vendredi 4 mars 2011

Freeway

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Matthew Bright. 1996. U.S.A. 1h38. Avec Kiefer Sutherland, Reese Witherspoon, Wolfgang Bodison, Dan Hedaya, Amanda Plummer, Brooke Shields, Michael T. Weiss.

BIO: Matthew Bright est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 8 juin 1952 aux États-Unis, responsable de quatres longs-mĂ©trages dont l'excellent Ted Bundy directement sorti en vidĂ©o en 2001. Freeway est sa première rĂ©alisation. Il y tournera enfin sa suite 3 ans plus tard, restĂ©e inĂ©dite en salles en France.


Le pitch : Pendant que sa mère prostituĂ©e et son beau-père droguĂ© sont arrĂŞtĂ©s par la police, Vanessa, jeune fille rebelle, dĂ©cide de s'enfuir de la rĂ©gion pour aller rejoindre sa grand-mère en dĂ©robant la voiture de son assistante sociale. Sur l'autoroute, son vĂ©hicule tombe en panne, mais un aimable pèlerin, psychologue pour enfants, lui prĂŞte main forte pour l'amener Ă  son rendez-vous. Vanessa accepte mais se retrouve embarquĂ©e dans une descente aux enfers oĂą les rĂ´les vont finalement s'inverser: d'innocente victime, elle accĂ©dera au rang de meurtrière vindicative ! 
 
MĂ©fiez vous des apparences ! A l'annonce du pitch convenu, Matthew Bright accouche d'un film monstre aussi bâtard que dĂ©bridĂ©. Entre violence incisive et dĂ©lire sardonique mâtinĂ© de grand-guignol, Ă  mi-chemin entre un Tex Avery vitriolĂ© et le conte de Perrault, Le Petit Chaperon Rouge. Le tout assaisonnĂ© du tempĂ©rament explosif de son actrice nĂ©ophyte, Reese Witherspoon !  PortĂ© par l'incroyable talent d'une jeune comĂ©dienne en roue libre Ă  l'orĂ©e d'une riche carrière (Freeway est dĂ©jĂ  son 6è rĂ´le), la pin-up Reese Witherspoon endosse son rĂ´le effrontĂ© avec une spontanĂ©itĂ©, une incontinence et un naturel imparables. Un personnage haut en couleur de diva sexy, adolescente fragile dĂ©bordante d'impertinence par sa carrure irresponsable.


Il faut la voir affronter courageusement son violeur avec une haine dĂ©glinguĂ©e, ou affronter les provocations gratuites d'une prisonnière impĂ©rieuse dans un pĂ©nitencier pour femmes. Un pugilat fĂ©minin extraverti culminant au dĂ©chaĂ®nement de violence dĂ©saxĂ©e. Ou lorsque la haine de l'injustice pousse Ă  la rĂ©volte criminelle. 
 
Ainsi, Matthew Bright nous transfigure l'attachant portrait d'un chaperon rouge marginalisĂ© d'une sociĂ©tĂ© urbaine en dĂ©liquescence, lĂ  oĂą justice et forces de l'ordre se confondent en parodie corruptible. Vanessa dĂ©ambule au hasard de ces rencontres autoritaires, telle l'enfant Ă©garĂ© dans une forĂŞt hostile, pour retrouver un semblant de patrimoine familial, l'ultime espoir d'une retrouvaille (celle de sa grand-mère) au sein d'une mĂ©tropole aliĂ©nĂ©e. 
 
SecondĂ© par Kiefer Sutherland il caractĂ©rise Ă  merveille l'emprise du violeur sadique, un tueur d'adolescent pervers dans son jeu de rĂ´le cynique de questions-rĂ©ponses. Rendu dĂ©figurĂ© par sa diva hilare, ce renversement de situation ajoute du piment corrosif Ă  cette traque meurtrière jamais avare de revirements impromptus. Enfin, les apparitions furtives des seconds rĂ´les ne laissent pas non plus indiffĂ©rents. Que ce soit la pĂ©tulante Amanda Plummer dans le rĂ´le dĂ©chu d'une prostituĂ©e au grand coeur, Michael T. Weiss dans celui d'un droguĂ© violeur aussi dĂ©sopilant que pathĂ©tique, ou encore le duo imbu de flics obtus, campĂ©s successivement par Wolfgang Bodison et Dan Hedaya. Je clĂ´ture avec la surprenante apparition de Brooke Shield endossant la femme de Bob, une potiche de service aguicheuse au QI dĂ©ficient, car incapable de dĂ©celer la moindre ambiguĂŻtĂ© sur la double vie de son amant sociopathe.


La Revanche d'une blonde
Pour emprunter le cheminement d'un conte enfantin, Freeway adopte brillamment la dĂ©marche insolente de la farce Ă  la fois cynique et sardonique. De remake trash Ă  cartoon hilare, le cinĂ©aste agence climat insolent de rires nerveux et bouffĂ©es oxygĂ©nĂ©es d'ultra violence. Toutes les situations farfelues ou dramatiques s'exacerbant au rythme d'un ton goguenard, notamment par l'attitude erratique des personnages impudents. Enfin, la posture survitaminĂ©e de Reese Whiterspoon  et l'arrogance dĂ©loyale de Kiefer Sutherland doivent beaucoup Ă  l'attrait dĂ©bridĂ© de cette traque infernale supra jubilatoire. 

Bruno 
18.09.10. 3èx

Récompenses: GRAND PRIX DU JURY AU FESTIVAL DU FILM POLICIER A COGNAC 1997
                        PRIX DE LA CRITIQUE
                        PRIX D'INTERPRETATION FEMININE

NOTE: La durée du film varie selon certains pays !
France : 102 minutes ; Australie : 97 minutes ; Etats-Unis : 97 minutes (cut version)


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