mercredi 26 juillet 2023

Straight on till morning

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Peter Collinson. 1972. Angleterre. 1h39. Avec Rita Tushingham, Shane Briant, James Bolam, Katya Wyeth, Annie Ross, Tom Bell.

Sortie salles Angleterre: 9 Juillet 1972

FILMOGRAPHIE: Peter Collinson est un réalisateur anglais, né le 1er avril 1936 à Cleethorpes (Angleterre), décédé le 16 décembre 1980 à Los Angeles (Californie).1963 : Blackwater Holiday (doc). 1967 : La Nuit des alligators. 1968 : Les Bas Quartiers. 1968 : Un jour parmi tant d'autres. 1969 : L'or se barre. 1970 : Les Baroudeurs. 1971 : La Peur. 1972 : Straight on Till Morning. 1972 : Nid d'espions à Istanbul. 1973 : Les Colts au soleil. 1974 : La Chasse sanglante. 1974 : Dix petits nègres. 1975 : La Nuit de la peur. 1976 : Le Sursis. 1977 : Un risque à courir. 1978 : Demain, la fin ou La Rage au cœur. 1980 : Australia Kid.

C'est une rĂ©elle curiositĂ© expĂ©rimentale que nous propose la Hammer Film par l'auteur du classique maudit La Chasse Sanglante (on dĂ©sespère d'une sortie BR !), Peter Colinson. Très peu connu du public, inĂ©dit en salles dans nos contrĂ©es et rarement citĂ© auprès des aficionados, Straight on till morning se dĂ©cline en huis-clos domestique un tantinet psychĂ©dĂ©lique si je me rĂ©fère aux 20 minutes liminaires festoyantes et Ă  son montage Ă©pileptique alternant deux sĂ©quences distinctes (voirs 3 par moments) de manière furtive, pour ne pas dire agressive. Tant et si bien que de prime abord il m'eut Ă©tĂ© difficile de me familiariser Ă  cette romance schizo auquel un cĂ©libataire utopiste (il refuse de grandir, de travailler, d'entreprendre quelconque projet) multiplie les conquĂŞtes fĂ©minines en s'efforçant d'y dĂ©nicher le physique standard. Dans la mesure oĂą Peter (allusion Ă  Peter Pan), victime de sa beautĂ© physique, ne supporte plus les cagoles d'un soir Ă  la posture aussi sexy qu'orgueilleuse. 

Or, un jour, il fait la connaissance de Brenda, jeune fille immature et influençable, venant tout juste de quitter son cocon, faute d'une maman bigote monoparentale. Au fil de leur relation amoureuse que l'on nous illustre de manière Ă  la fois interlope et dĂ©routante, avec parfois cette tendance d'y privilĂ©gier le montage bicĂ©phale moins irritable, la dinette vire au cauchemar relationnel. Avec, en intermittence, trois sĂ©quences horrifiques expĂ©rimentales assez perturbantes et Ă©peurantes, de par une très habile utilisation auditive rĂ©solument terrifiante, dĂ©rangeante, malaisante, plutĂ´t que de cĂ©der aux sirènes du gore graphique. Cependant,  Straight on till morning a du mal Ă  captiver Ă  travers son ambiance atypique quasi ineffable, Ă  l'aune de son cheminement narratif assez prĂ©visible et contĂ© de manière si personnelle, mĂŞme si notre curiositĂ© reste en Ă©veil jusqu'au gĂ©nĂ©rique de par l'excellence de l'acting infiniment convaincant. Et c'est bien lĂ  la plus grande qualitĂ© du mĂ©trage que de tabler sur le duo galvaudĂ© Rita Tushingham (au physique fort particulier dans son corps de femme enfant aux yeux azurs) / Shane Briant  particulièrement magnĂ©tique dans leurs postures dĂ©gingandĂ©es de grands gamins borderline inĂ©vitablement livrĂ©s Ă  la dĂ©route conjugale. 

A rĂ©server toutefois Ă  un public averti dans la mesure oĂą son climat hermĂ©tique peu affable et amiteux, risque de dĂ©plaire Ă  une frange de spectateurs. C'est d'ailleurs probablement le mĂ©trage le plus bizarroĂŻde que j'ai pu voir au sein de la firme Hammer qui tentait ici de se redorer le blason Ă  l'orĂ©e des Seventies.

*Bruno

mardi 25 juillet 2023

Les Démons de l'Esprit / Demons of the Mind

                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Peter Sykes. 1972. Angleterre. 1h35. Avec Gillian Hills, Robert Hardy, Patrick Magee, Michael Hordern, Shane Briant

Sortie salles France: 20 Septembre 1973. Angleterre: 5 Novembre 1972

FILMOGRAPHIEPeter Sykes est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste australien nĂ© le 17 juin 1939 Ă  Melbourne (Australie) et mort le 1er mars 2006. 1968 : The Committee. 1971 : Venom. 1972 : Les DĂ©mons de l'esprit (Demons of the Mind). 1973 : The House in Nightmare Park. 1973 : Steptoe and Son Ride Again. 1976 : Une fille... pour le diable (To the Devil a Daughter). 1979 : Jesus. 

Dommage que cette raretĂ© oubliĂ©e issue de la firme Hammer ne soit pas reconnue par les critiques, voire mĂŞme aussi du public si on excepte une poignĂ©e d'irrĂ©ductibles dont je fais indubitablement parti après l'avoir revu une seconde fois avec beaucoup de plaisir. Car si effectivement l'oeuvre rigoureusement inquiĂ©tante pâtie d'un scĂ©nario Ă  la fois mal structurĂ© et (sciemment) confus, les DĂ©mons de l'esprit oppose efficacement horreur gothique sĂ©culaire et horreur psychologique autrement contemporaine par le truchement de la psychanalyse. D'ailleurs, cette confusion narrative partant un peu dans tous les sens permet toutefois d'insuffler un climat d'Ă©trangetĂ© prĂ©gnant qui ne nous lâche pas d'une semelle jusqu'au final rĂ©vĂ©lateur d'une grande violence graphique (pour l'Ă©poque et pour une prod Hammer). Peter Sykes  dĂ©nonçant assez intelligemment, et dans une Ă©tonnante ambiance malsaine quasi indicible (on peut aussi rappeler que Peter Sykes rĂ©cidivera dans l'inconfort licencieux avec le sulfureux Une Fille pour le Diable), les thĂ©matiques Ă©pineuses du fanatisme religieux, de l'inceste, du patriarcat et des superstitions parmi l'autoritĂ© d'un père de famille en berne s'efforçant d'emprisonner son fils et sa fille Ă  la suite du suicide de son Ă©pouse dĂ©pressive. 

Or, incapable de surmonter la perte de l'ĂŞtre aimĂ©, celui-ci se venge inconsciemment sur ses progĂ©nitures afin de punir son Ă©pouse dĂ©froquĂ©e (elle qui osa le blasphème du suicide), victime selon lui d'une malĂ©diction dĂ©moniale. Par consĂ©quent, en y faisant intervenir un praticien aux mĂ©thodes archaĂŻques mais en voie de remise en question morale, les DĂ©mons de l'Esprit  y suggère une sociĂ©tĂ© en mutabilitĂ© de par l'Ă©veil de conscience de mentalitĂ©s plus ouvertes (notamment auprès d'un second mĂ©decin en herbe autrement perspicace, clĂ©ment, lucide et rationnel s'attachant particulièrement au sort prĂ©caire d'Elisabeth, soumise et droguĂ©e) en dĂ©pit des coutumes moyenâgeuses des villageois d'accomplir une justice expĂ©ditive rigoureusement barbare. Outre sa superbe photo mettant en valeur les dĂ©cors naturels oniriques ainsi que le manoir de Wykehurst Park, Les DĂ©mons de l'esprit est renforcĂ© de la qualitĂ© de son interprĂ©tation. Tant auprès de ceux endossant les Ă©lĂ©ments perturbateurs, des villageois tributaires de l'affres du Mal que des enfants dĂ©munis de Zorn nous interrogeant frĂ©quemment sur leur personnalitĂ© sciemment ambivalente. 


Egalement teintĂ© de surrĂ©alisme par la fantasmagorie du rĂŞve, de l'intuition et des hallucinations auprès de cette filiation plausiblement malĂ©fique, les dĂ©mons de l'esprit est Ă  dĂ©couvrir avec vif intĂ©rĂŞt. Si bien qu'il s'agit d'une oeuvre horrifique Ă©tonnamment moderne d'après son cadre rĂ©tro, tout en Ă©tant dĂ©concertante, Ă©quivoque sous le pilier d'un rĂ©alisme obscur Ă  la violence parfois crue. 

*Bruno
2èx. Vostfr.

lundi 24 juillet 2023

The last Starfighter

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Nick Castle. 1984. U.S.A. 1h40. Avec Lance Guest, Dan O'Herlihy, Catherine Mary Stewart, Robert Preston

Sortie salles France: 5 Juin 1985

FILMOGRAPHIE: Nick Castle est un scĂ©nariste, acteur et rĂ©alisateur de film amĂ©ricain nĂ© le 21 septembre 1947 Ă  Los Angeles (Californie, États-Unis). 1982 : T.A.G.: Le Jeu de l'Assassinat (Tag: The Assassination Game). 1984 : Starfighter (The last starfighter). 1986 : La TĂŞte dans les nuages (The Boy Who Could Fly). 1987 : Histoires fantastiques (Amazing Stories) (SĂ©rie TV) : (Saison 2, Ă©pisode 15 : Lucy). 1989 : Tap. 1990 : Shangri-La Plaza (TV). 1992 : Denis la Malice (Dennis the Menace). 1995 : Major Payne. 1996 : Mr. Wrong. 2001 : Delivering Milo. 2001 : 'Twas the Night (TV). 2003 : The Seat Filler. 2006 : Connors' War (VidĂ©o). 

Petit classique de la science-fiction des années 80 conçu pour émerveiller les ados à travers son sujet utopiste (un ado est recruté par un émissaire pour combattre dans l'espace de méchants E.T après avoir atomisé le score de son jeu-video "Starfighter"), The Last Starfighter demeure un divertissement bonnard que la génération 80 reverra sans doute la larme à l'oeil. Emaillé de maladresses, ultra prévisible, naïf et surtout desservi d'FX en images de synthèse obsolètes; The Last Starfighter dégage pour autant un évident charme attractif auprès de son concept débridé, à l'instar de toutes ses séquences "féeriques" de tendresse entre Alex et sa compagne mais aussi avec son voisinage familier tant attachant que l'on jurerait extirpé d'une prod Amblin Entertainment

Et c'est bien lĂ  le meilleur intĂ©rĂŞt du mĂ©trage que de flirter frĂ©quemment avec les bons sentiments attendrissants plutĂ´t que de se rĂ©jouir des sĂ©quences d'action stellaires nĂ©anmoins amusantes, simplistes, ludiques. Quand Ă  l'acting de seconde zone, lĂ  encore le mĂ©trage marque des points tant les comĂ©diens expansifs prennent plaisir Ă  participer Ă  l'aventure avec une dose d'humour parfois lourdingue, mais la gĂ©nĂ©rositĂ© qui en Ă©mane nous permet d'y faire abstraction si bien que The Last Starfighter doit notamment sa rĂ©ussite grâce Ă  son refus de prĂ©tention que de divertir avec une dose d'Ă©motions exaltantes. Un plaisir mineur certes, mais qui fait chaud au coeur de renouer avec nos Ă©motions d'ado en Ă©moi avec une intĂ©gritĂ© indiscutable, et ce sous l'impulsion d'une orchestration jouasse en bonne et due forme. 

*Bruno

jeudi 20 juillet 2023

Dune

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de David Lynch. 1984. U.S.A/Mexique. 2h17. Avec Francesca Annis, Leonardo Cimino, Brad Dourif, José Ferrer, Linda Hunt, Freddie Jones, Richard Jordan, Kyle MacLachlan, Virginia Madsen, Silvana Mangano, Everett McGill, Kenneth McMillan, Jack Nance, Siân Phillips, Jürgen Prochnow, Paul L. Smith, Patrick Stewart, Sting, Dean Stockwell, Max von Sydow, Alicia Witt, Sean Young.

Sortie salles France: 6 fĂ©vrier 1985. U.S: 14 DĂ©cembre 1984

FILMOGRAPHIE: David Lynch est un réalisateur, photographe, musicien et peintre américain, né le 20 Janvier 1946 à Missoula, dans le Montana, U.S.A. 1976: Eraserhead. 1980: Elephant Man. 1984: Dune. 1986: Blue Velvet. 1990: Sailor et Lula. 1992: Twin Peaks. 1997: Lost Highway. 1999: Une Histoire Vraie. 2001: Mulholland Drive. 2006: Inland Empire. 2012: Meditation, Creativity, Peace (documentaire).

"Un monde au-delĂ  de vos rĂŞves. Un film au-delĂ  de votre imagination", dixit la tagline de l’Ă©poque. Et c’est exactement – au mot près – ce que nous offre l’alchimiste David Lynch, qui renia pourtant son Ĺ“uvre, sans jamais lui pardonner (notamment auprès des producteurs, dont De Laurentiis). Or, Ă  l’instar de ces films mĂ©sestimĂ©s par leur propre auteur (Gloria de Cassavetes, Nomads de McTiernan, La Forteresse Noire de Mann), Dune est un spectacle SF monumental qu’on aurait tort de bouder sous prĂ©texte des mauvaises langues (mĂŞme si, aujourd’hui, il est enfin estampillĂ© "culte"). Un OFNI ne ressemblant Ă  aucun autre mĂ©trage, avec son budget de 45 millions de dollars. Aussi dĂ©gingandĂ©, confus, impĂ©nĂ©trable, austère, froid, distant et elliptique soit-il, ce grand spectacle venu d’un autre temps… Il n’en reste pas moins fascinant. Ce qui, inĂ©vitablement, causa un Ă©chec public sĂ©vère – plutĂ´t comprĂ©hensible tant l’Ĺ“uvre malade ne s’adresse certainement pas au grand public. On est très loin du divertissement bonnard de La Guerre des Étoiles.

Et pourtant… Ă  la cinquième revoyure – ou plutĂ´t, Ă  chaque rĂ©vision – j’ai la troublante impression de contempler, de (re)vivre une expĂ©rience quasi inĂ©dite. Comme s’il s’agissait encore et toujours d’une première fois. Qui plus est, dans une version 4K Ă  damner un saint (je pèse mes mots : il faut le voir – et le comparer au Blu-ray – pour le croire). Du jamais vu, j’vous dis !

Ainsi, malgrĂ© son souffle surdimensionnĂ© qui nous en fout plein la vue Ă  chaque minute – Ă  travers ses dĂ©cors colossaux, naturels, domestiques, sculpturaux, hĂ©ritĂ©s du pĂ©plum et de l’univers stellaire ; ses costumes hiĂ©ratiques taillĂ©s au scalpel ; ses FX mĂ©caniques et charnels ; sa photographie sĂ©pia ; sa figuration massive digne d’un DeMille ; et ce score de Toto, d’une ampleur sombre et homĂ©rique – malgrĂ© cet aspect baroque incommensurable, Dune nous hypnotise par sa beautĂ© funeste, lyrique, onirique, Ă©trange, ombrageuse.

Lynch compose lĂ , avec son ambition personnelle, un ballet funèbre traversĂ© de sĂ©quences atypiques (notamment dans les rapports de force, les tensions psychologiques, les rivalitĂ©s feutrĂ©es), qui nous interpellent par leur dialecte philosophique – quand bien mĂŞme la posture dĂ©concertante des personnages nous laisse pantois d’impassibilitĂ©. Qu’il s’agisse de leur manière de communiquer (certains par tĂ©lĂ©pathie), de combattre par un cri guerrier, ou de cette profusion de dĂ©tails morbides (les pustules de l’Empereur, cette baudruche volante emplie de perversitĂ©), d’armes et d’ustensiles mortels jamais vus sur pellicule.


Le dormeur doit se réveiller.
Fort d’un prestigieux casting habitĂ© par ses rĂ´les, plongĂ© dans une scĂ©nographie insensĂ©e au pouvoir de fascination troublant (lĂ  oĂą l’Ă©motion reste discrète, contenue, presque absente), Dune est un spectacle pharaonique qu’il faut avoir tentĂ© au moins une fois dans sa vie. Tant il est impossible d’ignorer sa puissance formelle, traversĂ©e de visions anthologiques, parfois si Ă©nigmatiques qu’elles nous Ă©chappent – mais sans que cela ne nuise, au contraire, tant ce mystère fait partie intĂ©grante de sa magie.
Qu’on y adhère ou non, on est confrontĂ© Ă  une forme de cinĂ©ma hallucinĂ©, abstraite, impossible Ă  dĂ©finir ni Ă  dĂ©crypter dans sa totalitĂ©.

*Bruno
5èx Vostfr

mercredi 19 juillet 2023

Brainstorm

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site mauvais-genres.com

de Douglas Trumbull. 1983. U.S.A. 1h46. Avec Christopher Walken, Natalie Wood, Louise Fletcher, Cliff Robertson

Sortie salles France: 1er Février 1984. U.S: 30 Septembre 1983

FILMOGRAPHIE: Douglas Trumbull est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 8 Avril 1942 à Los Angeles. 1972: Silent Running. 1978: Night of Dreams. 1983: Brainstorm. 1983: Big Ball. 1983: New Magic. 1985: Let's go. 1985: Tour of the Universe. 1989: Leornardo's Dream. 1990: To Dream of Roses. 1993: In Search of the Obelisk. 1996: Luxor Live. 1996: Theater of Time.

Oeuvre oubliĂ©e des annĂ©es 80 alors que l'Ă©mĂ©rite Douglas Trumbull n'est autre que le responsable du chef-d'oeuvre Silent Running, Brainstorm anticipe de quelque dĂ©cennies les travaux virtuels de Kathryn Bigelow pour l'apocalyptique Strange Days. Le rĂ©cit nous contant scrupuleusement avec rĂ©alisme documentĂ© les travaux rĂ©volutionnaires d'apprentis sorciers ayant inventĂ© un casque capable d'y enregistrer les pensĂ©es et Ă©motions d'autrui que le sujet savoure comme s'il s'agissait de sa propre personnalitĂ© d'après ses 5 sens. Or, lors d'un Ă©vènement tragique, une bande mĂ©morisĂ©e de souvenirs morbides intĂ©resse le corps militaire afin d'accomplir d'obscurs desseins. Superbement interprĂ©tĂ© par une plĂ©iade d'acteurs notoires n'ayant plus rien Ă  prouver (Christopher Walken, Natalie Wood, Louise Fletcher, Cliff Robertson), Brainstorm vaut autant pour son acting irrĂ©prochable (mention Ă  Walken et Fletcher en savants passionnĂ©s par leur devoir mais aussi leurs sentiments) que pour l'originalitĂ© de son concept technologique alarmiste autant fascinant qu'Ă©peurant. 

InquiĂ©tant, fascinant et captivant Ă  la fois de par son intrigue novatrice sobrement exposĂ©e Ă©paulĂ© qui plus est d'un suspense en ascension si je me rĂ©fère Ă  l'ultime demi-heure fertile en tension et action tout en y exploitant un sens du merveilleux spirituel formellement prodigieux, Brainstorm demeure un spectacle intelligent d'une surprenante modernitĂ©. Car outre son cĂ´tĂ© documentaire prĂ©gnant (il faut impĂ©rativement prioriser la VO) renforçant la crĂ©dibilitĂ© de ses passionnantes thĂ©matiques (lire dans les pensĂ©es d'autrui pour les revivre soi mĂŞme et se remĂ©moriser nos plus beaux souvenirs, visuellement parlant), les effets-spĂ©ciaux tiennent plutĂ´t bien la route de nos jours en dĂ©pit de certaines rares sĂ©quences visuels conçues par ordinateur (les sĂ©quences expĂ©rimentales Ă  bord de l'avion). Enfin, pour clore sur une note poignante, un petit mot sur l'actrice Nathalie Wood dĂ©cĂ©dĂ©e quelques semaines avant la fin du tournage (sa soeur la doublera pour les sĂ©quences finales) lors d'une trouble circonstance de noyade sur un yacht, alors qu'elle partage ici la vedette avec Christopher Walken Ă  travers une romance sobrement attachante, Ă©mouvante, pour ne pas dire fragile quant Ă  l'issue prĂ©caire de leur relation lors d'une conclusion haletante. 


*Bruno
2èx

Récompenses:

Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur 1984 :

Saturn Award de la meilleure actrice Ă  Louise Fletcher.

Saturn Award de la meilleure musique Ă  James Horner.

mardi 18 juillet 2023

Les 3 Mousquetaires: D'artagnan

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Martin Bourboulon. 2023. France/Allemagne/Espagne/Belgique. 2h01. Avec François Civil, Vincent Cassel, Romain Duris, Pio MarmaĂŻ, Eva Green, Jacob Fortune-Lloyd, Vicky Krieps 

Sortie salles France: 5 Avril 2023

FILMOGRAPHIE: Martin Bourboulon, nĂ© le 27 juin 1979 est un rĂ©alisateur français. 2015 : Papa ou Maman. 2016 : Papa ou Maman 2. 2021 : Eiffel. 2023 : Les Trois Mousquetaires : D'Artagnan. 2023 : Les Trois Mousquetaires : Milady. 


Un divertissement carré, adulte, saillant, avec du style, du coffre et de l'ambition.
Quel formidable divertissement que nous offre lĂ  Martin Bourboulon (dont personnellement j'ignorai l'existence en tant que cinĂ©aste) au sein d'un paysage français en voie de rĂ©surgence au vu de certains films qualitatifs touchants Ă  tous les genres avec une sincĂ©ritĂ© (Ă©tonnamment) indĂ©fectible (Bac Nord, Tout le monde debout, Petites, Grave, A plein temps, les Invisibles, La NuĂ©e, les Petites Victoires, Boite Noire, As Bestas, Revoir Paris, Alibi.com 2, l'Ascension, Le Pari, etc...). Car visuellement immersif, pour ne pas dire atmosphĂ©rique, les 3 Mousquetaires est Ă©galement un superbe film d'ambiance comme on en voit plus au coeur de l'aventure historique tous publics tant Martin Bourboulon fignole sa scĂ©nographie naturelle, architecturale, sculpturale, domestique avec un art consommĂ© du rĂ©alisme sensoriel. Qui plus est Ă©paulĂ© d'une photo sĂ©pia que certains critiques dĂ©plorent alors qu'Ă  mon sens ce parti-pris demeure idoine pour nous immerger dans ce thriller politique Ă  la fois sombre, obscur, romanesque et violemment Ă©pique (toutes les incroyables scènes de combat chorĂ©graphiĂ©es en plan-sĂ©quence sont retranscrites en vue subjective). 

Un spectacle efficace donc, formellement magnĂ©tique, bien menĂ© (aucun temps mort Ă  l'horizon) et impeccablement jouĂ© par une plĂ©iade de comĂ©diens rĂ©solument investis dans leur fonction hĂ©roĂŻque ou inhospitalière (Ă  l'instar de la vĂ©nĂ©neuse Eva Green en mystĂ©rieuse Milady possĂ©dant plus d'un tour dans son sac). Mention spĂ©ciale toutefois Ă  François Civil (la rĂ©vĂ©lation de Bac Nord) endossant D'artagnan entre naturel rafraichissant et panache affĂ»tĂ© si bien qu'il m'a un tantinet Ă©voquĂ© par instants les prĂ©mices du lĂ©gendaire Bebel, toutes proportions gardĂ©es. Quant Ă  la musique orchestrale que certains ont comparĂ© au score de Zimmer de The Dark Knight, je n'ai jamais eu cette fâcheuse impression de plagiat tant les sonoritĂ©s parfois similaires demeurent aussi discrètes que timorĂ©es (pour ne pas dire effacĂ©es). LĂ©ger bĂ©mol toutefois, mais qui n'engage que moi, l'intrigue bâtie sur les complots politiques entre protestants et catholiques m'a paru quelque peu complexe, un brin fouillis, peu limpide au fil d'une Ă©volution narrative pour autant captivante quant au savoir-faire du cinĂ©aste Ă  nous plaquer au siège avec cette Ă©vidente ambition de renouer avec les grands (espaces de) spectacles Ă  l'ancienne tout en le modernisant (par la forme) afin d'enthousiasmer la gĂ©nĂ©ration actuelle.

Vivement la suite, le 13 Décembre...

*Bruno

Box Office: 3 336 640 entrées à ce jour du 18.07.23

lundi 17 juillet 2023

Morgiana

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Juraj Herz. 1972. TchĂ©coslovaquie. 1h41. Avec Iva JanĹľurová, Josef Abrhám, Nina Divíšková, Petr ÄŚepek, Josef Somr, Jiří Kodet.

Sortie salles Tchécoslovaquie: 1er Septembre 1972

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Juraj Herz est un réalisateur, acteur et scénariste slovaque, né le 4 septembre 1934 à Kezmarok, en Tchécoslovaquie (actuellement en Slovaquie). 1968: l'Incinérateur de cadavres. 1972: Morgiana. 1978: La Belle et la Bête. 1979: Le 9è coeur. 1986: Galose stastia. 1996: Maigret tend un piège. Maigret et la tête d'un homme. 1997: Passage. 2009: T.M.A. 2010: Habermann.

MaĂ®tre du cinĂ©ma Tchèque Ă  qui l'on doit les grands classiques l'IncinĂ©rateur de Cadavres, le 9è Coeur et le splendide la Belle et la BĂŞteJuraj Herz n'en finit plus de nous surprendre avec Morgiana. Un thriller Ă  suspense mâtinĂ© de fantastique (en mode suggĂ©rĂ©), d'onirisme et de surrĂ©alisme avec l'Ă©trange sentiment de s'immerger dans un univers gothique sans Ă©gal. L'histoire obscure d'une rivalitĂ© entre 2 soeurs, Viktoria demeurant folle de jalousie auprès de Klara que la gente masculine ne cesse de courtiser. Or, un jour elle dĂ©cide de passer Ă  l'acte criminel en tentant de l'empoisonner. Mais rien ne se dĂ©roulera comme prĂ©vu. Et c'est ce qui fait le sel de ce rĂ©cit reptilien latent sublimĂ© du profil exĂ©crable d'une snobe criminelle imbibĂ©e d'hypocrisie alors que les rebondissements que l'on ne voient pas arriver nous dĂ©concertent en y dĂ©samorçant le surnaturel jusqu'Ă  l'Ă©pilogue teintĂ© de douce ironie. 

Les acteurs et actrices, tous mĂ©connus chez nous ayant une identitĂ© propre au point que le spectateur reste fascinĂ© pour leur comportement autre, leur façon un tantinet particulière de jouer et d'y donner la rĂ©plique, et par la manière dont le rĂ©alisateur use et abuse de gros plans, de cadrages agressifs de telle sorte de nous plonger dans une fantasmagorie singulière subtilement envoĂ»tante. Mais outre l'efficacitĂ© de son rĂ©cit machiavĂ©lique jouant sur le faux-semblant et la cruautĂ© morale, Morgiana est transcendĂ© de sa facture formelle faisant office de pur chef-d'oeuvre esthĂ©tisant (je pèse mes mots !). Tant auprès de sa splendide photo naturelle que de ces dĂ©cors verdoyants mais aussi cĂ´tiers que Juraj Herz filme amoureusement Ă  l'aide de cadrages alambiquĂ©s ne dĂ©bordant jamais (on peut mĂŞme parfois songer Ă  Picnic Ă  Hanging Rock pour le sens stylisĂ© de sa poĂ©sie lascive, pour son cadre champĂŞtre solaire, pour la tenue vestimentaire des gentes dames insouciantes, toutes proportions gardĂ©es). Enfin, la musique hĂ©tĂ©roclite de Luboš Fišer irrigue toute l'intrigue, entre grâce, mystère, sensualitĂ©, vrombissements, dissonance, Ă  l'instar de son autre chef-d'oeuvre bicĂ©phale La Belle et la BĂŞte.

A ne rater sous aucun prĂ©texte d'autant plus que cette oeuvre rare, infiniment Ă©lĂ©gante et prĂ©cieuse ne fut jamais distribuĂ©e au cinĂ©ma chez nous. 

*Bruno

jeudi 13 juillet 2023

Baby Blood. Prix Spécial du Jury, Avoriaz 90.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Alain Robak. 1990. France. 1h28. Avec Emmanuelle Escourrou, François Frapier, Rémy Roubakha, Christian Sinniger, Jean-François Gallotte, Thierry Le Portier

Sortie salles France: 24 Janvier 1990

FILMOGRAPHIE: Alain JĂ©rĂ´me, dit Alain Robak, nĂ© le 6 juin 1954 Ă  Paris2, est un rĂ©alisateur français. 1987 : Irena et les ombres. 1990 : Baby Blood. 1994 : Parano (film Ă  sketches). 2000 : La Taule. 2000 : Le Piège d'Olea (tĂ©lĂ©film). 


Entre Frères de Sang et la Vampire Nue.
Prix SpĂ©cial du Jury Ă  Avoriaz, on est d'autant plus surpris Ă  la revoyure tant Baby Blood se vautre Ă  corps perdu dans le gore Ă©mĂ©tique avec une Ă©vidente dĂ©sinhibition eu Ă©gard du flot quasi ininterrompu de sang versĂ© Ă  l'Ă©cran. On peut mĂŞme d'ailleurs peut-ĂŞtre prĂ©tendre qu'il s'agit lĂ  du film gore le plus trash et dĂ©gueulbif du cinĂ©ma français, qui plus est Ă©paulĂ© d'une rĂ©alisation Ă©tonnamment avisĂ©e, inventive pour un second essai. D'excellents effets-spĂ©ciaux mĂ©caniques d'un rouge rutilant supervisĂ©s par Benoit Lestang et Jean-Marc Toussaint. Et si l'intrigue demeure rĂ©solument sans surprise (une jeune foraine est contrainte de nourrir de sang frais une crĂ©ature tentaculaire infiltrĂ©e Ă  l'intĂ©rieur de son estomac), Alain Robak compte sur les vicissitudes rĂ©cursives de son anti-hĂ©roĂŻne n'hĂ©sitant jamais Ă  se mettre Ă  nu Ă  travers sa dĂ©sinvolture naturelle pour mieux se fondre dans le corps d'une victime martyr qu'endosse l'actrice gironde Emmanuelle Escourrou. LA rĂ©vĂ©lation (oh combien) Ă©trange de cet ovni underground Ă  la fois politiquement incorrect, ubuesque, nonsensique (les rĂ©actions impassibles de certains figurants face Ă  l'apparition surprise de la meurtrière au visage ensanglantĂ©), drĂ´lement macabre, maladif aussi par son rĂ©alisme cru puis crapoteux par son climat blafard. 


Une farce de mauvais goĂ»t donc au climat malsain olfactif que les initiĂ©s devraient savourer en ayant toutefois le coeur accrochĂ© auprès des plus sensibles. Tant et si bien que je me suis surpris Ă  dĂ©tourner le regard Ă  plus de trois reprises de par la taille surdimensionnĂ© de mon tĂ©lĂ©viseur avec une gĂŞne viscĂ©rale. Road movie horrifique oĂą les heureuses rencontres (Alain Chabat, Jacques Audiard que je n'ai pas reconnu) et mauvaises (Jean-Yves Lafesse  assez convaincant en routier Ă©grillard, les fameux joueurs de foot avinĂ©s au sein de l'autobus) s'y succèdent pour s'enchaĂ®ner Ă  rythme infernal, Baby Blood joue la carte de la sĂ©rie B provocatrice avec une gĂ©nĂ©rositĂ© intègre. Tant on sent le rĂ©alisateur et son actrice expressive (sorte de BĂ©atrice Dalle  autrement farouche et dĂ©vergondĂ©e, en mode crapoteux par sa tenue insalubre) communĂ©ment impliquĂ©s pour nous projeter dans une absurde rĂ©action en chaine meurtrière Ă  la fois Ă©trangement fascinante, rĂ©pulsive, parfois mĂŞme cartoonesque en mode caustique. 

P.S: Copie BR à tomber, à croire qu'il s'agit d'une remastérisation 2K.

*Bruno
3èx

mardi 11 juillet 2023

Les Gardiens de la Galaxie 3 / Guardians of the Galaxy Vol. 3

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de James Gunn. 2023. U.S.A. 2h30. Avec Chris Pratt, Bradley Cooper, David Bautista, Karen Gillan, Pom Klementieff, Vin Diesel, Zoe Saldaña, Sean Gunn, Maria Bakalova, Chukwudi Iwuji, Will Poulter, Elizabeth Debicki, Linda Cardellini, Nathan Fillion.

Sortie salles France: 3 Mai 2023

FILMOGRAPHIE: James Gunn est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur, producteur et directeur de photo, nĂ© le 5 AoĂ»t 1970 Ă  Saint Louis, dans le Missouri (Etats-Unis). 2006: Horribilis. 2010: Super. 2013: My Movie Project (Segment: Beezel). 2014. Les Gardiens de la Galaxie. 2017 : Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2. 2021 : The Suicide Squad. 2023 : Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3. 


Une pyrotechnie festive de chaque instant dĂ©diĂ©e avant tout Ă  la cause animale pour son respect Ă  l'harmonie de toute forme de vie, terrestre / extra-terrestre. 
On ne change pas une Ă©quipe qui gagne si bien que les Gardiens de la Galaxie, Vol 3 ne dĂ©roge pas Ă  la règle, comme l'ont d'ailleurs soulignĂ© les rĂ©actions fougueuses de la critique et du public rĂ©conciliĂ©s, une fois n'est pas coutume. D'une durĂ©e de 2h30, ce 3è opus redoutablement spectaculaire (si on Ă©pargne une mise en place un peu laborieuse) reprend les ingrĂ©dients de ces prĂ©cĂ©dents Ă©pisodes mĂŞme si ici la dramaturgie prend le pas sur l'humour au grĂ© de situations Ă©tonnamment cruelles militant ostensiblement pour la cause animale (thème central du rĂ©cit forçant le respect). Toute l'intrigue se focalisant sur la condition prĂ©caire du raton Rocket Ă  2 doigts de trĂ©passer après une violente attaque si ses acolytes ne parviennent pas Ă  retrouver une clef que le maĂ®tre de l'Ă©volution possède. 

"Plus le mĂ©chant est rĂ©ussi, meilleur le film sera", et James Gunn a bien pigĂ© la leçon Hitchcockienne si bien que l'on tient lĂ  le meilleur rival de la trilogie qu'endosse l'impassible Chukwudi Iwuji (acteur britannique nĂ© au Nigeria) en savant fou mĂ©galo dĂ©nuĂ© de vergogne ou d'empathie auprès de ses pairs et moins de ses esclaves. Formellement toujours aussi dĂ©paysant, onirique, fĂ©erique, voir aussi parfois baroque Ă  travers sa scĂ©nographie stellaire (ou domestique) vue nulle part ailleurs, les Gardiens de la Galaxie nous en fout Ă  nouveau plein la vue Ă  renfort d'actions hyperboliques souvent accompagnĂ©es d'une Ă©motion Ă©pique ou mĂ©lancolique terriblement expressive. Tant et si bien que ce pĂ©tulant divertissement renouant avec un certain goĂ»t nostalgique pour le Muppet Show (unifier hĂ©ros animaliers et humains dans une ambiance euphorisante de communion fusionnelle) peut se targuer d'ĂŞtre l'opus le plus Ă©mouvant en prĂ´nant les nobles valeurs du pardon, de la seconde chance, de l'unitĂ© hĂ©roĂŻque et de l'amitiĂ© tout en y dĂ©nonçant la vivisection animale avec un rĂ©alisme qui pourrait toutefois perturber les plus petits. 

Un fabuleux spectacle donc tous publics (ou presque si on élude peut-être les moins de 10 ans à mon humble avis), résolument flamboyant, luminescent, polychrome (apparenté à l'arc en ciel cosmopolite), expansif, lyrique mais surtout communicatif par sa vibrante chaleur humaine qu'irradient constamment à l'écran ses gardiens prévenants dénués de prétention. On peut même y voir en filigrane un plaidoyer anti-raciste durant le parcours évolutif de nos super-héros s'efforçant de rassembler les peuples lors d'un final rédempteur.

*Bruno

vendredi 7 juillet 2023

Les Orgies Macabres / L'orgia dei morti / The Hanging Woman

                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site thebloodypitofhorror.blogspot.com

de JosĂ© Luis Merino. 1973. Italie/Espagne. 1h38. Avec Stelvio Rosi, Maria Pia Conte, Paul Naschy, Dyanik Zurakowska, GĂ©rard Tichy, Carlos Quiney, Isarco Ravaioli 

Sortie salles France: 13 Février 1974. Italie: 3 Septembre 1973. Espagne: 29 Septembre 1975

FILMOGRAPHIEJosĂ© Luis Merino (nĂ© le 10 juin 1927 Ă  Madrid et mort le 2 juillet 2019 dans la mĂŞme ville) est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol. 1958 : Aquellos tiempos del cuplĂ©. 1960 : El vagabundo y la estrella. 1964 : AlfĂ©reces provisionales. 1966 : Per un pugno di canzoni. 1967 : Sang et Or. 1968 : Requiem pour Gringo. 1968 : Colpo sensazionale al servizio del Sifar. 1969 : Panzer division. 1969 : La Patrouille des sept damnĂ©s. 1969 : Z comme Zorro. 1970 : Os cinco Avisos de Satanás. 1970 : La Furie des Kyber. 1970 : Les Nouvelles Aventures de Robin des Bois. 1970 : Des Dollars pour McGregor. 1970 : Le Monstre du château. 1970 : Le Commando des braves. 1971 : Zorango et les comancheros. 1971:  El Zorro de Monterrey. 1972 : La rebeliĂłn de los bucaneros. 1972 : Les Orgies macabres. 1974 : Juegos de sociedad. 1974 : Tarzán en las minas del rey SalomĂłn. 1974 : Juan Ciudad: ese desconocido. 1976 : Sábado, chica, motel ¡quĂ© lĂ­o aquel!. 1977 : Marcada por los hombres. 1979 : Siete cabalgan hacia la muerte. 1983 : USA profession tueur. 1983 : La avispita Ruinasa. 1984 : Gritos de ansiedad. 1990 : Superagentes en Mallorca. 

Quelle aubaine incommensurable de dĂ©couvrir Ă  l'improviste une perle Bisseuse Italo-ibĂ©rique dont j'ignorai l'existence, alors que l'oeuvre zĂ©difiante (nullement pĂ©joratif chez moi) ne cesse de charmer l'initiĂ© Ă  travers sa volontĂ© de fer de nous faire croire Ă  l'improbable. Ainsi, l'intrigue criminelle, au suspense latent, a beau constamment faire sourire (sans jamais s'en railler), on reste magnĂ©tisĂ© par la volontĂ© intègre des comĂ©diens communĂ©ment TRES attachants Ă  endosser leur rĂ´le avec sĂ©rieux rigoureusement imperturbable. Tant et si bien qu'en prime de sa scĂ©nographie gothique envoĂ»tante (tous les intĂ©rieurs domestiques feraient presque parfois songer Ă  du Hammer), entourĂ©e d'une vaste nature enneigĂ©e superbement photographiĂ©e et Ă©clairĂ©e (notamment au niveau des sĂ©quences nocturnes), Les Orgies Macabres demeure gĂ©nialement ludique pour qui raffole de sĂ©ries B dĂ©bridĂ©es (le final truffĂ© de rebondissements vaut son pesant de cacahuètes) extrĂŞmement sincères Ă  tenter de nous faire frissonner l'Ă©chine avec parfois une certain brio inespĂ©rĂ©. 

Les apparitions des zombies putrĂ©fiĂ©s faisant leur petit effet rĂ©pulsif de par ses visions de cauchemar infiniment morbides, qui plus est d'une morphologie typiquement latine. On peut Ă©galement prĂ©ciser qu'en guise de cerise sur la gâteau (mĂŞme si je ne suis pas un admirateur indĂ©fectible de l'acteur) Mr Paul Naschy s'invite dans la demeure en fossoyeur interlope avec sa traditionnelle expressivitĂ© 1er degrĂ© si bien que l'on se distrait de ses quelques exubĂ©rances Ă  tenter de nous faire douter de ses agissements potentiellement perfides, ou pas. Ainsi donc, l'intrigue capillotractĂ©e a beau en faire des tonnes (surtout lors de l'ultime demi-heure en roue libre menĂ©e Ă  un train d'enfer) on croit pour autant Ă  ce que l'on nous conte puisque plongĂ©, comme les protagonistes, dans un cauchemar Ă©veillĂ© Ă  l'atmosphère ombrageuse gĂ©nialement saillante (qui plus est souvent joliment cadrĂ©e !). C'est d'ailleurs la plus grande qualitĂ© du film que de nous immerger dans cet univers macabre aux accents de Poe en prime d'apprĂ©cier avec rĂ©elle tendresse les agissements investigateurs de ces acteurs de seconde zone d'un charisme pittoresque indĂ©crottable. A ne pas rater, d'autant plus que les 2 actrices parfois dĂ©nudĂ©es demeurent divines de beautĂ© sensuelle par leur nationalitĂ© belge (Dorys) ou italienne (Nadja).

*Bruno

jeudi 6 juillet 2023

Né un 4 Juillet / Born on the Fourth of July. Oscar du Meilleur Réalisateur, 1990.

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Oliver Stone. 1989. U.S.A. 2h24. Avec Tom Cruise, Willem Dafoe, Bryan Larkin, Raymond J. Barry, Caroline Kava, Josh Evans, Sean Stone 

Sortie salles France: 21 Février 1990. U.S: 20 Décembre 1989.

FILMOGRAPHIE: Oliver Stone (William Oliver Stone) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain nĂ© le 15 Septembre 1946 Ă  New-york. 1974: La Reine du mal (Seizure), 1981: La Main du Cauchemar, 1986: Salvador, Platoon, 1987: Wall Street, 1988: Talk Radio, 1989: NĂ© un 4 juillet, 1991: The Doors, J.F.K, 1993: Entre ciel et terre, 1994: Tueurs nĂ©s, 1995: Nixon, 1997: U turn, 1999: l'Enfer du dimanche, 2003: Commandante (documentaire sur Fidel Castro), Persona non grata (documentaire sur l'Israel et la Palestine), 2004: Looking for fidel (tĂ©lĂ©-film), 2004: Alexandre, 2006: World Trade Center, 2008: W: l'improbable prĂ©sident, 2009: South of the border (documentaire sur Hugo Chavez), 2010: Wall Street: l'argent ne dort jamais. 2012 : Savages. 2016 : Snowden. 

EuphĂ©misme que de prĂ©tendre que NĂ© un 4 juillet est un puissant rĂ©quisitoire contre l'absurditĂ© de la guerre du Vietnam après que le gouvernement ricain eut envoyĂ© au front de jeunes recrues endoctrinĂ©s par leur sens du devoir patriotique. PortĂ© Ă  bout de bras par un Tom Cruise martyrisĂ© dans sa condition paraplĂ©gique marquant ainsi de son empreinte estropiĂ©e peut-ĂŞtre le rĂ´le de sa vie, NĂ© un 4 juillet laisse un arrière goĂ»t d'amertume et de nonchalance sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique clĂ´t. Oliver Stone, Ă©paulĂ© d'une camĂ©ra mobile, demeurant impliquĂ© d'y autopsier l'introspection Ă©volutive du vĂ©tĂ©ran Ron Kovic prenant peu Ă  peu conscience de ses erreurs de s'ĂŞtre engagĂ© aussi promptement par goĂ»t du risque et sens du courage et de la compĂ©tition (on tĂ©moigne d'ailleurs au prĂ©alable de sa passion pour le sport de la lutte) en rejoignant finalement le mouvement hippie en voie de rĂ©bellion contre le gouvernement (on est d'ailleurs aujourd'hui sidĂ©rĂ© par la violence des matraques employĂ©e par les forces de l'ordre contre les manifestants). Descente aux enfers morale Ă  la fois rigoureuse et Ă©prouvante au fil du cheminement frondeur de Ron brisĂ© par les horreurs de la guerre (notamment sa culpabilitĂ© inconsolable d'avoir tuĂ© accidentellement un de ses acolytes ou encore d'avoir Ă©tĂ© tĂ©moin de la mort de villageois, dont enfants et nourrissons vietnamiens), NĂ© un 4 juillet provoque dĂ©goĂ»t et rĂ©volte sous l'impulsion de Tom Cruise habitĂ© par la rage de l'injustice. 

Car s'efforçant de rĂ©veiller les consciences (tant auprès de sa famille profondĂ©ment catholique que du gouvernement peu Ă  l'Ă©coute de ses anciens combattants dĂ©jĂ  discrĂ©ditĂ©s pour leurs soins hospitaliers de par la pĂ©nurie du matĂ©riel mĂ©dical) avec une intensitĂ© Ă©motionnelle oĂą le dĂ©sespoir suinte de ses pores (notamment auprès de sa romance impossible avec la ravissante Donna suggĂ©rĂ©e en filigrane). Quand bien mĂŞme d'observer en temps rĂ©el l'Ă©mergence de sa prise de conscience Ă  reconsidĂ©rer ses valeurs d'hĂ©roĂŻsme patriotique renforce l'aspect dĂ©risoire de sa condition soumise de s'ĂŞtre aussi naĂŻvement laissĂ© berner par les mensonges de son gouvernement. VĂ©ritable viol collectif que fut cette guerre vietnamienne ayant traumatisĂ© sa jeune gĂ©nĂ©ration qui ne souhaitait qu'imprimer l'histoire afin d'honorer leurs ancĂŞtres de la seconde guerre (dixit Ron), NĂ© un 4 juillet est une oeuvre fleuve (2h24) rĂ©solument dure, rigoureusement cruelle et maladive, fĂ©tide, malsaine et cauchemardesque Ă  travers les yeux Ă©plorĂ©s d'un paraplĂ©gique, prisonnier de son corps inerte, ayant perdu toute dignitĂ©. Et ce avant de se raviser, de se relever afin de combattre son propre gouvernement pour le proscrire au pilori aux yeux du grand public. Grand film glaçant, assurĂ©ment, voir mĂŞme profondĂ©ment Ă©difiant, perturbant auprès de la responsabilitĂ© politique des amĂ©ricains du dĂ©ni dĂ©nuĂ©s d'empathie, de respect, de tolĂ©rance auprès de leurs hĂ©ros sacrifiĂ©s. 

*Bruno

Récompenses:

National Board of Review 1989

Top Ten films

Oscars 1990

meilleur réalisateur pour Oliver Stone

meilleur montage pour David Brenner et Joe Hutshing

Golden Globes 1990

meilleur film dramatique

meilleur réalisateur pour Oliver Stone

meilleur acteur dans un film dramatique pour Tom Cruise

meilleur scénario pour Oliver Stone et Ron Kovic

BMI Film & TV Awards 1990

BMI Film & TV Award pour John Williams

Directors Guild of America Awards 1990

meilleur réalisateur pour Oliver Stone

Chicago Film Critics Association Awards 1990

meilleur acteur pour Tom Cruise

Golden Reel Awards 1990

meilleur montage sonore

meilleur montage des effets sonores

mercredi 5 juillet 2023

Dans ses yeux / El secreto de sus ojos. Oscar du Meilleur Film Etranger, 2010.

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Juan José Campanella. 2009. Argentine. 2h09. Avec Ricardo Darín, Soledad Villamil, Pablo Rago, Javier Godino, Guillermo Francella, José Luis Gioia

Sortie salles France: 5 mai 2010. Espagne : 25 septembre 2009

FILMOGRAPHIEJuan JosĂ© Campanella (nĂ© le 19 juillet 1959 Ă  Buenos Aires) est un metteur en scène de cinĂ©ma argentin qui a surtout travaillĂ© pour les tĂ©lĂ©visions amĂ©ricaines. 1979 : Prioridad nacional (court-mĂ©trage). 1984 : Victoria 392 (documentaire). 1991 : The Boy Who Cried Bitch (en). 1997 : La Part du mal. 1999 : El mismo amor, la misma lluvia. 2001 : Le Fils de la mariĂ©e (El hijo de la novia). 2004 : Luna de Avellaneda. 2009 : Dans ses yeux (El secreto de sus ojos). 2013 : Metegol. 2019 : La Conspiration des belettes. 

A la lisière du chef-d'oeuvre élégiaque politiquement incorrect.
LardĂ© de rĂ©compenses en Argentine, Ă  Beaune et aux Oscars, Dans ses yeux est un plaisir de cinĂ©ma Ă  la fois auteurisant et populaire comme on en voit peu dans le paysage du divertissement trop souvent formatĂ©. Tant et si bien qu'ici on est constamment Ă©tonnĂ©, fascinĂ©, attentionnĂ©, interloquĂ© par le profil psychologique de ses personnages ibĂ©riques communĂ©ment tourmentĂ©s, hantĂ©s, obsĂ©dĂ©s, chagrinĂ©s de culpabilitĂ© Ă  la suite d'un viol crapuleux Ă  l'issue finalement irrĂ©solue. De par la profondeur psychologique de ceux-ci et cette trajectoire narrative reptilienne qu'on ne peut anticiper, on reste fascinĂ©, magnĂ©tisĂ© du jeu hĂ©tĂ©rodoxe des acteurs endossant leur rĂ´le de façon Ă  la fois si personnelle, naturelle, impliquĂ©s corps et âmes (jusque dans le non-dit), humainement versatile (notamment auprès de l'ami de Benjamin, Pablo, ivrogne prĂ©venant, et du hĂ©ros traumatisĂ© par la candeur d'une victime sacrifiĂ©e Ă  la beautĂ© Ă©purĂ©e). 

D'autre part, par sa science du suspense lestement latente et diffuse oscillant avec une rare intelligence, et au travers de nombreux flash-back, la fragilitĂ© de sentiments passionnels indĂ©cis avec l'enquĂŞte policière de longue haleine, Juan JosĂ© Campanella y magnifie sa scĂ©nographie alambiquĂ©e, Ă©lĂ©gante, maĂ®trisĂ©e (notamment ce surprenant plan-sĂ©quence amorçant un zoom plongeant sur un stade de foot lors d'une filature) afin de parfaire une douloureuse histoire d'amour Ă  l'issue indĂ©cise. A l'instar de son final ambigu Ă  double niveau de lecture que le hĂ©ros imagine dans sa psychĂ© torturĂ©e. Ainsi, au bout du compte, Dans ses yeux demeure un sublime drame psychologique Ă  la fois, trouble, ambivalent, ensorcelant, cruel et douloureux sous l'impulsion d'un rĂ©cit passionnel remarquablement construit afin de surprendre le spectateur emportĂ© dans un maelstrom d'Ă©motions tendues, bouleversĂ©es, contrariĂ©es Ă  la suite d'une dĂ©couverte morbide inconsolable. Et d'y parfaire avec autant de brio mĂ©tronome suspense, Ă©motions et tendresse tout en prenant son temps afin de mieux nous surprendre de la tournure dramatique des Ă©vènements auprès de personnages complĂ©mentaires en proie Ă  la corruption politique relève d'une gageure Ă  l'identitĂ© propre. 


Dédicace à Steph Passoni

*Bruno

Récompenses

Prix Sud 2009 : 13 prix dont ceux du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleure actrice argentins

Prix Goya 2010 : meilleur film étranger en langue espagnole

Oscars du cinéma 2010 : meilleur film en langue étrangère

festival international du film policier de Beaune 2010 : Grand prix du jury et prix du « jury spĂ©cial police »

mardi 4 juillet 2023

Robinson Crusoe sur Mars / Robinson Crusoe on Mars

                                               Photo empruntĂ©e sur google, appartenant au site Imdb.com


de Byron Haskin. 1964. U.S.A. 1h48. Avec Paul Mantee, Victor Lundin, Adam West, Barney le singe 

Sortie salles France: 23 Décembre 1964

FILMOGRAPHIE: Byron Haskin est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste  amĂ©ricain, nĂ© le 22 avril 1899 Ă  Portland, Oregon et mort le 16 avril 1984 Ă  Montecito, États-Unis. 1927 : Ginsberg the Great. 1927 : Matinee Ladies. 1927 : Irish Hearts. 1927 : The Siren. 1943: Convoi vers la Russie. 1948 : L'Homme aux abois. 1948 : Man-Eater of Kumaon. 1949 : Too Late for Tears. 1950 : L'ĂŽle au trĂ©sor. 1951 : Tarzan's Peril. 1951 : Le Sentier de l'enfer. 1951 : La Ville d'argent. 1952 : Denver and Rio Grande. 1953 : La Guerre des mondes. 1954 : Le Roi des Ă®les. 1954 : Quand la marabunta gronde. 1954 : Long John Silver. 1955 : La ConquĂŞte de l'espace. 1956 : The First Texan. 1956 : The Boss. 1958 : De la Terre Ă  la Lune. 1959 : Little Savage. 1959 : Bagarre au-dessus de l'Atlantique. 1960 : September Storm. 1961 : Armored Command. 1963 : Capitaine Sinbad. 1964 : Robinson CrusoĂ© sur Mars. 1968 : La Guerre des cerveaux.


PrĂ©curseur d'Enemy Mine du cĂ©lèbre auteur de la Guerre des Mondes, Byron HaskinRobinson Crusoe sur Mars est une sympathique curiositĂ© d'y transposer le roman de Daniel Defoe sur la planète Mars en compagnie d'un astronaute, d'un singe puis, un peu plus tard, d'un esclave extra-terrestre. Amusant par son aspect kitch, assez prenant lors de sa 1ère partie contemplative oĂą la solitude pèse sur notre hĂ©ros (avec une jolie rĂ©flexion sur le sentiment invivable de dĂ©rĂ©liction), dĂ©paysant et ludique par sa scĂ©nographie stellaire flamboyante, Robinson Crusoe sur Mars plaira aux amateurs de raretĂ©s oubliĂ©es Ă  dĂ©faut de passionner. Byron Askin rĂ©futant la dĂ©monstration de force pour prĂ©coniser la modestie, la simplicitĂ© et l'efficacitĂ© des situations de survie tablant sur la claustrophobie (on est d'ailleurs en droit de prĂ©fĂ©rer la 1ère heure laconique par son aspect documentĂ©). 


*Bruno
09.01.26. 3èx. Vost