pour s'en prĂ©server. Si bien que le Mal reste dans la nature humaine Ă  travers sa dualitĂ© bicĂ©phale Ă  combattre ou pas ses dĂ©mons internes lorsque rancoeur, jalousie, vengeance entrent en scène pour le dĂ©fier de sa capacitĂ© (ou non) Ă  canaliser ses sentiments prĂ©judiciables. Joliment photographiĂ© et traversĂ© d'images graciles d'un onirisme naturaliste, le Village sĂ©duit les mirettes mais aussi l'ouĂŻe. Tant auprès de ses dialogues Ă©tonnamment ciselĂ©s auquel il faut rester Ă  l'Ă©coute que du jeu investi des acteurs rĂ©solument impliquĂ©s dans leur morale anti progressiste puisque rĂ©futant toute forme de modernisme, communication avec l'Ă©tranger et technologie envahissante. C'est donc une forme de cri de dĂ©sespoir que nous cultive sobrement Night M Shyamalan Ă  observer les motivations conservatrices de cette communautĂ© Ă  la fois superstitieuse et rĂ©trograde car s'inventant en lieu et place de survie un semblant d'havre de paix en ayant recours Ă  l'artillerie de lĂ©gendes sĂ©culaires. Il y Ă©mane une oeuvre Ă©purĂ©e d'une grande sensibilitĂ©, tel ce besoin immodĂ©rĂ© d'aimer et d'ĂŞtre aimĂ©, notamment auprès de son amertume tacite renforcĂ© d'un happy-end non rĂ©dempteur. 


A revoir, en ayant toutefois conscience d'avoir affaire Ă  un drame psychologique d'une rigueur communicative plutĂ´t que l'affabulation du "ouh fais moi peur" grossièrement Ă©tendu lors de sa sortie cinĂ©. 

*Bruno

Box-Office France: 2 430 910 entrées

lundi 6 février 2023

Tueurs de Dames / The Ladykillers

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Alexander Mackendrick. 1955. Angleterre. 1h31. Avec Katie Johnson, Alec Guinness, Cecil Parker, Herbert Lom, Peter Sellers.

Sortie salles France: 3 fĂ©vrier 1956. Angleterre: 8 dĂ©cembre 1955

FILMOGRAPHIE: Alexander Mackendrick (Boston, 8 septembre 1912 – Los Angeles, 22 dĂ©cembre 1993) est un rĂ©alisateur de cinĂ©ma britannique, d'ascendance Ă©cossaise. 1949 : Whisky Ă  gogo ! 1951 : L’Homme au complet blanc. 1952 : La Merveilleuse Histoire de Mandy. 1954 : The Maggie. 1955 : Tueurs de dames. 1957 : Le Grand Chantage. 1959 : Au fil de l'Ă©pĂ©e corĂ©alisĂ© par Guy Hamilton — Mackendrick non crĂ©ditĂ©. 1961 : Les Canons de Navarone corĂ©alisĂ© par Jack Lee Thompson — Mackendrick non crĂ©ditĂ©. 1963 : L'OdyssĂ©e du petit Sammy. 1964 : The Defenders. 1965 : Cyclone Ă  la JamaĂŻque. 1967 : Oh Dad, Poor Dad, Mama's Hung You in the Closet and I'm Feeling So Sad (non crĂ©ditĂ©). 1967 : Comment rĂ©ussir en amour sans se fatiguer.
  

Tout simplement l'une des meilleures comĂ©dies jamais rĂ©alisĂ©es, un chef-d'oeuvre d'humour noir comme seuls les anglais ont le secret lorsque l'on a comme bagage un pitch aussi astucieux, prĂ©texte Ă  mettre en exergue une galerie de 5 gangsters minables (tout droits sortis d'une bande dessinĂ©e) Ă©laborant leur coup du siècle parmi l'involontaire complicitĂ© d'une vieille dame vertueuse les hĂ©bergeant dans sa demeure locative. Multipliant sans modĂ©ration les gags et situations, tant Ă  l'extĂ©rieur de la demeure (le casse, l'altercation du commerçant avec le cheval, les incidents meurtriers Ă  rĂ©pĂ©tition du dernier acte) qu'en interne du huis-clos domestique Ă©trangement dĂ©gingandĂ© (certaines pièces de la maison sont obliques Ă  la suite des bombardements de la seconde guerre mondiale), Tueurs de Dames est une jubilatoire confrontation psychologique entre ses pieds nickelĂ©s faussement courtois et cette dame dĂ©bonnaire pour l'enjeu d'un butin. Ainsi, si cette comĂ©die caustique demeure aussi drĂ´le qu'attachante, elle le doit Ă©galement beaucoup Ă  la complĂ©mentaritĂ© (sournoise) de ses interprètes masculins gĂ©nialement caricaturaux et prenant leur rĂ´le rĂ©solument au sĂ©rieux afin d'y provoquer le dĂ©calage hilarant escomptĂ©. 


L'immense Alec Guinness endossant sans doute un de ses meilleurs rĂ´les en leader obsĂ©quieux jouant magnifiquement avec la pantomime dans sa posture spectrale fĂ©rue de tics que l'on croirait extirpĂ©e d'un film d'Ă©pouvante. Rien que sa prĂ©sence placide provoquant autant la fascination que le rire nerveux Ă  chacune de ses apparitions doucement autoritaires. Quand bien mĂŞme Katie Johnson s'avère absolument dĂ©lectable de vertu, de naĂŻvetĂ©, de candeur et de correction Ă  accueillir Ă  bras ouverts ses hĂ´tes en compagnie de ses 3 pĂ©roquets (non dupes de l'identitĂ© de ses criminels !) avant de comprendre ce qui se trame vĂ©ritablement derrière ses violoncellistes usurpateurs d'une lâchetĂ© sans Ă©gale (le final sinistrĂ© valant son pesant de cacahuètes). Enfin, on peut Ă©galement prĂ´ner l'effet d'immersion que cette oeuvre british conçu en 55 nous procure grâce au soin de sa scĂ©nographie domestique rĂ©tro que symbolise cette bicoque dĂ©catie implantĂ©e Ă  proximitĂ© d'un chemin de fer. Une petite ambiance d'Ă©trangetĂ© Ă©manant d'ailleurs de cette modeste demeure encombrĂ©e de malfrats davantage patibulaires Ă  dĂ©cider de se dĂ©barrasser de cette pauvre vieille dame sans dĂ©fense.  


VĂ©ritable bijou d'humour et d'insolence Ă  travers le jeu pervers de ses braqueurs chafouins impeccablement dessinĂ©s, Tueurs de Dames cumule sans faillir les situations impayables gĂ©nialement grotesques pour nous passionner de cette farce macabre Ă  la conclusion aussi badine que politiquement incorrecte. A revoir d'urgence, aussi pour se rendre compte Ă  quel point Tueurs de Dames transcende le temps (marque de fabrique du chef-d'oeuvre au sens Ă©tymologique) plus de 8 dĂ©cennies plus tard. 

DĂ©dicace Ă  JĂ©rĂ´me AndrĂ© Tranchant. 

*Bruno
3èx

Récompenses
BAFTA 1956 :
BAFTA de la meilleure actrice britannique pour Katie Johnson
BAFTA du meilleur scénario pour William Rose

jeudi 2 février 2023

Contronatura / Schreie in der Nacht

                                           
                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmposter-archiv.de
                                      
de Antonio Margheriti. 1969. Italie/Allemagne. 1h31. Avec Joachim Fuchsberger, Marianne Koch, Helga Anders, Claudio Camaso, Luciano Pigozzi, Dominique Boschero, Giuliano Raffaelli.

InĂ©dit en France. Sortie salles Italie: 12 Septembre 1969

FILMOGRAPHIEAntonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un rĂ©alisateur italien, nĂ© le 19 septembre 1930 Ă  Rome, dĂ©cĂ©dĂ© le 4 Novembre 2002 Ă  Monterosi. 1960: Le Vainqueur de l'espace.  1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les GĂ©ants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est lĂ . 1969: Contronatura. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les FantĂ´mes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karatĂ©. 1975: La ChevauchĂ©e terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: HĂ©ros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


Le pitch: Le très riche Archibald Barrett doit rencontrer son avocat d’affaire pour lui remettre les derniers papiers qui le rendront dĂ©finitivement propriĂ©taire des biens de son dĂ©funt cousin, Richard Wright. Il voyage accompagnĂ© de son comptable Ben Taylor, de sa femme Vivian, de son secrĂ©taire Alfred et de la femme de ce dernier. Il pleut averse et la voiture s’embourbe. Le groupe se rĂ©fugie alors dans un chalet isolĂ© qui se trouve non loin de leur route. Ils interrompent en cela une sĂ©ance de spiritisme, organisĂ©e par Unah, la propriĂ©taire de ces lieux. Celle-ci , en complète transe commence Ă  dĂ©voiler le passer de chacun des hĂ´tes.


Hyper rare, quasi invisible, inĂ©dit en salles chez nous et peu abordĂ© chez les critiques spĂ©cialisĂ©es, si bien que j'ignorai son existence, Contronatura renait de ses cendres grâce Ă  l'Ă©diteur Artus Films. Et ce mĂŞme si leur copie relativement terne, mĂ©diocre, monochrome, qui plus est Ă©maillĂ©e de scratchs, ne favorise pas l'immersion de cette sombre machination vĂ©nale constamment inquiĂ©tante en utilisant Ă  bon escient l'alibi du genre Fantastique en trompe l'oeil. Il est d'ailleurs considĂ©rĂ© selon les fans de  Margheriti  comme son meilleur film avec Danse Macabre. Et bien que j'avoue prĂ©fĂ©rĂ© ce dernier, la Vierge de Nuremberg et la Sorcière SanglanteContronatura demeure sans conteste une excellente surprise exhumĂ©e d'outre-tombe. Un thriller Ă  suspense constamment captivant en dĂ©pit d'une structure narrative plutĂ´t dĂ©sordonnĂ©e, ce qui hĂ©las fait parfois perdre le fil de l'intrigue au spectateur, embourbĂ©e dans les va-et-vient de (trop) nombreux flash-back et moult personnages interlopes (que l'on peine parfois Ă  identifier Ă  cause de la copie opaque) impliquĂ©s dans une sĂ©rie de morts violentes laissĂ©es en suspens. 

                                                              

Ainsi, en dĂ©pit de cette mauvaise gestion rehaussant la complexitĂ© d'une intrigue aussi originale que nĂ©buleuse, Contronatura ne relâche toutefois point l'attention et la tension, notamment grâce Ă  la conviction des comĂ©diens communĂ©ment impliquĂ©s dans leur fonction coupable ou revancharde oĂą s'infiltre en intermittence le thème audacieux du saphisme en cette annĂ©e 69. A dĂ©couvrir absolument donc, en espĂ©rant qu'un jour prochain un Ă©diteur puisse le redorer en qualitĂ© HD, si bien que son ambiance gothico-funeste ne manque pas d'attrait envoĂ»tant avant de nous Ă©branler lors d'un surprenant Ă©pilogue faisant inopinĂ©ment intervenir le genre Spoil ! catastrophe ! Fin du Spoil. C'est dire si Contronatura  s'avère une oeuvre marginale Ă  la fois ambitieuse, sincère, retorse, vĂ©nĂ©neuse, appliquĂ©e pour s'extirper de l'ornière. 

*Bruno
2èx. Vostfr