mardi 8 mars 2011

Bim Stars / The Apple

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinesud-affiches

de Menahem Golan. 1980. U.S.A. 1h30. Avec Catherine Mary Stewart, Vladek Sheybal, Allan Love, Grace Kennedy

Avant-propos: Menahem Golan est un producteur, réalisateur, scénariste et, occasionnellement, acteur israélien. Il est le cousin de Yoram Globus avec lequel il travaille régulièrement. C'est lui le responsable des sympathiques nanars Enter the Ninja, Delta Force et Over the Top.

Dans une Ă©poque futuriste, en 1994 (le film ayant Ă©tĂ© tournĂ© en 1980), le monde est rĂ©gi par une sociĂ©tĂ© du spectacle extrĂŞmement populaire: le BIM crĂ©e par Mr Boogalow. Un couple de jeunes chanteurs, Alphi et Bibi (oui, il fallait oser !) sont sollicitĂ©s Ă  signer un contrat avec l'entreprise et Ă  travailler pour le compte de ce margoulin. La jeune fille accepte tandis que son ami rĂ©ticent car pris d'hallucinations hĂ©rĂ©tiques refuse. C'est le clash entre les deux amoureux ! Alphi claque la porte pendant que Bibi va rapidement accĂ©der Ă  la notoriĂ©tĂ© !

Bienvenue dans l'antre de BIM STAR ! Un refuge mĂ©lomane hors norme de par sa scĂ©nographie flashy aux Ă©clairages criards auquel Ă©voluent des motards futuristes, des chanteurs Ă©gocentriques ou dĂ©jantĂ©s, des olibrius ou encore des danseurs Ă  moustache chorĂ©graphiant des tubes rock and disco au rythme de mĂ©lodies d'amour scolaires ! Enfin, saupoudrez le tout dans une marmite narrative capillotractĂ©e revisitant sans complexe l'histoire d'Adam et Eve si bien qu'il faut le voir pour le croire !). Il s'avère donc Ă©vident que "Bim Star" (quel titre impayable !) s'inspire du chef-d'oeuvre de De Palma, Phantom of the paradise, voir aussi de The Rocky Horror Picture Show pour tenter de renouer avec le mĂŞme de degrĂ© de folie formelle / auditive aux styles disparates sauf qu'ici la mixture composĂ©e de tubes discos, rock FM et mĂ©lodies niaises sombrent dans le kitch d'une ringardise bougrement bonnard ! Certaines paroles mielleuses s'avĂ©rant aussi Ă©panouissantes que les tubes sirupeux de Chantal goya ou de DorothĂ©e ! Et pourtant, la magie opère sans modĂ©ration ! Le spectacle enjouĂ©, Ă©nergique, pĂ©tulant, visuellement fulgurant ne cessant d'amuser la galerie parmi la bonhomie d'acteurs spontanĂ©s criants de sincĂ©ritĂ©.

Rien que l'intrigue semĂ©e de rebondissements Ă  la fois dĂ©bridĂ©s et Ă©chevelĂ©s demeure d'une ineptie puĂ©rile digne d'un Ă©pisode des Feux de l'amour en mode psychĂ©dĂ©lique ! Spoils Ă  rĂ©pĂ©tition ! Pour cause: le bellâtre Alphy tente de reconquĂ©rir sa belle Bibi soumise aux mains de l'ignoble Boogalow (qui est en faite le Diable en personne). Mais il Ă©chouera, faute de l'impuissance de sa milice contestataire. Alphy, dĂ©sespĂ©rĂ© va alors Ă©tablir la rencontre impromptue d'une bande de hippies (ultra caricaturaux !) confinĂ©s sous une grotte sous l'impĂ©riositĂ© d'un barbu sectaire (sa dĂ©froque prĂ©historique nous rappellera le "capitaine caverne" !). Alors que dans l'empire du BIM, une afro semi-hystĂ©rique et rebelle mais amiteuse, aidera Bibi Ă  s'Ă©chapper de la scène pour s'en aller rejoindre son amant vivant reclus chez les fumeurs de joints. Enfin, les amants rĂ©unis roucoulent et font un p'tit bĂ©bĂ© en vivant paisiblement au sein de la communautĂ© peace and love durant une longue annĂ©e. Mais la compagnie totalitaire BIM Ă©paulĂ©e de son armĂ©e futuriste d'hommes en cuir (façon "Village People") s'empresse de rĂ©cupĂ©rer leur idole. Fin du Spoil. Bon, on va s'arrĂŞter lĂ  car c'est loin d'ĂŞtre estompĂ©, le pire Ă©tant encore Ă  venir ! Autant dire que le spectacle bordĂ©lique, aussi dĂ©sincarnĂ© que saugrenu, vaut son pesant de cacahuètes dans le n'importe nawak !

Bim Star, film culte au rabais principalement prĂ´nĂ© aux USA, constitue donc une curiositĂ© oubliĂ©e Ă  dĂ©couvrir d'urgence chez tous les amateurs de nanars dĂ©jantĂ©s et de chorĂ©graphies musicales d'un autre âge. Il reste dans son genre une pĂ©pite bisseuse aussi impudente que fantasque ! Un pur dĂ©lire Haribo / Chamalow rĂ©unis pour le plus grand bonheur d'OFNI dĂ©complexĂ©s. 

Eric Binford

NOTE: En France, le film édité par Hollywood Vidéo comptabilise une durée expurgée d'1h08 alors que la version d'origine est d'1h30. Je vous recommande donc vivement de vous répertorier vers un import us dispo en vostfr (parait aussi qu'il y aurait une version plus longue jamais sortie !).

Dans son ouvrage "Encyclopédie du Cinéma Ringard", François Kahn rapporte l'anecdote suivante :
« Le film a Ă©tĂ© tournĂ© Ă  Berlin, ce qui explique en partie la lourdeur des chorĂ©graphies et le nombre de figurants moustachus. (...) Les premiers spectateurs de "Bim Stars, the Apple" Ă  Los Angeles s'Ă©taient vus offrir des vinyles de la bande originale. Les ouvreuses durent y renoncer après la première sĂ©ance : le public se servait des disques comme de frisbees pour viser l'Ă©cran. »
La jaquette française proclame très fort que les chansons ont été composées par le pape du funk, Georges Clinton. Attention, il s'agit ici de Georges S. Clinton, homonyme qui entamait là une carrière fructueuse de compositeur de B.O. (Austin Powers entre autres).

08.08.10

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