mardi 8 mars 2011

CENTURION

              

de Neil Marshall. 2009. Angleterre. 1H37. Avec Michael Fassbender, Dominic West, Olga Kurylenko, Noel Clarke, David Morrisey, JJ Feild, Riz Ahmed, Axelle Carolyn, Dave Legeno, Ulrich Thomsen, Hamish Moir...
          
BIO: Il s'agit du 4è long-métrage de Neil Marshall, réalisateur passionné par le cinéma d'horreur dès sa plus tendre enfance qui aura livré en 2005 une surprise de taille que personne n'attendait: offrir l'un des meilleurs survivals brut de décoffrage de ces dix dernières années !
                                
LE SUJET: Anno Domini 117. L'empire romain s'étend de l'Egypte à l'Espagne et jusqu'à la Mer Morte à l'Est. Mais au nord de l'Angleterre, l'armée romaine se heurte à la tribu barbare des Pictes. Marcus Dias, unique survivant romain d'une attaque des Pictes, rejoint la légendaire 9ème légion du Général Titus Virilus pour détruire ses anciens agresseurs. Mais au cours d'une embuscade, le Général est fait prisonnier et Marcus se lance alors dans une lutte acharnée pour délivrer Virilus et sauver son peloton en les menant juqu'aux frontières romaines.

                                

Après le "gloubi-boulga" Ă  la sauce bisseuse qu'Ă©tait "Domsday", forme d'hommage assumĂ© aux sĂ©ries Z italiennes des annĂ©es 80, Neil Marshall se lance dans la voie du film d'action guerrier, Ă©pique et rebelle Ă  la manière des grands succès que l'on connait tels que "Gladiator", "Braveheart", "300" et aussi le superbe et un peu trop oubliĂ© "Rob Roy".
D'un scénario de série B déjà maintes fois évoqué (la lutte de clans opposés où les gentils et les méchants divergent dans les 2 camps), Neil Marshall en tire un généreux film d'action barbare de cinéma de quartier, à feu et à sang où le fracas des armes et des lames s'entaillent dans les plaies de chair déchiquettée, sectionnée, empalée, tranchée, arrachée par ces lourds glaives de guerriers sans foi ni loi qui ne combattent que pour l'honneur et le devoir de leur patrie.

Durant la plus grosse partie de l'aventure endiablĂ©e nous allons suivre le destin d'une poignĂ©e de soldats romains, les huit derniers survivants d'un horrible massacre fustigĂ© envers leur troupe tombĂ©e inopinĂ©ment en embuscade par le clan adverse.
Ils vont alors tenter coûte que coûte à rester en vie face à ces ennemis intrépides lancés à leur trousse, totalement déterminés à se battre jusqu'au bout de leur capacité physique pour traquer sans relache leur proie quelqu'en sera le prix accordé.
Leur groupe est régi par une guerrière farouche sans aucun état d'âme qui ne vit que pour anihiler l'armée romaine sans établir aucune concession ou compassion pour l'ennemi pris en chasse !
A cause d'un passé traumatisé vilipendé par l'empire romain qui aura massacré toute sa famille sous ses propres yeux, la femme-loup, "Etais", ne jure que par vengeance à exterminer le moindre souffle romain occulté à l'horizon !
Nos huits soldats sont commandités par Marcus Dias, déjà survivant d'une attaque antérieure des Pictes. Pendant cette longue traque inlassable et impitoyable, ils vont alors tenter de retrouver ensemble leur côte romaine situé au Sud du pays, au prix de maintes efforts et trafalgards à perdre haleine.

                    

Michael Fassbender qui interprète le soldat Marcus Dias avec persuasion en impose en virilitĂ©, hargne et courage pour son rĂ´le d'homme combatif. HabitĂ© par l'ambition de l'hardiesse et du devoir de mener Ă  bon terme son groupe Ă©puisĂ©, rendu faible par les maintes pĂ©ripĂ©ties contournĂ©es, Marcus sera Ă©pris malgrĂ© tout d'une rare volontĂ© d'affronter finalement l'adversaire.
Olga Kurylenko dans le rĂ´le physique de la femme loup, "Etais", se rĂ©vèle LA rĂ©vĂ©lation du film  dans son personnage de sauvageonne blessĂ©e et Ă©corchĂ©e vive. Proprement divine, surprenante et charismatique dans son regard de louve avec son accoutrement de guerrière peinturlurĂ©e de traces bleux contournant son visage pour ne laisser percevoir aucune Ă©motion rĂ©demptrice face Ă  son ennemi.
La scène du combat avec le gĂ©nĂ©ral Virilus, dominĂ© par un Dominic West tout en maturitĂ© dans ses expressions chevronnĂ©es montre bien l'immense douleur morale de cette femme meurtrie dans toute sa haine extĂ©riorisĂ©e, sa fĂ©rocitĂ© animale et sa hargne de tuer avec une incroyable agiletĂ©. Il faut la voir trancher bestialement en quatre coups de glaive une tĂŞte littĂ©ralement arrachĂ©e de son buste ! Sans oublier son puissant cri de haine libĂ©rateur qui fait Ă©cho dans les plaines voisines.

Les sĂ©quences d'action ultra violentes, gĂ©nĂ©reusement saignantes et jouissives qui parsèment la globalitĂ© du mĂ©trage dĂ©potent un maximum dans leur aspect spectaculaire. Et cela mĂŞme si la seconde partie survival lâche une baisse rythmique sans consĂ©quence du fait des nombreux Ă©vènements que traversent sans relache nos huit hĂ©ros. Des tĂŞtes sauvagement tranchĂ©es, Ă©ventrations, bras sectionnĂ©s, Ă©gorgements et membres dĂ©chiquetĂ©s dans des Ă©claboussures abondantes de sang giclant sur les murs et le sol souillĂ© pour notre plus grand bonheur de cinĂ©phile addicte Ă  la cruditĂ© et au rĂ©alisme imposĂ©.
Malgré l'aspect numérique de ce sang digitalisé dénaturant parfois quelque peu l'intensité et le côté viscéral de la brutalité de certaines scènes, "Centurion" offre un pur spectacle viril, un vrai film de guerrier qui suinte la sueur, la pisse, les larmes et le sang.

Dans une photographie dĂ©saturĂ©e aux teintes chromĂ©es, ce "Centurion" qui connait le sens du mot "Ă©motion" est une nouvelle preuve d'amour que porte sur le coeur Neil Marshal en matière de cinĂ©ma de genre. Avec une gĂ©nĂ©rositĂ© en diable, une soin non dissimulĂ© pour le fait de raconter simplement l'histoire humaine d'une poignĂ©e d'hommes au courage exemplaire, prĂŞts Ă  se battre jusqu'Ă  leur dernier souffle pour sortir victorieux, fiers de leur tĂ©nacitĂ© Ă  enrayer l'ennemi redoutĂ©.
Cette aventure intense parfaitement interprétée par des acteurs investis et confirmés, traversée par un sens épique et un souffle guerrier retranscris dans de magnifiques paysages naturels, nous laisse sur un sentiment de bonheur affirmé.
Nous sommes soulagĂ©s d'avoir pĂ» assister Ă  un de ces mĂ©trages aussi ludiques qu'intelligents dans sa manière de traiter son spectateur Ă  hauteur d'homme: avec respect, humilitĂ© et tradition du grand spectacle bien fait.

                    

NOTE: la preuve qu'une saute d'humeur, une fatigue passagère ou un stress pesant peuvent parfois induire en erreur notre point de vue subjectif.

19.08.10

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