de Don Medford. 1971. U.S.A. 1h51. Avec Oliver Reed, Gene Hackman, Candice Bergen, Simon Oakland, Ronald Howard, L.Q. Jones, Mitch Ryan, William Watson, G.D. Spradlin, Rayford Barnes, Bernard Kay...
BIO: Il s'agit du second film de Don Medford (né en 1917) qui aura livré une courte carrière de 2 longs-métrages avant de s'atteler à la télévision avec une pléthore de séries T.V. issues des années 70 et 80 (les envahisseurs, l'homme qui tombe à pic, des agents très spéciaux, la 4è dimension, l'homme à la carabine, Alfred Hitchcock présente...)
Le pitch : au Texas, un gangster et sa bande dĂ©cident d’enlever la femme d’un notable pour lui apprendre Ă lire et Ă©crire, celle-ci exerçant la profession d’institutrice. Mais son mari, pervers et nĂ©vrosĂ©, dĂ©cide avec ses fidèles acolytes de mener une chasse Ă l’homme impitoyable.
Deux ans après le chef-d’Ĺ“uvre de Peckinpah, qui avait changĂ© Ă jamais le visage de l’Ouest amĂ©ricain par son rĂ©alisme d’une violence incongrue, Don Medford surenchĂ©rit avec un western aride franchissant une nouvelle Ă©tape dans le sordide et le sadisme. Cette violence âpre nous plonge dans une traque sanglante, d’une sauvagerie rarement vue Ă l’Ă©cran en cette glorieuse dĂ©cennie des annĂ©es 70 - on pourrait mĂŞme y voir un (lĂ©ger) Ă©cho horrifique Ă Massacre Ă la tronçonneuse de Tobe Hooper, trois ans plus tard, dans ces derniers instants de dĂ©cadence d’un corps convulsĂ© menĂ© Ă l’abattoir. Les Charognards, titre français explicite, s’avère une lente descente aux enfers, oĂą des anti-hĂ©ros sont traquĂ©s par des ordures encore plus lâches et intraitables. Dès le prologue, le film frappe par sa cruditĂ© : estocade barbare, Ă©gorgement et dĂ©peçage d’un bĹ“uf, alternant avec une relation sexuelle sauvage et forcĂ©e entre deux amants - une sĂ©quence extrĂŞme, inĂ©dite dans un western traditionnel.
Pas de demi-mesure : on sent que ce n’est pas l’habituel western ludique oĂą des cow-boys hĂ©roĂŻques courent après des Indiens. Medford s’inspire clairement de la brutalitĂ© de Peckinpah et de sa mythique Horde sauvage. Les balles fusent tous azimuts, perforant la chair, le sang giclant en ralenti pour mieux saisir la spectaculaire brutalitĂ©.
"Un dernier râle avant de mourir."
Avant-coureur des Chiens de paille, de DĂ©livrance et surtout de La Chasse Sanglante (Open Season) de Peter Collinson, trois ans plus tard, Les Charognards demeure un chef-d’Ĺ“uvre du western poisseux, imprĂ©gnĂ© d’amertume. Chemin de croix implacable, il ne trouve sa raison d’ĂŞtre que dans l’agonie du châtiment. Les fuyards ne connaĂ®tront un repos mĂ©ritoire qu’au sein d’une dĂ©livrance morbide. Le final, lapidaire et Ă bout de souffle, se clĂ´t sur une marche Ă travers le dĂ©sert fertile en dĂ©sespoir. Le terme “The End” devient, pour le spectateur, un soulagement teintĂ© d’un arrière-goĂ»t de sang amer.




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