mardi 8 mars 2011

THE DAISY CHAIN

                    

de Aisling Walsh.2008. Irlande. 1H27. Avec Samantha Morton, Steven Mackintosh, Mhairi Anderson, David Bradley, Eva Birthistle, Brendan McCormack, Zoe Sheridan, Flora Montgomery, Orlaith Macqueen, Ron Donachie, Valerie O'Connor.

LE MYSTERE DES FEES.
4è film d'une réalisatrice et scénariste d'origine Irlandaise née à Dublin en 1958, "The Daisy Chain" emprunte la voie du drame psychologique matiné de fantastique et de suspense horrifique.

Un jeune couple emmenage sur la côte anglaise dans une région reculée après la perte brutale de leur enfant de 3 ans.
Pendant que la femme attendra de nouveau un bébé, leur vie va irrémédiablement basculer quand ils vont faire la recontre inopinée de Daisy. Une petite fille sauvageonne et solitaire d'une famille particulièrement discrète qui va se retrouver elle aussi endeuillée par la perte de leur fils retrouvé noyé en bord de mer (la séquence choquante et bouleversante est exemplaire de pudeur, de retenue dans l'émotion délivrée)

                   

Aisling Walsh nous narre l'étrange histoire intimiste d'un couple endeuillé par la mort de leur progéniture pour être ensuite à nouveau référé d'un épouvantable drame auquel Martha sera l'unique témoin.
C'est à ce moment précis qu'elle fera la connaissance des parents déchirés par cette mort enfantine et de Daisy, leur dernière fille.
Mais cette petite dernière à l'allure étrange qui passe son temps à vagabonder dans les terrains voisins va se retrouver quelques jours plus tard démunie de sa famille quand ceux-ci seront retrouvés brulées vifs dans l'incendie accidentel de leur demeure. Seule, Daisy pourra en réchapper pour être l'unique survivante. Par son innocente bouille de sauvageonne espiègle et hostile, Tomas et principalement Martha vont être irrésistiblement attirés, épris de compassion et d'affection.
Mais rapidement, ceux qui avaient emmenagé pour exorciser et tenter d'apaiser un drame épouvantable vont être interloqués et s'interroger sur les nombreux incidents et mésaventures qui semblent s'abattre autour d'eux !
L'assistante sociale est retrouvée morte dans un accident de voiture, à l'école un enfant manque de se noyer dans la piscine devant la présence de Daisy tandis que l'un des voisins du couple semblera davantage apeuré, extremement méfiant de sa diabolique présence !
Au fur et à mesure des mois écoulés, Marta semble obsédée par son irrépréssible besoin maternel à vouloir coûte que coûte être aux petits soins de la jeune fille et pouvoir l'éduquer en l'inscrivant dans sa nouvelle école.
Tandis que la population davantage inquiétée et alarmée par la répétition de ses mystérieux incidents lancera la rumeur que Daisy serait en faite une fée échangée !

                               

Avec une trame intéressante toute en sensibilité pour aborder un thème peu connu et rarement abordé dans le cinéma fantastique (le monde souvent merveilleux des fées), Aisling Walsh va nous faire partager un drame intimiste tout en douceur et contenance en privilégiant l'aspect psychologique de ces personnages, profondément blessés, esseulés par leur passé et tentant de renouer avec le bonheur d'antan pour offrir à nouveau la vie à un second enfant.
Mais avec l'arrivée d'une petite fille perturbée destituée de ses parents,  le drame humain va se juxtaposer avec les cimes du fantastique dans un suspense horrifique tout en suggestion !
En effet, on ne pourra jamais élucider le véritable mobile ou secret de Daisy !
Est-elle l'incarnation du mal ? une fée échangée ? ou simplement une autiste, une fille mentalement dérangée, involontairement perverse ?

La ou le fim gagne en crédibilité, c'est dans ce mélange subtil de rationalité échangée et de sombre superstition macabre à base de fée ailée aux raisonnances celtiques (en référence à la fête d''Halloween).
Le film est d'autant plus convaincant qu'il impose également une sobre interprétation des comédiens au physique naturel auquel on s'identifie plus facilement.
Comme le portrait délivré des parents interprété par Steven Mackintosh et surtout Mhairi Anderson dans celui de la mère partagée entre l'amour de sa nouvelle fille adoptive et de son mari beaucoup plus attentif aux derniers épisodes dramatiques survenus. Un homme de plus en plus suspicieux qui va au fur et à mesure se mettre en retrait jusqu'à délaisser son épouse en guise de désespoir.
Mais celle qui épatera le spectateur troublé et intrigué reviendra à la petite Daisy, incarnée par Mhairi Anderson, réellement impressionnante de naturel et angoissante par sa morphologie trouble, son regard en demi-teinte, aussi patibulaire qu'enfantin dans l'innocence de son très jeune âge. Elle se révèle glaciale, perturbante, dérangeante, malsaine bien que l'on éprouve au bout du compte une véritable compassion, une certaine empathie, le spectateur ne sachant jamais s'il faudrait plutôt la plaindre ou la craindre !

                         

Dans de vastes décors naturels de plaines irlandaises mises en images sous un ciel d'automne, dans un climat blafard en prise avec un environnement clairsemé, "The Daisy Chain" se révèle une excellente surprise pour le genre fantastique en le traitant de manière intelligente, au premier degré, sans aucun effet tapageur ou spectaculaire.
La fin poignante autant impressionnante que dérangeante nous laisse dans une situation d'amertume où les rôles semblent inversés, où la vérité semble induite dans le coeur d'une petite fille ayant soustrait de la mort une nouvelle naissance.
Dernière image de ce visage d'ange maudit sans morale : plan fixe sur un regard rigide et austère... Le mystère Daisy ou le mystère d'une fée...

12.08.10

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