mercredi 2 mars 2011

INFERNO

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site dvdclassik.com

de Dario Argento. 1980. U.S.A. 1h47. Avec Leigh McCloskey, Irene Miracle, Eleonora Giorgi, Daria Nicolodi, Sacha Pitoëff, Alida Valli, Veronica Lazar, Gabriele Lavia, Feodor Chaliapin Jr....

BIOGRAPHIE: Dario Argento est un réalisateur et scénariste italien né le 7 septembre 1940, à Rome (Italie). 1969: l'Oiseau au plumage de Cristal, 1971: Le Chat à 9 queues, Quatre mouches de velours gris, 1973: 5 Jours à Milan, 1975, Les Frissons de l'Angoisse, 1977: Suspiria, 1980: Inferno, 1982: Ténèbres, 1985: Phenomena, 1987: Opera, 1990: 2 yeux Maléfiques, 1993: Trauma, 1996: Le Syndrome de Stendhal, 1998: Le Fantome de l'Opéra, 2001: Le Sang des Innocents,2004: Card Player, 2005: Aimez vous Hitchcock ?, 2005: Jennifer (épis Masters of Horror, sais 1), 2006: J'aurai leur peau (épis Masters of Horror, sais 2), 2006: Mother of Tears, 2009: Giallo, 2011: Dracula 3D.


Trois ans après Suspiria, Dario Argento renoue avec sa flamboyance baroque auprès d'Inferno, une séquelle aussi ambitieuse dans sa faculté "alchimiste" d'y transfigurer un univers occulte mâtiné de féerie. Et ce en dépit d'un cheminement narratif parfois confus se résumant essentiellement à de mini-clips d'une beauté picturale ensorcelante que des investigateurs arpentent à travers leur influence fureteuse. Fascinée par son roman "Les 3 mères", une jeune femme décide de retrouver les origines et les secrets de l'ouvrage en allant se renseigner auprès du bibliothécaire situé à proximité de son immeuble. Après avoir écouté attentivement ces renseignements, elle se dirige dans la cave de son immeuble pour tenter de déchiffrer le secret des trois mères. Mais suite à la chute des clefs dans un gouffre, elle s'y glisse pour les récupérer. C'est alors qu'elle se retrouve subitement au sous-sol d'une salle de bal engloutie par les eaux. Cette séquence magistrale d'une poésie morbide électrisante laisse surgir à l'ultime instant un cadavre remonter furtivement du fond de l'eau pour lutiner l'héroïne en estocade. Paniquée, elle tentera en vain de le repousser ! Morceau de bravoure dans toutes les mémoires; Inferno en regorge de façon métronome par le truchement d'incidents meurtriers où chaque protagoniste fera les frais de forces démoniaques délibérées à annihiler ceux qui souhaiteraient en percer leur secret.


A travers un jeu de lumières plus limpides qu'auprès de son homologue Suspiria, Dario Argento innove sans se singer car réfutant le copié-collé à l'emporte pièce. Il nous façonne avec une ambition suprême un rêve irrationnel basé sur l'alchimie et les sortilèges, une procession lancinante avec une mort emphatique. Musicalement renversant, la mélodie ténue de Keith Emerson ainsi que les envolées lyriques de Verdi se télescopent afin de sublimer ces séquences virtuoses, à l'instar de l'amphithéâtre situé à Rome où Mark et Sara assistent au cours musical. Ainsi donc, le souffle violent d'un vent échappé d'une fenêtre s'en ira fouetter le visage de Mark incité à détourner le regard vers la posture charnelle d'une déesse aux yeux persan semblables au chat angora qu'elle caresse délicatement ! Il y aussi cette séquence oppressante lorsque Sara réfugiée dans son appartement avec un étranger sera agressée à coup de couteau sous l'impulsion du concerto classique du Nabucco de Verdi. On peut aussi souligner l'improbable offensive des rats sous le climat lunaire d'une étrange éclipse, exaction brutale d'autant plus ironique auprès de sa chute lorsque le coupable en sera châtié ! Quand au final, à la fois envoûtant, majestueux et spectral, il lèvera enfin le voile sur les commanditaires de cette macabre mise en scène. Spoil ! A savoir l'alchimiste, créateur de la construction de la bâtisse et la Mort himself responsable de tous les maux du monde. Fin du SpoilerOn avait d'ailleurs beaucoup critiqué à l'époque cette séquence théâtrale, représentation supposée grotesque de la mort réduite à un squelette s'échappant des flammes de l'enfer ! Pour autant, je la trouve contrairement en adéquation avec le climat emphatique de l'oeuvre débridée puisque s'agissant d'une vision folklorique et latine, une représentation audacieuse de la mort sous son aspect le plus académique et  vétuste !                     


L'Alchimiste
Scandé de mélodies classiques d'une intensité lyrique, Inferno y transcende un nouveau ballet démonial dans un contexte urbain un peu plus contemporain que Suspiria où le macabre et la féerie s'harmonisent parmi l'illustration séculaire du conte médiéval ! On pardonne ainsi dans une moindre mesure la maladresse de certains acteurs inexpressifs, à l'instar du jeu atone (mais bizarrement attachant) de Leigh McCloskey et on se plonge avec délectation dans un univers délicieusement mortifère, de par la fulgurance de sa mise en scène théâtrale retraçant avec une sensualité infinie un florilège d'images fantasmatiques héritées de l'occultisme et du sortilège. Imprégné de la personnalité de son auteur en pleine extase créative, Inferno se décline comme un second chef-d'oeuvre du Fantastique latin d'une beauté sépulcrale à damner un saint. 

* Bruno
15.11.10.

5 commentaires:

  1. L'ai aussi chroniqué dernièrement : http://deadstillalive.canalblog.com/archives/2011/08/27/21861423.html
    Et j'avoue le trouver supérieur à Suspiria (pourtant lui aussi excellent !)

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  2. Justement, hier j'ai lu ton article passionnant que je rejoins à 95 %.

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  3. Les 5% restants, c'est ta préférence pour Suspiria ? ^^

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  4. lol, excellent ! exactement Leatherface !

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